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el lecoi-iiilliien la composent; les colonnes sont cannelées; des niches, des guirlandes, des corniches à denticules complètent la décoration. Les trois portes ont conservé leurs anciens vaniaux sculptés de palmes et de draperies. La façade de Saint-Gervais était autrefois en grand renom; aujourd’hui on l’admire beaucoup moins, tout en reconnaissant ce qu’il y a de vraiment monumental dans sa structure.
L’église est cruciforme; mais ses croisillons servent de chapelles et n’ont point de portails. Bien posé sur un monticule, près de la Seine, l’édifice montre au loin ses grands combles et sa tour. L’abside est un peu plus gothique et plus ornée que la nef. L’architecture diffère seulement dans les détails de celle des diverses églises du x\e et du xvie siècle, que nous avons déjà citées. On trouve de très-gracieux motifs d’ornementation dans les arcatures à jour des contre-forts et dans les enroulements découpés qui les surmontent; dans la double rangée de balustrades qui circule autour du monument; dans les tourelles et dans les clochetons. Les fenêtres étaient toutes garnies de meneaux; on rétablit peu à peu ceux qui ont été supprimés. La chapelle de la Vierge, au point extrême du chevet, olfre l’aspect d’une petite église. De nombreuses fenêtres l’éclairent; des aiguilles surmontent ses contre-forts; des chimères, très-allongées cl tenant de petits animaux sous leurs pattes, lui servent de gargouilles. La tour, placée dans l’angle du croisillon septentrional avec le chœur, appartient au style ogival par sa partie inférieure ; à la fin du xvi^ siècle, peut-être même au xvii% par ses deux autres étages en plein cintre. Une frise feuillagée marque la ligne de démarcation entre les deux styles. Du côté du nord, plusieurs petites chapelles, intérieurement décorées de peintures intéressantes, s’étendent au-dessous des fenêtres qui éclairent les chapelles de la nef.
Quatre travées à la nef, deux au chœur et cinq en pourtour à l’abside; collatéra'ux simples el bordés de chapelles dans tout leur développement. Piliers fasciculés sans chapiteaux; toutes les baies el tous les arcs en ogive; clefs en forme de culs-de-lampe el de rosaces sous les basses voûtes; nervures multiples et prismatiques
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à la maîtresse vcûle et dans les chapelles; ces nervures simplement croisées dans les collatéraux. La voûte médiane avait des clefs pendantes ; on les a coupées. Celles de la travée centrale du transept et du rond-point sont en cercle ouvert, avec inscription sur les bords; nous avons lu à grand’peine sur celle du transept la date de 1578 et les noms des marguillers qui la firent poser. Chaque croisillon est partagé dans sa hauteur par une voûte qui forme tribune. Plusieurs des chapelles de la nef et du chevet communiquent entre elles par des arcs percés dans leurs murs de refend. La maîtresse voûte se distingue par sa grande hauteur, que les dimensions étroites du vaisseau font paraître plus considérable encore.
La tribune de l’orgue en pierre, ornée d’anges et de colonnes corinthiennes, a été construite au xvii® siècle.
Deux statues des saints patrons, sculptées en pierre par Bourdin, XVII® siècle, accompagnent le maître autel. Les six candélabres et la croix de bronze doré, avec bas-reliefs sur les bases, qui le surmontent, ont appartenu à l’église abbatiale de Sainte-Geneviève; ce sont des chefs-d’œuvre du siècle dernier. Deux rangs de stalles, XVI® siècle, les seules en ce genre qui existent à Paris, s’étagent sur les côtés du chœur. Les descriptions anciennes ou modernes n’en parlent pas; nous nous croyons d’autant plus obligé de les faire connaître. Des personnages en pied sont figurés en bas-reliefs, sur les panneaux de clôture, sainte Catherine, saint Mathieu, saint Paul, saint Antoine, saint Pierre, saint Jean l’Évangéliste, un saint évêque et une sainte femme. De petits sujets fort curieux couvrent les miséricordes; en voici l’indication en peu de mots. Un écrivain à son pupitre ; un architecte mesurant des pierres, en présence de son appareilleur ; un boulanger qui met la pâte au four; des croissants enlacés (c’est l’emblème de Henri II) et des mascarons; une tête d’homme agencée avec des guirlandes; un homme accroupi, coiffé d’un bonnet à oreilles d’âne, qui souille le seuil d’une porte, tandis que le propriétaire de la maison le regarde d’un air piteux ; un tonnelier ; des vendangeurs dans une cuve ; un génie dormant sur un tombeau, le bras appuyé sur une tête de mort; un rosier;
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trois personnages en prières; une querelle entre deux lioinmes; un cordonnier à son établi, tout entouré de cliaussures; deux rôtisseurs; une syrène; un animal fantastique; une salamandre couronnée; un batelier dans sa barque; un lion; un homme nu; un porc qui mange avec gloutonnerie.
L’église a été dépouillée de la meilleure partie de ses vitraux, et ceux qui restent ne sont pas en bon état. Cette mutilation est déplorable. Robert Pinaigrier avait peint dans le chœur, entre autres compositions importantes, l’histoire du paralytique de la piscine et celle de Lazare; dans une chapelle de la nef, le pèlerinage du mont Saint-Michel. On lui attribuait aussi les verrières de la chapelle de la Vierge. Les vitres les plus estimées de Jean Cousin se trouvaient à Saint-Gervais ; c’étaient le martyre de saint l..aurent, l’histoire de la Samaritaine, le jugement de Salomon. Lesueur avait aussi donné des dessins de grisailles , et Perrin les avait exécutés sur verre. De tout cela on ne trouve guère plus que des lambeaux. Le jugement de Salomon est ce qu’il y a de mieux conservé; il remplit la fenêtre de la seconde chapelle du chœur au midi. Sur les murs du palais où la scène se passe, un cartouche porte la date de 1531. La beauté de l’exécution et la brillante vivacité du coloris rendent ce vitrail digne d’admiration. Au tympan de la même fenêtre, au-dessous d’un Père Cternel qui bénit. Salomon offre un sacrifice; il dort entouré de livres, et c’est pendant ce sommeil qu’il obtient la sagesse; il reçoit la reine de Saba. Quelques débris du martyre de saint Laurent subsistent dans une des hautes fenêtres du chœur.
Nous allons continuer, comme nous l’avons fait précédemment, à mentionner sans observations les sujets des autres verrières. Dans la nef, des armoiries, des donateurs; saint Pierre baptisant Corneille; Jésus dans le temple , au milieu des docteurs; le lavement des pieds; la Pentecôte ; Abraham et Melchisédech. Dans le transept, la résurrection du Christ. Dans le chœur, les quatre Évangélistes recevant les inspirations de l’Esprit-Saint ; le Christ au jardin des Olives. Les vitraux des fenêtres du fond de l’abside n’ont pas encore dix années d’existence. Dans les chapelles, saint Jean-
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Baptiste; saint Nicolas; le baptême du Christ; plusieurs sujets de la légende de sainte Madeleine, son ravissement, sa mort, son âme portée devant Dieu; un martyr décapité ; le Père Eternel entouré d’anges; la mort de sainte Isabelle, saint Louis aux funérailles de sa sœur, dont le corps est vêtu à la fois du manteau royal et de la robe de sainte Claire, le saint roi faisant l’aumône et combattant les infidèles; six sujets de la Passion, complétés par huit panneaux modernes; la condamnation de saint Gervais et de saint Prolais ; la Vierge couronnée par un ange et bénie par Dieu le Père, le Saint- Esprit descendant sur une réunion d’ecclésiastiques; sainte Catherine et saint Nicolas ; le Père Eternel; le Christ assis sur l’arc-enciel , entre la Vierge et saint Jean-Baptiste.
La chapelle de la Vierge, longtemps défigurée par des boiseries modernes, et privée de la plus grande partie de ses ouvertures, qui avaient été fermées avec du plâtre, a reçu de nos jours une décoration entièrement nouvelle. Son autel a été consacré en 1845, le jour de la saint Jean-Baptiste. Il y aurait certes bien à reprendre, si l’on voulait examiner les détails de l’ornementation. Mais l’ensemble a un certain éclat, et l’architecture a été débarrassée de tout ce qui en déguisait les formes. Le pourtour de la chapelle se divise en sept travées; elle reçoit la lumière par cinq fenêtres à meneaux flamboyants. Une partie des vitraux a été refaite en 1 845, à la manufacture de Choisy-le-Roi.Dans les tympans des deux premières fenêtres, il s’est conservé un arbre de Jessé d’une très- belle facture et un couronnement de la Vierge. Aux trois fenêtres absidales dont les verrières, attribuées à Pinaigrier, représentent la légende de sainte Anne, de saint Joachim et de la Vierge, il a fallu rétablir à neuf plusieurs panneaux. Quelque soin qu’on ait apporté à leur confection, ils se distinguent facilement des autres par un dessin moins ferme et des tons moins vigoureux. Parmi les anciens, on remarque surtout Marie occupée à tisser de la toile dans le Temple et recevant sa nourriture des mains d’un ange; une sainte Trinité; les bergers gardant leurs troupeaux dans une prairie de l’aspect le plus riant, au moment où les anges leur annoncent la naissance du Christ. On a toujours vanté, comme des tours de force, les combi-
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naisons singulières des nervures de la voûte. Chacun se demande comment la pierre a pu se prêter à de pareils caprices. Sans nous arrêter davantage aux clefs pendantes, ni aux petits anges qui se tiennent suspendus aux retombées, nous devons citer la couronne tout évidée à jour qui semble descendre de la voûte, comme un splendide emblème de celle que la Vierge a reçue dans le ciel. Elle a six pieds de diamètre et trois pieds six ponces de saillie. Nous savons bien que le fer est ici venu en aide à l’adresse du constructeur. Mais il fallait encore beaucoup d’habileté pratique, même avec ce secours, pour surmonter les difficultés de la taille et de la pose d’une semblable décoration , comme l’ont fait les frères Jacquet, qui passaient d’ailleurs pour les plus ingénieux maçons de leur temps. La date de 1517 se lit en lettres de relief sur les bords de la couronne. Un donjon fortifié et des étoiles rappellent les titres de Tour de David et d’Étoile du matin , que les litanies donnent à la mère de Jésus. A la voûte du collatéral, en avant de la chapelle, une croix, entourée d’une banderole, se découpe au croisement desmervures.
Scarron, si connu par scs écrits burlesques, par ses infirmités et par sa qualité de premier mari de M™" de Mainlenon; Philippe de Champaigne, l’un des meilleurs peintres du xv!!*" siècle, dont le Louvre possède tant de toiles excellentes; Ducange , cet homme d’une science si prodigieuse, le maître et le modèle de tous ceux qui veulent se livrer à l’élude des temps anciens ; trois chanceliers de France, Michel Le Tellier, Louis Boucherai et Charles Voysin; l’archevêque de Reims Le Tellier, fils du chancelier et fondateur de la bibliothèque Sainte-Geneviève; le poète Crébillon, reposent dans les caveaux de Saint-Gervais. Les monuments et les épitaphes ont disparu. L’église n’a pu recouvrer que le tombeau du chancelier Le Tellier, qui, pendant la révolution, avait été porté au musée des Pelits-Augustins. L’illustre ministre de Louis XIV est représenté en marbre blanc, à demi couché sur un cénotaphe de marbre noir, et accompagné de figures allégoriques. Ce monument a été sculpté par Mazeline et Hurlrelle, de l’Académie royale. Il serait bien digne du gouvernement de réparer les destructions accomplies dans des
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temps de funeste mémoire, et de consacrer par des monnmenls nouveanx à Saint-Cervais, comme dans bien d’autres églises, la mémoire de tant d’hommes qui ont bien mérité des sciences, des lettres, des arts et de la patrie.
Huit chapelles s’ouvrent sur les côtés de la nef, huit autres autour du chevet, deux sur les croisillons. Notre travail serait trop incomplet, si nous négligions de faire mention de quelques-unes des curiosités qu’elles renferment. Chapelle des fonts : une copie réduite du portail de l’église, qui fut sculptée en bois par un menuisier nommé de Hanci, et qui servit longtemps de rétable à l’autel de la Vierge. Chapelles de Saint-Laurent et de Sainte- Anne : deux petits corps d’architecture en style de la renaissance, avec colonnes, niches et statues, ménagés dans le mur, au-dessus des autels; et de plus, dans la chapelle de Saint-Laurent, un basrelief en pierre, xiiie siècle, qui représente Jésus recevant l’âme de sa mère, au moment où elle vient d’expirer au milieu des apôtres. Chapelle de Saint-Denis: la Passion en plusieurs sujets, peinte sur bois et attribuée à Albert Durer; c’est un tableau de grande valeur, quel qu’en soit l’auteur. Une grille de fer, xvii® siècle, d’un travail remarquable, ferme la chapelle qui sert de passage pour aller à la grande sacristie. Un Père Eternel, entouré d’anges, placé au-dessus du banc d’œuvre, passe pour une œtivre du Pérugin, et cette fois du moins le style de la peinture ne dément pas la tradition. Saint-Gervais possédait encore de grands et précieux tableaux peints par Lesueur, par Bourdon, par Philippe de Champaigne; les galeries du Louvre en ont recueilli le plus grand nombre.
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Au commencement du siècle dernier, les pèlerinages jansénistes et les scènes extravagantes qui se passaient autour de la tombe du diacre Paris, donnèrent à celte petite église un moment de célébrité. Le territoire dont elle était le centre, dans l’ordre spirituel, faisait partie des domaines que l’abbaye de Sainte-Geneviève reçut de la munificence du roi Clovis, dès les premiers temps de sa fon-
SAINT- MI'DAIU).
dation. Les religieux n’y établirent d’abord qu’une cliapelle sous l’invocation de saint Medard , ce grand évêque de Noyon, l'ami et le conseiller des premiers rois mérovingiens. Au xii" s'ècle , la cbapelle était déjà décorée du titre d’église dans les bulles des papes. .Jusqu’à la révolution, les fonctions curiales n’ont pas cessé d’être remplies par un des chanoines réguliers de l’abbaye.
L’édifice n’a pas grande importance. La nef, qui en est la partie la plus ancienne, date tout au plus de la fin du xv*" siècle. I^e chœur n’a été construit qu’en 1586. La façade occidentale a été en partie rajustée à la moderne. Quelques clochetons et une fenêtre à meneaux flamboyants restent encore pour constater l’âge véritable de ce portail. Le clocher, placé à main gauche, est une tour carrée, d’une médiocre élévation, percée d’ogives et terminée par une flèche couverte en ardoises. Des pignons aigus surmontent les rares chapelles de la nef. Jusqu’au chœur, toutes les baies sont en ogive; deux rangs de fenêtres à meneaux éclairent l’édifice; des contre-forts ornés de clochetons et des arcs-boutants servent de points de résistance à la maîtresse voûte. Plus élevé et plus large que la nef, le chœur n’a que des baies en plein cintre, où le système des meneaux persiste cependant toujours; des pilastres doriques décorent l’extérieur de ses chapelles ; une corniche à modillons les couronne, et des mascarons soutiennent les canaux des gargouilles. Il n’y a pas de contre-forts dans cette partie de l’édifice; sa haute voûte, construite en bois, n’avait pas besoin de leur secours.
L’église n’a pas de transept. La nef, accompagnée de collatéraux simples, est longue de cinq travées. Ses chapelles sont en petit nombre. Piliers sans chapiteaux ; voûtes croisées de nervures prismatiques ; clefs lleuronnées, seulplées d’écussons et de monogrammes. Les clefs de la maîtresse voûte, d’un travail trèsfin , entourées chaeune d’une guirlande, représentent le péché originel, l’Esprit-Saint, l’Annonciation et la Visitation. Dans les chapelles, de petits griffons sont posés en consoles aux retombées des voûtes. Une de ces chapelles, au midi, possède quelques débris de vitraux, xvi® siècle, entre autres un Christ aux Limbes