‹ Iter hispanicum; notices et extraits de manuscrits de musique ancienne, conservés dans les bibliothèques d'EspagneChapitre 14 sur 20 · SE · texte numérisé non relu

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sa-bor a Sem-pre a -qui lie de-mos-tra 0 ben que pois lie fa-ra.

Pierre Aubry, Iter Hispanicum. III.

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Notes sur le chant mozarabe.

A Tolède, la vieille ville aux airs d'épope'e, Tétranger qui visite la cathédrale, scrute toujours avec curiosité les détails infinis d'un rétable qui pourrait à lui seul passer pour une église, s'arrête longuement devant la double rangée des stalles du chœur en bois fouillé, découpé de merveilleuse façon, admire le somptueux portail de la salle capitulaire, mais ne jette guère qu'un regard rapide et distrait vers une petite chapelle, blottie timidement à l'extrémité sud-ouest de la gi'andiose cathédrale, la chapelle mozarabe.

Cette chapelle et les quelques chapelains qui en assurent le service sont aujourd'hui tout ce qui survit d'un rite, d'une liturgie, qui, aux siècles de leur épanouissement, avaient été la liturgie, le rite observés dans l'Espagne toute entière et une partie du midi de la France. Nous ne dirons de cette histoire que ce qu'il faut pour servir de cadre à une étude musicologique.

On a donné le nom de Moxarabes^) aux chrétiens d'Espagne, qui, lors de l'invasion musulmane, acceptèrent de vivre au milieu des infidèles. Ils eurent à Tolède la jouissance de six églises, Saint-Marc, Saint-Luc, Saint-Sébastien, Saint-Torcato, Sainte Olalla et Sainte-Juste, et ainsi la foi se conserva dans la ville pendant les quatre cents ans qu'y dura la domination des Maures.

Aussi bien, on a donné le nom de liturgie icisigothique ou mozarabe «à l'ensemble des formules et des rites en usage dans l'EgHse d'Espagne depuis la conversion de ce pays au christianisme jusqu'au onzième siècle, époque où, sous l'influence de la papauté et avec le concours des Bénédictins français de Cluny, fut introduite la liturgie romaine proprement dite» et le savant éditeur du Liber ordinum ajoute en note qu'il se sert de cette dernière expression pour ne pas paraître trancher à la légère le problème des origines de la liturgie mozarabe et en faire une chose totalement différente de la liturgie romaine des premiers siècles, dont les livres peuvent être considérés comme perdus sans retour 2).

C'est à cette première période de libre développement et de prospérité

1) On trouve également muxdrabe, mais les écrivains espagnols les plus autorisés emploient de préférence la forme inoxdrahc. Le latin traduit mixti Ambi. C"est un jeu de mots. Ferres, dans la revue Raxôn y Fe (cet. 1903, no. 2, p. 243), fait venir moxdrabe de l'arabe mostcarab avec le sens dC arabisé, soit assimilé aux Arabes. La vérité est que le mot moxarabc est encore étj'mologiquement inexpliqué.

2) Férotin dom Marins}. — Le Liber Ordinum en usage dans VÈglisc irisigothique et moxarabc d'Espagne du cinquième au onxiènie siècle, publié dans les Motiumenta Ecclesiae liturgica. Paris, 1904. in 4.

58 Pierre Aubry, Iter Hispanicum. IV.

qu'appartiennent les manuscrits de chant liturgique notés dans ces neumes mozarabes, aux formes étranges, épaisses, tourmentées, plus indéchiffrables encore que l'écriture neumatique latine. On en trouvera des spécimens dans l'ouvrage de Riaiio, — la planche 2 est surtout caractéristique, — et dans la Palcografia Visigoda de Munoz y Eivero ^i. Les auteurs de la Paléographie musicale estiment que l'écriture musicale des livres mozarabes a une commune origine avec les autres notations neumatiques de l'Europe :

«Les neumes mozarabes ont, il est vrai, une forme particulière, mais ils ne sont pas assez altérés par les habitudes calligraphiques propres aux Wisigoths pour que le musiciste versé dans la lecture des neumes occidentaux ne reconnaisse, du premier coup d'œil et sans hésitation possible, tous les éléments constitutifs de la notation à accents combinés. Presque tous les neumes conservent trait pour trait leur physionomie primitive 2)».

Les lignes sont très exactes. Nous avons examiné bon nombre de manuscrits d'origine mozarabe à la Jibreria de la cathédrale de Tolède et à la Bibliothèque Nationale de Madrid. Le premier contact est rebutant: l'œil se trouve dépaysé, mais qu'il s'habitue, qu'il cherche à entrer dans le détail de cette notation, qu'il en dissèque les éléments, bientôt apparaîtront les éléments primordiaux de toute écriture neumatique. Surtout à côté de cette notation mozarabe pesante, empâtée, qui semble se traîner pesamment au dessus du texte, on trouve, à peu près vers le même temps, mais destinée à rester plus longtemps en usage, une seconde écriture mozarabe, infiniment plus légère et plus déliée, aux formes graciles et particulièrement élégantes ^j. Quel est entre ces deux notations le rapport d'origine et de parenté? c'est ce que nous ne saurions préciser, mais il y a un point intéressant qu'il convient de signaler. Les auteurs de la Paléographie musicale ont dit avec raison, selon nous, que la notation des livres mozarabes n'est point un système isolé d'écriture mais qu'elle est en relation avec les autres systèmes neumatiques de l'Europe. Est-ce tout? ne saurait-on aller plus loin et, après avoir souligné cet air de famille, chercher à découvrir l'ancêtre commun? Les linguistes, qui constatent entre le sanscrit, le grec, le latin et le celtique par exemple un même système de flexions, remontent pour en trouver l'exphcation à un état plus ancien de ces langues, à un indo-européen hypothétique et primitif. Faisons comme eux. Notre tâche est d'ailleurs plus facile, car nous n'avons point à sortir du domaine de l'histoire.

Deux travaux importants de l'érudition française, récemment parus,

1) Munoz y Rivero (Jésus) — Paleografia Visigoda. Madrid, 1881.

2) Paléographie 7mtsie((le. Les principaux manuscrits de chaut grcgoriru , ambrosien, moxarabe, gallican, publics en fac-similés phototypiques par les Bcncdictins de Solcsmcs. I. Introduction générale, p. 39. Solesmes, 1889, in 4.

3) Paléographie musicale, I, pi. II. Nous avons dans notre collection particulière des fac-similés de cette écriture pris sur des manuscrits en provenance de Novalèse.

Pierre Aubry, Iter Hispanicurn. IV. 59

riin du E,. P. Thibaut'), l'autre de M. Amédée Gastoué^^, ont eu pour effet, sinon de prouver l'origine byzantine des notations neumatiques de l'Occident, du moins de démontrer ({ue les livres les plus anciens de l'Eglise grecque en présentent les caractères primordiaux et comme les formes originaires. Nous avons nous-même le projet d'établir la filiation de la notation arménienne primitive avec l'écriture musicale de TEglise grecque. La notation russe a la même origine. Les Syriens ont emprunté leur système de notation liturgique à la séméiographie grecque, dite damascénienne : en un mot, la notation musicale des Byzantins a été importée, à des phases diverses de son évolution, dans les différentes Eglises de l'Orient et de l'Occident. Or, la notation mozarabe, l'une d'elles du moins, ne fait point exception. Les traces de byzantinisme y abondent et nombre de neumes mozarabes ne sont que des signes de la notation grecque, dite constantinopolitaine , transportés d'un bout de l'Europe à un autre. C'est une constatation matérielle, que tout manuscrit mozarabe permet de vérifier.

Est-ce historiquement vraisemblable? Oui, car si personne aujourd'hui n'oserait soutenir que saint Léandre et saint Isidore aient été les auteurs de l'office wisigothique, il n'en est pas moins réel que ces deux grands docteurs, saint Léandre surtout, ont contribué à l'enrichir de mélodies et de formules nouvelles. Ou sait la fraternelle amitié qui unissait saint Grégoire le Grand et saint Léandre. En 578, Grégoire fut envoyé à Constantinople par le pape Pelage H en qualité d'apocrisiaire ou de légat. Il y resta sept années, partageant avec Léandre, alors archidiacre, la maison d'un prélat grec. C'est pendant ce temps que l'un et l'autre prirent contact avec cette civilisation musicale byzantine si développée, dont ils devaient conserver le souvenir et les doctrines une fois revenus, l'un à Rome, l'autre à Séville^).

Voilà donc, à notre sens, comment il faut expliquer la parenté de deux notations liturgiques : c'est en remontant à la source commune. Ces deux écritures musicales sont entre elles comme deux sœurs, qui portent sur leur physionomie la ressemblance de leur mère, tout en ayant chacune les traits caractéristiques d'une personnalité propre.

Reprenons l'exposé succint dos événements. L'Espagne arrive à la fin du onzième siècle à la période de la rcconquisfa, les souverains catho-

1) Thibaut (Le R. R. Joli., — Origine byxavtinc de la notation nrninaiiqu^' de VEglise Latine. Paris, 1907. in-8.

2) Gastoué (A.) — Les Origines du chant romain. Paris. 1907. in-8.

3) Déjà, depuis le commencement du IV^ siècle, particulièrement depuis Osius de Cordoue, l'Église d'Espagne avait conservé des rapports très intimes avec l'Église grecque et, dès le commencement du V* siècle, le pape Hormisdas avait cru devoir avertir Jean, archevêque de Tarragone, d'avoir à se défier des prêtres grecs, nombreux dans la région. Voir sur cette question VEspana Sagrada de Flores. III. p. 192 et ss.

go Pierre Aubry, Iter Hispanicum. IV.

liques, Ferdinand I, roi de Castille et de Léon, Alfonse VI de Castille entreprennent définitivement de reconquérir la péninsule sur les Musulmans. Mais en même temps que ce dernier s'emparait de Tolède (1085) et en chassait l'Islam, il proscrivit la forme rituelle de la foi chrétienne des mozarabes au profit du rite romain, au nom de l'unité des coutumes liturgiques entre tenants d'une même croyance ; les chrétiens mozarabes avaient joui sous les émirs d'une indépendance qu'ils ne connurent plus avec un souverain catholique \].

Nous savons que la résistance fut ardente: les chroniques contemporaines exaltèrent l'attachement des familles mozarabes au rite ancestral et, si nous croypns Eoderic de Tolède, le ciel lui-même se prononça en faveur du culte persécuté 2). Le pape Grégoire Vil avait cherché l'unité liturgique dans la cathoHcité entière; son influence, jointe à celle des Clunisiens français, tout-puissants à la cour de Castille, avait déterminé Alfonse VI à poursuivre l'abohtion du rite mozarabe. Toutefois il ne put aller jusqu'au bout de son œuvre et dut tolérer à Tolède les six paroisses antiques, dont les Maures eux-mêmes avaient respecté l'existence.

Ici les événements politiques ont une répercussion sur l'histoire litur-

1) Cette situation est comparable, politiquement parlant, à celle des Arméniens grégoriens dans les provinces, telle celle d'Érivan, qui, autrefois persanes, sont russes aujourd'hui: ils ont acquis la sécurité de leurs vies au prix de leur indépendance intellectuelle.

2) Le récit plus ou moins légendaire de ces événements se trouve dans la chronique de Roderic de Tolède, 1. VI. c. 26 <Verum ante revocationem clerus et populus totius Hispaniae turbatur, eo quod gallicanum officium suscipei'e a legato et principe cogebantur, et statuto die rege, primate, legato, cleri populique maxima multitudine congi'egatis, fuit diutius altercatura, clero, militia et populo firmiter resistentibus, ne officium mutaretur, rege a regina suaso, contrarium minis et terroribus intonante. Ad hoc ultimo res pervenit, militari pertinacia decernente ut haec dissensio duelli certamine sedaretur. Cumque duo milites essent electi, unus a rege qui pro officio gallicano, alter a militia et populis qui pro toletano pariter decertarent, miles régis illico victus fuit, populis exultantibus, quod victor erat miles officii toletani. Sed rex adeo fuit a regina Constantia stimulatus quod a proposito non discessit, dueUum iudicans ius non esse. Miles autem qui pugnaverat pro ofticio toletano fuit de domo Matantiae prope Pisoricam cuius hodie genus extat. Cumque ab hoc magna seditio in militia et populo oriretur, demum placuit, ut liber officii toletani et liber officii gallicani in magna ignis congerie ponerentur. Et indicto omnibus ieiunio a primate, legato et clero, et oratione ab omnibus dévote peracta, igné consumitur liber officii gallicani et prosiliit super omnes flammas incendii, cunctis \ddentibus et Dominum laudantibus, liber officii toletani, illaesus omnino a combustione incendii alicnus. Sed cum rex magnanimus et suae voluntatis pertinax executor nec miraculo territus, ncc supplicatione suasus voluit inclinari, sed mortis supplicia et direptioneiu minitans resistentibus praecepit ut gallicanum officium in omnibus regni sui finibus servaretur. » — Roderic, archevêque de Tolède (1208— 1247j est l'auteur de la chronique de rcbus Hispaniae libri IX dédiée en 1243 à Ferdinand, roi de Castille. Texte dans Bel, Rerum liispanicarum scn'ptorcs, I.

Pierre Aubry, Iter Hispanicum. IV. Q1

gico- musicale: en quelques manuscrits de ce même temps, c'est-à-dire de la fin du onzième et du douzième siècle, tel un Liber Ordinum conserve aujourd'hui dans les collections de l'Acade'mie royale d'histoire de Madrid, la notation mozarabe ancienne a été effacée au grattoir et remplacée par la notation française à points superposés, dite notation aquitaine. Cette romanisation du chant liturgique mozarabe est l'œuvre des Clunisiens.

D'autres manuscrits, — nous citerons le ms. lat. 776 de la Bibliothèque Nationale de Paris (XII« siècle), — notés dans cette même écriture du midi de la France, où les points superposés indiquent une tendance à la diastématie, contiennent des pièces mozarabes ou susceptibles de l'être. Nous relevons par exemple dans le ms. ci-dessus mentionné:

fol. 35. Antienne Memor humanc eondicionis.

fol. 63 vil. Versets divers du Popule ineus avec deux mélodies différentes.

fol. 70. Antienne Sanctus Deus, qui sedes super CheruJmn.

fol. 83 V. Preces : Dicamus omnes.

fol. 85 vo. Antienne Sanctus Deus, sanctus fortis.

fol. 86 vO. Prosterninius preces ante facicrn tuam.

fol. 87. Pirces: Rogamus te, rex.

fol. 90. Offertoire spécial: Memor sit Dommus.

fol. 138. Preces mortiiorum.

fol. 146 vO. Pièces diverses pour les défunts *).

Ce même manuscrit contient encore les messes de la Dédicace (fol. 90), de la Nativité de la sainte Vierge (fol. 113), de saint Martin (fol. 120), de saint Saturnin (fol. 122). Chacune de ces fêtes a d'abord la messe romaine, puis une autre messe de forme non romaine. Les points superposés de ce manuscrit ne rebutent point la lecture et leur clarté nous a permis de transcrire l'une de ces preces mortuonnu, si fréquentes dans la liturgie mozarabe. Elle est en forme abécédaire, c'est-à-dire que chaque verset commence par une lettre différente dans l'ordre de l'alphabet. En voici les trois premiers versets:

(Paris, Bibl. Nat. lat. 776. foMSS")

De -us, mi - se •

• re -

1 ■ ■ ■ ■ • [■ - re. De -us, mi - se - re - re. 0 Je - su bo - ne.

tu il -le pa-re

De-

us mi-se-i

e - re. W. Ad te cla-man-1

Les ex-au-di,

■i^" __ni â" 1%. Il

Chris-te, flcn-ti-um vo-ces au-di me-ren-tes De-us rai-se-re - re.

1) Nous devons cet intéressant dénombrement de pièces mozarabes conservées dans un ms. d'origine française à notre ami M. Amédée Gastoué.

62 Pierre Aubry, Iter Hispanicum. IV.

^ nia «■-■■

("(T^, Be-ni-gne De-us,

au-reni a-po-ne, ro - ga-tum nos-trum pi - us

^ fti a '

■ ■ ■ 1 ■ in-ten-de, De-us mi

' '■ - - I - ■ -se-re - re. ^. Ce-li-tus al-me, rex ora-nis ter-re,

■ - ,-ni-«- i'#. « 1

ia-nu-am vi - to tu il - li pan-de, De-us mi-se-re - re. etc.

Nous citons cette pièce parce qu'on peut voir en elle, croyons-nous, un très ancien vestige de ce chant mozarabe, apporté dans le midi de la France à la fin du onzième siècle, sans doute lorsque cette liturgie fut abolie vers 1070, sous le règne de Ramire II en Aragon, comme elle devait l'être quelques années plus tard à Tolède. La persécution accompagne toujours les révolutions d'ordre spirituel: il se peut que des mozarabes d'Ai-agon, de Catalogue ou de Navarre aient fui devant les mesures de proscription dirigées contre eux et aient porté sur une terre plus hospitalière leurs prières et leurs chants. Nous en trouvons ainsi la trace dans les manuscrits français en provenance des diocèses avoisinant l'Espagne^).

Le chant liturgique des Mozarabes suivit alors l'évolution de la théorie musicale. Nous ignorons ce qu'il fut au treizième et au quatorzième siècle, mais un précieux manuscrit, noté dans l'écriture musicale du temps de Dufay et de Binchois, c'est-à-dire du milieu du quinzième siècle, nous renseignera sur l'état du chant mozarabe à cette époque 2). Lors de notre premier voyage à Tolède, nous avons trouvé ce beau Cantatorium dans un coffre à bois de la chapelle mozarabe. A vrai dire la curiosité qu'il éveilla en nous trouva un écho chez les chapelains et quand, deux ans plus tard, nous vînmes le consulter à nouveau, on lui avait fait les honneurs d'une planche d'armoire 3).

1) M. A. Gastoué croit cette origine beaucoup plus ancienne: les Espagnes et la Gaule Narbonnaise avaient en effet une discipline unique, au moins dès le sixième siècle. Voir du même, Histoire du chant litm-gique à Paris, pp. 22, 23, note 1, 30, 32, 33, etc. Paris, 1904.

2) La notation est, disons-nous, celle du début et du milieu du quinzième siècle français, mais il faudrait, par pi'udence, savoir si l'Espagne n'était pas en retard sur la France au point de vue de la tbéoric musicale, ou simplement, plus conservatrice, comme l'abbaj-e de Saint Gall, où les neumes sans lignes furent en usage jusqu'au quatorzième siècle: auquel cas, ce manuscrit pourrait appartenir à la fin du (|uiiizième siècle ou même au commencement du siècle suivant.

3) Ce manuscrit ne figure pas dans le catalogue de Riano.

Pierre Aubry, Iter Hispanicum. IV.

La notation est mesurée, c'est un signe des temps, et le système d'écriture est, à l'état rudimentaire, celui que nous trouvons dans les manuscrits notés postérieurement au premier tiers du quatorzième siècle: c'est une simplification pour des chantres au talent modeste de la théorie de Vars nova.

Les éléments en sont:

la longa ^ := ^

la brevis ■ = ^

la semibrevis ♦ = J

la minima ♦ = # ou encore 4 avec la même signification

la semiminima ^ = 0^ Ces signes simples se groupent en ligatures

■ ou in*. = 4 + ♦ soit é 0 ■^ ou ■ =4 + 4

Un point ai^rès la note l'augmente de la moitié de sa valeur. Ces simples explications nous dispenseront de traduire les extraits que nous allons faire de ces textes curieux ^).

1) La notation est ainsi réduite à ses éléments les plus simples. Le rythme, sauf dans quelques hymnes, est toujours binaire par la division de la semibrevis en deux minimes et de la minima en deux semiminimes. La semibrevis constitue le temps premier et l'unité de la mesure: nous arrivons donc à un rythme analogue au chranos des Orientaux. La traduction que nous donnons ici de Tune des pièces dont foriginal est publié plus loin précisera Tinterprétation que nous proposons.

Con-fes - si

-T— a a • ^0-=-»-^ ô- iT • # — ^'

3=iZ

in - du - is

A-mic-tus

et spe

es in conspec-tu e

ius sanc-ti - tas

in sancti-ta-te e

Pierre Aubry, Iter Hispanicum. lY.

In festo sanete Luce evangeliste ad vesperos.

fol. 30 V»

■t'' . . ♦u-nii'*'.' ft,iiL-ii. ^1. . u

Lauda. Con-fes-si - o - - nem et de - - co - - rem in-du-is

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- ti. Ps. A-mic-tus lu- - tnensi - eut ves-ti-men - tum.

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U. Con-fes

si - o et spe - ti - es in cons-pec-tu e -

fi^

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ius,sanc-ti-tas et ma-gni-fi - cen - ti - a in sanc-ti -ta-to

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ius A-mic-tus etc. iSonus. Con-fi - te -bor ti - bi,

fc±; y *

Do -

- mi -ne, in to-to cor - de me - - o,

nar-ra-bo mi-ra-bi -li-a tu -

a. Ps.Al-le

lu-ya.

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