XVIII
Combien y a-t-il de maisons étrangères établies à Tunis pour leur commerce, et de quelle nation ces maisons sontelles ? Sont- elles toutes dans la capitale?
Nota. On a réuni ces questions , ainsi que quelques autres suivantes, à cause du rapprochement qu’elles ont entre elles.
SOLUTIONS
ment pour la franchise de leurs navip;ations.
Les capitulations de la France avec Tunis sont les plus anciennes ; elles datent de 1685, quoiqu’il y en ait d’antécédentes et qui n’existent plus, et qui ne sont pas rappelées dans ce traité. Celui de l’Angleterre a été fait cinq ou six mois après , et celui de la Hollande peu d’années ensuite. La paix des autres nations nommées cidessus n’a pas une époque plus reculée que celle de quarante à cinquante ans. En donnant ici un résumé des capitulations de la France , on peut juger de celles des autres nations, puisque c’est sur ces cajiitulations qii’on a à peu près calqué les leurs. Par un article des traités , et relativement à ce qui se pratique à la Porte envers les ambassadeurs , le consul de France à Tunis a le pas sur les autres consuls. Sa Majesté lui accorde le titre de consul général et de chargé des affaires, parce que, d’un côté, il est dans le cas d’administrer la justice aux maisons établies sur l’échelle et aux navigateurs qui y abordent ; et que, d’un autre , il traite des intérêts des deux puissances.
Tous les consuls ont le droit de faire le commerce , à l’exception de celui de France, auquel cela est défendu , sous ])eine de destitution. Cette sage
QUESTIONS
En 1787.
IIP.
SOLUTIONS
défense est fondée sur ce qu’il pourroit se trouver ju^je et partie en meme temps, et de plus un concurrent trop puissant pour les marchands, puisque la considération attachée à sa place lui feroit aisément obtenir la préférence dans les affaires.
Les autres nations n’ayant aucun négociant établi sur l’échelle, par une conséquence contraire, permettent à leurs consuls de faire le commerce.
Il y a huit maisons de commerce établies à Tunis, toutes françoises, et fixées dans la capitale.
IIF.
A combien fait-on monter la population de l’empire ? Sont-ee les Maures ou les Arabes qui sont les plus nombreux ? Paientil sl’impôt par tribu ou par individu ? Y a-t-il quelques proportions dans les impositions ? Y a-t-il des Arabes. fixés dans la ville?
On faisoit monter à quatre ou cinq millions d’ames la population de l’empire avant la peste ; mais on peut dire qu’elle en a enlevé environ un huitième : le nombre des Arabes surpasse celui des Maures.
Il est des impôts qui se paient par tribus et d’autres par individus : il n’y a absolument aucune règle pour mettre quelque proportion dans les impôts, et rien en général ne dépend plus de l’arbitraire. H y a des Arabes fixés dans la ville, mais ce ne sont pas les citadins les plus nombreux.
QUESTIONS