DE LA
Pour goûter les monuments égyptiens dans ce i*ils ont de vraiment bon , il faut une étude préable et comme une sorte d'initiation. Quand Gham- )ilion n'avait pas encore retrouvé la clef si longmps perdue des hiéroglyphes , on pouvait étudier a monument égyptien comme on étudie un monulent grec et ne lui rien demander au-delà de ce ae nous révèle sa forme extérieure. Mais les textes sufaitemcnt lisibles, qui sont aujourd'hui sous nos eux, déplacent la question. L'art est rejeté au se- )nd plan , et ce que l'on demande à un i\yqto«x\&xv!^ yyptien, c'est avant tout ce qu'il sv^iv\Ç\% ôasns» 's»^'^ ipports avec rhistoire, avec la p\u\.o?>o^\^'&, ^"'^^'^^ iS'ion du pays. Sans doute le voyai^ewx cçvvv^^^^
en Egypte pour rencontrer des impressions d'artiste ne perdra pas son temps : la transparence du ciel est infinie ; à certaines heures du jour, le paysage est d'une ravissante délicatesse de lignes et de tons ; les ruines des temples produisent d'incomparables effets comme aspect pittoresque et grandiose. Mais le visiteur qui se contente d'admirer les monuments à ce point de vue, ne profite qu'à demi de son voyage, ou plutôt il ne lui a fMiçJIAIJKndre tout ce qu'il peut donner. Il y a, en effet, dans les monuments égyptiens, autre chose que la forme. Ce qu'un temple égyptien offre de plus remarquable, c'est souvent ce qu'on n'y voit pas. Il peut séduire plus ou moins par l'harmonie de ses lignes et la grandeur de ses proportions ; mais on ne le connaîtra vraiment et on ne l'appréciera que si l'on réussit à saisir l'idée commune qui donne la vie à tout ce vaste ensemble. On ne peut donc pas étudier un monument égyptien comme on étudie un monument grec. Entre tous ses dons précieux , la Grèce a celui de s'ouvrir sans effort devant le voyageur et de se laisser saisir sans préparation. Au pied du Panthéon , en face de la Vénus de Milo , l'admiration s'impose, si peu doué qu'on soit. On peut aller en Grèce sans un livre. On emporte toujours avec soi, cachée dans quelque repli de l'âme, une source qui ne demande qu'à jaillir : devant ces chefsd'œuvre que l'humanité n'a produits qu'une fois et que peut-être elle n'est plus capable de produire ^/2roj'e, rémotion naît d'elle-même, ^avs W w'^tv ^^^ pis tout à fait ainsi pour VÉgypVe.l-îv C,x^t^ «.
riÉPÂHATlON AU VOYAGE. 3
trouvé le beau absolu ; comme tous les aiis conventionnels , Tart égyptien n'est beau que relativement à lui-môme. Mais, en supposant môme qu'il égale en perfection Tart grec, il y a toujours quelque chose de plus à demander aux monuments qu'il a produits. Pour jouir tout à fait d'un voyage dans la Haute-Egypte , il faut une préparation.
Nous tâcherons de présenter, sous la forme la plus brève possible, l«l notions générales dont il est indispensable qae le' voyageur se munisse avant de s'embarquer sur le Nil.