‹ Itinéraire de Paris à Jérusalem (volume 2)Chapitre 12 sur 21 · LES · texte numérisé non relu

LES

QUATRE STUART

JACQUES Ier.

Il naquit sans doute dans la Grande-Bretagne en 1605, à l'avènement de Jacques Ier, plusieurs individus qui ne moururent qu'en 1688, à la chute de Jacques II : ainsi tout l'empire des Stuart, en Angleterre, ne fut pas plus long que la vie d'un vieil homme. Quatre-vingt-cinq ans suffirent à disparition totale de quatre rois qui montèrent sur le trône d'Élisabeth, avec la fatalité, les préjugés et les malheurs attachés à leur race.

Jacques fut gouverné par des favoris : tandis qu'avec sa plume il combattait pour le droit divin, il laissait le sceptre à Buckingham, qui usait et abusait du droit politique; le favori prenait les vices de la royauté, dont le monarque retenait les vertus. Souvent les princes se plaisent à déléguer le pouvoir à un ministre dont ils reconnaissent eux-mêmes l'indignité ; imitant Dieu dont ils se disent Limage, ils ont l'orgueil de créer quelque chose de rien.

Jacques travailla à établir les principes qui devaient ameter la fin tragique de Charles Ier : il mourut toujours trem blant entre l'épée qui l'avait effrayé dans le ventre de sa

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mère, et le glaive qui devait tomber sur la tête de son fils. Son règne ne fut que l'espace qui sépara les deux échafauds de Fotheringay et de Whitehall ; espace obscur où s'éteignirent Bacon et Shakspeare.

Jacques était auteur, et auteur non sans mérite. Son Basilicon Doron, qui servit de modèle à Y Ikon Basiliké, renfermait cette inutile leçon pour Charles son fils : « Ne a vous en rapportez point à des gens qui ont des intérêts à « vous cacher les besoins de vos sujets, afin de vous tenir « clans la dépendance, et qui ne portent jamais au souve- « rain les plaintes publiques que comme des révoltes ; don- « nant aux larmes du peuple les noms de désobéissance et « de rébellion. »

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