‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 254 sur 360 · STATION. - AUBAGNE · texte numérisé non relu

STATION. - AUBAGNE

2 kil. de Camp-Major. — i7 kil. de Marseille. — 881 kil. de Paris.

Voitures de correspondance pour : — Roquevaire, 75, 60 et 55 cent.; — Saint-Zacharie, 1 fr. 60, 1 fr. 35 et 1 fr. 25 cent.; — Auriol, 1 fr. 05, 90 cent, et 80 cent.

Aubagne (hôt. de Notre-Dame), V. de 7232 hab., est située Jaiis un bas-fond, sur l'Huveaune et le Merlançon. C'est Tancieune Albania des Albicxi, peuple celtique, allié des Massaliotes. Comprise dans la troisième Viennoise sous les Romains, puis ville impériale, Aubagne appartint successivement à la maison des Baux, aux comtes de Provence et aux évêques de Marseille. Elle fait un commerce considérable de gros draps, de poterie commune, de légumes et de fruits.

Aubagne est dominée par les ruines d'un vieux château fort, qui, souvent pris et repris, surtout pendant les guerres du xvie s., fut reconstruit en 1788 par Mgr de Belloy, évôque de Marseille et seigneur d'Aubagne. Au pied du château est située l'ancienne ville, jadis ceinte d'un rempart dont il reste à peine des vestiges; la nouvelle s'étend dans la plaine. On remarque dans les envi-

rons de belles maisons de campagne. Le jardin Baudinard est surtout renommé.

Aubagne et Cassis se disputent la gloire d'avoir donné le jour à l'abbé Barthélémy, auteur du Voyage du jeune Anacharsis en Grèce. Aubagne lui a élevé un monument (une fontaine) devant l'hôtel de ville. Il parait cependant que le célèbre écrivain est né à Cassis. Mais Aubagne est, sans conteste, la patrie du savant grammairien Domergue, membre de l'Institut.

D'Aubagne doit partir un embranchement de 17 kil. allant à Juveau par Roquevaire, pour le service des mines de houille qui se trouveront sur son parcours. Roquevaire (3^65 hab.) doit son nom aux rochers qui couvrent son territoire : Rupesvarix, Rocavaria. Au moyen âge, cette ville, ceinte de remparts, possédait un château fort, démoli, en 1596, par le duc de Guise. Elle est renommée pour ses figues qui rappellent celles de Naples, et pour ses raisins qui peuvent rivaliser avec ceux de Malaga.

C'est à Aubagne qu'il faut s'arrêter si l'on veut aller visiter Gémenos et Saint-Pons.

Gémenos, joli village de 1752 hab. (k kil. E. d'Aubagne) semble tirer son nom des deux montagnes jumelles qui le dominent. Il offre un des plus beaux paysages de la ligne de Marseille à Toulon. Delille, dans V Homme des cluimps, a chanté ce c vallon fortuné! »

Saînt-Pons, qui touche presque à Gémenos à TE., n'est pas moins remarquable par la beauté de ses sites. On y voit les ruines d'une abbaye de religieuses (monument historique), fondée au xme s., puis abandonnée au xv« s.: il en reste quelques voûtes et les grands arcs de l'église, où s'entrelacent des guirlandes.de vignes siuvages.

Le chemin de fer, qui atteint, * Aubagne, une altit. de 100 met., continue de s'élever en décrivant une vaste courbe autour de la ville. Au milieu des charmants paysages qui se déroulent aux regards, on remarque surtout Gémenos, Aubagne et le Garlaban, puis, après avoir franchi l'Huveaune, on traverse, au delà du torrent du Merlançon, un tunnel de 400 mèt. de longueur, dont l'entrée est à 125 mèt. d'alt. On entre ensuite dans une vaste plaine couverte d'une riche végétation, et, décrivant une nouvelle

GfiMENOS — SAINT-PONS. 231

courbe, on passe, au sortir de plusieurs tranchées rocheuses, suivies de remblais élevés de 25 met., dans le tunnel du Mussayuet, le plus long de la ligne (il a 2600 met.)- La voie ferrée y

Vallon de Génienos.

atteint une altitude de 143 mèt. Au delà de ce tunnel et de la tranchée rocheuse qui le suit, on découvre, à dr., la mer et le cap Canaille (mons canalium), haut de 416 mèt.

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