‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 28 sur 360 · VILLENEUVE-SUR- YONNE · texte numérisé non relu

VILLENEUVE-SUR- YONNE

Roi s'appela Villelongue, parce qu'elle s'étendait sur une ligne de 3000 mèt. Elle n'était guère habitée que par des lépreux, — une léproserie y avait été établie, — et par des juifs. Dans le principe, il était permis aux juifs d'y résider, mais, en 1147, le pape Eugène, lors de son séjour à Sens, les en chassa. Vers 1170, Louis VII fonda la ville actuelle, qui, en 1204, possédait un châ-

Porte de Villeneuve-sur- Yonne.

teau fort, devenu une des huit résidences royales de cette époque. Ce château, nommé les Salles, a été complètement détruit en 1820 ; mais, dans un vaste emplacement qui a gardé la dénomination ancienne, on remarque encore des restes de fondations considérables, reliés à une grosse tour ronde dite à tort de Louis le Gros, et qui fait partie de l'enceinte fortifiée de la ville. Cette

enceinte, bâtie au xme s., a été presque entièrement démolie. Il faut 20 min. pour en faire le tour. Ses fossés jadis remplis d'eau, larges encore de 25 mèt. et profonds de 10 mèt., ont été transformés en jardins potagers. Elle était percée de cinq portes, dont deux seulement, la porte de Sens et la porte de Joigny, restent debout.

Ces deux portes, — espérons que le conseil municipal ne les fera point abattre, — bâties à peu près sur le même plan, se composaient d'un gros corps de logis carré, aux angles duquel s'élevaient de petites tourelles couronnées de toits aigus, ainsi que le toit central. Elles ont été construites au xme s. ; mais la partie supérieure date seulement du xvie. Deux herses, au lieu de pontslevis, en interceptaient l'entrée. L'une de ces herses était placée du côté des faubourgs, et l'autre du côté de la ville. Quant à la tour de Louis le Gros, qui dut être construite sous Philippe Auguste, et peut-être sous saint Louis, elle est, comme l'a remarqué M. de Gaumont, une des plus belles tours que nous ait léguées le moyen âge. Elle était complètement isolée de l'enceinte fortifiée ; un fossé large de 7 mèt. à la base, et sur lequel était jeté un pont-levis, les séparait. Ses murs avaient 3 mèt. 85 c d'épaisseur. Son diamètre était de 17 mèt. 50 c. à la base, et de 15 mèt. 50 c. de la base au sommet. Dans son état actuel, elle a encore 26 mèt. 50 c. de hauteur. Les salies du rez-de-chaussée et du premier étage ont chacune 7 mèt. 80 c. de hauteur. Elles sont voûtées en ogive, éclairées, celles du rez-de-chaussée, par une seule ouverture de ^5 c. de largeur sur 1 mèt. de hauteur, celles du premier étage, par trois fenêtres, et garnies chacune d'une cheminée. Le deuxième étage est tout à fait ruiné. Un escalier en spirale, et qui compte encore cent quinze marches, existe dans l'épaisseur du mur ; cinq meurtrières larges de 10 c. et hautes de 1 mèt. l'éclairent. La tour de Louis le Gros n'a pas été démolie, parce que la main d'oeuvre coûterait plus cher que les matériaux ne vaudraient; mais on a enlevé la charpente, et les eaux se sont infiltrées entre ces belles voûtes, qui se sont effondrées. C'est une ruine, mais une ruine imposante.

Vêylise Notre-Dame, longue de 71 mèt. et large (la façade) de 47 mèt., a été bâtie à diverses époques. La façade est du milieu

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