MARSEILLE. — PRÉFECTURE
de TE. à l'O., couvrant une surface de 3196 nièt. La façade principale, formant avant- corps, est percée de cinq grandes arcades donnant entrée dans le vestibule, où M. Toussaint a sculpté un grand bas-relief qui représente Marseille recevant les produits des peuples venus dans ses ports de tous les points du globe. Deux statues en marbre, personnifiant l'une la France et l'autre Marseille, décorent aussi ce vestibule.
Sur les deux faces en arrière He l'avant-corps (partie infé-
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rieure), deux grands piédestaux portent des bas- reliefs trophées, le Génie de la navigation, le Génie du commerce et de l'industrie, par M. Guillaume. Dans la partie supérieure, ont été pratiquées deux grandes niches où se trouvent placées les statues de Pythéas et tfEuthymènes, par M. Ottin.
Au centre de l'avant- corps s'élève une colonnade d'ordre corinthien, couronnée par un atti que. au-dessus duquel apparaissent les armes de Marseille, soutenues par les statues de Y Océan et de la Méditerranée. Ces statues sont aussi de M. Toussaint.
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A l'intérieur, la salle principale, construite sur le modèle de celle de Paris, mais dans des proportions plus grandes, a une superficie de 1120 mèt. (100 mèt. de plus que celle de Paris). Sur les parties latérales s'ouvrent des galeries, composées, au rez-de-chaussée, de 18 arcades avec pilastres doriques, et de 18 autres arcades avec pilastres composites, dans la partie supérieure. Au-dessus de ce double rang d'arcades superposées s'élève la voussure, où sont sculptées des allégories relatives à l'histoire de Marseille et du commerce français. Tous ces bas-reliefs sont l'œuvre de M. Gilbert. Quant à la sculpture d'ornementation, elle a été exécutée par MM. Thiébaud, Gorbel, Cottebrune, Haleitz et Armand.
La nouvelle Bourse de Marseille a coûté, y compris les expropriations nécessitées par ses constructions, près de 9 millions ; c'est la Chambre de commerce qui en a fait presque tous les frais A Marseille, en effet, la Chambre de commerce n'est pas seulement une Chambre consultative : elle a des revenus considérables et remplit un rôle actif dans la ville. Son histoire, qui se perd dans la nuit des temps, est très-intéressante. Cette Chambre a organisé la Compagnie d'Afrique, l'aînée de la Compagnie des Indes. Elle correspondait jadis directement avec les rois de France, elle armait en guerre pour courir sus aux pirates barbaresques ; elle subventionnait les services des pères de la Merci, et contribuait, pour une part importante, aux expositions scientifiques; mais son plus beau titre de gloire est d'avoir créé I nstitution, devenue universelle, des consulats.
Le Château d'eau et les nouveaux musées est un édifice monumental que M. Espérandieu vient de construire sur la colline en amphithéâtre de Longchamp, en face du boulevard de ce nom, au point où le canal de dérivation de la Durance amène les eaux destinées au service de la ville. Il se compose de trois parties distinctes : un pavillon central, le Château d'eau, et deux corps de logis destinés, l'un (celui de gauche) au musée des beauxarts, l'autre (à droite) au muséum d'histoire naturëlle. Une belle colonnade à jour, formant une galerie en hémicycle, relie les trois édifices et se découpe élégamment sur la verdure du Jardin zoologique qui s'étend par derrière. Le pavillon central présente
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un arc triomphal qui couvre de sa voûte un groupe dû au ciseau de Duret, représentant la Durance entourée de figures emblématiques. Sous ses pieds jaillit une nappe d'eau (600 litres par seconde) formant une chute de 20 met.; un escalier à double révolution, descendant des galeries, enveloppe le bassin qui la reçoit. Le monument entier a un développement de 140 mèt. de façade. Des groupes d'animaux de Barye, des figures de Lequesne, complètent la décoration d'ensemble. Les bas- reliefs des frises sont de M. Cavalier. En comprenant le prix des terrains, la dépense totale de ces constructions s'élèvera à 4 millions.
La nouvelle Bibliothèque et l'École des beaux-arts est un beau bâtiment rectangulaire de 34 mèt. de façade sur 50 de profondeur, qui vient d'être construit sur le terrain dit le talus, entre le lycée et la rue Napoléon , en face d'une place qu'une avenue reliera au boulevard du Musée. Des réminiscences du style Louis XIII semblent avoir inspiré l'architecte, M. Espérandieu. Le rez-de-chaussée est consacré à l'école des beaux-arts, le premier étage à la bibliothèque et au cabinet des médailles. La dépense s'élèvera à 1 500 000 francs.
L'Arc de triomphe (à la porte d'Aix), commencé en 1823, achevé en 1830, fut consacré, dès le principe, à la gloire des vainqueurs du Trocadéro; mais la révolution de juillet en changea la destination. David d'Angers et Ramey y sculptèrent en basreliefs le souvenir des luttes héroïques de la France sous la République et de ses grandes victoires sous Napoléon 1er. Toutefois, ce monument, au-dessus duquel s'élèvent des statues allégoriques par les mômes artistes, n'est qu'une assez faible imitation de l'Arc du Carrousel.
La Fontaine d'Homère (rue d'Aubagne), surmontée du buste de ce poète, avec cette inscription : Les descendants des Phocéens à Homère ! est ombragée d'un magnifique platane grec. Au pied de la fontaine est un grand lavoir troyen comme aux portes de Sées sur les bords du Simoïs.
Le Grand Thiâtre (à l'extrémité de la rue Beauvau, sur une petite place) a été bâti en 1784, dans le mauvais goût de l'architecture du temps. Précédé d'un péristyle que supportent six colonnes ioniques, il rappelle l'Odéon de Paris ; mais un vilain
toit, qui parait au-dessus de l'attique, écrase le fronton. A l'intérieur, la salle est régulière, grande et belle; elle a été restaurée dernièrement sous la direction de M. Chénillon, qui a peint luimôme un plafond assez médiocre, remplaçant la belle composition de Réattu qu'on a détruite au lieu de la restaurer.
Le Gymnase (rue du Théâtre1) est situé dans le plus beau quartier de la ville. Bâti en 1804 et restauré en 1858, il était destiné, dans l'origine, à reproduire les chefs-d'œuvre de la scène française ; mais, après des essais malheureux, il fut obligé de prendre le répertoire du mélodrame et du vaudeville.
Le Théâtre Chave, ainsi appelé du nom de son fondateur, est situé sur le boulevard Chave, au quartier de la Plaine. D'abord petit théâtre d'élèves, il est aujourd'hui consacré aux représentations de la pastorale, en grande vogue à Marseille depuis la Noël jusqu'à la Purification.
La Consigne , où sont les bureaux de l'intendance sanitaire et de la quarantaine, à l'extrémité du vieux port, près du fort Saint- Jean, est un édifice du xvin8 siècle. Au-dessus de la façade s'élève la statue de saint Roch, patron des pestiférés, par Chardigny. La Consigne possède un excellent bas-relief de Puget {la peste de Milan), et, entre autres tableaux, un saint Roch priant pour les victimes de la peste, une des premières œuvres de David; le dévouement du chevalier Rose, par Paulin Guérin ; Marseille en 1720, par Gérard; le choléra à bord de la Melpomène, par Horaie Vernet.
L'Hôtel- Dieu, jadis léproserie, remonte au xvne s. Les portiques qui entourent la cour, commencés par Mansard, étaient jusqu'à présent demeurés inachevés; des travaux de dégagement, de restauration et d'achèvement de ce vaste établissement se poursuivent depuis 1862. On construit d'ailleurs un autre édifice du même genre en dehors de la ville, à Saint-Pierre. — L'Hospice des Aliénés t également situé à Saint-Pierre, possède de belles galeries et de beaux jardins. — L'Hôpital Militaire (chemin de Lodi, quartier de la Plaine) est un bel édifice récemment construit. — Signalons encore : V hôpital Sainte-Françoise ; celui de Conception et Yhospice de la Charité, que l'on restaure et que l'on agrandit. — Les casernes nouvelles : la caserne Men-
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penti (cavalerie); la caserne de gendarmerie, au Prado, et surtout la caserne monumentale de Saint- Char -es, au quartier de ce nom, construite par M. le colonel du génie Guillemaud, architecte de la caserne Napoléon à Paris.
Le nouvel Observatoire occupe une belle position, sur une butte voisine de l ancienne butte des Moulins.
Marseille possède, en outre, un très-grand nombre d'oeuvres charitables et de sociétés de bienfaisance ; plusieurs crèches : — VŒuvre de l'Ange gardien, fondée en 1846; — VŒuvre des Orphelins; — VŒuvre de la Nativité; — la Société de charité maternelle; — VŒuvre du Refuge, la plus ancienne de toutes les œuvres de Marseille (elle date de 1631); etc.
Musée. — Cabinet des Médailles. — Collections particulières.
Muséum.
En attendant que le bel édifice de Longchamp soit prêt à le recevoir, le Musée de Marseille est situé dans l'ancien couvent des Bernardines, dont il occupe la nef et les deux galeries principales, et où il est fort mal installé à tous les points de vue. Sa fondation par le docteur Achard remonte à l'an vin; mais il ne fut organisé qu'en l'an x, par M. Charles Delacroix, alors préfet des Bouches-du- Rhône, et père d'Eugène Delacroix. Dans l'origine, il ne se composait que de 44 toiles, dont 2, réclamées en 1815 (l'une du Pérugin) par le grand-duc de Toscane, et (l'autre de Van Dyck) par les Pays-Bas, leur furent rendues. Aujourd'hui, grâce aux dons du gouvernement, aux legs particuliers et aux acquisitions faites par la ville, le Musée possède plus de 250 tableaux. Il est ouvert au public les dimanches et les jours de féte, de 10 h. à 4 h. Les étrangers y sont admis tous les jours sur la présentation de leur passe-port. Le conservateur est M. Joseph Dany. La Notice des tableaux et monuments antiques se vend 1 fr.
Toutes les écoles sont représentées au Musée de Marseille, mais, ainsi qu'au musée d'Avignon, c'est l'école française qui occupe le premier rang par le nombre et l'importance des toiles. Nous indiquons, d'après le catalogue, les tableaux qui nous paraissent les plus dignes, à des titres divers, d'attirer l'attention des étrangers.