GALERIE DE TABLEAUX DE PARME
Portrait d'homme (peint sur ardoise). — 524. Ann. Carraclie. Son portrait. — 337. Le Bronzino. Gosme II de Médias (?). — - 338. Van Dyck. St Maurice.
Salle XIY. — 350. Le Corrège. Madonna délia Scodella (la Vierge à l'Ecuelle). Yasari nommait cette peinture « divine ». Yiardot dit qu'elle ne le cède sur aucun point au St Jérôme. Nous sommes loin de partager ici l'opinion de réminent critique. La tête blonde de lEnfant est charmante. Le regard de la Vierge est d'une ravissante tendresse.
Mais n'est-elle pas un peu paysanne? Les anges sont pris dans de gros nuages lourds. Certaines parties de la peinture ont évidemment noirci. On retrouve ici le mênie procédé de peindre par larges plans lumineux et en supprimant le détail.
351. Saint Jérôme (Madone avec l'Enf. J., Ste Madeleine et St Jérôme), une de ses plus célèbres peintures. Ce tableau, éblouissant de lumière, a été désigné souvent, en Italie, sous le nom de il Giorno (le Jour) par contraste avec le célèbre tableau de la l^uit, une merveille du musée de Dresde. Rien de plus gracieux que les têtes delaV., de l'Enfant et de la Madeleine ; que les mains de Marie, que celle du Dieu-Enfant se jouant dans la blonde chevelure de la sainte ; la main de l'ange montrant un livre est déformée à force de recherche mignarde. — « Rien de plus singulier, dit Viardot, que la destinée de cette célèbre toile, qui fut peinte en 1524, dans l'année même où le Corrège termina la coupole de San Giovanni. Briseide Colla, veuve d'un gentilhomme parmesan nommé Bergonzi, qui l'avait commandée au Corrège, la lui paya 47 sequins (env. 552 fr.) et la nourriture pendant six mois qu'il y travailla ; elle lui donna de plus, à titre de gratification, deux voitures de bois, quelques mesures de froment et un cochon gras.... En 1798, à l'époque de ce que Paul-Louis Courier nommait nos Illustres pillages, le duc de Parme offrit un million de francs pour conserver le tableau payé 47 sequins par la veuve Bergonzi ; mais, bien que la caisse militaire fût vide, les commissaires français, Monge et BerthoUet tinrent bon, et le tableau du Corrège vint à Pans, où il resta jusqu'en 1815. »
Entre ces deux tableaux, on a placé une série d'aquarelles par Toschi et ses élèves. — Les n°^ 636-638 sont d'après les fresques du Dôme ; les n'' 640-642,
d'après celles de l'église de San Giovanni Evangelista.
Salle XY (Corridor). — On remarquera, entre autres, dix-sept aquarelles (n° 618) d'après les fresques de la chambre du Corrège (F. ci- dessous).
Salle XYI. -- 352. Le Corrège. Déposition de croix. [D'un clair-obscur délicat; fatiguée par le nettoyage.] 353. Martyre de St Placide et de Ste Flavie. [Moins intéressant sous le rapport de la composition que par l'effet doux et harmonieux de la lumière. La figure du bourreau, par la manière dont elle est éclairée, devient la figure principale du tableau ; ce qui est un défaut de subordination.] 354. Portrait. — 355. Holbein.
Érasme. — 556. Van Dyck. Portrait d'une abbesse-, 357. La V. et l'Enf. J. endormi. —358. Schedone. La Y., l'Enf.
J. et le petit St Jean.— 359. Francia. Même sujet. — 360. Cima da Conegliano. La V. et l'Enf. J. sur un trône dans une niche; ange jouant du violon.
[Peinture très remarquable et d'une belle couleur.] 361. La Y., l'Enf. J., St André et St Michel.— 362. Léonard de Vinci. Ébauche de tête de la Vierge. [Grisaille charmante.] — 363. Le Parmesan. Ste Catherine et deux petits anges.
Salle XYII. — 364. Murillo. Job. — 366. Cima da Conegliano. Nativité; 370. Endymion et Diane; 373. Jugement de Midas. — 367. Titien. Jésus bénissant. — 368. Le Schiavonc. Deucalion et Pyrrha. — 369. Le Garofalo.
Madone en gloire; 372. Annonciation; 381. Madone en gloire : 479. Adoration des rois; 416. Portrait. — 371. Raphaël.
J.-G. sur des nuages, avec la V. et Saint Jean, apparaît à St Paul et à Ste Catherine. — ^lA.Vanni. Ste Famille. —378.
Van derHelst. Portrait. —382. Titien.
Esquisse. — 208. Albani. Annonciation.
— 388. Schedone (?). Nativité. —.483, 484. Paul Véronèse. Deux sujets indéterminés. — 420. Barocci. St François recevant les stigmates.
Salle XYIiL —423. Simon Memmi.
Le Rédempteur entouré de saints et de saintes. — 429. Beato Angelico.Udiàonc et Saints. — 431. Giotto (suivant Crowe et Cavalcaselle,ce tableau serait l'œuvre de Nicolô di Pietro Gerini). Ensevelissement de la Y. — 435. Orgagna. La Y. entourée d'Anges et de Saints. — 437. Mantegna. Martyre de St Chris-
[route 4] PARME
GHAMRRE DU CORRÈGE.
tophe (esquisse). — 441. IHccio de Candie. Madone; 447. La V., l'Eut". J.
et deux anges, — 444. Mariotto Albertinelli. Jésus siu* la croix, la Madone et les trois Maries, St Jean et la Madeleine.
— 446. Benozzo Gozzoli. La Y. et l'Enf. J.
Salle XIX (Corbidor). — Croquis, dessins et peintures, la plupart sans intérêt.
— 468. Michel' Ange. Descente de croix (relief).
Bibliothèque, occupant deux vastes galeries qui se suivent, et contenant ^220 000 volumes et 5890 manuscrits.
Elle a été beaucoup augmentée par les soins de Marie-Louise, qui a acheté au prix de 100 000 fr. la collection de manuscrits hébreux et syriaques de l'abbé de Rossi, et d'un autre particulier une collection d'estampes. La collection de la bibliothèque compte, dit-on, plus de 100 000 pièces.
On cite parmi ses curiosités : un Térence, beau manuscrit de 1470 ; un Dante manuscrit, postérieur de 50 ans à la mort du poète; un manuscrit de Pétrarque, ayant appartenu à François P*", et trouvé dans les bagages après la bataille de Pavie; un Psautier hébreu, annoté par Luther; le livre d'heures de Henri II, avec les emblèmes de Diane de Poitiers; le Koran trouvé dans la tente du grand vizir Mustapha, après la victoire de Sobieski sous les murs de Vienne; des lettres d'hommes célèbres; un fragment du Couronnement de la Vierge, fresque du Corrège, provenant des démolitions de la tribune de San Giovanni; enfin, les poinçons et les matrices du célèbre imprimeur Bodoni. — Salle ornée de fresques de François Scaramuzza (1857).
Théâtre Farnèse, une des anciennes curiosités de ce palais, aujourd'hui en restauration (on pense que les travaux seront achevés en 1895). 11 a 515 met. de longueur, 30 de largeur, et Pavant-scène est décorée de colonnes corinthiennes de 21 met. de hauteur. Le plan en fut tracé avec beaucoup d'intelligence par Parchitecte J. B, Âlcotti, sous le rèî^ne du duc Ranuce Farnèse Y\
Il faut s'adresser aux gardiens de la galerie de tableaux pour se faire accompagner (pourboire, 50 c.) k la Chambre dite du Corrège, une des curiosités artistiques de Parme.
Chambre du Corrège (PI. 14), parloir de Pabbesse de Pancien couvent de San Paolo (Bénédictines), orné de fresques du Corrège.
La principale (au-dessus de la cheminée) représente le Triomphe de Diane.
Autour du plafond, des compartiments en clair-obscur, d'un effet charmant, représentent divers petits Génies portant des instruments de chasse (au-dessous (le ces compartiments, décorations en grisaille). Le Corrège exécuta ces fresques, en 1519, pour sa protectrice, Pabbesse Jeanne, fille de Marco di Piacenza, noble Parmesan, avant que le monastère fût soumis à la clôture. [Quelque vie mondaine que Pabbesse, encore indépendante, eût le droit de mener, on peut s'étonner de rencontrer ici : outre la chaste Minerve, les Parques et la P'ortune, Diane, le groupe des Grâces et le bel Adonis (grisaille), nu et tenant son épieu pour la chasse. Ces nudités mythologiques « semblent plutôt appartenir, dit Valéry, à quelque maison d'Herculanum ou de Pompéi qu'au plafond du cabinet d'une abbesse ». Les trois croissants, armes de Pabbesse, et la crosse, marque de sa dignité, placés à la clef de la voûte, complètent cette singulière fusion de la religion et du paganisme, et prouvent une fois de plus combien, à cette époque, le paganisme débordait dans Part...] — Dans une petite salle à dr. de l'entrée, on remarque aussi des fresques peintes par AL Araldi.
Université (PL 16), établie dans un ancien collège des jésuites.
Teatro Regio (PI. 17), dû à Marie- Louise (1821-1829) et construit par Nicolas Bettoli, de Parme; le graveur Toschi, alors directeur de PAcadémie des Beaux- Arts, en dirigea la décoration.
Promenades.
Stradone, large boulevard extérieur