SACRIFICES D’ALEXANDRE A ILIUM
son courroux contre la race de Néoptolème à laquelle il (Alexandre) appartenait. ( Arrien , I, 1 1.)
Plutarque dit qu’Alexandre, après avoir passé l’Hellespont, monta à Ilium, sacrifia à Minerve et fit des libations aux mânes des héros, et, après avoir arrosé d’huile la colonne funéraire d’Achille , il courut , comme c’était l’usage , tout nu autour du tombeau , avec ses compagnons, y mit une couronne de fleurs et félicita Achille d’avoir eu pendant sa vie un ami fidèle et, après sa mort, un grand chantre de sa gloire.
Comme il parcourait la ville (Ilium) et en examinait les curiosités, quelqu’un lui demanda s’il voulait voir la lyre d’Alexandre (Paris), il répondit qu’il se souciait très-peu de celle-là, mais qu’il désirait voir la lyre d’Achille, sur laquelle celui-ci avait chanté la gloire et les actions des grands hommes. (Plutarque, Vie d Alexandre le Grand , XV.)
Vu le culte qu’Alexandre le Grand avait pour Homère et pour ses héros, il est évident qu’il avait la pleine certitude que l’ilium, où il sacrifia à Minerve, occupait la place de l’ilium de Priam.
Nous lisons dans Strabon : « On dit que la ville « d’ilium était jusqu’alors un bourg , et qu’il y avait « un temple de Minerve petit et mesquin. Mais Alexan- « dre y ayant monté, après la victoire du Granique, « orna le temple d’offrandes, éleva le bourg au rang « de ville, commanda aux intendants de l’agrandir « par de nouvelles constructions et déclara la ville « libre et exempte de tout impôt. Plus tard, après la « destruction du royaume de Perse, il lui envoya une
BIENVEILLANCE d’aLEXANDKE POUR ILIUM. 185
« lettre bienveillante, promettant d’en faire une grande a ville, de rendre son temple très-célèbre et d’insti- « tuer dans la ville des jeux sacrés. Après sa mort, « Lysimaque fit beaucoup pour la ville, l’entoura d’une « muraille de quarante stades de long, bâtit un temple « et augmenta la population en y amenant les habi- « tants des anciennes villes environnantes, qui étaient « en décadence. Alexandre le Grand portait un grand « intérêt à Uium-Novum, autant par son désir de bien « établir sa parenté avec les Iliens que par son admi- « ration pour Homère ; il y a même de lui une édition « rectifiée des poèmes d’Homère, dite a de la cassette», a car Alexandre a révisé ces poèmes avec Callisthène « et Anaxarque, et les a annotés, et il les conservait « dans une cassette richement ornée, qu’il avait trou- « vée dans le trésor des Perses. La bienveillance « extrême d’Alexandre pour les Iliens provenait donc « d’abord de son culte pour le poète, puis de sa pair renté avec les Æacides, les rois des Molosses, chez « lesquels, dit-on, a aussi régné Andromaque, qui « fut jadis l’épouse d’Hector. » ( Slrabon , XIII, i, pag. 100 et 101, édit. Tauc/mitz .)
Le même auteur continue à nous raconter qu’Ilium tomba de nouveau en décadence, et à. tel point que, selon Démétrios de Scepsis, il n’y avait pas même de tuiles sur les toits des maisons lorsque les Romains firent pour la première fois invasion en Asie; que la ville fut encore relevée, mais qu’elle eut de nouveau à souffrir par la conquête de Fimbria, dans la guerre contre Mithridate. Ce général prit la