Itinéraire de Rome et de ses environs d'aprês la methode de M. Vasi
13 ans la première jonrne'e on a remarqué que trois rues parlent de la place du Peuple se dirigeant vers P intérieur de la ville : et que parmi celles-ci celle a droite a le nom de rue de Ripetta, dénomination qu’elle tire du port sur le Tibre , auquel elle conduit , dont on fera mention à sa place .
En suivant cette rue , un peu avant de parvenir au port susdit , on trouve à gauche la rue des Pontifes ainsi appellée des portraits de plusieurs papes qui décoraient la façade d’une maison a droite , et qu’au- )ourd’liui n’ existent plus. C’est dans cette même rue qu’est le palais Corea où sont les restes du
MAUSOLÉE d' auguste •
Annexés au palais Corea sont les restes d’un grand monument de forme ronde et de construction réticulaire , qui par leur plan et par leur style appartiennent a ua grand tombeau du siècle d’ Auguste « Or
298 Mausolée (T Auguste,
Svetone en parlant des funérailles céleTare's à l’honneur d’Auguste e'tablit l’emplacement , r auteur , et la date de ce fameux monument qu’ on appella Mausole'e, parceque par sa magnificence il rivalisait avec le tombeau e'rige à Mausole son mari par Artemise reine de Carie , et qui e'tait une des merveilles du monde . Ce célébré écrivain dit que les cendres d’ Auguste furent placées dans le Mausole'e , monument qu’il avait e'rige pour cet usage entre la voie Flaminienne et le rivage du Tibre, dans son sixième consulat , c’ est a dire Tanne'e 27 avant r ère vulgaire , après avoir déclarés publics les bois , et les promenades qui y étaient autour * Ce passage de Svetone est bien clair pour croire que le Mausole'e d’Auguste était entre la voie Flaminienne et le Tibre : et cette circonstance donna lieu à la saillie de Sénèque , lorsqu’en parlant de r empereur Claude qui fut enterré dans ce Mausolée , il dit qu’ il descendit aux enfers entre le 'Tibre et la voie droite , c’ est a dire la voie Flaminienne : et inter Tihc’rini et viam rectam descendit ad infe^ ros . Ce monument donna origine au nom ^Aiigusta que cette partie de la ville porta dans le moyen âge , et qu’ elle conservait encore du tems deMaiiian dans le XVI siècle . Ainsi soit par Tarcbitecture , et le style des restes encore existans , soit par les passages de Svetone , et de Séneque , et par la tradition du moyen âge , il n’ y a
Mausolée (TJugusie* 299
pas de doute pour croire que les vestiges du monument sépulcral attaclies au p^alais Corea soient les restes du Mausolée d'Auguste . Outre le corps d’ Auguste il résulte de Virgile que Marcellus y fut enterré peu de tems apres la fondation de ce monument ; d’ après Albinovanus on y plaça successivement Agrippa, Octavie soeur d’Auguste , et Drusus ; ensuite ce monument reçut les cendres de Germanicus, de Claude , et de N erva qui fut le dernier des empereurs à y être enseveli - Dans le XII siècle il fut réduit en forteresse, qui en 1 1G7 était au pouvoir des Colonna , lorsqu’ elle fut démantelée parle peuple romain, et de-
fuis ce tems-là ce monument fut réduit à état d’ime ruine informe »
Nous pourrions difScilement concevoir sa magnificence par les restes existans si Strabon écrivain contemporain d’Auguste et de Tibère ne nous avait laissée une belle description de ce monument ; Dans le cinquième livre de sa géographie il dit que le Mausolée était digne dé une mention particulière t que sur un haut soubassement de marbre blanc s’élevait un monceau de terre qui était planté et ombragé jusqu’ au sommet par des arbres toujours verts : que sur le sommet était la statue en bronze d’^ Auguste , et au dessous du monceau étaient les tombeaux d’Auguste , de sa famille , et de sa maison ; que derrière le monument il y avait un bois où l’ on voyait des prome-
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Mausolée âé Auguste,
nacles admirables, et qu’au milieu d’elles on voyait l’enceinte du Imcher, qui était aussi en marbre blanc , plantée de peupliers , et autour de laquelle il y avait des grilles . J/cnti ée du Mausolée était vers le midi ; elle était ornée de deux obélisques en granit rouge et sans hiéroglyphes qu’ on prétend avoir été érigés’par l’empereur Claude.
De ce grand bâtiment il ne nous reste que le massif des murs du soubassement construits en ouvrage réticulaire de tuf : le rcvêtissement en marbre a disparu. Le diamètre actuel des ruines du soubassement est de 2 30 pieds romains anciens . Tout autour on voit encore les restes et les traces de i3 chambres sépulcrales . La quatorzième servait d’ entrée a la grande salle ronde sous le monceau de terre , qui avait i3o pieds de diamètre . La voûte qui la couvrait et qui servait de soutien au monceau planté d’arbres s’est écroulée ; elle a formé de cette manière un terreplein autour duquel vers la fin du dernier siècle on a construit une espèce d’amphithéatre où F on donne difFérens spectacles surtout pendant F été . Les obélisques qui étaient a la porte de ce Mausolée servent aujourd’hui d’ ornement a la place de Ste. Marie Majeure, et a celle du Quirinal. En 1777 en faisant les fondemens de la maison au coin de la place de St.Charles au Cours vis-'a-vis la rue de la Croix on trouva divers morceaux de travertin sur lesquels on lisait les noms des fils de Ger-
Eglise de St.Roch, 3oî
raanicus : la phrase hic crematus est r ici il a été brûlé , qu ou y lisait fait reconnaître que le Bustuin ou bûcher des Césars , mentionne' par Strabon , tûait près de l'a .
En retournant sur la grande rue de R,ipette , on trouve , k gauche , V