ÉGLISE DE SAINTE MARIE IN CAMPITELLI
Elle a e'te' bâtie vers Fan i658, sur les dessins de Charles Raïnaldi, aux frais du peuple romain , pour y conserver une image miraculeuse de la Vierge. La façade de Feglise est en travertin, orne'e de deux rangs de colonnes corinthiennes et composites . L’interieur en est magnifique: il est dëcorë de pilastres et de 22 colonnes de marbre cannele'es , d’ordre corinthien, et de peintures du chevalier Sebastien Conca, de Luc Jordan, de Gemignani et du Baciccio.
En entrant dans la rue à gauche en sortant de cette e'glise on voit dans la cour d’une maison , qu’on trouve a droite , trois colonnes en marbre, canneilëes, et avec leurs chapiteaux composites ; elles appartiennent au temple de Junon , qui e'tait compris dans la cour du portique d’ Octavie , et qui ainsi que le portique fut refait par Se* ptime Se'vère, puisque le style des chapiteaux de ces colonnes ne paraît pas antérieur a ce tems-l'a. Ensuite on trouve F cn«< tree du fameux
358 Portique cC Octavie,
PORTIQUE D OCTAriE .
Octavien Auguste, après avoir bâti près de-la, le tbe'atre en l’honneur de Marcellus , son neveu , voulant procurer au peuple , un endroit vaste pour se mettre a l’abri , dans le tems de pluie , fit construire ce grand portique, dans lequel il renferma les temples de Junon et de Jupiter , et lui donna le nom d’Octavie, sa soeur.
Ce portique formait un parallélogramme a double rang de colonnes qu on calcule avoir ëtè environ 270 et qui renfermait une cour dans laquelle e'taient les deux temples susdits: on a une bonne idée du plan de ce portique dans les fragraens duplan de Rome existons dans le Musée Capitolin, Cet édifice était orné de statues faites par les plus célèbres artistes : il fut restauré , a la suite d’un incendie, par les empereurs Septirae Sévère et Caracalla, ainsi qu’on le voit par l’inscription qui existe encore -sur l’entablement .
La partie de ce portique qui s’est conservée jusqu’à ce jour, en formait autrefois une des entrées principales, qui devait être de forme carrée, et qui avait deux façades semblables, l’une en dehors et l’autre en dedans, toutes deux ornées de quatre colonnes de marbre blanc, cannelées, et de deux pilastres corinthiens. L’une de ces façades n’a conservé que deux colonnes et un pilastre: on ne voit sur l’autre fa-
Teati'o cil Marcello ||l Tlieatre de ^SlarcelUi?.
Théâtre de Marcellus» SSq
çade que deux colonnes et deux pilastres , ayant substitue dans le III siècle un arc aux deux autres colonnes qui manquaient déjà: le tout soutient un entablement qui parcourt dans son entier , et qui se termine en fronton .
Par ce portique on passe dans l’eglisc fort-ancienne de St. Ange dite in Pescheria, savoir a la poissonnerie, parcequ’elle est situëe sur la place où l’on vend le poisson. En prenant la rue a gauche en sortant de cette e'glise , on trouve le
théatiœ de marcellus.
Comme nous venons de le dire, Octavien Auguste fit bâtir ce magnifique théâtre et le dédia à Marcellus , fils d’ Octavic sa sœur. Ce fut le second théâtre fixe bâti à Rome pour les spectacles publics. Sa construction était si parfaite, que des architectes modernes Pont pris pour modèle , relativement aux ordres dorique et ionique; et se sont servis de ses proportions pour déterminer celles de ces deux ordres, lorsqu’ils sont placés l’un sur l’autre. On croit que la partie en demi-cercle en dehors était décorée de trois ordres d’architecture. L’ordre supérieur est entièrement ruiné, il n’existe plus qu’une partie des ordres inférieurs, que l’on voit actuellement du côté de la place Montanara: ces restes consistent en deux rangs d’arcades, qui environnaient lethéa-* Ire; celles du bas ont de demi-colonnes
36o Théâtre de Marcellus,
doriques, et celles du haut, des demi-colonnes ioniques. Ce theatre avait 867 pieds de diamètre : il était construit de gros blocs de travertin, et pouvait contenir jusqu’à trente mille spectateurs.
Dans les bas-siècles, ce theatre fut change' en forteresse par les Pierleoni, auxquels succéda la famille Savelli qui s’y retira lors des guerres civiles. La famille Massimi fit ensuite construire sur cet édifice, d’après le plan de Baltbazar Peruzzi, le grand palais qui y existe aujourd’hui , lequel est p§s— , sé dans la maison Orsini qui vient de le restaurer et de l’embellir. On arrive dans la cour de ce palais, par une longue rampe qui s’est forme'e de l’exhaussement que les j'uincs de l’ancien e'difice ont produit sur le terrain.
Dans ces environs et pre'cisement vers le milieu de la petite rue de la Bufala e'tait la porte Carmentale de la première enceinte de Rome : elle e'tait ainsi appellc'e de Carmenta , mère d’ Evandre ; plus avant on trouvait le
FORUM OLITORIÜM ,
Ce forum tirait son nom des h'erbages o/era qu’on y vendait: : il était particulièrement orné de trois temples , dont on voit encore des restes , sur lesquels l’église de St. Nicolas a été érigée. L’un était d’ordre dorique en travertin; et celui-ci était le plus petit; l’autre était d’ordre ionique,
Fora LU Olilorium.
3<ji
cannelë , en pe'perin ; et c’ était le plus grand ; enfin les colonnes du troisième temple étaient aussi d’ordre ionique, mais sans cannelures . Tous les trois e'taient tournes vers le Capitole, de manière qu’en les regardant on avait le plus grand au milieu , celui d’ ordre dorique a gauche, et celui d’ordre ‘ionique sans cannelures a droite , et trèsprès du the'atre de Marcellus. Les restes de ces trois temples sont bien distincts. Ils e'taient de'dics à la Piété, a Junon Matuta, et a l’Espérance. Le temple dédié a la Piété était différent de celui qu’on érigea dans la prison des Decemvirs, et où eut lieu cet acte d’amour filial connu sous le nom de Charité Romaine . Cet autre temple de la Piété de même que la prison, étaient situées, selon Pline, dans le même endroit où ensuite Auguste bâtit le théâtre de Marcellus.
Sur ces trois temples est 1’