I" STATION. - TRANS
9 kil. des Arcs. — 78 kil. de Toulon. — 93 kil. de Nice.
Trans, village de 1609 habitants (minoterie, moulins à huile, fikturesdesoie), est bâti dans un site pittoresque, à 160 mètres d'altitude, sur la rive droite de la Nartuby, qui vient s'y précipiter en cascades dans un gouffre profond, sur d'énormes rochers. Trans possédait autrefois deux châteaux, dont l'un, le plus ancien, bâti au-dessus du gouffre de la Nartuby, lors des incursions des Sarrasins, fut démantelé par les huguenots en 1579 ; on en voit encore les ruines; l'autre, construit au milieu du xviii8 siècle, a été dévasté pendant la Révolution. On a découvert dans ce village, à ditférentes époques, des antiquités romaims, entre autres cinq basbins ayant formé une cascade artificielle.
Le chemin de fer franchit la Nartuby (162 raèt.) près de la source de la Foux, sur un pont elliptique de 20 mèt. d'ouverture, avant de traverser la belle plaine qui précède Draguignan, dout la gare se trouve à 177 mèt. d'altitude.
DES ARCS A DRAGUIGNAN
2l STATION. - DRAGUIGNAN.
4 Icil. de Trans. — 82 kil. de Toulon. — 102 kil. de Nice. — 1013 kil. de Paris.
Draguignan (hôtels : de France, du Commerce, Bertin; libraires; Sieyès, Signoret, M air e-M engin), V. de 10 082 hab., est située au pied de la montagne de Malmont, sur une dérivation de la Nartuby ou rivière de Pis, qui y fait mouvoir un grand nombre d'usines. Fondée, dit-on, au ves., elle résista avec succès aux Sarrasins, et devint, sous les comtes de Provence, le siège d'une cour d'appel. Ce fut là que commença, en 1649, la guerre du Semestre, la Fronde de ht Provence, signalée par les luttes sanglantes des Sabreurs et des Canivets. Mais Draguignan n'a pris une importance véritable que depuis son élévation au rang de préfecture du département du Var. Ses fortifications, construites en 1615, ont été démolies en partie et remplacées par des promenades; en même temps de nouveaux faubourgs se sont groupés à Pentour. Draguignan se divise aujourd'hui en deux parties : l'ancienne ville et la nouvelle ville. De nombreux ruisseaux coulent dans les rues; leurs eaux, peu abondantes, doivent être prochainement augmentées par suite de travaux importants de canalisation.
On remarque à Draguignan : une église ogivale qui sera démolie et remplacée par une église romane; — la tour carrée de V Horloge, qui occupe sur un rocher l'emplacement d'une tour plus ancienne, démolie en 1660; — Y hôtel moderne de la préfecture, bâti à l'extrémité des belles allées d'Azémar, auxquelles fait suite Y avenue du comte Muvaire; — le palais de justice; — les prisons; — le théâtre; — une belle école normale primaire, récemment construite ; — un hôpital bien situé; — une bibliothèque publique possédant 15 000 vol.; — un musée renfermant quelques bonnes toiles, un médaillier et un cabinet d'histoire naturelle; — des places ornées de fontaines; — un jardin botanique possédant un grand nombre de plantes exotiques, etc.
CINQUIÈME SECTION
DE ROGNAC A AIX1.
Au delà de Rognac, la voie ferrée se dirige, au N. E., vers la vallée de l'Arc, en longeant, à dr., des coteaux rocheux, derniers escarpements de la chaîne de Vitrolles. Sur l'un de ces coteaux se dresse la tour de Velaux. A g., l'étang de Berre disparait bientôt aux regards. Côtoyant alors la rive g. de l'Arc, le chemin de fer franchit un ruisseau et croise la route de terre.
Ir« STATION. — VELAUX.
7 kil. de Rognac. — 330 kil. de Lyon. — 36 kil. de Marseille.
Velaux, village agricole de 1060 hab-, est situé, à dr. de la station, sur une colline qui, formant, dans la valiée de l'Arc, une sorte de promontoire, force la rivière à faire un grand circuit vers le N. Il n'offre de remarquable que son beau site et sa tour ronde. Le pont sur l'Arc remonte à 1647. On trouve aux environs des ossements humains, des armes tranchantes, des fers de piques et de javelots, derniers vestiges, dit-on, de la grande victoire que Marius remporta sur les barbares dans cette partie de la vallée.
Le chemin de fer laisse à g., au delà de l'Arc, Ventabren, commune de 1300 hab., qu'on aperçoit aussi de fort loin, et qui parait tirer son nom de son exposition à tous les vents; il est, en effet, bâti comme Velaux, sur une hauteur.
Au-dessus du village s'élèvent les ruines d'un ancien château de la reine Jeanne. De ces ruines, on jouit d'une très-belle vue sur la mer, la tour de Bouc, la ville de Martigues, les plaines de
i. Voir, à la ûn du volume, le tableau du prix des places.
DE ROGNAG A AIX.
la Grau et de la Camargue, la chalae des Alpines, le Mont-Ventoux, le Lubéron, les Basses-Alpes, Sainte-Victoire, la Sainte-Baume, et les lies du golfe de Marseille.
Aux environs de Ventabren, on voit encore de nombreux vestiges du séjour des Romains dans cette contrée. Ainsi, au quartier appelé Font-de-Vicariy au pied de la montagne, du côté du N., on remarque les ruines d'un temple et de quelques autres édifices. Sur le chemin de Ventabren à Velaux, près de PArc, au sortir d'un étroit défilé, se retrouvent les traces d'un ancien camp, sur une esplanade où ont été découvertes des antiquités romaines. La vallée de l'Arc se rétrécit. Au delà de cette rivière, que l'on franchit, on découvre, à dr., entre deux tranchées rocheuses, l'aqueduc de Roquefavour.