‹ ItalieChapitre 64 sur 587 · PAR PONTREMOLI · texte numérisé non relu

PAR PONTREMOLI

118 kil. — Chemin de 1er en exploitation de Parme à (46 kil., en 1 h. 50; 5 fr. 20, 3 fr. 65, 2 l'r. 55) Berceto ; en construction de Berceto à Pontremoli ; en exploitation dePontremolià(4lkil.,en i li.35; 4fr.65, 3 fr.25, 2 fr. 10) laSpezia. — La ligne entière doit être ouverte et livrée à l'exploitation dans le courant de 1894.

Après avoir suivi pendant 527 met.

la ligne de Parme à Plaisance jusqu'au delà du pont sur la Parma (R. 5), la hgne de la Spezia se dirige au S.

12 kil. Collecchio, 4500 hab., agréablement situé au pied des premiers contreforts des Apennins.

On entre dans la vallée du Taro.

19 kil. Ozzaiio, où doit venir aboutir la ligne de Crémone-Borgo> San Donnino.

25 kil. FornovOy Fornoue (Forum Novaîiorum?) , 5600 hab., à 140 met.

d'alt., sur la rive dr. du Taro. — Traces d'antiquités romaines. — Le roi de France Charles VIII y gagna, en 1495, une bataille sur les troupes italiennes qui lui disputaient le pa sage lors de sa retraite de INaples.

On franchit un torrent affluent du Taro. — A g. ham. de Citerna. — La voie franchit le Taro dont elle a dû emprunter le lit en plusieurs endroits.

52 kil. Citernay halte.

55 kil. Lesignano di Palmia, 5250 hab. — On franchit le Taro (pont en fer de 180 met.). Tunnel (1576 met.).

57 kil. SolignanOy 2600 hab. (église très ancienne).

La voie, construite dans des conditions difficiles, occupe en partie le lit du Taro; à dr., plusieurs éboulements. — On franchit le torrent Mozzola.

42 kil. Valmozzola, halte.

L'aspect du pays devient de plus en plus alpestre. — Petit tunnel et ham. de Cà di Badia, h dr. — On franchit le Taro (pont en fer de 265 met.) et le torrent Manubbiola.

46 kil. Berceto (Berceto-Gliiare), stat. desservant Berceto^ 6500 hab., situé au milieu des montagnes les plus élevées du Parmesan.

C'est à Berceto que s'arrête pour le moment l'exploitation de cette ligne dont la construction, surtout entre Borgotaro et Pontremoli, a été et est encore retardée par les difficultés du terrain et par les eaux du Taro.

PONTREMOLI. — MODENE.

[route 6]

La Toie, construite dans le lit du Taro, ne le quitte qu'après l'avoir franchi, pour la sixième fois, un peu au-dessous de son confluent avec le Tarodine.

60kil. 5or^o/aro,7500hab.,ch.-l.

d'arr. de la province de Parme, sur la rive g. du Taro.

La voie ferrée, remontant la vallée du Tarodine, pénètre bientôt dans le grand tunnel du Bor g allô (8067 met.). Vers le milieu du tunnel, la ligne atteint son point culminant (428 mèf.

d'alt.). — On débouche dans la vallée du Verde, que l'on descend.

69 kil. Guinadi.

On traverse un tunnel et l'on passe de la rive g. sur la rivedr. du Verde, que Ton franchit presque aussitôt une seconde fois avant de pénétrer dans le petit tunnel du Castello, — On franchit la Magra.

77 kil. Pontremoli *, V. de 15 000 hab., ch.-l. d'arr. de la province de Lunigiana. — CathédraUy de 1635.

— Église de San Giorgio [\t s.). — Dans le faubourg, au S. de la ville, égUse de VAnnunziata (façade attribuée à Jules Romain; à l'intérieur, au centre, élégant petit temple, en marbre, de 14)95).

La voie traverse un petit tunnel en courbe, sous la colline dominée par le couvent de l'Annunziata et suit la rive g. de la Magra.

84 kil. Filattiera, 5600 hab., sur une hauteur à g. de la voie.

On aperçoit çà et là des restes de vieux châteaux.

89 kil. Villa franca (Lunigiana), 5 850 hab. — Petit tunnel.

96 kil. Licciana-Terrarossa. — On franchit plusieurs torrents.

99 kil. Aulla, 6000 hab., dans une belle contrée, au confluent de l'Aulella et de la Magra.

D'Aulla à Fivizzano, ou à Fosdinovo, par Soliera, K. 3.

On traverse quatre tunnels.

104 kil. Capriglia, halte. — Tunnel

sous la colline supportant Santo Stefano.

106 kil. Santo Stefano (di Magra); vieux château; beaux oliviers.

On franchit la Magra sur un pont de 458 met. — Petit tunnel sous le mamelon de Fornola. — -On rejoint à g. la hgne de Pise à la Spezia (R. 12).

111 kil. Vezzano, qu on voit sur une coUine à 1 kil. à dr.

118 kil. La Spezia (R. 12).

MODÈNE Situation. — Aspect général.

Modène* (Modenay ancienne Mutina), V. de 51 055 hab. (avec la banlieue 57 058), ancienne capitale du duché du même nom, est située au miUeu d'une plaine humide et fertile entre la Secchia et le Panaro.

Aucun cours d'eau ne la traverse. ;^Le caîial naviglio, long de 12 kil., commence à la Porte Gastello(E.), etabou tit au Panaro, qui se jette dans le Pô et qui établit une communication avec l'Adriatique.

Modène a la forme d'un pentagone allongé, entouré de remparts servant de promenade. Elle a quatre portes et est défendue au N.-O. par une citadelle. — Elle est bien percée et assez bien bâtie. Un grand nombre de rues sont ornées de portiques. L'ancienne voie Emilia traverse la ville et conserve son nom (corso délia Via £'mt7m), allant de la Porte Sant'Agostino (N.-O.) à la Porte de Bologne (S.-E.). — Au centre de la ville et au S. du Corso, sur la Grande-Place (Piazza Grande), s'élève le Dôme. De ce côté, les rues semblent disposées circulairement autour de cette place et sont irrégulières. Dans toute la partie au N. du Corso, la plupart sont au contraire à angle droit.

Histoire.

On attribue la fondation de la ville de Modène aux Étrusques. Devenue colonie romaine, elle prit une grande part aux troubles du triumvirat. Les plaines voisines virent les derniers efforts de la liberté mourarte. — Ruinée et rétablie sous Constantin, elle était tellement déchue du temps de saint Ambroise, que, dans une de ses lettres, il l'appelle un cadavre. Elle eut beaucoup à souffrir sous les Goths et les Lombards. Pendant le viH^ et le ix^ s., les inondations du Secchia et du Panaro ravagèrent Modène à tel point que ses habitants découragés la quittèrent pour aller fonder à peu de distance une ville nouvelle, dont un village conserve encore le nom (Gittanova).

Ce ne fut qu'à la fin duxi^s. que le territoire de Modène se trouva à l'abri des ravages des deux rivières et que les descendants de SCS anciens citoyens revinrent l'habiter. Elle passa ensuite successivement, ainsi que le pays environnant, aux papes, aux Vénitiens, aux ducs de Milan et de Mantoue. Elle parvint enfin à se constituer en république, ainsi que la plupart des autres villes de la haute Italie. Mais ces petites républiques, si jalouses de leurs libertés au dedans, ne se faisaient aucun scrupule d'attenter au dehors à la liberté des autres. Après avoir lutté longtemps contre les entreprises des Bolonais, Modène fut obligée, pour échapper à leur domination, de se donner à Obizzo II d'Esté, seigneur de Ferrare (1288). Celui-ci la protégea, en effet; mais de protecteur, il devint bientôt maître, et il transmit à ses descendants la nouvelle seigneurie qu'il venait d'acquérir.

La maison d'Esté régna donc en même temps à Ferrare et à Modène jusqu'au moment où elle perdit le duché de Ferrare, et vit ses possessions réduites au territoire des villes de Modène et de Reggio. Obizzo II fut le premier marquis de Modène (1289). Après sa mort (1293) son fils Azzo VIII lui succéda, mais il fut expulsé en 1306 de la ville, qui resta ensuite, pendant trente ans, en butte aux querelles des partis. Le rappel des seigneurs d'Esté put seul y mettre une fin, et Obizzo III, acclamé marquis de Modène, y régna tranquillement jusqu'en

En 1452, Borso d'Esté obtient de l'empereur Frédéric III l'érection de Modène

MODÈNE. [route 6]

en duché. — Pour les ducs Hercule P'^ (1471), Alphonse P-^ (1505), Hercule II (1534), Alphonse II (1559), César d'Esté, F. Ferrare. -- François p'" (1629-1658) acheta du roi d'Espagne la principauté de Correggio. Il commanda les armées françaises. — Son fils, Alphonse IV (1C58-1662), généralissime des armées françaises, épousa une nièce de Mazarin, obtint que les Espagnols retirassent leur garnison de la ville de Correggio. Sa veuve, Laura Martinozzi,gouverna, comme régente, pendant la minorité de François II (1662-1674). — François III (1737- 1780), généralissime des armées espagnoles, perdit son duché et le recouvra à la paix d'Aix-la-Chapelle. Il vendit à la cour de Dresde 100 tableaux, parmi lesquels il y en avait 5 du Gorrège,pour 130 000 sequins. — En 1796, les Français s'emparèrent du duché de Modène, qui plus tard fut compris dans la Répubhque cisalpine. En 1805, lors de la formation du royaume d'Italie, il fut divisé en deux départements : celui du Panaro, ch.-l. Modène, et celui du Crostolo^ ch.-l. Reggio. — François IV d'Autriche, fils de l'archiduc Ferdinand et de Marie- Béatrix d'Esté (fille et héritière d'Hercule III), succéda nominativement à son père, mort en 1803. En 1814, il rentra en possession du duché de Modène. Les événements de 1848 le forcèrent à le quitter. — Le dernier duc de Modène a été François V, archidiic d'Autriche- Este, qui abandonna ses États le 11 juin 1859. — En 1860, le duché de Modène a été annexé au royaume d'Italie.

Histoire de Tart.

L'école de peinture de Modène a eu un consciencieux historien dans le célèbre Tiraboschi. Mais, malgré les efforts de Lanzi, aidé de ses recherches savantes, l'école de peinture de Modène ne semble pas mériter les éloges que lui décerne, dans sa reconnaissance pour la ville qui l'avait adopté, le bibliothécaire ducal. A la rigueur, un des plus grands noms de la peinture italienne, le Corrège, appartient par la naissance au duché de Modène; mais il est généralement considéré comme le chef de l'école de Parme. Et la principale opposition que fait ressortir Lanzi entre ces deux écoles est justement la préférence accordée à Raphaël et à l'école romaine par le plus grand nombre des

peintres modénais, tandis que l'imitation du Corrège prévalut à Parme- Nous citerons ici quelques noms d'artistes du xiv^ s. : Serafino de' Serafini (1585) ; Tommaso da Modena, qui travailla à TréTise et à Prague ; frà Barnaba (1570) et frà Paolo (1574). Au xv« s., nous trouvons les noms de Marco Meloni (1504) ; Giov. Ant. Scaccinl (1512) ; Bern. Loschl (1515); Franc. Bianchi- Ferrari [\ 1510) qu'on croit avoir été le maître du Corrège ; et Bart. Bonascia (-j- 15'27]. — Pellegrino Munari, élève de Raphaël, forme à Modène des imitateurs de son maître. Apres la mort du Corrège, Modène l'ut fréquentée par les artistes qui venaient copier ses ouvrages. Dans le xvn^ s., les Modénais suivirent presque généralement les traces des Carrache et de l'école de Cologne. — Parmi les noms les plus remarquables de l'école modénaise après le xv« s., nous citerons : le sculpteur Guido Mazzoni, dit le Modanino (f 1518), qui décora de sculptures polychromes les églises de Modène, de Ferrare, de Venise et de Naples (il fit le monument de Charles YIII à Saint-Denis et deux statues de Louis Xll au château de Blois) ; -— son élève, le célèbre Antonio Begarelli^ né à Modène (1499-1565) ; — et îes peintres suivants : A Iberto Fontana (\ 1 558) ; — Nicold deir Abaie (1509-1571), qui a exécuté des peintures à Fontainebleau avec le Primatice (la famille de Nicolo soutint pendant une longue suite d'années sa réputation dans la peinture) ; — Lelio Orsi (de Reggio) ; — Catnillo Gavasetti{\ 1628) ; — Bartolommeo Schidone ou Schedone (1580-1615), qui imite le Corrège ; il mourut à 55 ans, de chagrin d'avoir perdu au jeu une somme considérable qu'il ne pouvait acquitter; — Giacomo Cavedone (1577, mort de misère en 1660^ ; — Bernardino Cervi ; — Liica de Beggio et Jean Boulanger^ de Troycs, peintre de la cour, et qui enseigna à Modène, se rattachent à l'école du Guide. — L. Lana (1597- 1646) et Francesco Stringa (1655- 1 709) sont des imitateurs du Guerchin.

Principales curiosités.

Dôme. — Sant'Agostino. — San

Pietro. — Palais Royal. — AlbergoArti.

iV. B, — Les voyageurs pressés

Page 1