IV. HORS LA TOUTE SAN LORENZO
Basilique de Saint-Laurent hors les murs. — Cimetière de Campo Verano.
Tramwav à chevaux de la place de Venise à la Porte San Lorenzo {"lo c) et au (1 kil. (le la Porte ; 10 c.) Campo Verano (cimetière) à côté de la basilique.
La Porte San Lorenzo date du temps d'Honorius et remplace l'antique Porte Tihurtina ; elle est flanquée de deux tours du xv^ s. et bâtie contre un arc ancien, en travertin
orné d'une tête de bœuf et qui, d'après les inscriptions, supportait les aqueducs des eaux Marcia, Julia et Tcpula. Actuellement la porte est fermée et deux ouvertures ont été pratiquées à dr. pour livrer passage au tramway et aux voitures. Hors la Porte, un quartier, habité par des ouvriers et des jardiniers, s'est formé depuis 1870.
On suit la via Tihurtina pendant environ 1 kil. et l'on arrive h une bifui^alion formée par une sorte de parterre bordé de cyprès qui précède la basilique et, h dr., le cimetière.
Devant la basilique, une colonne de granit oriental, portant la statue en bronze du Saint, a été érigée en 1865 (hauteur totale, 24 met.).
La basilique de St-Laurent hors les murs a été restaurée de 1864 à 1870, sous Pie IX, par l'architecte Vespignani et l'archéologue de Rossi.
La basilique primitive (occupant l'espace qui s'étend entre le chœur actuel et le fond de la tribune) fut construite par Conslantin, en 550, ou plutôt par Galla Placidia, au v^ s.
Pelage 11 la rebâtit en 578, et orna l'arc triomphal de la mosaïque que l'on voit encore aujourd'hui L'orientation en fut changée au xni^ s. par le p'ipe llonorius III (1216-1227), qui ajouta la grande nef. C'est ce qui explique la position des mosaïques du grand arc, ne faisant pas face à l'entrée actuelle (les peintures du grand arc faisant face à l'entrée sont modernes) et également la disposition unique, dans les églises de Rome, d'un chœur se terminant sans abside sur un plan carré. C'est de ce dernier côté qu'était l'entrée primitive, s'ouvrant dans un narthcx encore conservé, et qui s'étend derrière le chœur. Honoiius fit aussi bâtir le portique (6 colonnes de diamèties différents) précédant l'entrée actuelle, et dont les peintures seraient contemporaines. Plusieurs tombeaux y ont été placés. La façade, au-dessus
du portique, décoré de mosaïques, a aussi des fresques modernes.
ïntérieiir, à 5 n.ifs (22 colonnes ioniques de granit et de cipolin), décoré de belles peintures modernes (par Fracassin?', Mariani, Grandi et Coclietti] qui ne correspondent pas tontes par leur style à celui de l'ancienne basilique. — A di\ de la porte principale, sarcophao^e antique (bas-reliet* représentnnt un mariage romain), servant de tombeau au cardinal Fiesclii, neveu d'InnocentlV; au-dessus sont deux fresques de l'an 1256. — Nef du milieu : deux ambons de marbre (à dr., le plus beau : celui de l'Évangile; à g., celui de l'Épître, contrairem nt à la disposition ordniaire), et colonne en spinde pour le cierge pascal. — Eu avant du chœur, un escalier descend à la Confession de St Laurent, restaurée par Vespiqnani et où Ton conserve les restes des saints Laurent, Etienne et Justm. A côté, et dans la partie correspondant au narthex de l'ancienne église de Constantin, est le tombeau de Pie IX (f 17 février 1878) dont les restes ont été transportés ici en 1881. La tombe en marbre olanc est très simple : l'inscription a été composée par le pape lui-même; la riche et belle décoration en mosaïques de Venise, etc., a été exécutée «ur les dessins de Haffaeilo Cattaneo. — Sur le grand arc, mosaïque du vi« s. (restaurée) et fenêtres anciennes garnies de plaques de marbre, percées d'ouvertures ron les et enchâssant de petits disques vitrés (certaines églises d'Athènes offrent ce mode de vitra,i,re). — Preshyterium (chœur) exhaussé par Honorius III au-dessus de la nef : pavé en mosaïque à dessin géométrique [opus Alexandrinum], situé à peu près à moitié hauteur des 12 colonnes antiques qui le bordent à dr. et à g.; au entre : autel pontifical, abrité par un baldaquin (ciborium) supporté par 4 colonnes de porphyre datant de 1148. — Au fond du chœur, ancien siège pontifical. — Dans la nef, à j?., chapelle souterrame et porte des Catacombes appelées le cimetière de Ste- Cyriaque [on n"y entre pas). — Beau cloître ^ (s'adre ser à un des religieux dans l'église ou dans la sacristie) du xui« s. (?) renfermant de nombreuses inscriptions anciennes.
A côté de la basilique est le Gamposanto OU Cimetière deCampo Verano, institué par l'administration impérinle française, mais consacré seulement depuis 1854. Il fut agrandi sous Pie IX qui y adjoignit le grand cloître carré de la Chartreuse de San Lorenzo. L'entrée est décorée de 4 statues colossales représentant le Silence (par Altini), la Prière (par Gallettï)^ la Méditation (par Allini), et l'Espérance (par Blasetti).
Sous les arcades du cloître, au milieu duquel s'élève la grande statue du Christ par Ansiglioni, et dont les lunettes sont ornées de bonnes peintures modernes, on voit un grand nombre de monuments, dont plusieurs sont réellement remarquables. A g. du cloître est un petit plateau, dit le Pincetlo, percé de chambres sépulcrales et couvert de monuments.
nous LA PORTE MAGGIORE.
Via Prenestina : Tor dei Schiavi, pont de Nona, ruines de Gabii. — Via Casilina : Tor Pig^nattara.
Route de voit, jusqu'à l'Osteria dell' Osa (2 h. env.); route de voit, jusqu'à Tor Pignaltara (50 min. env.) et à l'Osteria del Fiiiocchio (1 h. 30 env.).
La Porte Magg;iore, qui, comme celle de San Lorenzo, se trouve sur la ligne de l'aqueduc de l'Acqua Claudia (au-dessus de cet aqueduc un second aqueduc amenait l'eau de l'Aniene), a été débarrassée, sous Grégoire Wly des constructions dans lesquelles elle était en partie engagée. Il en partait jadis deux routes, à dr. la via Labicana (appelée de nos jours Casilina ; V. ci -dessous) et à g. la via Prenestina,
Via Prenestina. — Cette voie, peu fréquentée, passe au milieu de vergers ^ et laisse ensuite à dr., au milieu des m champs, plusieurs restes de sé[jul- ^ tures anciennes, suivant le tracé de la voie antique.
IROUTE 39'! VIA PRENESTTNA. — VIA OASILINA.
4 kil. Tor dei Schiavif édifice rond à dôme précédé d'un portique, qui servit d'éjilise au rjioyen Age, époque à laquelle remontent les peintures dont il subsiste quelques traces.
Au-dessus de la cella est un souterrain en assez bon état de conservation. On pense qu'il faisait partie des auciens thermes attenant à la grande villa dea Gordiens^ dont les ruines sont disséminées tout alentour (restes de salles appartenant aux thermes et gardant encore des fragments de la décoration en stuc de la voûte; grande salle, de forme octogone, transformée au moyen âge en tour de garde supportée au centre par un gros pilier).
Le site est pittoresque et la vue sur Rome et les montagnes fort belle.
On laisse à g. la route CoUatina et à dr. le fort Prenestina\ puis (7 kil. 1/2) une tour du moyen âge dite Tor Sapienza.
8 kil. 1/2. Cosaledi Tor ire teste ^ qui doit son nom à la tour du xni^ s. sur le flanc de laquelle est encastré un bas-relief antique.
12 kil. env. Pont de Nona^ belle construction romaine à 7 arches (pour bien la voir il faut descendre dans le ravin ou fossé de Nona ; c'est bien plus un viaduc qu'un pont ; on suppose qu'il a été bâti par Sylla).
15 kil. 1/2. Osleria ^ deW Osa, pauvre cabaret où la route se bifurque (à g. elle conduit h San Vittorino et à Ponte Lucano sur la route de Rome h Tivoli) ; nous suivons à dr. la route Prenestina, qui commence à devenir assez mauvaise et qui longe à g. l'ancien lac de Castiglione, aujourd'hui desséché et près duquel se trouve le casale de Castiglione, dominé par une tour médiévale (près de là est un étrange village formé de huttes habitées, seulement pendant l'hiver et le printemps, parles laboureurs qui viennent cultiver les terres des environs). La route garde encore des restes de son ancien dallage; dans le trajet de l'Osa aux ruines
de Gabii, on est frappé par la répercussion du bruit des pas sous le sol, indice de l'existence de cavi'és souterraines dans ce terrain volcanique.
18 kil. env. Ruines de Gabii, l'antique colonie d'Alha, où Numitor fit élever (d'après la légende) Romulus et Rémus.
Son territoire fut partagé entre les soldats de Sylla. De là une décadence rapide; Horace en parle comme d'un désert; elle se releva pourtant sous les empereurs. Au vni^ s. de notre ère elle était dans une déchéance totale.
Les fouilles de Gabii ont fait découvrir une belle inscription et plusieurs statues, entre autres celle de la Diane de Gabies, qui sont au musée du Louvre.
L'aspect du terrain permet de reconstituer le plan de la ville qui s'étendait surtout en longueur et dominait une partie de l'ancien lac. On voit encore les restes du temple de Junon Gabiney mentionné par Virgile (Enéide, Vil) et dont la cella est assez bien conservée ; du temple, en suivant vers l'E. la direction de la via FVeuestina, on altemt des restes d'un aqueduc construit par Adrien; du côté opposé, dans la direction du casale de Castiglione, sont les ruines d'une église du xi° s. consacrée à St Primitif.
Vu Casilina, — Cette voie (ancienne voie Labicana). relativement plus fréquentée que la via Prenestina, longe, pendant env. 1 kil. 1/2, l'aqueduc de l'Acqua Claudia et le chemin de fer qu'elle croise 100 met. avant la bifurcation de la ligne de Civitavecchia (à dr.) et de celle de Naples qu'elle va longer.
3 kil. Tor Pignattara (à g.), restes damausolée de T Impératrice Hélène, mère de Constantin (dont le tombeau en porphyre, trouvé en cet endroit, a été transporté au Vatican). C'est une construction du m^ou duiv^ s., en forme de salle ronde avec des niches. D'à-