pintes qui font 6. demions font un pot et demi
La pinte est plus grande que celle de Paris, mais le pot est plus petit que la quarte de Paris, et n'a pas pareille analogie à sa pinte que la quarte de Paris à la sienne.
(1) « Colinhou est un vin qui se fait vers Coronne et la Bouille des vignes en treille, et ne vaut guère mieux que du verjus ». Conihout était un hameau de la presqu'île de Jumièges. — Sur le vin de Conihout, voir L. Delisle, Etude sur la condition de la classe agricole, i85i, p. 4^0 ; — Cochet, Les anciens vignobles de la Normandie, Rouen, 1866, p. 9.
(2) Posson ou poisson, mesure qui tient la moitié d'un demisetier. (Richelet, Dict. de la langue françoise ancienne et moderne, Lyon, 1759, t. 111, p. 195).
Via militaris circa Petromantallum, secans viam militarem inter Rotomagum et Lutetiam ; iter a Caesaromago (i) Lut\etiam\.
Dominus de Vion, auditor Computorum, oriundus Mellanto (2), affirmavit mihi, ï 3. die junii i65i, esse in insula quadam Sequanae trajectum 20. passuum a Fortalitio Mellanri, quod est in altéra majore insula versus urbem (urbs autem in dextra ripa Sequanae), capellam et prioratum S. Cosmae (3), ubi quotidie metalla, nu[m]nis et lapides antiquae Rom. effbdiantur. Ad oppositum insulae Sn' Cosmae ripam, nempe sinistram Sequanae, t. circiter leuca ab ostio Madriae fluvioli (4), esse locum, les Mureaus vulgo dictum, et in vineto certum spatium, vulgo le Gros mur, in quo similia antiq. Rom. effodi soleant (5). Eum antiquum locum existimatum olim
(1) Caesaromagus, Beauvais.
(2) Antoine Vion, seigneur d'Hérouval, né à Meulan le i5 septembre 1606, mort le 29 avril 168g, a, dans Moreri (Dictionn., t. VI, 1732, p. 208, au mot Vyon), un article où il est rendu pleine justice à son mérite comme savant et à son désintéressement. Cet article ne Fait, d'ailleurs, que reproduire celui paru, au lendemain de la mort de Vion d'Hérouval, dans le Journal des Savants, t. XVII, p. 348. Voir aussi L. Delisle, Catalogue des actes de Philippe- Auguste, p. xlvj. — R.
(3) L'île Saint-Côme, appelée depuis le xvme siècle l'Ile-Belle. Le prieuré de Saint-Côme-et-Saint-Damien de Meulan faisait partie du diocèse de Chartres et dépendait de l'abbaye de Coulombs avant d'être réuni, en 17 15, au Petit-Séminaire de Chartres. — R.
(4) La Mauldre, affluent de la rive gauche de la Seine. — R.
(5) L'appellation est encore en usage. On a découvert un dolmen à cet endroit en 1889. Des trouvailles nombreuses de l'époque galloromaine ont été faites dans le village des Mureaux. (Emile Réaux. Histoire des Irois villes des MurcMix, p. Si et suiv., dans Histoire du comté de Meulan : Seigneuries, 1884, in- 12.) — R.
fuisse ultra Sequanam, et ad ripa m ejus dexteram fuisse,
antequam (lumen alveum mutasset.
Porro ab hac ripa dextra extitisse viam quamdam militariam Romanatn, altam, latam, herbidam, quae ducat Calvimontem (i) per vicum Liencourt (2), quem Dominus Blondellus (3) existimat esse P et r ornant alum (4) Antonini in Itiuere Caesaromago Lutetiam. Viam autem hanc Dominus de Vion dicit ducere a Mellanto per Calvimontem versus Bellovacos, eamque peragrasse se multoties, cum Mellento iret in Herouval, vicum (5) et territorium ad se pertinens (6).
P et r ornant alum autem esi Petrumviaco Tabulae Itinerariae.
Locus les Mureaus, sic dictus a mûris antiqui operis qui ibi olim; et Gros mur erat densissimus, et 20. aut 3o. pedes crassus, post 25. annos subrutus.
(1) Chaumont-en-Vexin (Oise).
(2) Liancourt-Saint-Pierre, canton de Chaumont-en-Vexin.
(3) Il s'agit probablement de François Blondel, seigneur des Croisâtes et de Gallardon, professeur royal en mathématiques et en architecture, membre de l'Académie des sciences, qui fut gouverneur du comte de Brienne, fils du secrétaire d'Etat, et mourut en 1686. Voir Moreri, Dictionn., t. Il, 1732, p. i63. — R.
(4) L'emplacement exact de cette localité, située aux environs de Magny-en-Vexin, n'a pu jusqu'à présent être déterminé. — R.
(5) Herouval, hameau de Montjavoult, canton de Chaumont-en- Vexin.
(6) Une note de Vion d'Hérouval (Bibl. nat., Coll. du Vexin, vol. 3 : Recueil de M. d'Hérouval, fol. 2o5) commente et complète ce passage : « Il y avoit autrefois, dit l'auteur, un chemin qui venoit droit de Vigny rendre au moulin du Metz, qui est au dessoubs de Gaillon; du moulin du Metz, ce chemin traversent au bout des estangs de Meulan, sur une chaussée (comme je croy), et tiroit tout au dessoubs des costes de Hardricourt, costoyant les estangs, et venoit joindre la rue des Belles Femmes (qui est un chemin encore
Vexins normand et franc ois ( i ) .
Pontoyse.
Pontoyse est de l'élection de Gisors, par conséquent de la taille de Normandie, parce que c'est généralité de Roan. Elle est aussy du dioecèse et dépendance de Parchevesque de Roan qui y a son grand vicariat, pour lequel il est en procez avec les chanoines de S1 Mellon de Pon-
pavé, ainsi appelle, qui va jusques au bord de l'eau, où est une croix qui donne sur ceste rue et sur le grand chemin de Meulan à Mante), au bout de laquelle estoit un pont de bois pour aller dans l'isle de Saint-Cosme. De l'autre costé de l'île, quasi vis-à-vis de ce pont, y avoit un autre pont de bois pour aller aux Mureaux, car la ville ou village [de ce nom] estoit anciennement vers le lieu appelle de présent la Motte, et de fait on y treuve encore quantité de médailles des anciens Romains et mesme quelques tombeaux. Du village des Mureaux, ce chemin se rendoit à la vielle voye qui estoit, comme je croy, le grand chemin de Rouen à Paris. » — Le vieux chemin de Vigny à Meulan existe encore, mais je ne m'explique pas pourquoi Vion le fait passer par le moulin ou Metz, alors qu'aujourd'hui il descend dans la vallée de l'Aubette à l'usine à gaz de Meulan et qu'à cet endroit son antiquité n'est pas douteuse. Ce chemin se forme à Vigny de la réunion de deux autres : l'un venant de Chaumont et de Liancourt-Saint-Pierre par la Villetertre, Chars et le Perchay ; l'autre détaché à Berville de la voie de Beauvais à Pontoise (dite au moyen âge chemin de la reine Blanche) et venant à Vigny par Haravilliers, Bréançon, Frémécourt et Us. — R.
(i) « Denyaldus, in Vita S. Clari'ad Eptam, Vulcsain a Vulcano dicfm annotât; utique in illa vicinia Montjavou, Verclive et Cerifontaine, quasi Monte Jovis, Veneris Clivum et Cereris Fontanr. — Dans sa Descript. de la Haute-Normandie (1740, t. II, p. 3oi), dom Toussaintsdu Plessis se moque des fantaisies étymologiques de Robert Denyau, curé de Gisors au temps même où Du Buisson visita cette ville (voir p. 238). — R.
toysc, qui ont imprimé un livre à leur avantage (i). Maisaprez tout cela, Pontoyse est du Parlement de Paris, et les habitans s'en tiennent françois, non point normans. Maisme 3. lieues par delà, Vigny est de l'élection de Mante, ressort du Présidial de Senlis, Parlement de Paris. — Voyez Magny en d'autres cayers.
11 y a au pont de pierre de Pontoyse dix arches que rondes et quarrées, que grandes et petites; aucunes d'elles remplies de moulins. La rivière estoit fort plate et basse au commencement de septembre 1 638. Au bout des murailles de ce costé de la ville, à une mousquetade au dessous de la ville, entre en Oyse le bras gauche et plus petit de la rivierote de Vione, qui, à l'entrée du faux bourg Nostre Dame, se sépare de son bras droit, et, par une auge de bois, passe à travers du fossé, prez la porte de Rouen (2), fait aller des moulins dans la ville, passe derrière et au bout de l'hospital, et, par une ouverture de la muraille de la ville, entre en Oyse (3). L'autre bras droit et plus grand, passant à travers lesusd. faux bourg,
(1) Allusion à l'Histoire véritable de Vantiquité et prééminence du Vicariat de Pontoise (par Hippolyte Féret, achevé d'imprimer le 16 décembre i636), réponse à un ouvrage rédigé en faveur de l'archevêque de Rouen par Guy Bretonneau en i636. (Léon Thomas Bibliographie pontoisienne , nos 425-426, dans Mémoires de la Société historique du Vexin, t. V, p. 53.) — D.
(2) Ce dispositif mobile permettait, en cas de siège, de laisser le bras gauche de la Viosne se déverser dans le fossé jusqu'à ce que celui-ci fût complètement inondé. — D.
(3) Le point précis où S'î déversait primitivement cet affluent dans l'Oise et la dérivation qui lui fut imposée par les Jésuites, lorsqu'ils agrandirent leur résidence, sont nettement indiqués sur les plans qui accompagnent l'étude de H. Le Charpentier : Les Jésuites à Pontoise (1 593-1 762), dans les Mémoires de la Société historique du Vexin, t. IL — D.
où il fait aller les moulins, se rend aussi en Oyse, une arcbusade au dessous du précédent, et à moitié chemin du bout des murailles de la ville et de l'abbaye de S1 Martin, au desso.ubz de laquelle est une isle séparant la rivière en deux bras, et au bout d'en haut de laquelle passoit jadis le pont de Tanciane Pontoyse, dont on veoyoit, au temps susd., plus de demi douzaine de testes de pieux ou pilotis qui sont encor restans dud. pont le long de la rive droite, du costé de lad. abbaye (i), vis à vis et en ligne droite du grand chemin romain, dont on remarque encor les vestiges passant devant lad. abbaye et le long de son portail et de ses murs, pour, par l'endroit dud. pont, se continuer à travers de S1 Ouyn, village situé en l'autre rive, à l'opposite de lad. abbaye (2), et au sortir duquel il paroist ault et droit et fort beau, croisant le chemin moderne de Pontoyse à Paris, vis à vis d'un clos ou parc destaché de l'abbaye de Maubuisson, et allant par Pierrelaye, Plessis Bouchard, Hermon (3), estang de Montmorency (4), etc. (5).
Hors le pont de Pontoyse et au faux bourg de Paris est le Mail, qui est planté des deux costés de hauts arbres,
(i)M. Dufcy, directeur de Y Echo pontoisien, a relaté dans son journal qu'il assista à l'enlèvement de ces pilotis en troncs de chêne lors de la construction du radier supérieur du barrage de l'Oise : l'aubier en était devenu très mou, mais le cœur avait la dureté du fer. — D.
(2) Saint-Ouen-1'Aumône, canton de Pontoise.
(3) Pierrelaye, canton de Pontoise ; le Plessis-Bouchard et Ermon:, canton de Montmorency (Seine-et-Oise).
(4) Le lac d'Enghien.
(5) C'est la voie romaine de Lillebonne {Juliobona^ à Paris, connue dès le temps de Philippe le Bel sous le nom de chaussée de Jules ou Julien César. Du Buisson en parle de nouveau plus loin. Voir p. 26 et 81. - D.
bien couvers, mais est gasté de charrois par dedans. Joignant plus vers la rivière, qui sert de fossé de ce costé là i [a ville, est le cemetière de THospital ou Hostel Dieu.
L'Aumosne, où sont les Capucins (i).
S1 Nicolas, Hostel Dieu tenant au dessoubz du pont.
Il v a 60. religieuses Augustines qui traitent toutes sortes
de malades. La prieure est Madame de Guénégaud,
excellente fille et de corps et d'esprit (2). C'est fondation
de S1 Louis.
Maubuisson (voies plus bas), abbaye de femmes, ordre de S1 Bernard (3), où se passa l'histoire des adultères, condemnation des brus du roy Philippes le Bel, et exécution à mort d'un ruffian (4). — Voyez mon extrait du manuscript de Fontanelle ou S. Wandrille.
De l'autre costé de la ville, sur le chemin vers Chaumont et Beauvais, sont les Mathurins. Là il faut cercher la voye romaine d'Antonin, à Caesaromago Lutetiam per Brivam Isarae (5).
(1) Sur la rive gauche de l'Oise.
(2) Un éloge qui semble aussi désintéressé est à souligner. On sait, en effet, quels démêlés cette prieure eut avec ses religieuses, et quels secours elle sut tirer de l'éloquence d'un illustre avocat (Patru). Voir sur ces incidents la Bibliographie pontoisienne de Léon Thomas, n°s 327 à 3^7 (Mémoires de la Société historique du Vexin, t. V, p. 40-41), et l'article de M. Félix Rocquain, dans la Bibliothèque de V Ecole des chartes, t. II, 1861, p. 55. — Jeanne de Guénégaud fut prieure du 22 juillet 1642 au 4 décembre 1689, jour de sa mort à THôtel-Dieu. (Léon Thomas, Les Prieures de V Hôtel- Dieu de Pontoise, dans Mémoires de la Société historique du Vexin, t. IV, p. 29.) — D.
(3) Au territoire de Saint-Ouen-1'Aumône, sur la rive gauche de l'Oise.
(4) Sur l'exécution des chevaliers d'Aulnay[-lès-Bondy], à Pontoise, voir Dutilleux et Depoin, L'Abbaye de Maubuisson, histoire et cartulaire, ire partie, p. 20. — D.
(5) La voie de Beauvais à Paris par le gué de l'Oise. — D.
[F°4-l Eu.
D'Abbeville à la ville d'Eu il y a 7. lieues; beau chemin. A l'approche, vous descendez un costau et venez en un fonseau où vous passez en une prairie un bras d'eau limpide qu'ils appellent la Busine (1), Dusine, ou d'autre nom semblable, puis un fauxbourg, et au bout d'iceluy, à l'entrée et porte de la ville, un autre plus grand bras qu'ils appellent Brelle (2), baignant les murailles de ce costé là qui est l'oriental. Entrez dans la ville qui est plate, et passez encor un troisième bras plus petit qui lave le milieu de la ville, et ces 3. bras rassemblés, une canonnade au dessous de la ville dans la prairie* s'en vont ensemble dans la mer au port de Tresport qu'ils enferment de leur rive gauche en Normandie. Car ceste rivière borne la Normandie et la sépare de la Picardie, ayant son origine au dessus d'Aumale, passe à Senerpont et entre Nelle l'Hospital, de Picardie, et Nelle susnommé Normandie (3), parce qu'il y est, et par Blangy, selon la carte de Caux, vient à Eu, où elle laisse le fauxbourg d'Eu entre ses deux bras droit et cil du milieu, quoy que de la taille d'Arqués en Normandie, du diocèse d'Amiens toutesfois, et dans la coustume de Picardie, et mesmc
(1) Sur ce nom donné à la rivière d'Eu, voir Toussaints Du Plessis, Descript. de la Haute-Normandie, t. I, p. 45.
(2) « Brelle, R., borne normande et picarde. Ord. Vitalis, lib. 12. Hist. codes., l'appîlle « rlumen Aucum », et dit qu'il est l'un des neuf fleuves de France que Jules César traversa conquérant le p^ys, et que ce fut ici que lors fut basti Rutulis portus (qui est Tréport), à cause d'un Rutubus romain ». — Sur cette fable absurde, voir la note de Le Prévost, Ord. Vital, t. IV, p. 397, note 1 .
(5) Nesle-l'Hopital, canton d'Oisemont (Somme); Nesle-Normandeuse, canton de Blangy (Seine-lnf. ).
entre le grand bras du milieu et le gauche dans le bas de la ville; mais passé ce bras gauche et dernier, vous amontez dans la aulte ville élevée au dessus du fonsau qui est pure Normandie, élection d'Arqués, diocèse de Rouen, coustume de Normandie.
La ville est petite et de 5. ou six cens feux (i). C/est comté et pairie de cent mille livres de rente appartenant à M. de Guise, qui a son Hostel d'Eu, rue du Louvre à Paris; et du bailliage ou justice de laquelle pairie les appeaux ne vont pas à Rouen, mais tout droit à Paris, Parlement des pairs. — Voyez les Villes et chasteaux de du Chesne .
Oultre ce, il y a vicomte et grainier à sel. Il y a aussy un maire (2) et un gouverneur de la part du comte, le baron de Launoy, qui loge dans le chasteau (3) qui est en un costé de la ville reculé derrière la grande église de l'abbaye, et élevé, descouvrans sur la prairie boisée et fort amœne, principalement sur l'embouchure de Brele et le port de Tréport qui n'en est qu'à une bonne canonnade, et qui est à demi comblé de sable et fort petit. Les vaisseaus qui y peuvent aborder sont seulement de 60. ou 80. tonneaus au plus, et les marées qui viennent jusques à la porte de la ville d'Eu y amainent dans la rivière des bateaus de 20. ou 3o. tonneaus.
Il y a dans la ville trois paroices et une dehors ; et de
(1) Voir T. Du Plessis, Descript. de la Haute-Normandie, I, p. 67; l'abbé Legris, L'Eglise collégiale d'Eu, 1907, in-12, avec nombreuses planches.
(2) « Chef de l'Hostel de ville, qui est un médiocre bastiment, ayant une horloge à appeaux, comme il y en a dans toutes les autres horloges des églises. »
(3) « Chasteau qui est logeable avec grand corps de logis de briques, et point de fortification. »
ces 3. qui sont dedans, il y en a une de Nostre Dame, contenue et desservie dans la grande église de l'abbaye de S1 Laurent, des chanoines réguliers de S1 Augustin [f° 5] de Ste Geneviève du Mont de Paris, sous la commende du sr de la Place ( i j qui en tire dix ou douze mille livres de rente. Là est le corps vénéré de S1 Laurent, archevesque de Dublin en Irlande, qui y mourut aprez l'avoir bastie. Elle est de tort belle apparence, comme située au devant du chasteau, au lieu éminent et penchant sur la basse ville.
Sépultures. — Là sont les sépultures élevées, de force comtes et comtesses d'Eu, en divers lieux.
En une chapelle australe du chœur, ault tombeau de pierre portant une statue de femme priante, de mesme, ayant la teste et les mains de marbre blanc, et pour légende sur la lame (2) : Cy gist noble et puissante dame madame Helaine de Meleun, fille de haut et puissant seigneur Jehan de Meleun, chevalier, et de madame Jehanne d'Abbeville, seigneur et dame d'Antoin et d'Espinoy, vicomte de Gand, connestable de Flandres, en son vivant femme de haut et puissant prince Mirc Charles d'Artois, comte d'Eu et per de France ; laquelle trépassa le 25e jour de juillet, l'an de grâce i-/./ 2. — Armes, à 3. fleurs de lys d'or, au lambel à 3. pendans ; parties de Meleun.
En la carolle. entre ceste chapelle et le cœur, il y a un petit tombeau qui est sans doute d'un enfant.
(1) Nicolas de la Place, aumônier Je la reine et vicaire il de l'archevêque de Rouen, abbé d'Eu de 1601 à 1649, rut inhume
lins l'église de Saint- Laurent.
(2) Pour toutes ces inscriptions, il sera bon de se référer à l'ouvrage de M. l'abbé Legris, L'Eglise collégiale d'Eu, qui les reproduites avec le plus grand soin.
Au costé austral, et clans l'enceinte mesme du chœur, rand tombeau de marbre noir portant deux statues gisantes en pierre de liais, à teste et mains de marbre bl me ivec diadème, et ceste légende: Cy gist très noble et puissant seigneur monseigneur Charles d'Artois, comte d'Eu, seigneur de S1 Valéry sur la mer et de Houdaing en Artois, fils de deffunct monseigneur Philippes d'Artois, jadis comte de Eu, en son vivant conncstable de France, et de madame Marie de Berry, fille de monseigneur Jeiian, fil\ de roy de France, premier duc de Berry, lequel trespassa lan de grâce mil CCCC. [quarante et huit. Prie\ Dieu por son âme. \ — Cy gist très noble et puissante dame madame Jehanne de Saveuses, femme de très noble et puissant seigneur monseigneur Charles d^ Artois, comte d'Eu, seigneur de S1 Valéry sur la mer, etc., laquelle trespassa au chastel de Sancerre le 2e janvier 1448 .
Au costé boréal du chœur, dans une chapelle, grand tombeau vuide portant deux statues gisantes de pierre de liais, Tune d'homme, l'autre de femme, et ceste légende : Cy gist noble et puissant Simon de Touars, jadis comte de Dreux, et fils de monsieur Louis, vicomte de Thouars, et de madame Jeanne, comtesse de Dreux, lequel trépassa lan de grâce i36o.
En une autre chapelle, plus derrière de mesme costé, est une sépulture en forme d'autel que je n'ay peu veoir qu'a travers les ballustres, et m'a dit un religieux qu'elle est de Meleun. Il faut que ce soit la belle fille de Jean, comte de Tancarville, ou de Hugues, seigneur d'Antoin, veuve de Pierre [comte de Dreux], laquelle mourut en 1 38q ou 1 3<)2, et git en cette abbaye, ayant esté femme
de Jean d'Artois, comte d'Eu, mort en i 386, et gisant aussy là ( i ). — Stc Marthe. Ibid. p. 280.
[F° 6.] En ce mesme costé boréal, dans l'enceinte du chœur, grand tombeau de marbre noir à statue de marbre blanc gisante aud. costé; légende : Cy gist très noble et haut prince mons. Philippes d'Artois, jadis comte dEu et connestable de France, lequel trespassa en la ville de Micalice en Turquie (2), le 16e jour de juin l'an de grâce i3gi . — Au dessous de luy, par le dehors du chœur se veoit, dans la paroy de l'enceinte, un petit tombeau de marbre noir portant la statue d'un enfant, à teste et mains de marbre blanc, si enserré et enfoncé qu'on ne veoit que la date 1396.
Sous le chœur est la cave ou charnier où se veoyent sur chantiers de barreaux de fer les sarcueils de plomb des personnes cy dessus nommées.
Et dans le chœur, à costé boréal du sanctuaire, se veoit une belle colonne de marbre noir portant en son sommet
( 1) Il s'agit de la sépulture de Jean d'Artois et de sa femme, Isabelle de Melun, veuve de Pierre de Dreux. Voir l'abbé Legris, L'Eglise collégiale d'Eu, p. 66, avec le dessin de ce tombeau d'après Gaignières.
(2) « C'est Nicopolis, sur le Danube en Mcesie, où il fut pris en bataille avec Jean, comte de Nevers, depuis duc de Bourgongne, et mené prisonnier à Burba, y mourut. » — Près de Nicopolis, sur le Bas-Danube, fondée par Trajan, en mémoire d'une de ses victoires, eut lieu, en 1 3g6, la bataille où cent mille hommes commandés par l'empereur de Hongrie, Sigismond, et l'élite de la noblesse de France et d'Allemagne furent taillés en pièces par les Turcs sous les ordres de Bajazet Ier. T. Du Plcssis dit à propos de son tombeau : «< Le mausolée, qui est de marbre blanc, est enfermé dans une espèce de cage de fer, dont les barreaux n'empêchent point qu'on ne puisse en approcher et y porter la main ». Descript. de Li IIaute-Nor>>iandie, t. 1, p. 72.
un pot ou vase de bronze dore (i), et au bas de la colonne on veoit épitaphe au long, dont le sommaire est que c'est Catherine de Clèves (mère de M' de Guise, depuis peu décédée en aage décrépit), quae requiescere voluit in illâ basilicà, a Guillelmo Augi primo comité conditd. Et obiit i 633.
Il v a des Jésuites dans la ville, comme on rrfa dit, où sont les tombeaux et représentations des deffunts ducs de Guise (2).
Poubliois (3) une grande sépulture de marbre noir à 2. statues de marbre blanc dans la susd. abbaye, avec cette légende : Cy gist [très noble et puissant seigneur mons. Jehan d\4rtois comte d'Eu, fils] deffunct monseigneur Robert d'Artois, jadis comte de Beaumont le
(i) Ce vase de bronze renfermait le cœur de Catherine de Clèves, comtesse d'Eu, épouse de Henri de Guise, morte en 1 633, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans. Cette colonne existe encore. La longue inscription est reproduite dans l'ouvrage de l'abbé Legris, p. 64.
(2) Henri de Guise, dit le Balafré, et Catherine de Clèves, sa femme, fondèrent, le 9 janvier i582, le collège d'Eu, dont ils confièrent l'administration aux Jésuites. L'église fut dédiée sous le vocable de Saint-Ignace, en i63i, par Henri Boivin, coadjuteur d'Avranches, vicaire général de l'archevêque de Rouen. Les deux fondateurs y sont enterrés dans un caveau. « Catherine de Clèves avoit fait faire à Gênes deux mausolées de marbre destinés, l'un pour ie prince son époux, l'autre pour elle, et les maîtres les regardent comme deux chefs-d'œuvre en ce genre. » T. Du Plessis, Descript. de la Haute-Normandie, t. I, p. 74. Il est possible que le marbre de ces deux mausolées, qui existent encore aujourd'hui, provienne de Gênes, mais l'œuvre est celle d'un artiste français. La façade de la chapelle du collège est un très intéressant spécimen de l'architecture du commencement du xvne siècle. — Voir un savant article de M. Georges Dubosc sur le Collège d'Eu, Journal de Rouen du 12 octobre 1908.
(3) « C'est celle de la chapelle ou je n'ai pu entrer comme j'ay dit, p. 4. »»
Roger, et madame Jehanne de Valois sa femme, fille monseigneur Charles de Valois fils de roy de France et père du roy Pkilippes et de madame Catherine, emperis de Constantinople, jadis femme de monseigneur Charles, lequel trépassa Van i386. — Cy gist très noble et puissante dame madame Isabel de Meleun, jadis femme de très noble et puissant seigneur monseigneur Pierres comte de Dreux, et depuis femme de très noble et puissant seigneur monseigneur Jean d^A rtois, comte d'Eu, laquelle trépassa lan [de grâce mil CCC III 7XX et IX le xixe jour de décembre. Priés Dieu pour same.]
Diepe. — Pays de Caux.
De la ville d'Eu, où il y a un coche allant à Paris, à celle de Diepe, 7. lieues. A moitié chemin est la bourgade de Griel (1), où Ton passe à guay une petite rivière venant de devers Foucarmont (2). et par Auberville sur Yère (3), que je pense estre le nom de la rivière, et se jetant en mer au dessous de Griel ; passez à 1/2 1. prez de Diepe le long du grand retranchement sur le haut de la lalaize de mer, dit la cité de Limes (4). A Diepe, S1 Jacques, l'une des paroices, belle et grande église. Delà 6. 1. à Tostes (5), puis Biville (6), Vaumartin (7), Ma-
(1) Canton d'Eu (Seine-Inférieure).
(2) Canton de Blangy (Seine-Intérieure).
(i) Canton d'Eu (Seine-Inferieure).
(4) Voir : Du camp de César ou cité de Limes, etc.. mémoire de 18 p. par P.-J. Féret. Rouen, i825; et La Se im -Inférieure historique et archéologique, par l'abbé Cochet. Rouen. 1866, p. 2:7 et sui\ .
(5) Arrondissement de Dieppe.
(6) Canton de Tôtes (Seine-Int.).
(7) Canton de Clères (Seine-lnf".).
launav (i) ; on passe à guay et sur un pont de pierre la rivière de Clère qlli sourd de la Fontaine le Bourg (2), s'assemble à Montville (3), puis par Malaunay susd. et Rondeville (4), abbaye de Tordre de S1 Bernard, Maromme et Ba paume, entre en Seine. De Bondeville on vient à Rouen par S1 Martin, le Homme et le Mont aux malades.
1 V° 7.] Reinfreville, S1 Ouen du Bourgage, Brachy, Gourel, S1 Denis, Ouvilleles trois rivières, Longueil (5), et puis au bout d'un 4. de lieuë, la mair. Nota qu'à Ouville les trois rivières, dans le maisme Ouville, une des trois rivières prend sa naissance. L'autre est celle qui commence de Baunay, puis va à S1 Marc, Lamberville, Basqueville, Lammerville, Harmanville, le Bas du Til, autrement dit Manneville, Geurre et puis... (sic) et enfin Ouville (6). La 3e a sa naissance de 2. sources, l'une au bas du Bue, hameau dépendant de Varvanne (7); l'autre au pié du chasteau de Varvanne; de là passe par Fontelaye, Anglesqueville sur Senne où les deux sources se joignent, Imbleville,Tiéteville, Auzouville, la Grippière, S1 Just, Bourg de Sanne, à qui la rivière donne le sien,
(1) Canton de Maromme(Seine-Inf.).
(2) Canton de Clères (Seine-Inf.).
(S) Canton de Clères (Seine-Inf.).
(4) Canton de Maromme (Seine-Inf.)
(5)Rainfreville, canton de Bacqueville; Saint-Ouen-du-Bourgage (le Mauger), canton de Bacqueville; Brachy, canton de Bacqueville; Saint-Denis (d'Aclon), canton d'Offranville; Ouville-la-Rivière, canton d'Otf'ranville; Longueil, canton d'Offranville.
{>]) Baunay, canton de Tôtes; Saint-Mards, canton de Bacquevill ; Lamberville, canton de Bacqueville; Bacqueville, chef-lieu de canton; i.unmerville, canton de Bacqueville; Hermanville, canton de ineville; Gueures, canton de Bacqueville.
(7) Canton de Tôtes.
Cesenna, Biville la rivière, Reinfreville (i), où elle se joint à la précédente rivière seconde qui sort de Beaunay, et ceste cy Senne, Senna, Cesenna.
Comté de Tellau.
Comté de Tellau (2) ou Tellao ou Tallo, Tallogius comitatus, et rivière de Loch (3), inter pagos Rodomensem et Vimacensem. — Sirmondus, Notis in Capitul. Caroli Calvi. Titulum XII, cap. i3. articul. 6Ui . — Videndus Ordericus Vitalis in Hist. norman. De /lu. Caletum.
[F° 8.] Rivières.
Extrait de la Description MS. des Costes de France, par le sr Boyer. Combleul (Ambleteuil/orstfWi, et Selaque sont sur une petite R. nommée Fouliouze est
(1) Fontelaye, canton de Tôtes; Anglesqueville-sur-Saâne. canton de Tôtes; Imbleville, canton de Tôtes; Thiédeville, canton de Tôtes; Auzouville-sur-Saâne, canton de Bacqueville ; Saint-Just, canton de Bacqueville; Biville-la-Rivière, canton de Bacqueville; Rainfreville, canton de Bacqueville.
(2) Le Talou, pagus Tellau, démembrement du territoire des Calètes, tenait son nom de la rivière de Telles, fluvius Tellas, aujourd'hui la Béthune, qui le traversait. Ce pagus était borné au Nord-Est par le Vimeu, pagus Vimnau, dont il était séparé par la Brêle ou rivière d'Eu ; au Nord-Ouest par la mer ; à l'Ouest par le pagus (laletensis ; au Sud-Est par le pagus Rotomagensis et la vallée de Bray. Après la fondation du château d'Arqués, par Guillaume, comte de Talou, vers 1040, ce pagus perdit son nom pour prendre celui de comté d'Arqués. Aug. Le Prévost, Anciennes divisions territoriales de la Normandie, dans Mémoires et notes, etc.x. 111- p. 488 et suiv.
(3) Serait-ce un ancien nom de la rivière d'Eu, Aucia, Auga?
proche de Boulogne, tirant vers Calais, et n'y a là qu'une autre R. entre deux. La ville de Rue et la rivière de Foulouze sur laquelle il est ; c'est entre les R. R. d'Auty et de Somme.
La vallée de Pourville, où coule la R. de Sie allant en mer, ensuite un ruisseau, puis le port d'Ally, le port des Mouliéres où entre une petite rivière appelée Varengeville. Les vallées de Mouilles et de Vaineuil, et plus avant, la pointe du cap de Lally, etc. C'est entre Diepe et S1 Valéry en Caux.
|F° g.| Rouen à Diepe.
On sort par la porte Cauchoise et droit par le Mont aux malades, et le long de la rivière de Maromme (i) à contrefil, et par la main gauche on va à Malaunay, bourgade où l'on passe ceste rivière à guay, et y a aussi un pont de pierre; puis à Tostes, six lieues, qui est moitié chemin, bon giste, et par Biville, hostellerie de Venise, Sauqueville et S1 Aubin sur Sie (2), arrivez à Diepe.
Diep en langue thioise (3), c^st à dire profond ou protondeur ; aussy Diepe est-elle en un fond et vallée, arrousée de la rivière de Béthune (4) qui vient de devers
(1) « Maromme, rivière, vient de deux bras, l'un qui passe à Beautot-sur-Claire et à Claire mesme, et s'appelle R. de Claire, l'autre, qui passe par Fontaine Bourg, s'assemblent à Montville, un peu au dessus de Malaunay, et comme Risle au dessus du... ».
(2) Biville-la-Baignarde, canton de Tôtes; Sauqueville et Saint- Aubin-sur-Scie, canton d'Offranville (Seine-Inf'.).
(3) Thiois, Theodisca lingua, langue tudesque.
(4) « Bétune, R. que Ord. Vitalis, lib. 12, Hist. eccles. ad ann. 11 19, appelle Deppa, et dit estre un des neuf fleuves que César passa, conquérant le pays des Calètes pour les Romains. » Nous renvoyons le lecteur à la note 2 de la page 8, et à l'édition d'Orderic Vital, par Le Prévost, loc. cit.
Arques, et fermée de deux costaus sur l'un desquels, au nord est, est le fort Polet qui commande au port, et sur Tautre, du costé d'Arqués et au sud ou sud west, est le chasteau avec ses dehors ou citadelle où commande le sr de Montigny, poitevin de nation, sous l'autorité de Mr le duc de Longueville.
Le chasteau, le fort et le port sont descrits ailleurs, la ville aussy, qui est petite, longue et estroite. Il y a 2. paroices, et S1 Remy qui se rebastit (1). En la chapelle Nostre-Dame, il y a une sépulture dans un arceau de la paroy portant deux statues priantes, celle de devant de marbre blanc, et l'autre d'aprez de piastre coloré, toutes deux armées, et Tune du père et l'autre du fils. Sur l'arceau est escrit en lettres d'or :
J'eus mes honneurs guerriers en Piémont et en France, Mes grades à la Cour, et en Turin mon los. La Beausse a vu mes biens, mes parents, ma naissance, Et Dieppe mon conseil, mes labeurs et mes os.
Dans le fond de l'arceau : Charles Timoléon de Beauxoncles (2), chevalier, seigneur de Sigongne , Rocheulx et S. Simon, Capm de 5o hommes d'armes des
(1) L'église de Saint-Rémy ne fut terminée que vers 1670.
(2) On conserve au musée de Dieppe (Catalogue, no 63) un torse d'homme en marbre cristallin rosé, orné du collier de Saint-Michel, de la fin du xvie siècle, que l'on croit provenir du mausolée de René de Beauxoncle, sieur de Sigongnes, ancien gouverneur de Dieppe, mort en i582, érigé en l'église de Saint-Rémy, et qui fut détruit à la Révolution. La chapelle de la Sainte- Vierge de l'église Saint- Rémy renfermait les tombeaux de trois gouverneurs de Dieppe : de Sigongnes père, mort en i58î; de Sigongnes fils, mort en 161 1 , et de Philippe de Montigny, mort en 1676. Cochet, Répert. archéol. de la Seine-Inférieure, 187 1, p. 18. — Sur le Sigongnes mort en 1611, on peut consulter une longue note des éditeurs de Tallemant des Réaux, Historiettes, édit. 1854. l- U P- '91 à iq5.
ordonnances du Roy, Vice-admiral de Normandie, Gouverneur pour Sa Majesté de la ville, chasteau et citadelle de Dieppe, lequel décéda le 1 6e avril dans le chasteau de Dieppe l'an 1611. — F. P. R. Eduerd. Ses armes taillées en pierre sont : 3. coquilles de S1 Michel, 2. et /., qui es vitres sont d'or sur champ de gueules.
Dans la mesme ville, il y a Minimes ( 1 ), résidence de Jésuites (2), collège de toutes les classes, et des cas de conscience des P. P. de l'Oratoire (3), l'un desquels est curé de l'autre paroice dite S* Jaques.
Mesures. Poids. — A Diepe, il y a deux poids comme à Rouen : la Romaine, où Ton pèse librâ Romand seu staterd, et le poids de la Vicomte où Ton poise bilance avec un banquart ou balances, et c'est le poids du Roy, dont les 100. livres valent 101. de Rouen et 102. de Paris, bien que la livre n'ait que 16. onces. Mais Ponce de Diepe est plus forte que celle de Rouen d'une saize cen-
(1) Les Minimes furent établis en i58o par le cardinal de Bourbon, archevêque de Rouen. T. Du Plessis, Descript. de la Haute- Normandie, t. I, p. 117.
(2) Ce fut le cardinal de Joyeuse, archevêque de Rouen, qui les établit en 1619. En 1627, ils obtinrent des lettres patentes à la condition qu'ils ne tiendraient point école et ne feraient pas de leçons publiques. (T. Du Plessis, Descript. de la Haute-Normandie, t. 1, p. 13g.)
(3) Installés en 16 14 par le cardinal de Joyeuse, ils ouvrirent bientôt un collège; un peu plus tard ils instituèrent une classe de philosophie et une autre de théologie. On appelait cas de conscience des conférences sacerdotales où étaient exposés et résolus des points difficiles de théologie morale. Elles sont encore aujourd'hui connues sous ce nom à Paris.
tieme partie, comme celle de Rouen Test au plus prez autant que celle de Paris.
Ceux de Diepe ont pour sobriquet les Mitons, comme ceux de Rouen les Robins (i).
[F° il] Pontoyse.
En la nef des Cordeliers de Pontoyse (2), à main gauche en entrant : Cy gist noble homme MT Berault Braque, en son vivant pbre, prieur de Sle Celigne le\ Meaux (3), protonotaire du S1 Siège et aumosnier de la reyne mère du roy, fil\ de feu noble homme Mxt Plielipe de Braque, chevalier, seigneur du Luat et de la Motte, et de dame Guyonne Stuart, ses père et mère, lequel trespassa le xje décembre i563 (4).
Dans le chœur, sur une tombe plate : Cy git Emery Cueuret, en son vivant escuyer, sT de Nelle et de
(1) Mitons de Dieppe. Ce nom vient des Mitouries, bruyantes réjouissances qui se faisaient à la Ali-août en souvenir de la délivrance de la ville du joug des Anglais par le Dauphin, le 14 août 1443. Robins de Rouen, à cause de la nombreuse magistrature des diverses cours.
(2) Il sera de nouveau question des Cordeliers de Pontoise p. 77.
(3) Sainte-Celigne (ou Céline), ancienne abbaye au faubourg Saint-Nicolas de Meaux, devenue prieuré de Marmoutier en 1096, fut unie en i658 à Bonne-Nouvelle d'Orléans. (Dom Beaunier, La France monastique, édit. de igo5, t. I, p. 335.) — D.
(4) Les Pièces originales (vol. 497, ms. fr. 26977, art. Braque, no 154) contiennent un titre nouvel passé pardevant Gilles Bruneau, prévôt de Montmorency, à « noble homme et saige maistre Berauld Bracque, prothonotaire du Sainct Siège Apostollicque de Romme, seigneur de Luat, et noble damoiselle Guionne Stuart, sa mère, veufve noble homme Phelippes Bracque, en son vivant seigneur dudit Luat » (hameau de Piscop, canton d'Ecouen). — D.
Vauimartirt, qui trespassa le 3i* may i5gi. — Porte : trois cœurs, cquartelc de Braque ( i ).
[F0 i2.| Pontoise fut jadis plus bas, où est à présent l'abbaye S. Martin. Pons Isarae, in Itiner. Anton., et Tab. Penting., à présent a un pont de pierre chargé de maisons et moulins, à xi. arches de pierre (2). Ville longue, de la rivière, au bord droit de laquelle elle est, vers terre et occident, courte le long de l'eau; est arrosée de la petite rivière ou ru de Viaune ou d'Aulny (3), qui y entre du costé d'occident joignant la porte de Rouen, et passe en un canal faisant aller moulins au dessous de la Grand rue, vers la muraille de la ville du costé d'Oyse, où elle va se perdre au dessous du pont. Elle se sépare
(1) « Jean Gueuret, sieur de la Roque, fut anobli par lettres du 6 octobre i520. Jacques Cueuret, écuyer de cuisine de Louis XI, reçut de ce prince la seigneurie de Rais, auprès de Poissy (Retz, hameau de Chambourcy), le 3o septembre 1482. C'est de lui que descendent les Cœuret de Nesle. » (Note de d'Hozier, Pièces originales, 800, ms. fr. 18,1 5g, Cœuret, no 2.) Le 7 mars i55i, « Laurent Vauguyon, marchand potier d'estain à Marly-le-Chastcl, vend à noble homme Mathieu Cueuret, escuier du Roy nostre Sire, demt à Vaulxmartin (Valmartin, ham. de St-Nom-la-Bretèche), une terre tenant d'un bout à noble homme Jacques Cueuret, estant tenue en fief de la veufve et héritiers feu Jehan Cossard à Vaulxmartin. «Noble damoiselle Marie Cossard agit en 1 556 et i557 comme « veufve de défunt noble homme Mathieu Cueuret, en son vivant escuier du Roy ». On trouve en 1 583 et 1600 « Pierre de Cueuret, escuier, seigneur de Vaulxmartin, et damoiselle Marie de Boucherat, sa femme. » En i5o,7, noble homme Geofroi de Cueuret est seigneur à Vaulxmartin. {Pièces originales, 800.) — Les Braque portaient : d'azur à une gerbe de blé d'or liée du même; les Cœuret de Nesle : d'argent à trois cœurs de gueules. — D.
(2) Plus haut (p. 5), le nombre des arches est fixé à dix. Cela tient sans doute à l'admission ou à l'omission alternative, dans le calcul, d'une arche établie sur la berge, hors de l'eau. — D.
(3) Osny, canton de Pontoise.
dans le fauxbourg que j'ay dit de Rouen, et laissant aller à la ville le rameau partant de la main gauche, elle en maine un autre plus gros de sa rive droite à travers led. fauxbourg en Oyse, entre la ville et l'abbaye de S. Martin (i).
De l'abbaye de S. Martin, vide descriptionem nostram, sive annotât iones, — in Iter. Anton., a Caracotino Augustob., id est Rotomago Lutetiam; et aussy de Pontoise.
Il y a un chasteau à Pontoyse, tout sur le fin ault du costeau, qui commande à la ville, au pont et à la rivière. Mr Dalincourt en a esté long temps gouverneur, et a eu le domaine en engagement, qu'il a baillé à Mr le Cardinal duc de Richelieu (2). Il rend la place défensable, et qui ha soustenu siège du temps de la Ligue (3).
Il y a 4. paroices à Pontoyse, en comptant Nostre- Dame, jadis belle église, hors mais tout contre la porte de Rouen, le chevet, qui est ruiné, donnant sur le bord du fossé (4). C'est la paroice du faux bourg de Rouen, qui
(1) Ces détails ont déjà été donnés plus haut, p. d.
(2) Charles de Neufville, seigneur de Villeroy, Alaincourt, Magny,etc, fils du secrétaire d'Etat. Sur ce personnage, voir Henri Le Charpentier, La Ligue à Pontoise et dans le Vexin français, 1878, passim. — D.
(3) Sur le château de Pontoise, voir les diverses gravures jointes à l'ouvrage de H. Le Charpentier, La Ligue à Pontoise. — D.
(4) La basilique bombardée lors du siège de Pontoise par Henri III et Henri de Navarre, en i58g, avait fourni des matériaux pour la reconstruction, sous Henri IV, de l'église actuelle sur un plan considérablement réduit. Nous apprenons ici qu'en i638 l'ancien chevet, dont il ne reste que des vestiges, était encore apparent, bien qu'à l'état de ruine. Sur l'ancienne église Notre-Dame, voir les détails donnés par M. L. Régnier dans les Mémoires de la Soc. histor. du Vexin, t. XXIX, 1909, p. 49 et s. — D.
est le bon tauxbourg : CEscu, le Bras d'or, et sur toutes la Rose, bonnes hostelleries (i).
Dans la ville, il y a trois autres paroices : S1 Maclou, S' André, et S' Mellon, qui sont les curés primitifs de tout et proprement un collège (2). L/archevesque de Rouen a là son grand vicaire. Pontoyse paye aussy la taille à Gisors, qui est de la généralité de Rouen; mais pour les appeaus des causes ordinaires, ils vont au Parlement de Paris. Voilà pourquoy ils ne veulent pas estre censés Normans; et y a procès entre l'église de Pontoise et Tarchevesque de Rouen, qu'elle ne veut pas reconnaître. Ils en ont fait un livre depuis peu.
Dans l'enclos aussy de la ville est le couvent des Cordeliers observantins , l'Hospital S1 Jacques, le grand Hospital pour hommes, et pour femmes malades, séparées des hommes, qui sont en bas, et elles en ault, et très honnestement gouvernées par religieuses fort jolies de Tordre de S1 Augustin, Cest fondation royale de S1 Louis ou de son père (3).
(1) « Le fauxbourg de Paris, du costé gauche et inférieur de la rivière d'Oyse, est Isle-de-France, et y a la paroice de S* Ouen, où le corps de saint Ouen reposa quand il fut porté de Clichy St Ouen, où il mourut lez Paris, à Rouen, per viam publicam. En ce fauxbourg maisme est l'Aumosne, hameau, et l'église des Capucins et, à costé, l'abbaye de Maubuisson. . . »
(2) C'est-à-dire une collégiale. - D.
(3) Saint Louis fit de THôtel-Dieu un établissement royal ; mais il existait comme œuvre d'initiative privée dès le temps de Philippe-Auguste. (Cf. Depoin, Cartulaire de V Hôtel-Dieu dePontoise.) Le Chartrier de Saint-Martin de Pontoise, publié par le même (fasc. I, Pontoise, 191 1), contient (nos 25i à 253) les conventions passées en 1217 entre l'abbé de Saint-Martin et le curé d'Us pour évincer judiciairement les frères de l'Hôtel-Dieu de Pontoise de la perception d'une rente de cinq setiers de blé dans la dîme d'Us, qui leur avait été léguée. Les consorts plaidaient sans doute que la congrégation, n'étant pas officiellement reconnue, ne pouvait percevoir des dîmes affectées au ministère ecclésiastique. — D.
En mesme rue est le collège, où il y a 4. basses classes régentées par des prestres, et Thospice ou résidence des Jésuites, en l'église desquels est enterré le cardinal de Joyeuse, archevesque de Rouen, sans épitaphe, tombe, ni marque autre que de son chapeau de cardinal, qui du thole ou voulte pend justement sur le lieu où est le corps enterré, qui est droit devant et tout joignant la ballustre du sanctuaire (1).
Les Carmelines, qui ont une église bien peinte et jolie, mais dont les voûtes ne sont pas achevées. Dans une chapelle australe de la nef, il y a un tombeau ault élevé, de marbres blancs et noirs, accompagné par les deux bouts de colonnes ioniques de jaspe, portant les ornemens de blanc et de jaspe, sur lesquels est posée une statue priante à la carmeline, de très beau et fin marbre blanc. Et sur les 2. bouts du tombeau sont les armes de France et de Florence Médicis en bronze; [fol. i3.] puis, sur le milieu, en une table ou plaque de marbre noir, est escrit en lettre d'or : Maria Medicia Francorum et Navarrae regina S. Mariae ab Incarnatione Carmelitae conversae amoris et pietatis M. D. C. 00 IDCXXVI. — Sœur
(1) François 1er de Joyeuse, archevêque de Rouen de i6o5 au 23 avril i6i5 (date de sa mort), s'intéressa beaucoup à Pontoise, où il aurait désiré constituer un évê-hé suffragant, au lieu du grand vicariat, pour mettre fin à l'hostilité aiguë qui existait alors entre son représentant à Pontoise et le clergé local (Duplessis, Descript. de la Haute -Normandie, t. II, p. 179-182). — L'histoire de l'établissement que possédèrent à Pontoise, de 1614 à 1762, les pères de la Compagnie de Jésus a été écrite par M. Henri Le Charpentier dans les Mémoires de la Société historique du Vexin, t. II, 1880, p. 59-132. — D.
Marie de l'Incarnation estoit au monde la demoiselle Acharie, qui est en réputation de sainteté (i).
Dans la mesme rue aussy sont les Ursulines, qui ont une très jolie église d'ordre dorique, ressemblant tout à fait celle des Carmelines du Marais, à Paris, et enrichie de dorures et peintures. Au dedans du chancel etclosture de leur sanctuaire, il y a une plaque de marbre contre la paroy australe, en forme d'épitaphe, contenant comme le feu cardinal de Joyeuse, archevesque de Rouen (celuy qui est enterré es Jésuites cy dessus), donna, par contrat du i5 septembre 1614, aus religieuses Ursulines de ce couvent là, acceptantes, la some de 24 mille livres pour faire leur bastiment, à la charge de s'obliger, comme elles feirent, à enseigner gratis les petites filles de la ville. Et au bas est ce distique latin :
Ossa alibi sacrumque dédit servare galerum (2) : Satfuit hîc vivis vivere prestoribus (3) .
Sortant de la ville vers orient et Paris, distant de sept petites lieues, par la porte du pont, vous passez le
(1) Les Carmélites de Pontoise réintégrèrent leur ancien monastère vers 1820. Elles l'occupent encore aujourd'hui. La statue de Marie de l'Incarnation se voyait encore il y a une dizaine d'années dans leur église. Les colonnes qui l'accompagnaient ont dû disparaître à la Révolution. — D.
(2) Allusion au chapeau de cardinal suspendu au-dessus de la sépulture de François de Joyeuse, dans l'église des Jésuites. — D.
(3) L'inscription tout entière est dans les notes de Florimond aux Archives nationales (K. 1248 : Généralité de Paris) : « Aux Ursulines de Pontoise. Marbre noir. — Derïunt d'heureuse mémoire Mgr lHllustr* et reverende cardinal duc de Joyeuse, archevesque de Rouen, a donné à la congrégation des filles de céans de présent religieuses ursulines, la somme de 24 mil. pour estre employée en 1200II. de rente pour la fondation de lad. congreg0'1, à la charge que lesd. religieuses vaqueront gratuitement à l'éducation des petites
pont, qui est de pierre à garde fous et arches, et chargé de moulins, au bout duquel est le Grand Cerf, bonne hostelerie, et un fauxbourg prolongé, et au bout duquel sont les Capucins. On appelle cela TAumosne. A main droite, à veuë, et suivant le décours de la rivière d'Oyse, et au dessous de la ville, est S1 Ouen, paroice située au bord gauche de lad. rivière, et vis à vis Pabbaye S1 Martin, et par là passe la voie de Caesar, ou chemin romain mentionné par Antonin a Caracotino Augustobona{m]. Mais à main droite, au dessus de la ville, est une maison ou couvent de Mathurins, et au dessus, plus avant en terre, est Pabbaye de filles Bernardines dite Maubuisson. qui est fort riche et de 20 mille livres de rente.
De Pontoyse à Paris,
De Pontoyse à Paris il y a 3. chemins : l'un à gauche par Pierre Laye, les bois du Plessis Bouchard, Hermon, vignes et marais d'Eau Bonne, estang de Montmorency, Ormesson, S1 Denys, etc., qui est ceste voye romaine par nous descrite es notes sur nostre Itinéraire de 1 5 1 5, imp. de Lyon ( 1 ). L'autre, à droite, par la Croix et qui se sépare en deux bras, Pun à droite encor, qui monte le costau et, par Argenteuil, où il passe Peau de Seine, et par Asnicres, où il la repasse encore, toujours en bac, arrive au
filles, ainsy qu'il est déclaré par le contrat de donation passe devant La Croix et Tulleau, notres au Chatelet de Paris, le i5 Xbrei6i4. — Ossa alibi sacrumque dédit serrure galerum — Sat fuit hic vivis vivere pect. .. (sic). » — L'église et le couvent des Ursulines ont totalement disparu. — R.
(1) Nous avons cherché vainement à identifier cet ouvrage. Peutêtre, commettant une double erreur, Du Buisson a-t-il voulu parler de l'édition de Vltinerarium Galliae de Josse Sincer publiée à Lyon en 16 16. — R.
fauxbourg S1 Honore à Paris. L'autre bras qui est à gauche, et au mi lieu des deux autres, va, par Franconville, FEstoile, Sanois, Epinay, gagner S* Denys comme le premier, et de là, par le grand chemin, au fauxbourg, porte et rue S1 Denys ; au lieu que le premier, suivant le tracé romain, passe par (en blanc) et pié oriental de Montmartre, et, par le fauxbourg, porte et rue de Montmartre, aborde aux Halles, cémetière S1 Innocent et porte de Paris (i ).
|F° 14. | L'Abbaye de Maubuisson.
L'abbaye de Maubuisson lez Pontoise, à l'est nord-est, est depuis peu dans la réforme, sous la charge de la dame Sureau, abbesse (2). Elle est de l'ordre de Cisteaux, appellée Nostre Dame la Royale lez Pontoise. Dans le chœur des hommes, près la grille ou parloir des Dames, il y a un imprimé en un châssis ou quadre, qui commence ainsy : Clemens episcopus, dilectis Jiliabus abbatissae et convenîui monasterii B. Mariae Regalis juxta Pontisaram, Cistertiensis ordinis, etc. Datum Viterbii, etc. (3). — En un autre, prochain : Anno Domini 1244,
(1) Il faut sans doute lire : port de Paris. — Sur le parcours de la voie romaine entre Pontoise et Paris, consulter A. Dutilleux, Recherches sur les routes anciennes dans le département de Seineet-Oise, 1881, p. 22-26. — D.
(2) « Mr de Longueville y avoit une bastarde coadjutrice, mais elle est à présent abbesse de St Pierre de Rheims. » — Elle s'appelnit Catherine d'Orléans. L'abbesse de Maubuisson était Marie Suircau (Marie des Anges), qui mourut abbesse de Port-Royal, en i658. — D.
(3) Clément IV (5 février 1265-29 novembre 1268) donna, en 1267, une bulle fixant à 140 le nombre maximum des personnes que pourrait renfermer l'abbaye. (Dutilleux et Depoin, L'Abbaye de Maubuisson, histoire et cartulaire, fasc. IV, p. 2^4.) — D.
mense junio, in festo S. S. martyr um Joannis et Pauli, dedicata est haec basilica a venerabili pâtre Guillelmo, Parisiensi episcopo, in honorem Sm** Trinitatis, et B . Mariae, et S. S. Joannis Baptistae et Evangelistae . — Au dessouz, et sur le plan de l'église, sépulture de marbre noir haut levée et portant deux gisans en marbre blanc, une femme et un homme qui est coronné, et monstre sur son estomach la représentation des ses entrailles, qui sont là enterrées. Plus bas, vers le chœur des Dames, petite tombe de marbre noir moins élevée, portant une fillette gisante en marbre blanc, voilée et diadémée. Plus bas encor vers ledit chœur des Dames, tombe creuse et soustenue par pilliers souz les coings, de marbre noir, portant une statue de femme gisante, coronnée, aussy de marbre noir : au dessus de laquelle, contre la paroy, est peinte à fresque une abbesse vestuë blanc, voilée de noir, tenant une crosse d'or, et ayant aneaus aus doigts, à genoux devant une Nostre-Dame, et tout autour est escript ce pentastique léonin :
Inclyta persona jacet heîc intusque patrona Fr ancor unique bona regumque productacorona (i). Nemo potestfari clare quantis décor ari (2) Hanc voluti, gnari mens sola potest memorari (3) Plurima qui scire cupit, haec poterit reperire. Plus bas sont les armes de Montmorency en un costé,
(1) Le second que est Je trop dans ce vers ; il ne se trouve pas dans la copie du chapelain Milhet. — D.
(2) L'abbé Milhet avait lu : honorari. (Dutilleux et Depoin, U Abbaye de Maubuisson, fasc. II, p. 117.) — D.
(3) Peut-être faut-il corriger, suivant la version de l'abbe Milhet : meditari. — Le mot, abrégé dans la copie de Du Buisson, l'était sans doute aussi cUins l'original. — Le chapelain de Maubuisson a lu, au lieu de gnari >nens, imposé d'ailleurs par l'assonance des hémistiches, quantumvis. — D.
et à l'autre opposite : armes, d'azur, au lyon d?or accompagné de billettes de mesme ; et tout au bas est escrit : Curavit pingi me Blanc a, Maria repingi Spectanti Patrum quos spectant arma suorum.
Mais il semble qu'il doit y avoir :
Spectanti patrum quae monstrant arma suorum. ou bien ainsy :
repingi
Spectanti : patrum quos spectant arma suorum (i).
Sur la séparation du chœur des Dames, au dessus de la grille, sont peints une dame voilée de blanc et un chevalier, tous deux priants, vestus de robes longues d'azur, semées de fleurs de lys d'or, et leurs escussons aussy d'a\ur semés de fleurs de lys d'or, au lambel de gueules à 3. pendans chargés chacun de 3. créneaus ou coronnes de sable (2).
Le grand autel est accompagné de grandes colonnes de marbre noir, à bases et chapiteaus de blanc, d'ordre ionique, sur piédestals noirs.
Au milieu du chœur des hommes, entre led. grand autel et le susd. chœur des Dames, tombeau de marbre noir élevé, portant 2. statues, petites et au dessous du naturel d'homme, de marbre blanc, dont l'un est masle, coronné à la royale, et à sa main gauche une femme de mesme, et tiennent chacun de leur main gauche la repré-
(1) D'après Milhet, il y avait bien :
Spectanti patrum quas monstrant arma suorum. Mais Milhet a transcrit le premier vers : Curavit me pingi Blancha, ce qui le rendrait incorrect. — D.
(2) Ces peintures disparurent lorsque la mère Suireau (Marie des Anges) fit faire « le tnlustre du sanctuaire à hauteur d'appui ». (Dutilleux et Depoin, L'Abbaye de Maubuisson, t'asc. Il, p. io5.) Aussi l'abbé Milhet n'en dit-il mot. — D.
sentation de leurs entrailles (qui sont là enterrées) sur leur ventre; et tout autour est escrit : Icy sont les entrailles du roy Charles, fils de Philippe le Bel, qui trépassa Van de grâce 1JÏ27, le 1 . jour de février. Et les entrailles de madame la royne Jeanne d'Evreux, sa compagne, qui trépassa le quart jour de mars, en Van de grâce i3jo (1).
Dans ledit chœur des Dames, qui est fort grand et dont la voûte, qui est celle delà nef de toute l'église (2), est très belle, est, à ce qu'on nVa dit, en bronze, la sépulture delà reyne Blanche.
Derrière le grand autel, au bout du chœur des hommes, est escrit, gravé contre la muraille, en pierre : Madame Jeanne, par la grâce de Dieu royne de France et de Navarre, jadis espouse [fol. i5] du roy Charles, roy desd. royaumes, fils du roy Philippes le Bel, et fu lad. madame la royne fille du très excellent prince monsieur Loys de France, jadis comte d?Evreux et fils de roy de France : laquelle royne fonda et renta à cest autel deux chapellains Van 1340 (3).
Es vitres, qui sont peintes, armes de France semées de fleurs de lys d'or, comme ils estoient alors, avant le règne de Charles 6.
(1) Ces inscriptions sont données plus complètement, mais avec une orthographe modernisée, par l'abbé Milhet. (Dutilleux et Depoin, L'Abbaye de Maubuisson, 2e partie, p. 120.) — D.
On sait que les deux statues de Charles le Bel et de Jeanne d'Evreux sont entrées au Musée du Louvre en 1906 et qu'elles eurent pour auteur Vymagier Jean de Liège. Cf. un article de M. André Michel dans la revu? Musées et monuments de France, 1907, p. 17-18. — R.
(a) L'auteur veut dire que La voûte du chœur vies Dames était à la même hauteur que celle de la nef et la continuait. — D.
(S) Inscription non relevée par l'abbé Milhet. — P.
\u costé austral du sanctuaire, devant l'autel de l'Annonciation, sépulture élevée de terre, incrustée de lancettes (fie) ou petites lames de cuivre déliées tout autour, par les costés de personnages pleurant, en représentation d'un deuil, et, par dessus la lame, d'une figure de femme voilée, le seul visage de marbre blanc, et le reste de lad. lame rempli d'ouvrage très délicat en représentation d'édifices. Le commencement de la légende sur le bord de
la lame est défait et perdu, et suit cecy : es, fils le
roy \de] Jerlm. vicomte de Biaumont, famé monseigneur Bimont, prince d'Antioche et comte de Triple, qui trespassa lan de grâce i32$, le semudi ix. jour en avril. Prie\ pour H que Diex mercy H face. Credo quod redemptor meus vivit, etc. (i).
|F° 16.] Flavacourt.
Flavacourt est une paroice et gentilhommière, maison forte et de médiocre représentation (2), à 2. lieues de Gi-
(1) Le texte plus complet de l'inscription, dont le début est : Cy gist Marguerite, fille monseigneur Loys fil% le roi de Jérusalem, a été conservé. (Dutilleux et Depoin, L'Abbaye de Maubuisson, p. 121.) — « Boémond VII, dernier comte d'Antioche et prince de Tripoli, mourut le 19 octobre 1287, sans laisser d'enfants. Il avait épousé Marguerite de Beaumont, fille de Louis de Brienne, vicomte de Beaumont au Maine. Devenue veuve, Marguerite revint en France, se retira à Tonnerre auprès de Marguerite, veuve de Charles l*T, roi de Sicile et y mourut le 28 avril i328. >» {Art de vérifier les dates, 1. 1, p. 434.) Cette date est à corriger en celle du 9 avril, d'après cette inscription : le g avril répond au samedi de Pâques en i328. — Louis de Brienne, vicomte de Beaumont par sa femme Agnès, était fils de Jean de Brienne, roi de Jérusalem, mort le 23 mars 1237, et de sa seconde femme. Bérengère, sœur de la reine Blanche de Castille. — D.
[%) Il ne reste plus du château de Flavacourt qu'un pavillon du temps de Henri IV ou de Louis XIII, mais on reconnaît encore une partie des fortifications à la moderne dont l'habitation était protégée. — R.
sors, mais en Vexin françois et hors le Parlement de Normandie. Le seigneur du lieu est lieutenant de Roy au bailliage de Gisors, de la maison de Fouilleuse (ij, et porte a" 'argent à trèfles renversés s 'entretenans par demi rons de gueules, ou bien papilloté de gueules (2). Il avoit épousé Katherine Magnart, fille de Charles, président au Parlement de Rouen, et de la dame de Pauville, sa seconde femme (3), dont ceste fille unique a hérité de 25. mil livres de rente en belles terres, et en est issu un grand fils, marquis de Flavacourt (4), et une fille mainsnée, mariée depuis Tan 1637 ou 1 638 au comte de Maulévrier, fils du sr du Taillis, bailly de Rouen, et demeurent à Limésy en Gaux (5). Il y a encore 2. fils (6) et plusieurs filles (7).
(1) Il s'appelait Philippe de Fouilleuse. Louis XIII érigea pour lui la terre de Flavacourt en marquisat (1637.) — R.
(2) D'argent papelonné de gueules, les écailles chargées de trèfles renversés du même. — M. Depoin a eu l'obligeance de copier à notre intention, dans les Dossiers bleus de la Bibl. nat. (vol. 228), une généalogie manuscrite des Fouilleuse, dressée en 16 19 sur les indications fournies par la famille, et malheureusement trop longue pour trouver place ici. — R.
(3) Catherine Gouel, morte le 22 avril 1622, fille de Charles Gouel, seigneur de Poville. — R.
(4) Charles de Fouilleuse, troisième du nom. — R.
(5) Le mari de Catherine de Fouilleuse était Jean du Fay, comte de Maulévrier. Il fut aussi bailli de Rouen. Le 22 janvier i638, Gilles-André de la Roque écrivait de Caen à D'Hozier : « Le comte de Maulévrier du Fay a esté receu bailly de Rouen en la place du sr du Taillis, son père. » (Bibl. nat., mss., Cabinet de D'Hozier, vol. 241, doss. 63g6 : de Mons, n° 3.) — R.
(6) Philippe, seigneur de Bazincourt en Beauvaisis, et Michel, chevalier de Malte. — R.
(7) Madeleine, épouse de Gilles du Fay, seigneur de Vergetot ; Louise, épouse d'Alexandre de Pronville, marquis vie Tracy ; et quatre autres, religieuses. — R.
Dans l'église de Flavacourt, en une chapelle du chœur, du costé du su, grande et large tombe élevée d'un Chantemelle, chevalier, chambellan jadis le roy Charles (i),
qui îrespassa l'an mil CCC Il porte un lyon en
ses armes (2). (Il y a un Chantemelle sur Epte tout contre au dessouz de Gournay en Bray (3) ; un autre Chantemelle prez de la Roche-Guyon sur Seine (4), apartenant à l'abbaye de Fontaine Guerard par don des seigneurs de ce nom (5), dont nous avons extrait plusieurs chartes (6). — Autre sépulture élevée en pierre du costé borréal de la nef, sans légende (7).
C'est une terre de 1 2. mille livres de rente, de l'élection de Chaumont, ressort de Beauvoisis.
(1) Probablement Charles IV le Bel (i322-i328). — R.
(2) Les Chantemelle portaient d'azur à la bande d'argent, chargée de trois coquilles de gueules, armes que l'une des branches de la famille brisait d'un chef chargé d'un lion issant. C'est vraisemblablement un écu de ce genre que portait le chevalier dont parle Du Buisson. — R.
(3) C'est, croyons-nous, une erreur. Il ne devait pas y avoir d'agglomération de ce nom voisine de Gournay. Cette ville possédait bien, au Nord de son enceinte, une porte dite porte Cantemelle ; mais, selon Potin de la Mairie (Recherches histor. sur la ville de Gournay, t. II, 1842, p. 145), cette porte tirait son nom d'Eude de Cantemelle, capitaine de Gournay en 1200. — R.
(4) Dans la commune de Haute-Isle, canton de Magny-en-Vexin (Seine-et-Oise). — R.
(5; C'est-à-dire du nom de Chantemelle. — R.
(6) Voir p. 188-190.
(7) Il ne reste rien de ces tombeaux dans l'église de Flavacourt. Du Buisson paraît avoir consacré bien peu de temps à la visite de cette paroisse. Il faut le regretter, car de plus amples détails seraient bien accueillis aujourd'hui où nous constatons l'existence, d'une part, dans l'église paroissiale, d'enfeux privés des monuments qu'ils abritaient ; d'autre part, dans la chapelle Sainte-Anne (autrefois dépendante du château), de deux beaux gisants de la première moi-
[F° 18.] Magny.
A Magny, ville à 7. lieues de Pontoyse, sur le chemin de Rouen, dans le Vexin françois, sépulture de Mre Nicolas Le Gendre de Neuville, gouverneur du Vexin françois ; de Mre Nicolas de Neuville, sr de Villeroy, ier secrétaire d' Estât, avec un épitaphe latin clos par ce vers :
Europae oraculum nunc silens quiescit.
Sa femme, de la maison de l'Aubespine, y est aussy, et toutes les 3. sépultures sont en marbre, élevées ( 1 ) .
tié du xive siècle, mari et femme, dont l'identité demeure inconnue. M. Barré (Flavacourt, notice histor. et archéol., dans Mêm. de la Soc. académ. de VOise, t. X, 3e partie, 1879, p. 806) croit que la représentation masculine serait celle d'Ancel de Chantemelle et proviendrait de l'église paroissiale, mais cette identification nous semble appeler les plus expresses réserves. — R.
(1) Il s'agit des trois personnages suivants : 10 Nicolas de Neuville, troisième du nom, seigneur de Villeroy, Magny et Alaincourt? baron de la Chapelle-la-Reine, membre du Conseil privé, gouverneur des villes de Mantes, Meulan, Pontoise et du Vexin français, mort en i5g8; 20 Nicolas de Neuville, quatrième du nom, seigneur de Villeroy, Magny, Alaincourt, etc., secrétaire d'Etat sous Charles IX, Henri III, Henri IV et Louis XIII, mort en 1617 ; 3° Madeleine de l'Aubespine, femme du précédent, morte en 1596. Leurs trois statues priantes, en marbre blanc, après avoir figuré de 1801 à 18 18 au Musée des Monuments français, font aujourd'hui de nouveau l'ornement de l'église de Magny. La plus belle, celle de Nicolas III, a été attribuée par M. Gonse {La Sculpture française depuis le XIVe siècle, p. 139) à Michel Bourdin ; mais, outre qu'elle nous paraît bien supérieure aux œuvres connues de cet artiste, elle est évidemment très antérieure en date aux deux autres, et nous croyons qu'elle fut sculptée du vivant même du modèle. — Sur les Neuville et leurs tombeaux, cf. les brochures suivantes d'Alfred Potiquet : Les Seigneurs de Magny-en- Vexin (Magny, 1 S77, in-80) ; Quelques tombeaux et épitaplies des seigneurs de Magny-en- Vexin (Magny, 1879, in-80). On connaît l'ouvrage récent de M. J. Nouaillac sur Villeroy, secrétaire d'Etat et ministre de Charles IX, Henri III et Henri IV (Paris, 1910, in-8°). — R.
Escouys.
Escouys, bourg à sept lieues de Rouen, Scoiae (i), appartenant au baron du Pont S1 Pierre, qui a le Plessis là auprez, fort beau chasteau (2), est en Normandie (3), et vient de la succession d'Enguerrand de Marigny, qui y feit bastir une belle église de 12. chanoines soubs un
(1) « Là auprez fut jadis donnée une bataille entre les François et les Normands, soubz Guillaume le Bastard, depuis roy d'Angleterre : c'est entre la vieille chaucée et le nouveau chemin de Paris, et l'appelle-t'on encore le Champ de bataille. » L'auteur fait allusion ici, non pas à la bataille de Brémule qui mit aux prises, en août n 19, Louis le Gros et Henri Ier, roi d'Angleterre, mais au combat de Mortemer (1054), dans lequel une des armées du duc Guillaume défit Eude, frère de Henri 1er, roj de France. On sait que l'identification du Mortemer théâtre de cette rencontre est controversée. Du Buisson suit ici la leçon de Gabriel Du Moulin, dont Y Histoire générale de Normandie avait paru en i63i. — La « vieille chaucée » mentionnée ci-dessus n'est autre que la voie romaine de Lutetia à Juliobona, connue dans le Vexin français sous le nom de chaussée de Jules César et sur laquelle l'auteur entre ailleurs (p. 6, 26 et 81) dans quelques détails. — R.
(2) Le Plessis, dépendance de la commune de Touffreville, canton de Lyons-la-Forêt (Eure), est aujourd'hui une ferme qui ne conserve du manoir d'autrefois qu'une vaste chapelle rectangulaire visiblement contemporaine de la collégiale d'Ecouis. Les détails tristement mutilés de cette chapelle, entre autres le portail, témoignent encore du soin qui avait présidé à sa construction. Le Plessis, — « dont les pavillons lui donnent un air de maison de prince, » dit, en 1708, Thomas Corneille, dans son Dictionnaire universel géographique (t. II, p. 8, art. Ecouis), — le Plessis était la résidence la plus ordinaire d'Enguerrand de Marigny quand il venait dans ses terres du Vexin. — R.
(3) C'est la rivière d'Epte qui sépare l'Ile-de-France de la Normandie. Suivant qu'ils franchissent le pont de Saint-Clair dans un sens ou dans l'autre, les riverains disent encore qu'ils vont en France ou en Normandie. — R.
doyen, à 5oo livres de rente chacun à présent, exempts de Tévesque et à la collation du seigneur.
Sa sépulture est dans le chœur, à costé gauche, dans un arceau de la paroy, en statue armée et survestue d'une courte casaque facée, (es vitres, l'escusson est fascé de 5. pièces, argent et asur), et gisante sur une lame de marbre noir, bien élevée sur terre de 3. à 4. pieds. Au bout, dans la pente de l'arceau, est ceste inscription en pierre blanche (1) :
Cy desso[ub(] gist de ce pays V honneur, De Marigny et de ce lieu seigneur, Dit Enguerrant, très sage chevalier, Du roy Philippe [le] Bel grand conseiller, Et grand maistre de France, très utile Pour le pays, comte de Longueville. Ceste église présente feit jadis Edifier en l'an mil trois cents dix Pour honorer des deux la Royne dame ; Cinq ans après rendit à Dieu son âme, Le derrein jour d'avril, puis fut mis cy. Prie\ \à\ Dieu qu'il luy face mercy.
Il eut la teste coupée soubz Louis Hutin pour crime de péculat ; mais, depuis, sa mémoire fut restablie (2).
(1) Nous rétablissons la disposition des vers, dont la copie de Du Buisson ne tient pas compte.
(2) Pierre Clément a consacré une excellente notice à Enguerrand de Marigny dans son ouvrage intitulé : Trois drames historiques (Paris, 1857, in-8°). Enguerrand mourut (pendu, et non décapité comme le dit Du Buisson) le 3l avril i3i5. Son tombeau, dont il ne reste que l'enfeu, au nord du sanctuaire, dans l'église d'Ecouis, aujourd'hui paroissiale, a été dessiné pour Gaignières et gravé dans les Antiquités nationales de Millin (t. III, 1791). L'article consacré à l'église d'Ecouis par Millin est intéressant pour l'étude des sépul-
En mcsme rang et plus bas esi la sépulture de son frère Jean, archevesque de Rouen (i), en statue de marbre blanc, gisante, à la pontificale, sur une lame de marbre noir (2).
Devant l'autel est une tombe plate, gravée, d'une dame coronnéeà la ducale, de la postérité dud. Enguerrand (3); et vis à vis des deux sépultures de luy et de son frère, à l'autre bout de l'autel, sont autres sépultures élevées soubz un arceau de la paroy de ceste mesme postérité, dont le sr de Ram bures descend par filles, et le baron du Pont S1 Pierre, delà maison de Roncerolles, cohéritiers (4).
Dans la nef sont autres statues priantes (5), et une image ou histoire de l'Annonciation, et un Ecce homo,
turcs que renfermait autrefois cet édifice et qui ont presque toutes péri à la Révolution. Nous avons commencé, en 1909, dans le Bulletin de la Société des amis des arts du département de l'Eure, la publication d'une monographie de l'église d'Ecouis. — On sait que la statue et l'épitaphe d'Enguerrand avaient été faites seulement après 1475, en vertu d'une autorisation de Louis XI. — R.
(1) « Il avoit un frère, Philippe, archevesque de Sens, avec lequel Masson, in Annal. Francorum, dit que Enguerrand fut inhumé aux Chartreux à Paris. » — Cette sépulture ne fut que provisoire. — R.
(2) Du Buisson en parle plus longuement ci-après. Il dut s'arrêter deux fois à Ecouis. — R.
(3) Voir aussi plus loin.
(4) Dans le chœur, du côté de l'épître, c'est-à-dire en face du tombeau de Jean de Marigny, un enfeu richement décoré abritait un sarcophage avec deux gisants. Cette sépulture, reproduite par Gaignières et par Millin, était, non pas, comme le dit ce dernier écrivain, celle de Pierre de Roncherolles et de Marguerite de Châtillon, sa femme, mais celle de Louis de Roncherolles, leur fils, mort en 1 536, et de Françoise de Halluin, sa première femme, morte en 022. Il n'en reste rien. — R.
(5) Voir p. 41 .
pièces estimées (i), et une tombe plate, gravée de deux
testes d'homme et femme, encor reconnaissables, tout le
reste estant effacé; et c'estoit là dessus qu'aucuns veulent
dire qu'estoit cet épitaphe gravé, qu'autres mettent à
Jumièges :
Cy gisent le fils et la mère ;
Cy gisent la sœur et le frère ;
Si sont la femme et le mary :
Et rCy a que deux corps icy (2).
Une fille engrossée par son père feit un fils, qui, exposé enfant, et puis dépaysé, enfin par grand hasard revint au lieu où il estoit né, et, inconnu, épousa, par mégarde, sa mère, qui estoit ainsi sa mère, sa sœur et sa femme. Autres disent que ce fut un fils qui, revenu des pays lointains, épousa, en une ville où sa mère, depuis son partiment, estoit allée demeurer, sad. mère, qui, par certains signes, marques et discours, le reconnut puis aprez; ce qui fut cause que tous deux, sans faire scandale, se retirèrent chacun en religion, et ainsy devindrent frère et sœur.
Il y a une semblable épigramme dans les Gatalectes des vieux poètes adjoutez au Petronius, ainsy :
Hersilus hic jaceo ; mecum Marulla quiescit, Quœ soror et genitrix, et mihi sponsafuit.
Me pater ex nata genuit ; mihi jungitur illa, Hic soror et conjunx, sic fuit illa parens.
(1) Le groupe de l'Annonciation et YEcce homo existent encore. — R.
(2) Cy gist le fils, cy gist la mère ; Cy gist la sœur, cy gist le frère ; Cy gist la femme et le mary ;
Et n'y a que deux corps icy.
C'est Du Buisson lui-même qui, dans une note, fournit cette variante.
Ces vers sont, dit Antonius Augustinus, en un livre qu'il a leù, cl qui dit qu'ils sont tout prez la porte de S1 Pol à Rome; et au devant des deux premiers, il en met encor deux ainsy :
Semicapri quicumque subis s acr aria Jauni
Haec lege Romana verba notata manu, Hersilus hic jaceo, etc.
Les deux derniers : Me pater ex nata ne sont point ramentevés par cet Augustinus au Dialogue unzieme de ses Médailles ( i ).
| F0 19.] A Escouy, dans le chœur, au costé boréal du sanctuaire, la sépulture d'Enguerran de Marigny, ailleurs icy devant descrite. Ses armes, qui s'y trouvent en relief sur pierre, comme par les murailles de l'église et dans les vitres, sont d'azur à deux fasces d'argent.
Plus bas est la sépulture de son frère Jean, archevesque de Rouen, qui est élevée de 3. pies sur terre, dans l'arceau qui l'environne (2). Elle est couverte d'une lame de marbre noir portant une statue gisante, en pontifical, de marbre blanc (3), et contre la paroy au dessus est escrit :
(1) Millin, Guilmeth, le baron d'Haussez, d'autres encore, ont complaisammcnt et longuement disserté sur cette fameuse épitaphe d'Ecouis, produit de l'imagination la plus déréglée. — R.
(2) C'est une erreur. La statue de Jean de Marigny reposait sur un sarcophage appliqué le long de la muraille et n'était surmontée d'aucun couronnement, comme en témoigne le dessin fait pour Gaignières. — R.
(3) La statue gisante de Jean de Marigny, sculpture très remarquable de marbre blanc, est aujourd'hui placée, avec la table de marbre noir sur laquelle elle repose, dans l'enfeu qui abritait jadis le tombeau d'Enguerrand. Elle a été reproduite dans V Album artistique et archéologique publié par la Société des Amis des arts du département de l'Eure (ire série, 1889, P^ XIV), avec texte par M. Régnier, et dans une notice de M. le chanoine Porée sur les Statues de l'ancienne collégiale d'Ecouis {Réunion des Sociétés des beaux-arts des départements, année 1902, p. 246-252). — R.
Hoc marmor claudit sub nobilis ossa Johannis, Gnari pastoris qui rexit, pluribus annis, Hinc Belvacenses, hinc cleros Rothomagenses. Constans, consultus, justo quoque fédère fultus, Firmus in adversis, do lis et fraude rêver sis, Armis praecinctus, mentisque caractère cinctus, Dux fuit in bel lis, Anglis virtute rebellis, Testatum solvit vivens ac vincla resolvit, Pauperibus dando, Xpo se consociando, Germanus cujus fundi dator extitit hujus Josta quem pulchrum solvit cum carne sepulcrum Post natale Dei martis sub luce diei In quinquageno primo C. ter atque C. deno. Oretis Xpum qui patrem collocet istum In cœlisede féliciter et sine caede (4).
Auprez de ceste sépulture, vers le grand autel, à raiz de pavé du sanctuaire, est une fort belle tombe travaillée
(4) Cette inscription, en minuscule gothique, se voit encore audessus de la statue de Jean de Marigny; en voici le texte exact : i^ est gravé en deux colonnes.