PAR LA ROUTE DE VOITURES
25 kil. — Une voit, à 2 chcv., 25 à 50 fr. aller et retour (pourboire non compris;; dans ce pri^ est comprise l'excursion à Castel Fusano.
On sort pnr la Porte San Paolo, ( V.
ci-dessus, Promenades : YIIl) et, un peu au delà de la basilique de St-Paul, à VOsteria del PonticeiiOy on laisse h g. la via Laurentina et le fort Ardeatina. La route, qui côtoie le Tibre et s'en éloigne tour à tour, est monotone et sans caractère.
10 kil. Tor di Valle; on laisse à g.
la route de Castel Porziano {V. cidessous).
13 kil. env. Âub. de Malafede ^ près de là s'embranche à g. un chemin qui va h Castel Porziano et à Tor Paterne (V. ci-dessous).
15 kil. On passe sur un ancien viaduc (ponte délia Rifolta) datant du vu'' s. Parvenu sur un plateau plus élevé, on découvre la vue d'Oslie jusqu'à la mer, puis on traverse la macchia (maquis) d'Ostie. On rencontre dans quelques endroits , pendant le trajet, des restes de pavé antique.
Enfin on franchit sur un pont assez long le vaste stagno (étang) d'Ostie, dont on a entrepris le dessèchement.
25 kil. Ostie (nom qui signifie :
embouchure). — Le village moderne, fondé en 830 par Grégoire IV, fut entouré de murailles assez fortes. — La cathédrale, dédiée à Ste Aure, a été reconstruite au xv^ s. sur les dessins de Baccio Pintelli, — Le château fort, commencé par le cardinal français d'Estouleville et achevé par Jules ïl, encore cardinal, sur les dessins de San Gallo, qui demeura deux ans à Ostie, rentèrme un petit musée (sculptures et inscriptions provenant des fouilles; s'adresser au custode des ruines). — Quand Paul V eut rouvert le bras dr. du Tibre, Ostie alla toujours en déclinant. — Les 500 habitants qui forment aujourd'hui la population de ce triste village le
désertent en partie pendant l'été, chassés par la mal'ar'a.
La dislance de l'Ostie moderne à l'ancienne Ostie est d'un kih à peine; pour la visiter il faut s'adresser au cuslode (il habite une maisonnette à quelques pas du v.; 2 heures suffisent pour tout voir).
Le port d'Oslie fut fondé par Ancus Martius; mais les atlcrrisscinenls du Tibre If comblèrent peu à peu. Comme il fallait au peuple romain d'immenses approvisionnements de blé et des fjimincs ayant éclaté à Rome, Claude bâtit un nouveau port à Ostie; puis Trajan en fit creuser un nouveau, « mis en communication avec le Tibre par un canal [fossa Trajana) qui est devenu, avec le temps, un nouveau bras du lleuve, le seul qui soit aujourd'hui navigable et qu'on appelle le Fiumicino. Auprès des nouveaux ports, une ville nouvelle se forma. On l'appelait du nom de son fondateur Portus Trajani, ou simplement Portus (aujourd'bui Porto; V. ci-dessus, l'') — C'est à Ostie que mourut Ste Monique, la mère de St Augustin, et c'est dans une de ses églises qu'elle fut ensevelie.
Des fouilles régulières, destinées à mettre à jour les monuments de l'ancienne Ostie, furent entreprises en 1800 par l'architecte J. Petrini. Reprises en 1855 par M. Visconti, continuées depuis 1870 par M. Pietro Rosa, et ensuite par le prof. R. Lanciani, elles amenèrent d'intéressantes découvertes.
On entre en ville par la via Ostiensis, chaussée large de 5 met., avec de spacieux trottoirs et deux rangées de tombes, et par la Porta Romana.
A g. de la voie se trouvent les ruines d'un ancien corps de garde , de quelques boutiques, etc. Plus loin, à dr. , et à 50 met. env., s'élèvent les restes du temple de Cérès auquel sont adossés au S. les restes du théâtre. A g. de ces édifices, on voit un groupe de constructions, découvertes en 1886 : restes d'une maison, (Vuutemple de Vénus et d'un très intéressant Mithrœum,
Plus loin s'élèvent les restes d'un temple de Vulcahi. « Il se compo-
b'iO ENVIRONS DE ROME : — EXCURSIONS [ROUTE 39]
sait, comme la plupart de nos églises du moyen âge, de deux édifices superposés; celui du dessous servait de réserve et de magasin au tem['l'' lui-même. Le fronton était soutenu par six colonnes corinthiennes dont il ne reste que d'informes débris; mais on possède encore quelques-unes des sculptures élégantes qui ornaient la fi ise, et le temps a respecté le seuil de la porte, qui est formé d'un bloc admirable de marbre africain long de 4 met. » (Gaston Boissier.)
Derrière le temple, une grande rue, large de 15 met., bordée de portiques des deux côtés, et d'où l'on pénétrait dans de vastes magasins, conduit directement au Tibre. C'est la plus grande des voies romaines qu'on ait encore découvertes.
On suit à g. une longue rue bordée de magasins (l'un renferme encore de grandes amphores où l'on déposait le blé et l'huile), qui longe le Tibre (à dr.). — A dr. de cette rue se trouvent les restes d'une vaste maison, appelée sans aucune raison solide le palais impérial (à la principale entrée, du côté du Tibre, deux belles colonnes de cipollin). Cette rue aboutit à des ruines, disposées en demicercle, probablement un Emporium ou marché, que Canina appelle emporium Stveri. Au S. et à 500 met.
de ces ruines sont celles des Thermes.
— Près de là sont les maisons de Tor di Boacciano (V. ci-dessous).
En arrière et à l'O. de Tor di Boacciano, on aperçoit à l'horizon, vers la mer, la tour San Michèle, construite en 1569 au bord de la mer, et qui en est très éloignée aujourd'hui.
En face du temple de Vulcain et au S., s'ouvre la via Laurentina, bordée également de tombeaux, et où l'on remarque, à dr., le Metroon où se réunissaient les Canéphores, et Mw temple de Cijhèle, près du Campus Sacer, espace triangulaire limité par un portique.
[Une chaussée, de 3 kil. env., conduit d'Ostie à Castel Fusano, entre le Stagna (TOstia et la nior, château construit au xvn'^ s., en style de fortification, de manière à le mettre à l'abri d'un coup (II* main dt-s piiates, et situe au milieu d'une belle forêt de pins. Il appartient au prince Ghigi. Une belle avenue de chênes verts conduit i la mer. Après avoir dépassé les premiers bancs de sable entre les bois et la mer, on aperçoit une plage triste, nue, dépourvue d'intérêt. Castel Fusano est près de l'emplacement de la célèbre villa de Phne le Jeune, le Laurentin, si connue par la description détadlée qu'il en a faite. Une grande forêt de pins s'étend au loin le long de la côte jusqu'au cap Circeo; cette immense forêt [macclda) e-^t très giboyeuse.
Un chemin, à travers les forets du littoral, conduit de Castel Fusano à (10 kil.) la métairie Tor Paterno, qui a été longtemps considéré comme l'ancjenuc ville de Laurentum. Mais Nibby met l'emplaeementde cette capitale du La iiim (70 ans avant le siège de Troie) un peu plus loin, à la ferme de Capocoiia, à l'E. de Tor Paterno. — A 10 kil. de Tor Paterno est^le pauvre v. à' Ardea, qui occupe, sur une colline escarpée, l'emplacement de la citadelle de l'antique Ardea, capitale des Uutules. — Toute cette partie du Latium est au centre des légendes mytbolopques et des traditions poétiques de l'antique Ausonie, ainsi que des récits de l'Enéide. — On peui, de Tor Paterno, gagner la route de Rome à (12 kil.) l'Usteria di Malal'ede, en passant par Castel Porziano, rendezvous de chasse appartenant au roi d'itidie. Cette route, qui traverse une magnifique forêt, du caractère le plus pittoresque, ne peut être faite en voiture, et il faut un guide. -— Une autre route, laissant Castel Porziano à g., passe par YOsleria di Malpasso et regagne celle de Rome près de Tor di Valle (F. ci-dessus, B), à quelques kil. au S. de la basilique de St-Paul.]
//. — Les édiGces et le bois des Frères Arvals. — Catacombes de Santa Generosa.
7 kil. env. — Route de voit. — On peut se rendre en chemin de ter (ligne de Civita Vecctiia ou de Fiumicino) jusqu'à la station de lu Magliana (15 kil.: 1 Ir. 70,
ennoiixmni^
1 fr. 20, 80 c). ~ On peut faire cette excursion en même temps que celle de Porto ( V. ci-dessus, G).
La route provinciale Portuense (ancienne via Portuense) commence à la Porte Portese, dans le Trastevere, et prend la direction du S.-S.-O. en longeant pendant quelque temps la rive dr. du Tibre, à g., et le pied des collines à dr.
1 kil. (de la Porte). A dr. une route gi^avit le Monte Verde; une petite église, dite de la Madonna del Riposo, occupe, dit-on, remplacement d'un ancien temple de la Fortune; à dr. également, est un monticule dans les flancs duquel on a creusé une des plus célèbres catacombes chrétiennes, connue sous le nom de cimetière de Pontien. On y pénètre par une porte pratiquée au sommet de la petite hauteur. Dans les flancs des collines environnantes sont creusés d'autres cimetières : celui des saints Abdon et Sennex et celui des Juifs. — Près de là, dans la i;i^wa Jacohini, Sir J. Savile découvrit, en 1887, une intéressante sépulture romaine, du commencement de l'empire, renfermant des sarcophages richement sculptés, des columbaria, des loculi, etc.
La route, qui longe le versant S. -0.
du Monte Verde, se bifurque et laisse à dr. la via Portuense et les maisons de Pozzo Pantaleo. On suit à g. l'ancienne via Campana et Ton passe à côté du fort Portuense. Les flancs de la colline sont percés, ici encore, de grottes artificielles, sur l'origine desquelles on a beaucoup discuté et qui ne sont probablement pas autre chose que des anciennes carrières exploitées du temps des Romains.
4 kil. env. Adr., près d'une petite église consacrée à Ste Praxède (vulgairement Santa Passera), on voit encore les restes de grands murs de soutènement, en « opus reticulatum ».
Plus loin, à g. est la plaine des Due Torri, qui s'étend entre la route et le Tibre; on y voit les ruines d'anciens
tombeaux, dont un sert de soubassement à la ferme des Due Torri.
7 kil. env. A dr., colline dite Monte délie Piche, sur laquelle se trouvent, près de la vigna Ceccarelli, les restes du Bois et des édifices des Frères Arvals, mis à jour en 1866.
La corporation des Fr ailles Arvales remonte aux premiers temps de Rome; elle était composée de prêtres qui s'occupaient aussi d'agriculture. On prétend que ce furent les 12 fils d'Acca Laurentia, la nourrice de Romulus, qui foriïièrent le noyau de la corporation.
Ils siégeaient dans le bois de la déesse Dia, situé entre le v« et le vi» mille de l'ancienne via Portuense.
Parmi les édifices des Frères Arvals on comptait : le Cœsareurn, situé dans le bois sacré sur le versant à dr. de la route moderne (versant S.), et où l'on oft'rait des sacrifices aux empereurs divinisés (on en voit les restes dans la villa Jacobini, à laquelle il sert de cave); le temple de la déesse Dia, situé plus à l'E. non loin du chemin de jfer de Civitavecchia (on en voit encore les fondations); \e Cirque, sur l'emplacement duquel est la vigna Molinaii; le Tétrastijle, au pied de la colline près de la vigna Ceccarelli et de la station de la Magliana, etc. Le bois avait été donné par les premiers empereurs chrétiens au pape saint Damase (iv^ s.), qui y fit bâtir une chapelle octogone dominant la colline ei\e% catacombes de Santa Generosa, dont l'origine remonte au temps de Domitien et dont il subsiste des restes. Près de cet oratoire, et à l'E., est la porte d'entrée des catacombes, qui sont intéressantes, bien conservées et d'une distribution tout à fait primitive.
La station de la Magliana (F. cidessus, G), desservie par les trains de la ligne de Rome à Civitavecchia et de la ligne de Rome à Fiumicino, est tout près de là.
BOIS DES ARVALS. — VEIES.
/, — Véies.