MENTON. — DESCRIPTION
cri vent un immense demi -cercle de cimes (1000 à 1300 mèt. d'élévation moyenne). Partout on aperçoit la verdure : près du rivage, celle des citronniers, celle des orangers, des arbres exotiques; plus haut celle des oliviers, et, sur les pentes supérieures, celle des pins.
L'ancienne ville, formée de hautes maisons serrées les unes contre les autres, est bâtie sur les flancs de la colline escarpée que couronnait autrefois le château fort. Elle a conservé son aspect féodal, ses murailles de défense, ses escaliers tournants, ses arcades sombres, ses rues étroites et tortueuses. La nouvelle ville consiste en une belle rue d'un kil. de longueur qui se développe parallèlement à la mer, à la base de la colline. De nouveaux quartiers commencent à se former à l'extrémité occidentale de cette grande rue, dans la vallée du Gareï, et à l'E. du promontoire qui porte l'ancienne ville. Le climat de Menton ressemble à celui de Cannes et de Nice par sa douceur et par la faiblesse de ses oscillations thermométriques. Comme à Nice, l'écart total entre les moyennes des quatre saisons est de 13°. De 1818 à 1861, le- thermomètre s'est abaissé quatre fois seulement jusqu'au zéro de l'échelle centigrade, et pendant quelques heures k peine. Le maximum de chaleur dépasse rarement 30°. En moyenne, la pluie tombe en plus ou moins grande quantité pendant 80 jours. Les vents forts soufflent presque uniquement de l'E. et du S. 0., c'est-à-dire de la haute mer; les vents froids du N. et le terrible mistral, arrêtés par l'infranchissable barrière de montagnes qui entoure le bassin de Menton, ne se font pas sentir sur le rivage. Les quartiers de la ville situés sur la baie de l'E., ont la température moyenne la plus élévée , mais ils sont aussi plus exposés au vent d'E.; les quartiers occidentaux sont mieux garantis et plus frais.
Les saisons les plus agréables à Menton sont l'hiver et l'été; en automne, surtout au mois de novembre, les pluies d'orage sont parfois désagréables et les changements de température sont assez brusques. Quant au printemps, il existe à peine, a cause de la violence des vents d'E. et du S. 0. à cette époque.
Les affections qui cèdent le plus facilement k l'influence de la température de Menton sont : la phthisie au premier degré, es
DE TOULON A NICE
catarrhes, les rhumatismes, la goutte, les calculs urinaires, les scrofules, etc. En général, le séjour à Menton est profitable aux malades dont le tempérament est mou et lymphatique, tandis que les personnes trop nerveuses peuvent en souffrir.
Histoire.
Fondée, dit-on, vers la fin du vnr s., par les forbans de l'île Lampedouse, située entre Malte et la côte d'Afrique, Menton tomba au pouvoir des comtes de Ventimille, qui la cédèrent aux Génois, à qui elle fut achetée, vers le milieu du xiv# s., par les princes de Monaco. En 1524, André Doria la bombarda. De 1815 à 1841, elle fut gouvernée, ainsi que Monaco et Roquebrune, par le prince Honoré V, qu'ont immortalisé le monopole odieux qu'il s'attribua sur la fabrication et la vente du pain, ainsi que sur l'instruction publique, et d'autres vexations arbitraires. Le 2 mars 1848, Menton ne pouvant obtenir justice du prince Florestan, successeur d'Honoré V, se constitua en ville libre et indépendante, avec Roquebrune pour annexe. Les troupes sardes, appelées ^ par le prince de Monaco pour ramener ces deux communes dans le devoir, la prirent au contraire sous leur protection, et Menton s'administra elle-même jusqu'à sa récente annexion à la France par un vote libre, en 1861. — Menton est la patrie du général Bréa, lâchement assassiné à Paris, pendant l'insurrection de juin 1848.
Monuments publics.
La principale église de Menton, Y église Saint-Michel, existait déjà au xive s. ; mais elle a été reconstruite en partie et agrandie en 1619 puis en 1675. Au-dessus s'élève un campanile à trois étages, terminé par un petit dôme entouré de clochetons. L'intérieur, richement décoré, se compose de trois nefs et d'un chœur orné de fresques. On y conserve une croix processionnelle, dont la hampe est formée d'une lance turque prise sur l'ennemi par le prince Honoré Iep à la bataille de Lépante. — Uéglise Notre- Dame, située sur une terrase voisine, a été bâtie à peu près sur le môme plan que Saint-Michel. La façade est ornée en outre de trois statues; mais l'intérieur est froid et nu. \k statues en plâtre y sont adossées au mur.— Vhôpital fait partie du groupe de constructions que dominent ces deux églises.— Une troisième église ou chapelle s'élève en face de Y hôtel de ville, maison basse et sans intérêt, qui renferme une bibliothèque publique, léguée à