‹ Ithaque, le Péloponnèse, Troie;Chapitre 92 sur 140 · II · texte numérisé non relu

II

Oî àyopàç àyopeuov iici llptâu.010 ôûpTjaiv IIavTe; ôjAYiyepes;, ijaev ve'ot vjiîè ye'povre;.

« Ils s’étaient tous rassemblés à l’agora, jeunes « gens et vieillards, devant les portiques de Priam. » La connaissance de l’emplacement d’une ville ne peut jamais être mieux conservée que par la tradition qui survit chez ses habitants mêmes; et comme, selon la tradition parmi la population d’Ilium-Novum, l’ancienne Troie n’avait jamais été entièrement détruite ni entièrement abandonnée ( Strabon , XIII, I, page ni, édit. Tauchnilz), il n’y a pas moyen de douter qu’il n’en soit ainsi. Nous en pouvons d’autant moins douter qu’il parait certain, d’après Homère même, qu'un royaume troyen continuait à exister même après la destruction de ta capitale par les Grecs, et que ce royaume existait <lu temps d’Homère , et ainsi deux cents ans après la guerre de Troie ; car je ne comprends pas comment Homère, toujours si vrai et si précis, aurait autrement pu mettre dans la bouche de Neptune les beaux vers prophétiques (//., XX, 3oo-3o8) :

178 DYNASTIE d’æNÉE A TROIE.

ÂXk' ayeS’, lip-eî? itep puv ÛTcèx Davârov àyaycdjAev,

Mti'iîwç xai Kpoviân; xey oXiSaerai, aï xev XyùXtbç lovât xaraxtewij • (AOpijAov Hé oï iex àXlaaSai, ôippa (ati céffirepfAoç yeveri xal «pav-roç oXviTat Aapâavou, Sv Kpovïâviç icept iroévrwv (pfXaTo xatâtov,

Oî fÔev i£eye'vovTQ yuvatxüv ts ôvTirauv.

Üh yàp üpiatAou yever,v fiyQnpt Kpoviuv •

NOv Ht Hrt Aiveïao {bvi Tpioeaaiv àva^et,

Kat itaïâwv lïaîâeç, toi xev (leroiaaSe ylvwvTai.

« Eh bien donc ! arrachons nous-mêmes Ænée à « la mort, pour que le fils de Saturne ne se mette « pas en courroux, si Achille le tue ; car la destinée « veut qu’il échappe, afin que la race de Dardanos ne « périsse pas sans descendants et oubliée ; de Dara danos que Jupiter a aimé le plus parmi tous les en- « fants qu’il a engendrés de femmes mortelles ; car « la race de Priam est maintenant odieuse au fils de « Saturne; oui, bientôt régneront sur les Troyens « Ænée et les fils de ses fils et ceux qui naîtront en- « suite. »

Si donc du temps d’Homère un royaume troyen, avec un descendant d’Ænée pour roi, n’eût pas existé, alors le poète aurait fait prononcer à Neptune un mensonge ridicule; mais un tel sacrilège n’est point compatible ni avec sa croyance aveugle dans la haute sagesse des divinités, ni avec sa constante véracité.

Strabon, en rejetant toutes les traditions, d’après lesquelles Ænée, en s’échappant de Troie avec son père Anchise et son fils Ascanios, aurait fondé une

DYNASTIE d’æNÉE A TROIE.

colonie près de l’Olympe en Macédoine, ou en Arcadie, ou en Sicile, d’où il serait venu s’établir dans le Latium , Strabon , dis-je , reconnaît qu’Homère indique clairement dans le discours prophétique de Neptune qu’Ænée est resté à Troie, qu’il y a régné après l’extinction de la dynastie de Priam, et qu’il en a laissé la succession aux fils de ses fds. (S trabon, XIII, i, page ia3, édit. Tauchnitz.)

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