‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 339 sur 360 · AIGUES-MORTES · texte numérisé non relu

AIGUES-MORTES

— (9 kil.) Saint-Laurent d'Aigouze, v. de 1755 hab. où s'écoula une partie de l'enfance de Boissy d'Anglas. — (12 kil.) Le Mas de Psalmody, à g., métairie qui occupe l'emplacement d'un ancien monastère de Bénédictins, fondateurs d'Aigues-Mortes. — A 14 kil., on passe sous la porte de la Tour Carbonnière, bâtie au xme s. en même temps que les remparts d'Aigues-Mortes.

Aigues-Mortes (hôtels: Sàint-Louis ou Ferdinand, du Cheval- Blanc); ch.-l. de canton, V. de 3865 hab., est située, à 17 kil. de Lunel, à 6 kil. de la Méditerranée, au N. de Vétang delà Ville, à 1 mèt. d'altit. et à l'origine de quatre canaux navigables :

Aigues-Mortes.

celui de Beaucaire, qui la relie au Rhône ; celui du Bourgidou, qui se dirige vers les importantes salines de Peccais et la partie inférieure du Rhône-Mort; celui de la Radelle, qui aboutit au ' grand étang de l'Or ou de Mauguio; et celui de la Grande-Robine, qui fait communiquer la ville avec son port du Grau du Roi sur la Méditerranée.

Aigues-Mortes fut fondée par les moines de Psalmody, aux environs d'une tour appelée tour de Métafère; mais toute son importance date de saint Louis, qui la prit pour point de départ de ses expéditions religieuses. Philippe le Hardi la dota de ses murailles; mais, vers le milieu du xv- s., son port, auquel elle devait son importance et sa prospérité, s'étant ensablé tout à coup, sa décadence commença. Kran-

DE TARASCON A CETTE

cois I,r fît commencer des travaux pour améliorer ce port, notamment le canal de Sylveréal, destiné à fixer le cours du Rhône-Mort, cause principale des atterrissements. La paix de Nice (1538) amena une entrevue entre Charles-Quint et François Ior à Aigues-Mortes, qui, après la paix de 1576, devint une des places de sûreté des calvinistes. Aigues-Mortes profitera sans doute du grand mouvement commercial qu'ont provoqué sur les rivages de la Méditerranée la colonisation de l'Algérie et le percement de l'isthme de Suez. Deux décrets ont déjà pourvu à l'amélioration du port et à l'ouverture du canal du Rhône à Nîmes, destiné à fertiliser et à assainir son territoire; mais c'est surtout de l'établissement d'une voie ferrée qu'elle attend les éléments de sa prospérité future.

c Les remparts de la ville (mon. hist.), encore parfaitement conservés, dit M. Mérimée [Notes d'un voyage dans le Midi de la France), peuvent donner une idée exacte de l'art de la fortification au xiii° s. Construits de grosses pierres taillées en bossage, ils sont flanqués, de distance en distance, de tours carrées ou rondes (au nombre de 15) : les unes ouvertes à la gorge sans platesformes, les autres fermées et ne communiquant avec la courtine que par des portes étroites. La hauteur moyenne des murailles est de 30 pieds (8 à 10 mèt ) environ. Les portes, du moins les anciennes, s'ouvrent entre deux grosses tours fort rapprochées : un passage voûté, oblique, conduit à une espèce de cour intérieure d'où l'on ne peut pénétrer dans la ville que par une autre porte qui n'est pas percée sur le môme alignement. Le fossé qui entourait les remparts est maintenant comblé. Les habitants se plaignaient des exhalaisons infectes de ses eaux stagnantes et il a été converti en une promenade.... »

L'ensemble des fortifications d'Aigues-Mortes forme un parallélogramme rectangle de 545 mèt. sur 136, dont l'angle N., arrondi, est occupé par le château. Vis-à-vis et en avant s'élève une tour ronde, surmontée d'une tourelle de 11 à 12 mèt. de hauteur, qui a longtemps servi de phare. La hauteur de la tour est de 28 à 30 met.; son diamètre de 20 à 22 mèt.; l'épaisseur des murs de 6 mèt. à la base. « C'est un ouvrage indépendant du corps de la place et environné de toutes parts d'un large fossé, comblé depuis quelques années. » Construite par saint Louis et non par Constantin, comme l'ont supposé quelques au-

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