‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 283 sur 360 · STATION. — ROQUEBRUNE · texte numérisé non relu

STATION. — ROQUEBRUNE

6 kil. du Muy. — 150 kil. de Marseille. — 75 kil. de Nice

Roquebruue, v. de 1825 hab., est situé à 2 kil. de la station, sur la dr. et au pied d'une montagne rocheuse (200 mèt. d'altit.), dont les trois pics sont appelés les Croix de Roquebrune.

La voie ferrée longe la base des coteaux afin d'éviter une plaine marécageuse que domine à g. une colline qui porte le Puget (830 hab.; cultures de tabac). A 500 mèt. env. en deçà de la station de Fréjus, on remarque les ruines de l'amphithéâtre romain.

15e STATION. — FRÉJUS.

8 kil. de Roquebrune. - 158 kil. de Marseille. — 67 kil. de Nice.

Fréjus (hôt. du Midi), ch.-l. de c. de 2887 hab., situé sur un monticule, est une des plus anciennes villes du midi de la France.

Fondée, en effet, par quelques pécheurs celto-lygiens , elle fut agrandie successivement par les Phocéens de Marseille, par César, qui lui donna le nom de Forum Julii et y fit creuser un port, et enfin par Auguste, qui la colonisa et la dota de beaux monuments. Fréjus devint un arsenal maritime, comme le prouve la qualification de Classica que lui donne Pline. Au moyen âge, les Sarrasins, les pirates et les Espagnols la ravagèrent successivement. Toutefois, son port avait encore assez d'importance en 1555

DE TOULON A NICE

pour que Henri IV y créât un siège d'amirauté. Mais peu à peu, les atterrissements de l'Àrgens ont comblé le port, et la ville ne communique plus avec la mer, éloignée de 1600 mèt. environ, que par un petit canal tracé à travers une plage cultivée.

Fréjus, patrie de l'acteur Quintus Roscius, du poète Cornélius Gallus, du chansonnier Désaugiers, est le siège d'un évêché,

d'un tribunal de commerce et d'un syndicat maritime. Le commerce y consiste surtout en grains, fourrages, vins, huiles, tabac, granit, porphyre et pouzzolane; des savonneries, des scieries hydrauliques et des fabriques de bouchons de liège y sont les seuls établissements industriels.

Les antiquités romaines sont nombreuses à Fréjus.

« Le périmètre de la ville antique, dit M. Mérimée, est visible presque partout, et dans quelques endroits on peut encore juger de la hauteur des murs, flanqués de distance en distance de tours rondes, d'un médiocre diamètre. * Près du jardin qui rem-

porte d'Or , à Fréjus.

place le port, une énorme pierre cubique, surmontée d'une pyramide peu élevée, passe très-hypothétiquement pour avoir été le phare d'Auguste. Il subsiste de beaux restes des quais de l'ancien port ; le bassin mesurait 560 mèt. de longueur sur 600 mèt. de largeur. Non loin de là, en faisant face à la mer, une porte assez élevée, la porte d'Or ou Dorée, construite en pierres ou en bri-

ques, parait avoir servi de communication entre le port et la ville. A peu de distance de cette porte, près du chemin de fer, on a découvert les fondations de thermes antiques, quelques colonnes de marbre et des fragments de statues, parmi lesquels une tête de Jupiter d'un bon travail.

Cathédrale de Fréjus.

Au S. E. de la ville, près de la mer, se trouve une enceinte à peu près carrée, qui a pu servir de citadelle. Au centre est un vaste souterrain (une citerne probablement), soutenu par des piliers et dont les murs sont revêtus d'une couche de mortier mélangé de charbon pilé. A côté, d'autres souterrains voûtés paraissent avoir servi de magasins.

LYON A LA MÊDITERRANÉF. 19

DE TOULON A NICE

L'amphithéâtre romain, situé près de la station, est un monument elliptique, construit en petit appareil. Les gradins, en partie détruits, s'appuyaient sur trois massifs séparés par deux voûtes, qui régnent autour du monument; des contre-forts massifs soutiennent cette ordonnance.

M. Mérimée a reconnu, en 1834, l'emplacement d'un théâtre; les fondations des murs de la scène et des gradins en étaient encore visibles, mais le propriétaire du sol le faisait défoncer pour y établir un verger. Auprès, on apercevait des traces de mosaïques et beaucoup de substructions ayant appartenu à des maisons particulières.

Au N. de la ville, sur la route de Fréjus à Cannes par PEsterel, se trouvent les ruines de la porte de César et les débris plus importants d'un aqueduc, que l'on peut suivre dans toute sa longueur, sur une étendue de près de 30 kil. Il amenait à Fréjus les eaux puisées dans la Siagnolle, près du village de Mons. Cet aqueduc est le plus considérable de ceux que possède la France. 11 est construit en pierres de petit appareil, sans aucun ornement; les intervalles des arches ne sont presque jamais uniformes L'un des fragments les plus intéressants est celui qui se trouve aux portes mêmes de la ville (18 mèt. de hauteur).

Tous les monuments romains de Fréjus ont été classés parmi les monuments historiques.

L'église Saint-Étienne (mon. hist.), souvent restiurée, a conservé le caractère d'un édifice du xr3 ou du xne s. Les tours, ainsi que le palais épiscopal, renferment dans leurs parements des portions de pilastres cannelés qui ont dû appartenir à de grands édifices antiques. La chapelle octogonale du Haptistère, immédiatement à g. du porche, est ornée de huit colonnes formées chacune d'un seul bloc de granit gris et d'un chapiteau en marbre blanc. Près de la cathédrale, du côté du N., est un cloître qui parait dater du xme s.

Nous signalerons encore : Y église Saint- François; le grand Séminaire, qui possède une Bible manuscrite du vin6 ou du ixe s.; Y hôpital, nouvellement construit; et la bibliothèque publique, riche de 5000 volumes et de quelques manuscrit*, dont plusieurs remontent au iXe ou au xe s.

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