‹ Itinéraire de Paris à Jérusalem (volume 4)Chapitre 19 sur 111 · Deshayes · texte numérisé non relu

Deshayes

« La ville d’Athènes-est située sur la pente el aux environs

« d’un rocher, qui est assis dans une plaine, laquelle esl bornée

«par la mer qu'elle à a midi, et par les montagnes agréables « quil'enferment du côté du seplenirion, Elle n'est pus la moitié « si grande qu'elle était autrefois, ainsi que l'on peut voir par « Les ruines, à qui le.temps & fail moins de mal que la barbarie «des nations qui ont tant de fois pillé el saccagé gette ville. Les « bâtiments anciens qui y restent téinoignent [a magnilicencede «ceux qui les: ont faits; car le warbre n y est point épargné, « non plus que les colonnes etiles pilastres. Sur le haut du ro- « cher est le château , dontles Tures Se serveut encore anjour- « d'hni. Entre plusieurs anciens bà iments, il y à un temple qui « estaussi entier et aussi peu offensé de l'injure dutemps comme s'il ne venait que d'être fait; l'erdre.et la struçlure en sont ad: « mirables. Sa: forme est avale, et par dehors, aussi bien que « par dedans, ilestsoutenu par trois rangs de colonnes de marbre, garnies de leurs bases et chapiteaux : derrière chaque colonne, Qil y a un pilastre qui en suit l'ordonnance et la proportion. Les « chrétiens du pays disent que ce temple est celui-là même qui « était dédié au Dieu Inconnu, dans lequel saint Paul prêcha : à « présent il sert de mosquée, et les Turcs y vont faire leurs orai- « sons. Cette ville jouit d’un air fort doux, et les astres les plus «. malfaisants se dépouillent de leurs mauvaises influences quand « ils regardent cette contrée : ce que l’on peut connaitre aisé- « ment, tant par la fertilité du pays que par les marbres et les «pierres qui, depuis un si long temps qu'elles sont exposées à « l'air, ne sont aucunement rongées ni endommagées. L'on dort « à la canpagne, la tête découverte, sans en recevoir nulle in « commodité ; enfin, l'air qu’on y respire est si agréable et si « tempéré, que l’on y reconnait beaucoup dechangementslorsque « l'on s’en éloigne. Quant aux habitants di, pays, ce sont tous « Grecs, qui sonteruellement et barbarement traités par les Turcs « qui y demeurent, encore qu'ils soient en pelit nombre, Il y a «un cadi qui rend la justice, nn prévôt appelé soubachy, et quelques janissaires que l'on y'envoie de la Porte, de trois mois en

sieur Deshayes lorsque nous y passämes, et le défrayèrent aux dépens du Grar:l Seigneur. |

«trois mois. Tous ces officiers firent beaucoup d'honneur au « «

. « En sortant d'Athènes on traverse cette grande plaine qui «est toute remplie d'oliviers, et arrosée de plusieurs ruisseaux « qui en augmentent la fertilité, Après avoir marché une bonne «heure, on arrive sur la marine, où il ÿ a un grand port iort « excellent, qui était autrefois fermé par une chaine : eeux du € pays l'appellent le port Lion, à cause d’un grand lion de pierre « que l’on y voit encore aujourd’hui; mais les anviens le nom- « maient le port du Pirée. C'était en ce lieu que les Athéuicns « assemblaient leurs flottes, et qu'ils s’embarquaient ordinai- « rement. »

L'ignorance du secrétaire de Deshayes (car ce n’est pas Desbaves lui-même qui écrit) est singulière; mais on voit de quelle admiralion profonde on était saisi à l'aspect des monuments d’Athènes, lorsque le plus beau de ces monuments existait encore dans toute sa gloire. a S

L'établissement de nos consuls dans l’Attique précède le passage de Deshayes de quelques années. Lin J'ai cru d’abord que Stochove avait vu Athènes en 1630 ; mais en conférant son texte avec celui de Deshayes, je me suis convaincu que le gentilhomme flamand n'avail fait que copier l'ambassadeur français.

” Le père Antoine Pacifique donna, en 1636, à Venise, sa Description de la Morée, ouvrage sans méthode, où Sparte est prise pour Misitra.

Quelques années après, NOUS VOYONS arriver en Grèce ces missionnaires qui portaient dans tous les pays le nom, la gloire et l'amour de la France. Les jésuites de Paris s’établirent à Athènes vers l'an 41645 ; les capucins sy fixèrent en 4658, et en 1669 le père Simon acheta la Lanterne de Démosthènes, qui devint l'hospiece des étrangers.

: * V6 où il le publia, -cornme voyageur; mais son ouvrage, à l'époque où 17€ P

. avons l'extrait De Monceaux parcourut la Grèce en 1668 : DE Éperr [l a déde son Voyage, imprimé à la suite du VopEe ilne reste aucune crit des antiquités, surtout dans la Morée, don rdre de Louis XIV. trace. De Monceaux voyageait avec Laisne par “4 :onnaires ne né- Au milieu des œuvres de la charité EE? Eat sh orables à leur gligeaient point les travaux qui pouvaient Fa Qué Relation de patrie : le père Babin, jésuite, donna, en 1 À { V'éditeur ; on n’al'état présent de la ville d'Athènes : Spon En ssi détaillé sur les vait rien vu jusqu'alors d'aussi complet gran antiquités d'Athènes. i è Hate de France à la Porte, M. de NOTA er Athènes dans l’année 1674 : il était accompagné 6 fo Ces bastaliste Galland. Il fitdessinerles bas-reliefs du es hottd Hi lés reliefs ont péri, et l’on est trop heureux d en : TES mé. cartons du marquis de Nointel ; ils sont pourtan tons du temple dits, à l'exception de celui qui représente les fron de Minerve (1). La Guillet publia en 4675, sous le nom de son see mn E en Guilletière, l’Athènes ancienne et moderne. Cet ne Ninon qu'un roman, fit naître une grande querelle Put ci se fâcha, et Spon découvrit les mensonges de Guillet : ce Ne Voyages du écrivit une lettre en forme de dialogue conire ae prouva médecin lyonnais. Spon ne garda plus de mena EE À Athènes; que Guillet ou La Guilletière n'avait jamais mis !€ da demandés à qu’il avait composé sa rapsodie sur des RÉ envoyées nos missionnaires, et produisit une liste de questi PROS par Guillet à un capucin de Patras : enfin, il es &es à l’aude cent douze erreurs plus ou moins grossières, €C Dre SAR teur d'Athènes ancienne et moderne, dans le cours de $ fiance Guillet ou La Guilletière ne mérite donc aucune con?

ne manquait pas d’un certain mérite. Guillet e Le AE séignements qu’il obtint des pères Simon et Barna Dante be missionnaires à Athènes; et Rise Re DU Diogenis, qui n'existait déjà plus du temp 6 Le Vase de Spon et de Weler, exécuté dans les années 1675 et 1676, parut en 1678. :

Tout le monde connaît le mérite de cet ouvrage, 0 l'art se l'antiquité sont traités avec une critique Jusqu alors ignorée. Le style de Spon est lourd et incorrect; mais il a cette candeur et celte démarche aisée qui caractérisent les écrits de ce siècle. Le comté de Vinchelsey, ambassadeur de la cour de Londres, visita Athènes dans cette même année 4676, et fit transporter en Angleterre quelques fragments de sculpture. FA Tandis que tte les recherches se dirigeaient vers | Altique, la Laconie était oubliée, Guillet, encouragé par le débit de ses premiers mensonges, donna, en 1676, Lacédémone ancienne fe moderne. Meursius avait publié ses différents traités, de Popu is Atticæ, de Festis Græcorum, etc., etc.; et il fournissait ainsi une érudition toute préparée à quiconque voulait parler de la Grèce. Le second ouvrage de Guillet est rempli de bévues énormes sur les localités de Sparte. L'auteur vêut absolument que Misitra soit Lacédémone, et c’est lui qui a accrédité cette grande erreur. Cependant, dit Spon, Misitra n’est point sur le plan de Sparle, «comme je le sais de M. Giraud, de Vernon, et d'autres, etc. » Giraud était consul de France à Athènes depuis dix-huit ans, lorsque Spon voyageait en Grèce. Il savait le turc, le grec vulgaire et le grec littéral. Il avait commencé une description de la Morée ; mais comme il passa au service de la Grande-Bretagne,

il est probable que ses manuscrits seront tombés dans les mains de ses derniers maîtres.

Il ne reste de Verno primée dans les Philos non race rapidement

: , 1 . kr a (2), voyageur anglais, qu une lettre ti 0phical Transactions, 24 avril 1676. Verle tableau de ses cuurses en Grèce :

(1) On peut le voir dans l'Atlas des nouvelles éditions dt Voyage d'Anacharsis,

(2) Spon écrit presque toujours Vernhum. Cette orthographe n’est point anglaise : c’est une faut: de Spon.

oo gr

« Sparte, dit-il, est un lieu désert : Misitra, qui en est éloignée « de quatre milles, est habitée, On voit à Sparte presque toutes « les murailles des tours et des fondements de temples, avec plu- « sieurs colonnes démolies aussi bien que leurs chapiteaux. Il « y reste encore un théâtre tont entier. Elle a eu autrefois cinq

« milles de tour, et elle est située à un demi-quart de lieue de !

« la rivière Eurotas (1), »

On doit observer que Guillet indique dans la préface de son dernier ouvrage plusieurs mémoires manuscrits sur Lacédémone : « Les moins défectueux, dit-il, sont entre les mains de M. Saint- « Challier, secrétaire de l'ambassade de France en Piémont. »

Nous voici arrivés à une autre époque de l’histoire de la ville d'Athènes. Les voyageurs que nous avons cités jusqu’à présent

avaient vu dans toute leur intégrité quelques-uns des plus beaux!

monuments de Périclès : Pococke, Chandler, Leroi, n’en ont plus

admiré que les ruines. En 1687, tandis que Louis XIV-faisait

élever la colonnade du Louvre, les Vénitiens renversaient le temple de Minerve. Je parlerai dans l’Jtinéraire de ce déplorable événement, fruit des victoires de Koningsmarck et de Morosini.

Cette même année 1687 vit paraître à Venise la Motizia del Ducato d’Atene de Pierre Pacifique : mince ouvrage, sans cri-"

tique et sans recherches.

Le père Cornelli (a), dans sa Description géographique de læ Morée reconquise par les Vénitiens, a montré du savoir; mais il n’apprend rien de nouveau, et il ne faudrait pas suivre aveuglément ses citations et ses cartes. Les petits faits d’armes vantés par Coronelli font un contraste assez piquant avec les lieux cé=

lèbres qui en sont le théâtre. Cependant on remarque parmi les !

héros de cette conquête un prince de Turenne, qui combattit près

de sa maison, Coronelli confond Sparte avec Misitra.

L’Atene Antica de Fanelli prend l’histoire d'Athènes à son origine, et la mène jusqu’à lé

d'Athènes par les Vénitiens, en 1687, et un plan de cette ville dont Chandler paraît avoir fait usage.

Paul Lucas (b), jouit d’une assez grande renommée parmi les

leurs, les grands ossements qu'il rencontre à chaque pas, les villes de géants qu'il découvre, les trois ou quatre mille pyramides qu'il trouve sur un grand chemin, et que personne n'avait jamais vues sont des contes divertissants; mais du reste il estropie toutes les inscriptions qu’il rapporte ; ses plagiats sont continuels, et sa des-

enfin il parle d'Athènes comme s’il ne l'avait jamais vue : ce qu'il

soit permis de débiter.

« Ses ruines, comme on le peut juger, sont la partie la plus « remarquable. En effet, quoique les maisons y soient en grand « nombre, et que l'air y soit admirable, il n'ya presque point € d'habitants, Il y à une commodité qu'on ne trouve point ail- « leurs: ydemeurequi veut, etles maisonss’y donnentsansque l’on « en paye aucun loyer, Au reste, si cette ville célèbre est de toutes « lesanciennes celle qui a consacré le plus de monuments à la pos « térité, on peutdire quela bonté de’son climat en a aussiconservé « plus qu’en aucun autre endroit du monde, au moins de ceux « que j'ai vus. Il semble qu'ailleurs on se soit fait un plaisir de « tout renverser, et la guerre a causé presque partout des ra-

vages qui, en ruinant les peuples, ont défiguré tout ce qu'ils « avaient de beau. Athènes. seule, soit par le hasard, soit par le! « respect que l'on devait naturellement avoir pour une ville qui « avait été le siége des sciences, et à laquelle tout le monde avait « obligation; Athènes, dis-je, a été seule épargnée dans la des-

(1) Je me sers de la traduction de Spon, n'ayant point l'original. (a) 1688.— (b) 1704,

époque où l’auteur écrivait son ou-!

vrage. Cet ouvrage est peu de chose, considéré sous le rapport.

des antiquités: mais on y trouve des détails curieux sur le siége

voyageurs, et je m'en étonne. Ce n’est pas qu’il n’amuse par ses: fables : les combats qu’il rend Jui tout seul contre cinquante vo2

cription de Jérusalem-est copiée mot à mot de celle de Deshayes ;:

en dit est un des contes les plus insignes que jamais voyageurse:

de Pylos, dit Coronelli, avec cette bravoure naturelle à tous ceux

0j 0 ee ee EE et ee entente A

« truction universelle : on y rencontre partout des marbres d’une « beauté et d’une grandeur surprenantes; ils y ont été prodi- « gués, et l'on y trouve à chaque pas des colonnes de granit et de

« jaspe. »

Athènes est fort peuplée ; les maisons ne s'y donnent point; on

n’y rencontre point à chaque pas des colonnes de granit et de jaspe; enfin, dix-sept ans avant l’année 4704, les monuments de cette ville céJèbre avaient été renversés par les Vénitiens. Ce qu'il y a de plus étrange, c’est qu'on possédait déjà les dessins de M. de Nointel et le Voyage de Spon, lorsque Paul Lucas imprima celte relation, digne des Mille et une Nuits.

La Relation du Voyage du sieur Pellegrin dans Le royaume de Morée est de 1718. L'auteur paraît avoir été un homme d’une

elite éducation, et d’une science encore moins grande ; son misérable pamphlet de cent quatre-vingt-deux pages est un recueil d’anecdotes galantes, de chansons et de mauvais vers. Les Vénitiens étaient restés maîtres de la Morée depuis l’an 1685; ils la perdirent en 1715. Pellegrin a tracé l'histoire de cette dernière conquête des Turcs; c’est la seule chose intéressante de sa relation.

L'abbé Fourmont alla (a), par ordre de Louis XV, chercher au Levant des inscriptions et des manuscrits. Je citerai dans l’Ztinéraire quelques-unes des découvertes faites à Sparle par ce savant antiquaire. Son voyage est resté manuscrit, et l’on n’en connaît que des fragments; il serait bien à désirer qu'on le pupliât, car nous n'avons rien de complet sur les monuments du Péloponèse. |

Pococke visita (b) Athènes, en revenant de l'Égypte; il a décrit les monuments de l’Allique avec cette exactitude qui fait- connaître les arts sans les faire aimer,

Wood, Hawkins et Bouveric faisaient alors leur beau voyage en l'honneur d’Homère (c).

Le premier voyage pittoresque de la Grèce est celui de Leroi (d). Chandler accuse l'artiste français de manquer de vérité dans quelques dessins; moi-même je trouve dans ses dessins des ornements superflus : les coupes et les plans de Leroi n’ont pas la scrupuleuse fidélité de ceux de Stuart ; mais, à tout prendre, son ouvrage est un monument honorable pour la France. Leroi avait vu, Lacédémone, qu'il distingue fort bién de Misitra, et dont il reconnut le théâtre et le dromos. ;

Je ne sais si les Ruins of Athens, de Robert Sayer (e), ne sont point une traduction anglaise et une nouvelle gravure des planches de Leroï; j'avoue également mon ignorance sur le travail de Pars, dont Chandler fait souvent l'éloge.

L'an 1761, Stuart enrichit sa patrie de l'ouvrage si connu sous le titre de Antiquities of Athens : c’est un grand travail, utile surtout aux artistes, et exécuté avec cette rigueur de mesures dont on se pique aujourd’hui; mais l'effet général des tableaux n’est pas bon ; la vérité qui se trouve dans les détails manque dans l’ensemble : le red et le burin britanniques n'ont point assez de netteté pour rende les lignes si pures des monuments de Périclès; il ya toujours quelque chose de vague et de mou dans les compositions anglaises. Quand la scène est placée sous le ciel de Londres, ce style vaporeux à son agrément; mais il gâte les paysages éclatants de la Grèce.

Le Voyage de Chandler (f), qui suivit de près les Antiquités de Stuart, pourrait dispenser de tous les autres, Le docteur anglais a déployé dans son travail une rare fidélité une érudition facile et pourtant profonde, une critique saine, di jugement exquis. Je ne lui ferai qu un reproche, c'est de parler toüvent de Wheler, et de n’écrire Je nom de Spon qu’avec une répugnance marquée. Spon vaut bien la peine qu'on parle de lui, quand on cile le compagnon de ses travaux. Chandler, comme savant et voyageur, aurait dû oublier qu'il était Anglais. Il a donné en 1805 un dernier voyage sur Aihènes, que je n'ai pu me procurer. Riedesel parcourutle Péloponèse et l’Attique dans l'année 4773; il a rempli son pelit ouvrage de beaucoup de grandes réflexions

sur les mœurs, les lois, la religion des Grecs et des Turcs : le baron allemand voyageait dans la Morée trois ans après l'expédition des Russes. Une foule de monuments avaient péri à Sparte, à Argos, à Mégalopolis, par une suite de celte invasion; comme les antiquités d'Athènes ont dù leur dernière destruction à l'expédition des Vénitiens.

Le premier volume du magnifique ouvrage de M. de Choiïseul parut au commencement de l'année 1778. Je citerai souvent cet ouvrage, avec les éloges qu'il mérite, dans le cours de mon Jtinéraire, J'observe ici seulement que M, de Choïseul n’a point encore donné les monuments de l’Allique et du Péloponèse. L’auteur était à Athènes en 1784; ce fut, je crois, la même année que M. de Chabert détermina la latitude et la longitude du temple de Minerve.

Les recherches de MM. Foucherot et Fauvel commencent vers l'année 1780, et se prolongent dans les années suivantes. Les Mémoires du dernier voyageur font connaître des lieux et des antiquités jusqu'alors ignorés. M. Fauvel a été mon hôte à Athènes, et je parlerai ailleurs de ses travaux.

Notre grand helléniste, d’Ansse de Villoïsson, parcourut la Grèce à peu près à celte époque; nous n'avons point joui du fruit de ses études.

M. Lechevalier passa quelques moments à Athènes dans l’année 1785.

Le voyage de M. Scrofani (a) porte le cachet du siècle, c’està-dire qu'il est philosophique, politique, économique, etc. Il est nul pour l'étude de l'antiquité ; mais les observations de l'auteur sur le sol de la Morée, sur sa population, sur son commerce, sont excellentes et nouvelles.

Au temps du voyage de M. Scrofani, deux Anglais montèrent à la cime la plus élevée du Taygète.

En 1797, MM. Dixo et Nicolo Siephanopoli furent envoyés à Ja république de Maïna par le gouvernement français. Ces voyageurs font un grand éloge de cette république sur laquelle on a tant discouru. J'ai le malheur de regarder les Maniottes comme un assemblage de brigands, Sclavons d’origine, qui ne sont pas plus les descendants des anciens Spartiates que les Druses ne sont les descendants du comte de Dreux; je ne puis donc partager l'enthousiasme de ceux qui voient dans ces pirates du Taygète: les vertueux héritiers de la liberté lacédémonienne.

Le meilleur guide pour la Morée serait certainement M. Pouqueville (b), s’il avait pu voir tous les lieux qu'il a décrits. Malheureusement il était prisonnier à Tripolizza.

Alors l'ambassadeur d'Angleterre à Constantinople, lord Elgin, faisait faire en Grèce les travaux et les ravages que j'aurai occasion de louer et de déplorer. Peu de temps après lui, ses compatriotes, Swinton et Hawkins, visitèrent Athènes, Sparte et Olympie.

Les Fragments pour servir à la connaissance de la Grèce actuelle (c) terminaient la liste de tous ces Voyages, avant la publication des Lettres sur la Morée, par M. Castellan (d).

Résumons maintenant, en peu de mols, l'histoire des monuments d'Athènes. Le Parthénon, le temple de la Victoire, une grande partie du temple de Jupiter Olympien, un autre monument, appelé par Guillet la Lanterne de Diogène, furent vus dans toute leur beauté par Zygomalas, Cabasilas et Deshayes.

De Monceaux, le marquis de Nointel, Galland , le père Babin, Spon et Wheler, admirèrent encore le Parthénon dans son entier; mais la lanterne de Diogène avait disparu , et le temple de la Victoire avait sauté en l'air par l'explosion d'un magasin à poudre : ; il n’en restait plus que le fronton.

Pococke, Leroi, Stuart, Chandler, trouvèrent le Parthénon à moilié détruit par les bombes des Vénitiens, et le fronton du temple de la Victoire abattu. Depuis ce temps les ruines ont tou:

(4) Cet accident arriva en 1656.

(a) 1704. — (b) 1798, — (ce) 1803, Bartholdi, — (d) 1808,

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