SAVOIR
A Tabarque 600
A Gafsa 75
A Gerbis ,,. 75
A Mehdia 50
A Galipia 50
A Hamamet 50
A Bizerte . . 150
A Porto -Farina 100
A la Goulette 300
Total 1 ,450
On compte environ huit cents Zouavas employés dans les garnisons,
savoir :
A Gerbis 100
A Zarsis 25
A Beben 25
A Gouvanes 25
A Guèbes 25
A Hamma 25
A Haxe 25
A Sousse 2b
A Taburba 50
A Sidi-Daoud 25
Dans les châteaux de Tunis 150
Total 500
A Aubarde 200
A la Goulette 10
Total "50
Le gouvernement emploie le reste des Zouavas qu'il coudoie au camp qu'il envoie tous les ans sur les frontières de Tripoli.
QUESTION IXe.
Y a-t-il quelques caravanes dans le royaume ? Où vont-elles ? Font-elles un commerce considérable ? Quels sont les objets d'échange ? Rendent-elles quelque chose au gouvernement '?
SOLUTION IXe.
Deux caravanes font chaque année des voyages réglés à Tunis; l'une vient de Constantine et l'autre de Godemes. Celle de Constantine se renouvelle huit à dix fois l'année, achète de la mercerie, de la quincaillerie, des drogues, des épiceries, du drap, des toiles, de l'argenterie, des bijoux et des bonnets de la fabrique de Tunis, qu'elle paie avec du bétail, des bernus et des piastres fortes coupées. Celle de Godemes fait rarement plus de trois voyages ; elle apporte des nègres, achète de la mercerie, de la quincaillerie, des toiles, d'autres articles détaillés ci-dessus, et généralement tout ce qui peut servir à alimenter le commerce qu'elle fait dans l'intérieur de l'Afrique : le gouvernement ne retire aucun droit direct sur ces caravanes.
PIÈCES
QUESTION Xe.
Le gouvernement s'est-il réservé quelque branche de commerce ?
• SOLUTION Xe.
Les branches de commerce que le gouvernement s'est réservées sont les cuirs, les cires qu'il abandonne annuellement à une compagnie de Juifs ou de Maures, moyennant une rétribution de draps, d'étoffes ou d'argent ; les soudes ou barils qu'il vend au plus offrant; la pèche du thon, dont le privilège se paye annuellement vingt mille francs ; celle du corail, pour laquelle la compagnie d'Afrique paye annuellement à peu près la même somme.
QUESTION XIe.
A quelles sommes se sont montées, l'année dernière (1787), les exportations de Tunis pour le Levant, et les importations du Levant à Tunis ?
SOLUTION XIe.
Il est de toute impossibilité de calculer, même d'une manière approximative, les exportations de Tunis pour le Levant. Les douanes dispersées dans les différents ports du royaume , ne tiennent que des registres informes : il se fait d'ailleurs beaucoup de contrebande, que les gouverneurs et les douaniers facilitent parce que le premier profit leur en revient.
QUESTIONS XII et XIIIe.
XIIe.
A quelles sommes se sont montées, à la même époque, les exportations de Tunis pour l'Europe, et les importations de l'Europe à Tunis ?
XIIIe.
Dans quels ports ont été faits les chargements, et par les vaisseaux de quelle nation de l'Europe ou du Levant a eu lieu ce commerce ?
SOLUTIONS XIIe et XIIIe. '
Le tableau succinct, et aussi fidèle qu'il est possible, que l'on va donner ci-après, répondra pleinement à ces deux questions.
Résultats des états de commerce de l'année 1787.
Les marchandises que nous avons importées de Tunis montent à. . . . 5,225,844
Celles que nous avons extraites, à 4,634,531
Reste donc en excédant de p 591,313
En résumant ces deux premières sommes qui font 9,860,375
En comparant ce total à celui du commerce actif et passif de toutes
les nations étrangères, qui monte à '5,108,477
Il résulte que la balance est en notre faveur 4,751,898
Il en est de même des tonnages respectifs; le nôtre monte à T. 12,806
Celui des étrangers, à T. 6,870
Le nôtre l'emporte de T. 5,936
JUSTIFICATIVES
Les étrangers eux-mêmes ont mis en activité une partie de nos bâtiments. Les chargements ont été faits à Tunis, Bizerte, Porto-Farina, Sousse et Gerbis ; quant aux marchandises d'entrées, elles entrent toutes dans le royaume par le port de la Goulette.
Selon la note mise au bas des Questions de M. l'abbé Raynal, il se trouve que l'importation de Marseille à Tunis ne s'est élevée, en 1787, qu'à 1,009,963 L, tandis que d'après l'état ci-dessus elle monte à 5,225,844 1. La différence étonnante qui se trouve entre ces deux calculs, provient de ce qu'on n'a compté dans les premiers que les marchandises proprement dites, tandis qu'on y a ajouté l'argent reçu de Marseille, et les traites tirées directement sur cette place, ou par la voie de Livourne : ces deux objets se montent à 4,215,381 1. ; et c'est effectivement, à peu de chose près, l'excédant qui se trouve en espèce de ce calcul à celui qui a été remis d'ailleurs à M. l'abbé Raynal.
QUESTION XIYe.
Y a-t-il beaucoup de propriétaires de terres ? Ces propriétés sont-elles considérables et assurées ? Le gouvernement n'hérite -t-il point de ceux qui ne laissent pas d'enfants, comme il hérite de tous ses agents?
SOLUTION XIYe.
11 est impossible de savoir l'évaluation des propriétés en fonds de terres, ainsi que la proportion qu'il peut y avoir entre les domaines, les propriétés particulières, et la masse générale. Le gouvernement possède en propre une grande partie de terres, mais il n'a aucun cadastre des propriétés parliculières. Il perçoit la dime sur les récoltes, et rien sur les fonds de terres ; de manière que tant que les champs d'un particulier restent en friche ils ne rapportent absolument rien au gouvernement. On ne voit point ici de grands propriétaires de terre comme en Europe. Toute propriété est sous la sauvegarde de la loi et n'éprouve que trèsrarement l'avidité du fisc. Le gouvernement, depuis quelque temps, et particulièrement sur la fin du règne d'Aly-Bey, s'est assez respecté lui-même pour ne pas toucher aux biens de ses sujets et même à ceux de ses agents qui, après avoir fait des fortunes assez considérables et en avoir joui paisiblement, en ont laissé la propriété à leurs héritiers.
Les Hanefis (ce terme générique désigne les Turcs et les Mamelucks) qui meurent sans enfants ou autres héritiers légitimes peuvent disposer, selon la loi, du tiers de leurs biens, et le fisc hérite du reste.
11 hérite aussi de tous les Melckis (ce sont des Maures) qui ne laissent point d'enfants mâles ; et si les héritiers sont des filles, le fisc entre en partage avec elles selon la loi. On appelle ben elmengi Y agent du fisc chargé du recouvrement; il fait vendre les biens-fonds ou mobiliers, et en verse le produit dans la caisse du domaine.