‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 160 sur 360 · STATION. - ÉTOILE · texte numérisé non relu

STATION. - ÉTOILE

10 kil. de Valence. — 627 kil. de Paris. — 237 kil. de Marseille.

Étoile, bourg de 3107 hâb., situé sur le penchant d'un coteau, à 3 kil. de la station, était, au moyen âge, une des meilleuaes

ÉTOILE. — LIVBON.

places du Valentinois. Sous François 1er et Henri II, le château, dont une portion subsiste encore, devint une des maisons de plaisance de Diane de Poitiers, qui avait coutume d'ajouter à son titre de duchesse de Valentinois celui de dame d'Étoile. Aux environs, on remarque les ruines du château de Papillon, qui appartenait également à Diane.

Sur la façade de Féglise paroissiale, on voit, gravée en caractères gothiques, sur une table de marbre noir, la charte d'affranchissement de cette commune, du 9 des calendes de mars (21 février) 1244.

Au-dessous de la station d'Étoile, on franchit la Véoure près du hameau de la Paillasse, vis-à-vis duquel se trouve Vile Saint- Marcel; et, 2 kil. plus loin, au delà de TOzon, on entre dans la vallée de la Drôme, laissant : à g., le petit village de Fiancey; à dr., sur la rive dr. du Rhône, Charmes (1025 hab.), dominé par les ruines pittoresques d'un ancien château, et Beauchastel (845 hab.), près duquel le Rhône atteint sa plus grande profondeur (25 mèt. au-dessous des plus basses eaux). Au delà de ce village, s'ouvre la belle vallée de l'Eyrieu. On traverse le canal de la Lauze.

19e STATION. - LIVRON.

8 kil. d'Étoile. — 635 kil. de Paris. — 229 kil. de Marseille.

Voitures de correspondance pour : — Âllex (gratuit) ; — Crest, 1 fr. 85 c, 1 fr. 35 c, 1 fr. 20 c.

Livron (castrum Liberonis), bourg de 4039 hab., situé à g. de la station, sur une colline escarpée, au pied de laquelle serpente la Drôme, était au xvie s. une des places les plus importantes du Dauphiné. Il possédait un château fort dont il ne reste plus que les ruines. Livron est surtout célèbre par le siège que les protestants y soutinrent contre Henri III en 1574. Après avoir vaincu le roi à Pont-de-Beauvoisin, Montbrun était venu s'y enfermer; sommé de se rendre, il répondit par un refus insultant. De Gordes et le maréchal de Bellegarde, chefs de l'armée royale et catholique, vinrent alors mettre le siège devant la place, d'où Montbrun sortit pour tenir la campagne et inquiéter les assiégeants. L'assaut fut donné le 26 décembre, quand 2500 coups de canon eurent foudroyé les murailles ; mais, après deux heures

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de combat, les chefs catholiques firent sonner la retraite. Cet assaut, cependant, avait affaibli les assiégés; ils manquaient de poudre. Montbrun charge Lesdiguières de Jeur en porter, et, à la tête de 50 hommes choisis, ce digne lieutenant du plus intrépide capitaine accomplit sa mission en traversant deux fois dans la môme journée le camp des assaillants. Le 8 janvier, l'armée catholique donne un nouvel assaut, plus malheureux que le premier. A son retour d'Avignon, le 13 janvier, Henri III se présenta devant Livron ; mais, « après un siège qui durait depuis le 25 juin précédent, et pendant lequel l'armée royale était montée trois fois à l'assaut, il décampa le 30 janvier 1575, ne remportant, dit Sully dans ses Mémoires, que la honte d'entendre, les femmes et les enfants lui insulter du haut des murs et accabler Catherine de Médicis, sa mère, des traits les plus satiriques et les plus offensants. * — Depuis ce temps, Livron a peu changé, et Tony voit encore de nombreuses traces des sièges qu'il a soutenus. La population est restée en grande partie protestante.

Au-dessous de Livron, la route de terre traverse la Drôme sur un beau pont en pierre, où se livra, le 2 avril 1815, un combat sanglant entre les troupes royales et les gardes nationales du département.

Laissant à dr. l'embranchement du chemin de fer qui se dirige sur Privas par La Vouîte et la vallée de Chomérac, la voie ferrée franchit la Drôme sur un pont de 6 arches, ayant 16 mèt. d'ouverture. Des digues, dont la longueur totale est de 2930 mèt., ont été construites sur les deux rives, de 1821 à 1825, en amont du pont de Livron.

Du pont du chemin de fer on découvre un beau point de vue sur la belle vallée de la Drôme. Parmi les montagnes qui la dominent à TE., on remarque le groupe bizarre et pittoresque de la Forêt de Saou qui a la forme d'un immense vaisseau. A l'extérieur, des rochers à pic en figurent la carène. A l'intérieur, long de 12 à 13 kil., large de 5 à 6, il offre des pentes inclinées, autrefois couvertes d'arbres magnifiques qui lui ont fait donner le nom de forêt. Cette colossale corbeille renferme des habitations, des terres labourables, des pâturages et quelques bouquets de bois, derniers vestiges de la plus belle forôt de la

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