D LEE
are
mis
d'être acteur à Londres, il gar
dait pour quelque argent les chez vaux des gentlemen à la
porte du spectacle. C'est une chose mémorable que Shakespeare et Molière aient été comédiens, Ces rares génies Se sont vus forcés de monter sur des tréteaux pour gagner leur vie. L’un a trouvé l’art dramatique, l’antre l’a porté à sa perfection : semblables à deux. philosophes anciens, ils s'étaient partagé l'empire des ris et des larines, et loûs les deux se consolaient peut-être des injustices de la fortune, l’un en peignint les travers, et l’autre. 1e douleurs des homines.
Sous le second rapport, c’est-à-dire sous le rapport des talents naturels où du grand écrivain, Shakespeare n'est pas moins prodigieux. Je ne sais si jamais homme à jeté des regards plus profonds sur Ja nature humaine. Soit qu'il lraite des passions, soit qu'il parle de morale où de politique, soit qu'il déplore ou qu’il prévoie les malheurs des États, il à mille sentiments à citer, mille pensées à recueillir, mille sentences à appliquer dans toutes les circonstances de la vie. C’est sous Le rapport du génie qu'il faut considérer les belles scènes isolées dans Shakespeare, et non sous le rapport de l'art dramatique. Et c’est ici que se trouve la principale erreur des admirateurs du poële anglais; car si l'on considère ces scènes relativement à 1 art, il faudrait savoir si elles Sont nécessaires, si elles sont bien liées au sujet, bien motivées, si elles forment bartie du tout, et conservent les unités. Or, le non erat hic locus se présente à toutes les pages de Shakespeare.
Mais, à ne parler que du grand écrivain, combien ellé est belle celle troisièmé scène du quatrième acte de Macbeth !
MACDUFF
Qui s’avance ici?
MALCOLM, C'est un Écossais, et cependant je ne le connais pas.
MACDUFF