ÉGLISE DE SAINTE MARIE IN TIIASTEFERE
Ou croit communément que F ancienne Taberna Meritoria , qui était une espece de depot pour les soldats invalides qui avaient bien servi la patrie, se trouvait en cet endroit . Cet édifice ayant e'te' abandonne' , quelques chrétiens F obtinrent de l’empereur Alexandre Sevère , pour y ouvrir un oratoire , qui fut crigë en 224 par le pape St. Calixte ; ce fut la première église publique de Rome . Le pape St. Jules , en 340 , la rebâtit : après avoir été restaurée plusieurs fois , Innocent ÏI en 1139 la renouvella , et Nicolas V la réduisit dans l’état actuel, sur les dessins de Bernardin Rossellino. C’est a. l’époque de n39 qu’on décora la façade des mosaïques , qii’ on y voit encore . Enfin Clément XI y fit le portique actuel qui est soutenu par quatre colonnes de granit , et qui contient des inscriptions anciennes fort intéressantes .
L’intérieur de cette église est magnifique , et présente trois nefs , divisées par 21 grosses colonnes de granit, outre quatre autres qui soutiennent un grand architrave . Quelques unes de ces colonnes ont le chapiteau ionique , d’autres Font corinthien : ceux qui sont d’ ordre ionique sont d’un style fort riche et viennent certainement de quelque temple d’isis et Sérapis , puisqu’ on y voit les figures de ces deux
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divinités, et celle cl’ Harpocrate , soit clans les volutes , soit clans la fleur . Le pave est comme celui des autres églises anciennes en opus alexandrinum , compose’ de morceaux de porphyre , de serpentin , et d’autres beaux marbres . Au milieu du plafond , cpii est riche en sculptures et en dorures , ou voit une Assomption , ouvrage tres-bean du Dominiquin . La chapelle du fond de la petite nef a droite , fut faite sur les dessins du même maître , qui a peint , dans un compartiment de la voûte , un fort-bel enfant qui répand des fleurs . Le grand autel est isolé et décoré cl’ un baldaquin soutenu par quatre colonnes de porphyre . La tribune est ornée de mosaïques : celles du haut qui représentent Jésus Christ , la Vierge et diflérens saints , ont été faites vers l’an 1 143 : les mosaïques inférieures , oïl l’on voit la Vierge et les douze apôtres , sont d’ un tems postérieur et faites par Pierre Cavallini . On trouve sur le dernier pilastre à gauche du grand autel , deux mosaïques antiques , 1’ une représente différens oiseaux , 1’ autre un port de mer . Parmi les monumens sépulcraux, il y a ceux du (fliev. Lanfrauc et de Ciro Ferri, habiles peinti es ; et celui de monseigneur Jean Bottari , homme bien connu dans la répul)lique litéraire .
En prenant la rue , qui est presque visà-vis cette église , on trouve , après l’hôpital de St. Gallican , V
Eglise de St. Chry sogone.