VIF
Le nombre des esclaves chrétiens à Tunis est assez considérable, et s’est beaucoup accru depuis quelques années , en raison de la jeunesse et de l’esprit militaire du bey, qui encourage la course en faisant sortir lui-même beaucoup de corsaires. On ne peut précisément savoir le nombre de ces esclaves, parce cju’on en prend et qu’on en rachète fréquemment : ils sont en général napolitains , vénitiens, russes et impériaux. Dans ce moment-ci Naples fait racheter les siens le plus qu’elle peut, Gênes parfois, Malte presque jamais ; mais la religion fait quelquefois des échanges, dans lesquels Tunis gagne toujours, ne relâchant jamais qu’un Maltois pour deux, trois et quatre musulmans.
ITIN. T, TI
QUESTIONS
Depuis l’époque du prince Paterno le rachat ordinaire a été fixé à trois cents sequins vénitiens, et six cents piastres les rachats doubles.
VIIU. •
Quel est le nombre des troupes qu’entretient le bey , et de quelle nation sont -elles? Combien lui coûtent-elles ? Sont-elles un peu disciplinées et aguerries ? Où sont-elles placées ?
TSota. A l’expédition de Tripoli le bey a fait une augmentation considérable dans les troupes. Il a enrôlé quasi tous les jeunes Krougoulis du royaume, au nombre de plus
SOLUTIONS
Le rachat des esclaves appartenants au bey, qui sont le plus grand nombre, est fixé à deux cent trente sequins vénitiens pour les matelots, et à quatre cent soixante pour les capitaines et les femmes, de quelque âge qu’elles soient; les particuliers suivent assez ce prix, dont ils se relâchent cependant quelquefois , soit à raison de la vieillesse de l’esclave , soit à cause de son peu de talent.
Quel mensonge! pour ne pas dire plus. On peut assurer que le sort des esclaves à Tunis est en général fort doux; plusieurs y restent ou y reviennent après avoir été rachetés; quelques uns obtiennent leur liberté à la mort de leur maître ou de son vivant.
VIIU.
Le bey entretient environ vingt mille hommes, cinq mille Turcs , Mamelucks ou Krougoulis : ces derniers sont naturels du pays, mais fils de Turcs ou de Mamelucks , ou de leur race; deux mille Spahis maures, sous le commandement de quatre agas, savoir : l’aga de Tunis , du Kairouan , du Ref et de Bejea ; quatre cents Ambas maures , sous le commandement du bacbictenba leur chef; deux mille ou deux mille cinq cents Zouavas maures de tous les pays, sous les
QUESTIONS
SOLUTIONS
de douze cents; ce qui fait qu’aujour d’hui les troupes réglées coûtent au gouvernement environ sept cent mille piastres par an.
Il n’y a aujourd’hui que deux compagnies de Mamelucks , seulement d’environ vingt-cinq chacune.
ordres de leur hodgia. Il existe environ vingt mille hommes enrôlés dans les corps de Zouavas, mais le gouvernement n’en paie que deux mille cinq cents au plus : les autres ne jouissent que de quelques franchises , et servent dans les occasions extraordinaires.
Onze à douze mille Arabes de la campagne, des races des Berdes , Auledt, Seïds, Auledt Hassan, etc., compris tous collectivement sous le nom de Mazerguis : ceux-ci servent pour accompagner les camps et les troupes réglées, pour veiller sur les mouvements des Arabes tributaires, et particulièrement sur quelques chefs d’Àrabes indépendants qui sont campés sur les confins de Tunis et de Gonstantine.
Les Turcs, Mamelucks et Krougoulis, qui représenteut l’ancienne milice, coûtent aujourd’hui au gouvernement sept cent mille piastres de Tunis, et plus , par an.
La plus grande partie des Mamelucks est destinée à la garde du bey, divisée en quatre compagnies , chacune de vingt-cinq Mamelucks. Ceuxci, outre leur paie, ont tous les six mois vingt piastres de gratification et quelques petites rétributions en étoffes et en denrées. Ils sont aussi porteurs des ordres que le gouverne-
IMÈGES
QUESTIONS
SOLUTIONS
ment fait passer aux gouverneurs et clieiks. Lorsque ces ordres ont pour objet des contestations de particuliers , c’est à ceux-ci à les entretenir pendant leur mission.
Quelques Turcs et Krougoulis sont aussi employés à la garde du bey, et on leur fait à peu près les mêmes avantages qu’aux Mamelucks : le gouvernement ne les emploie que dans les affaires qui ont rapport à la milice. 11 en est de même des Ambas maures et des Spahis.
Près de la moitié des soldats est à Tunis. Elle est destinée à la garnison de la ville et au camp : le reste est ré])arti sur les frontières,