‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 320 sur 360 · AIX. — DESCRIPTION · texte numérisé non relu

AIX. — DESCRIPTION

face à trois grandes avenues, présentant à chacune (Telles une des figures qui forment le groupe en marbre placé au centre de son immense vasque de métal, et qui représentent: la première, la Justice, par M. Ramus; la seconde, l'Agriculture, par M. Chabaud; et la troisième, les Arts, par M. Ferrât. Les liops géminés et les figures d'enfants montés sur des cygnes sont de M. Truphêrae. Cette belle fontaine est alimentée par les eaux du canal Zolla, qui jaillissent de la gueule de douze dauphins, placés aux angles de sa base. Haute de 12 mèt., elle mesure, dans l'ensemble, 41 mèt. de diamètre. La grande allée est ornée, en outre, de trois autres fontaines (dont l'une, celle du milieu, verse de 'eau chaude) et de la statue du roi René, par David d'Angers. En face de la fontaine Chaude, dans une rue perpendiculaire au Cours, on aperçoit la fontaine des quatre Dauphins.

Aix présente à peu près la forme d'un carré ayant plus de 3000 mèt. de périmètre. Elle était jadis ceinte d'un rempart flanqué de tours et percé de dix portes, dont quelques-unes subsistent encore; mais le rempart a été en grande partie démoli.

Aix se divise en trois parties : la vieille ville, au nord du Cours; la ville neuve, y compris le quartier Saint-Jean et le quartier Saint-Louis; et le faubourg, à l'ouest. Bien que fort peu régulières, les rues de la vieille ville, surtout celles qui aboutissent aux portes, sont assez larges et bordées de maisons qui ont de l'apparence ; mais celles de la ville neuve sont tirées au cordeau. C'est le quartier des beaux hôtels, ornés, pour la plupart, de balcons supportés par des cariatides.^Aix possède plusieurs belles places, entre autres celles de YHôtel-de- Ville, de l'Université, de Saint- Honoré et celle des Prêcheurs, souvent mentionnée par Mme de Sévigné, qui logeait dans le voisinage, au palais du Gouvernement (palais de justice). Au milieu de ces places s'élèvent d'élégantes fontaines, dont plusieurs sont surmontées de colonnes antiques de granit. Celle de la place des Prêcheurs se fait remarquer par une pyramide, au sommet de laquelle est un aigle (œuvre de Chastel) aux ailes déployées, qui tient un globe dans ses serres.

Aix, bourgade salyenne, célèbre avant la conquête romaine par ses

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eaux minérales, est le plus ancien établissement des Romains dans les Gaules. En effet, l'an 124 avant Jésus-Christ, le consul Sextius Calvinus serait venu s'y établir et y créer une station; d'où son nom d'Aqux Sextiœ. Après sa grande victoire sur les Cimbres et les Teutons, Marius vint s'y reposer; il consacra une partie du butin à l'embellir de monu • ments et à 1a pourvoir d'aqueducs. César lui donna le titre de colonie. Plus tard enfin elle devint la métropole de la secoude Narbonnaise. Elle possédait alors un palais, des thermes et plusieurs autres monuments dignes de la magnificence romaine. Elle jouissait d'une grande prospérité, lorsque les Sarrasins la saccagèrent en 731 - 11 ne resta de la ville rouiaii e que tro s tours en marbre, adossées à l'ancien C. pilule ; tous les édifices, les remparts, les portiques, les statues, l'amphithéâtre et les temples furent détruits. Aix ne se releva qu'avec peine. Au m* s., les couiies de Provence y tinrent leur cour. Le roi René y institua la célèbre procession de la Fête-Dieu, sorte de représentation moitié sacrée et moitié profane, mélange bizarre de paganisme et de chevalerie, dont la dernière célébration a eu lieu en 1851.

Envahie par le connétable de Bourbon, à la tête des armées impériales, en 1524, Aix tomba encore, en 1536, au pouvoir de Charles-Quint, qui s'y fit couronner roi d'Arles, dans la cathédrale de Saint-Sauveur.

Capitale de la Provence sous le roi René, et, depuis sa réunion à la France (1481), pays d'État et de privilèges, siège d un Parlement de loUi à 1590, Aix est encore aujourd'hui une des plus belles et des plus importantes villes du Midi.

Elle a vu naître les naturalistes Adanson et Tournefort, le moraliste Vauvenargues, le poète Brueys, l'académicien Éméric David, les peintres Vauloo et Granet, M. Mignet.

A part un mur romain à Saint-Sauveur, des restes d'anciens thermes ou d'aqueducs, des fragments de bas-reliefs et de tombeaux, des colonnes, des chapiteaux et des pavés en mos; ïque. Aix n'a conservé que des souvenirs de sa splendeur passée. Il ne reste plus trace de l'amphithéâtre, qui existait encore il y a deux siècles. Aix possède, en revanche, un grand nombre de monumen:s du moy. n âge et d'édifices modernes.

La Cathédrale de Saint-Sauveur, monument historique, a été bâtie dans le xti° s., sur l'emplacement d'une basilique qui avait succédé elle-même à un temple d'Apollon, comme le prouvent une statue, un zodiaque sculpté en relief, et divers fragments trouvés dans des fouilles à différentes époques ; elle s'est successivement agrandie dans les siècles suivants. Sa grande porte

(xvie s.) en bois de noyer est fort curieuse ; elle représente des prophètes et des sibylles, d'un beau travail. Le clocher, du xiv« s., consiste en une tour octogone de 60 mèt. de hauteur. Placé sur le point le plus élevé de la ville , il s'aperçoit de très-loin'.

Saint-Sauveur se divise en trois nefs, l'une de style byzantin, l'autre de style ogival, et la troisième de style grec; la nef principale, qui est fort belle, et qui date du xiv« s., est un vaisseau long de 75 mèt., sur 12 mèt. 60 cent, de largeur. On y remarque : le chœur y réédifié en 1285 dans de belles proportions; Vorgue; le baptistère, récemment restauré, soutenu par huit colonnes monolithes de marbre antique et de granit, provenant de l'ancien temple du Soleil; la chapelle des âmes du purgatoire; le tombeau de l'archevêque Olivier Pénard, surmonté d'une statue équestre de saint Martin; un bel autel en pierre, orné de figures en relief, dans la nef de Notre-Dame d'Espérance; la chapelle de Saint-Mitre, dont le tombeau, servant d'autel, représente Jésus-Christ prêchant sur la montagne ; un tableau du xv° s.; un grand triptyque (le Buisson ardent), attribué à tort au roi René, ou au pinceau de Jean Van Eyck, dit de Bruges; des bas-reliefs de Puget; des inscriptions curieuses ; une collection de vieux missels et une belle tapisserie ayant appartenu à l'église de Saint-Paul, de Londres. A côté de la cathédrale se trouve un cloftre roman avec des colonnes bizarrement sculptées.

L'église Saint-Jean de Malte (monument historique) est un assez bel édifice du xni«s. construit par Raymond Bérenger IV. Elle est entièrement du style gothique, et renferme les magnifiques tombeaux des comtes de Provence, rétablis en 1828. Son clocher se fait remarquer par la hauteur de sa flèche (67 mèt.). Cette église possède des tableaux de Jouvenet et de Mignard, des sculptures de Veyrier, et un beau vitrail moderne, à la fenêtre absidale.

Véglise de Sainte - Marie - Ma hleine (ancien manastère de Dominicains), édifiée en 1703, dans des proportions grandioses (63 mèt. de longueur), avec une façade de la Renaissance, possède des tableaux de C. Vanloo, de Vien, de Mignard, une curieuse Annonciation attribuée à Albert DUrer ; dans la sacristie,

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une belle statue de la Vierge en marbre blanc, due au ciseau de Chastel.

Les autres églises d'Aix, Saint- Jérôme , Saint-Jean-Baptiste , des Missions de Provence, les chapelles de l'Archevêché, des Pénitents gris, des Pénitents bleus et des Pénitents blancs, n'offrent rien de remarquable.

Le palais archiépiscopal se recommande par ses vastes proportions, sa chapelle et sa galerie des Archevêques.

Uhôtel de ville, élevé en 1640-1668, est un vaste édifice d'ordres dorique et ionique. Il contient : une statue du maréchal de Villars, en marbre blanc, par Coustou; une statue du roi René, par David d'Angers, et de magnifiques boiseries sculptées par Toro. A côté de l'hôtel de ville s'élève la Tour de l'Horloge, monument historique, construite en 1505, et qui domine toute la ville. C'est une tour carrée. Quatre figures, représentant les saisons, paraissent à leur période annuelle sous le cadran de l'Horloge.

Le palais de justice, bâti de 1822 à 1831, sur l'emplacement de l'ancien palais des comtes de Provence, possède un escalier remarquable par sa hardiesse et par sa légèreté, et une fort belle colonnade dans la cour. A droite et à gauche du péristyle, s'élèvent deux statues en marbre blanc, de Ramus, représentant Siméon et Portalis, deux jurisconsultes d'Aix.

Vécole impériale des arts et métiers est un ancien édifice, élevé sur les dessins de Vauban ; on y compte environ 300 élèves.

Mentionnons encore, parmi les édifices de la ville : les prisons ; V abattoir ; les greniers publics, dont le fronton est orné d'un beau bas-relief de Chastel (Le Rhône et Cybèle, ou peut-être, la Provence); le petit séminaire, reconstruit de 1853 à 1858 dans le style gothique ; Yuniversité ; les casernes Saint-Louis et Saint-Jean ; et plusieurs hôtels de l'ancienne noblesse parlementaire : d'Al bertas, de Lauris, de l'Estang, Parade de Régusse, de la Tour d'Aiguës, etc. Enfin, près de la porte de Notre-Dame, on remarque le tombeau de Joseph Sée, monument bizarre construit en 1792, aux frais de l'occupant lui-même, par Chastel selon les uns, par Chardigni, selon les autres. Une inscription porte qu'il est dédié: e à la municipalité d'Aix, observatrice de la Loi. »

Le musée, situé dans l'ancienne commanderie de Malte, et en-

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