‹ Iter hispanicum; notices et extraits de manuscrits de musique ancienne, conservés dans les bibliothèques d'EspagneChapitre 11 sur 20 · EE£EE · texte numérisé non relu

EE£EE

R ■ ' ir

fa-zer Deveinos;caDeusquismorrerPornoset a morte vençer Morren-do,

que nos ven-ci-a. A-le-gri-a! A-le-gri-a fa-ça-mos ia to-da-vi - a.

gi^gE^^,a^^4^£^^3^

A-le-gri - a! A-le-gri - a

fa

:eÊ

^fr^

ça - mos ia to-da-

a. Muigrand'a - le - gri - a

fa

zer De-ve-raos;ca

i!P^=gg^^-=gi^g^i^gi^

De -US quis mor - rer Pornos et

mor-te ven - cer

-tr.

Mor - ren-do, que nos ven -ci

A - le - gi'i

A - le - gri

Fa - ça - mos ia to-da - vi

Madrid, Bibl. Xat. ms. 10069.

Ver-tud' e sa-be-do-ri-a Mui granda San-ta Ma-ri-a. Muigran ver-tu-do

pro-va-daDeus,seuFil-lo, ll'ou-ve da-da, Upres'ssa car-ne sa-gra-da Pornos

F^=ff

que salvar que-ri-a. Ver-tud' e sa-be-do-ri-a Muigrand'a Santa Ma-ri-a.

ÉË3EEÈ

Ver-tud' e sa-be-do - ri - a Muigrand'a San - ta Ma-

^$#:^§i^êî^-;^^^:

ri - a. Mui gran ver - tu - de pro -va - da Deus, seu Fil - lo, U'ou - ve

/xtm-vtiAtiué^^fi^''

* ^ nos gSB^d^ tt^JHsf

1C6 mawé«#te imgr ton r

îî

mm cmy4tp».f(m»m4^ yet tt

' fi

JLi.

jffl yyw^t9^,t>4 (nii^rm. t^uc

viC0.fa5u,-(h?fr fbU4.mAis^

«yrtmr tw0 1WW6 mxm.ipi.

HMt-

it'

rfa^rm tom •m4itffla-A(<!n i^r^

iT--»-

v?fô

ittj etîm»^im»Att^m'mrtwg'*

TT

^^J^tUmtMMMâM^

-fil

,*. a ' ' I ^ mI

^ ^ mt ftfc.m^îô a tttv

gyf^.tv^ çavfcfflg^gpîijlj^';

^^''^^' ■' ■ifcu

ym a»m <^ rmytimfoWggg^,

-Mh

la ttttw.

rrfa

tt:

Pierre Aubry, Iter Hispanicum.^ III

lEÊ

da - da, U près' ssa car-ne sa - gra-da Por nos que sal - var que- ri - a.

^3Ëg^

Ver - tud' e sa - be - do - ri - a Mui grand' a san - ta Ma - ri - a.

Au contraire du précédent, les deux manuscrits de l'Escorial ont un caractère mensuraliste très marqué, mais avant d'examiner ce trait particulier, disons quelques mots de leur physionomie générale i).

Le premier (j. b. 2) est le plus complet au point de vue du texte. Il a servi de base à l'édition de l'Académie royale. C'est à lui aussi que nous empruntons les exemples qui vont suivre. Il se compose de 361 folios de parchemin, écrits sur deux colonnes, et mesure 0,40 c. X 0,27 c. Ce codex appartient à la fin du treizième siècle.

Le second (T. j. 1) se composait vraisemblablement de deux volumes: le premier seul subsiste. Ecrit vers le même temps que le précédent, il contient seulement 193 cantigas. 256 fol. de parchemin. 0,48 X 0,32. Il est particulièrement précieux par le nombre et la beauté des miniatures et, à ce point de vue, il faut signaler l'importante contribution que ce manuscrit apporte à l'histoire de l'instrumentation. Nous renvoyons pour cela, sinon à l'original lui-même, du moins aux planches de l'ouvrage de don F. Aznar, Indumentaria Espanola, publié à Madrid en 1880. Riano, ouvr. cité, en reproduit quelques-unes, p. 108 et ss. Enfin, on consultera utilement le petit livre de F. Pedrell, Organografia musical antigua espanola, paru dans la Collection des Manuels GUi, série artistique. (Barcelone, 1901).

Revenons à nos recueils de l'Escorial. Ils nous intéressent, disonsnous plus haut, par l'extrême netteté de la graphie musicale, qui distingue soigneusement les longues des brèves et par là, permet d'entrevoir avec quelque clarté le rôle des modes rythmiques dans la composition mélodique et monodique du treizième siècle 2).

Les formules ïambiques et trochaïques des 1 — 2 modes sont en majorité :

OU par ^ anacrouse

de.

1) Riano, ouvr. cite, p. 49.

2) Voir notre brochure La Bythmique musicale des trotibadours et des troiirères^ (Paris, Champion, 1907) où l'on trouvera exposés les principes généraux de cette interprétation. Le ms. fr. 846 de la Bibliothèque Nationale de Paris est le chansonnier français dont la notation rappelle le mieux celle des mss. d'Alphonse le Sage.

Pierre Aiibry, Iter Hispanicum. III.

La résolution en ses deux parties égales d'une longue imparfaite pliquée, suivie d'une brève, fait alterner souvent des suites de trois notes brèves dans une mélodie construite sur un rythme trochaïque pur, soit le schéma

Nous noterons de même que parfois, ainsi qu'il arrive dans le recueil de motets français de Montpellier, une ligature de deux notes avec propriété et perfection, au lieu de signifier une brève suivie d'une longue, doit se transcrire par deux brèves, quand elle se trouve elle-même devant une brève.

luestribillo de la pièce

Ben pode santa Maria guarir de toda poçon, etc.'^j

nous montrera l'application de ces deux cas.

Escorial. fol. 248 v.

=s=Fi

gapf^

Ben po-de San-ta Ma-ri - a Gua-rir' de to-da po- con, Pois Ma-dr'e

do que tril-lou 0 ba - si - lis-qu'e o dra-gon, Nous proposons la traduction suivante:

âpjg

rt:

:f=it::

■z$!=rÉzz

Ben po - de San - ta Ma - ri - a Gua - rir de to

da

po-

isi:

i^iiËigg

çon, Pois Ma-dr'e do que tril-lou O ba - si - lis - qu'e o dra - gon.

Les rythmes anaj^esto-dactyliques des 3 — 4 modes se rencontrent fréquemment aussi sans donner lieu à des remarques ijarticulières. On les trouvera employés dans les exemples que nous citons plus loin.

Nous serons ici d'autant plus bref sur la question de la tonalité dans les Cantigas d'Alphonse le Sage que le sujet est 2)lus complexe et risquerait de nous entraîner hors des limites (|ue nous nous sommes assig-

1) Ed. de l'Acad. roy. esp. no. CLXXXIX, p. 2G7.

Pierre Aubry, Iter Hispanicum. III. 45

nées. On en peut dire la même chose que de toutes les mélodies appartenant à l'art des troubadours et des trouvères. Nous sommes à ce point de vue dans une époque de transition. La notion de la modalité grégorienne s'obscurcit, la tonalité moderne est en germe, peut même parfois inspirer une composition en tout ou en partie, mais n'a point encore pris d'elle-même une conscience suffisante pour être érigée en un système défini. Il s'ensuit une confusion inextricable, au milieu de laquelle il apparaît pourtant avec quelque certitude que, de l'ancienne théorie, deux modes sont surtout restés en faveur, au treizième siècle: le protos (finale ré ou transposée sur Za), et le tetrardos (finale solj. Encore faut -il remarquer que le tetrardos est parfois écrit avec 5??, ce qui en fait un mode de ré avec la même altération. La pièce Alegria du manuscrit de Tolède est un exemple de majeur, ici dans le ton de fa.

La versification des Cantlgas est infiniment souple et variée : depuis le vers de quatre syllabes jusqu'à celui de dix -sept, on trouve la représentation de tous les types intermédiaires. La mélodie, qui s'y adapte, traduit musicalement ces rythmes poétiques et de la sorte, à côté de courtes phrases mélodiques, nous avons, accompagnant les vers un peu longs, de grandes et belles périodes, dans lesquelles disparaît la carrure ordinah-e de ces chansons pour faire place au vrai style de la déclamation lyrique.

Quelque réelle que soit l'influence française des troubadours et des trouvères sur l'esthétique des Cantlgas, Alphonse X conserve néanmoins à ses compositions un caractère indigène accentué et c'est siu'tout dans la construction de la strophe musicale que cette physionomie particulière apparaît. Nous allons l'esquisser rapidement.

La strophe musicale des troubadours et des trouvères se compose essentiellement, on le sait, des éléments suivants:

1° Une double phrase mélodique (A B) répétée deux fois (A B + A B). Il y a, certes, des exceptions: ainsi la phrase peut être tripartite (A B C) ou même composée d'un seul membre, qui se répète un certain nombre de fois (A + A + A + A . . .].

2° Une ccmdcij qui est comme le développement ou la continuation de l'idée musicale exprimée dans la première partie de la strophe. La forme en est indifférente et absolument variable.

La strophe musicale d'Alphonse le Sage est comprise autrement: son sort est lié à Vestnbillo. On donne ce nom à un refi-ain qui paraît d'abord en tête de la pièce et qui revient ensuite à la fin de chaque strophe. Musicalement son importance est grande, car le plus souvent, la mélodie de VcstribUlo remonte dans l'intérieur de la strophe, dont les derniers vers sont alors assujettis à répéter la mesure des vers de Yestribillo, ou refrain. Seul, le début de la strophe est indépendant et libre dans sa versification et dans sa mélodie. Encore que très habituel dans

Pierre Aubry, Iter Hispanicum. III.

le système des Cantigas, ce procédé n'est pourtant pas général. Il peut arriver que VestrihiUo s'ajuste simplement à la fin de la strophe sans influer sur sa construction rythmique, ni sur sa composition mélodique.

Si donc, nous décomposons en un schéma les éléments qui entrent dans la construction musicale d'une pièce des Cantigas^ nous nous trouverons en présence de deux cas:

I. — La mélodie de VestrihiUo remonte daus la structure de la strophe. On a alors les éléments suivants:

1° VestrihiUo,

2° la partie indépendante de la strophe, 3° la partie de la strophe assujettie à VestrihiUo^ 4P VestrihiUo.

Les strophes suivantes sont identiquement construites avec les éléments 2, 3 et 4 et ainsi de suite jusqu'à la fin de la pièce. Voir dans nos extraits les pièces XXXII, XXXIIII, LXXVII, etc.

IL — Ti estrihiUo se juxtapose simplement à la strophe. Nous distinguerons simplement dans ce cas:

1° VestrihiUo,

2° la strophe proprement dite, 3" VestrihiUo.

Les strophes qui suivent la première sont formées des éléments 2 et 3. Appartient à ce type la pièce X de nos extraits.

Cette structure mélodique est-elle originale dans l'œuvre d'Alphonse le Sage? Nous avons dit jjIus haut qu'elle différenciait les Cantigas des compositions des troubadours et des trouvères; mais le poète a pu avoir d'autres modèles devant les yeux. Le moyen Age a connu d'autres formes musicales que les chansons courtoises, les estampies ou les pastourelles. En parlant du volumen discantuuni de la cathédrale de Tolède, nous avons énuméré organum, conductus, motets, nous avons enfin relevé dans le tableau comparatif du recueil de Tolède avec V Antiphonaire de Pierre de Mcdicis de Florence, un genre de composition qui se trouve seulement dans ce dernier recueil, les rondelH. Or, ces pièces latines, d'origine française et même parisienne, ont pu parvenir aisément à la connaissance du roi de Castille: nous savons qu'un manuscrit parisien apparenté de près à V yintiphonaire de Pierre de Médicis était venu, vers ce même temps, à la cathédrale de Tolède. Au hasard, nous prenons un des rondeaux du recueil de Florence et nous le reproduisons de suite en transcription.

Florence, Laurent. XIX, 1. fol. 463 v.

Ucc est di - es quam fe - cit

Do -mi - nus.

Fc - lix di - es et

Pierre Aubry, Iter llispanicum. III.

gra - ta, Hec est di - es

op - ta -

zsèi=mL:z::l

ta,

Di - es, nos - tri do - lo-

ris

ter-mi-nus,

Hec est di - es quam fe - cit Do-nii-mis.

II. Dies purgans peccata, hec est dies optata, dies purgans humanum facinus, hce est dies quam fccit Dominus.

III. Est rumphea sublata, hec est dies optata, vires frangit hostis serpentinus, hec est dies quam fecit Dominus.

On retrouve dans cette pièce et dans toutes les autres de même forme les éléments constitutifs de la strophe musicale des Cantigas, telle qu'elle nous apparaît, lorsque, ainsi que nous l'avons analysée plus haut, Vesfribillo remonte dans la structure de la strophe.

Ce moule est assez caractéristique, pour qu'il nous soit permis de conclure à l'imitation consciente par Alphonse X d'une forme usuelle dans la musique française, mais développée dans les Cantigas et devenue en quelque sorte partie intégrante de la lyrique galicienne. Les quelques pièces qui vont suivre, en original et en transcription, permettront de vérifier nos observations et, nous le désirons aussi, d'en faire naître de nouvelles.

Escorial fol. 17 v.

SS

«■in

Ro-sa das ro - sas et fror rtas fro-res, Do-na das do-nas, sen-nor '

Ht — ^

das sen-no-res. Ro-sa de bel-dad e de pa - re-cer, Et fror d'à -le

ÊtE

gri - a e de pra-zer. Do - na en mui pi - a - do - sa se - er,

Pierre Aubry, Iter Hispanicum. III.

St

tiF^

Sen-nor en tol-ler coi-tas et do-o-res. Ro-sa das ro - sas et fror

fe

das fro-res, Do-na das do - nas, sen-nor das sen-no-res.

1 fe:

Ro-sa das ro - sas et fror das fro-res, Do-na das do - nas, sen-

Page 1