‹ Itinéraire de Rome et de ses environs d'aprês la methode de M. VasiChapitre 67 sur 138 · ÉGLISE DE ST. P.TNCRACE · texte numérisé non relu

ÉGLISE DE ST. P.TNCRACE

Le pape St. Félix I fonda cette église vers l’an '2'j2 , sur le cimetière de St. Calepodius. Après avoir été réparée par plusieurs papes , le cardinal Louis Torres , en 1G09 , la fit rebâtir a trois nefs , divisées par des pilastres : et tout dernièrement elle a été réduite dans l’état actuel .

En retournant à la villa Corsini , et prenant la rue â droite , qui suit la direction de l’ancienne voie Aurélia voit la villa Marescotli ; et après avoir passé sous l’aqueduc de l’eau Pauline , on trouve â gauche la

pailla Paniphili-Doria* 4^9

VILLA PAMPHILI-DOJIIA .

Cette villa qui est la plus vaste et la plus agréable des environs de Rome , fut construite par le prince Pampliili , sous Innocent X , d’ après les dessins de V Algarde . Elle appartient a-prèsent a l’ illustre maison Doria , qui par ses soins l’a rendue plus magnifique et plus belle . On y trouve de grandes et longues allées , des bosquets , des jardins , de charmantes fontaines , un fort beau lac , avec des chûtes d’ eau , et une espèce d’amphitheatre , orne de petites fontaines , de statues et de bas-reliefs antiques : dans cet amphithéâtre est une chambre ronde , où l’on voit un Faune en marbre , qui joue de la flûte , par 1’ effet d’une machine , qui , par le moyen de l’eau , donne le mouvement à une espèce d’orgue .

La cassine de cette villa qui a été faite aussi sur les dessins de l’ Algarde , est magnifique : elle est ornée de statues , de bustes et de bas-réliefs antiques ; on distingue les statues de Rlarsyas , d’ Euterpe , d’un Hermaphrodite, d’ un jeune flerculc et le buste de madame Olympie nièce d’innocent X , sculpté par l’ Algarde . De la terrasse de cette cassine on jouit du plus beau coup d’ œil sur les environs jusqu’à la mer .

Des fouilles qui ont été faites dans cette villa , à gauche de la première allée à droite en entrant , ont donné pour résultat la

44» P^'illa Pamphill-rDoria.

âëconverle de plusieurs tombeaux en Colombaires cpi sont suffisamment conserve's. Plusieurs inscriptions anciennes trouvées dans ces Colomhaires , et quelques autres qui existaient déjà, ont ëtë rassemblées dans un petit bosquet près d’ ici : il y en a parmi elles de fort intéressantes . Ces tombeaux marquent la direction de la voie Aurélia , et offrent beaucoup d’intérêt pour la belle construction , et pour les usages funèbres des anciens .

En retournant dans la ville , et descendant au pied du mont Janicule , on trouve , à gauebe , la porte Sepliraienne qu’on croit tirer son nom de Septime Sévère , et qui fut rebâtie par Alexandre VI. Depuis qu’Urbain VIII étendit les murs pour renfermer dans la ville le reste du mont Janicule , cette porte devint inutile . C’ est à cette porte que commence la belle et longue rue appellëe la Lungara , où l’on trouve , a gauche , le

PJLAIS COUSIN I .

L’ illustre maison Corsini fit l’ acquisition de ce palais , jadis des Riari , soiîs Clément XII de cette famille , laquelle ensuite augmenta tellement cet édifice sur les dessins du chev. Fuga , qu’il est devenu un des principaux palais de Rome . C’ est dans ce palais que Christine reine de Suède demeura long tems , et qu’ elle mourut en 1689 . Un double et magnifique escalier

Palais Corsini . 44*

conduit aux deux otages , dont le premier est de'core d’une riche collccfion de tableaux, dont nous ne citerons que les meilleurs , suivant notre système .

Dans la seconde antichambre il n’y a dfe remarquable qu’une mosaïque ancienne, représentant un Eouvier ; la copie d’ un tableau du Guide , faite aussi en mosaïque ; et un ancien sarcophage , orne' de bas-re'liefs , rcpre'sentant des Néréides et des Tritons . (

De cette antichambre on passe dans la galerie dont les tableaux plus remarquables a gauche sont : le célèbre Êcce-Hoino , de Guerchin : une femme nue, par Furini:

St. Pierre dans la prison , de Lanfranc r une naissance de la Vierge , de F école de Carache : une Ste.- Famille , par Barrodie -■ St. Jerome , parle Guerchin ; St. Pierre , par Mola : une Vierge , par Caravage : le leV^er du soleil , par Berghcm : Luther et sa femme , par Ilolbein : deux petites vues , par Poussin : une sainte Famille , par fr. Barthélemi de St. Marc : la Samaritaine , par Guerchin : Vénus a sa toilette, par r Albano : une Ste. Famille , par Garofalo : la Présentation au temple , par Paul Veronèse : St. Barthélemi , par le diev. Calabrèse ; deux petits ta])leaux , par Rubens -• deux banibochades , par Teniers : le portrait de Jules 11 , répétition , par Raphaël : et le portrait de Philippe 11 , beau tableau de T ' n . L’ autre coté de la ga-

Palais Corsini.

lerie ne présente rien de remarquable . Au milieu on voit une chaise curule antique , trouve'e a St. Jean de Latran , avec des sculptures en bas-relief .

Dans la chambre suivante on trouve , à côté de la porte ^ un petit tableau où est peint un lapin , ouvrage fort-beau d’ Albert Durer : Jésus Christ porte au sépulcre , de Louis Carrache : des Joueurs, par Cigoli : la vie du soldat , peinte en douze petits tableaux , par Callot : huit pastels , par Luti : une Vierge avec 1’ enfant Jésus , par Sassoferrato : une autre Vierge , par André del Sarto : un portrait de femme, représentant la célèbre Fornarine , par Jules Romain : une Annonciation , par Bonarroti : une étude de tête par Rubens : un portrait de Paul III, lorsqu’il était cardinal, par le Titien : un St. Jérôme , parle même : un noli me ta?igere , par Barroche : le crucifiement de St, Pierre , et un St. Jean Baptiste , par le Guide : une Annonciation , et deux petits tableaux , par Guerchin : le célèbre tableau de l’Hérodiade du Guide : et une chasse de bêtes féroces , de Rubens .

Dans la chambre suivante qui s’ appelle la chambre du lit , on remarque principalement St. Pierre , par Luc Jordan: Injustice, par Gennari: le Sauveur, par Charles Dolci : un tableau ovale , par Albano : deux Vierges , par Sassoferrato : une sainte Famille , par Schidoni : une Magdelai-

Palais Cor si ni.

ne , par Charles IMaratta : une Vierge, par

incent d’Imole : un tableau , par ûlichel- Ange : un Ecce-IIorao, par Guide : St. Jean et la Vierge , parle même .

Vient ensuite une chambre qui renferme beaucoup de portraits , parmi lesquels il faut remarquer celui de Fulvie Testi , fait jiar Mola : le portrait d’un jeune homme, par Holbein : trois portraits de Vandick : un doge de Venise, par le Tintoret : la femme adultère , par Titien : un cardinal , par Albert Durer : trois portraits de cardinaux , l’un par Scipion Gaetano , et les deux autres par le Dominiquin: lonocent X, par Diegue A^elasquez : un portrait , par Rubens : les deux lils de Charles Y , par le Titien : et un portrait fait par Giorgione.

Dans r avant-dernière chambre il faut remarquer principalement: une vue de l’île Sorrome'c , par Vanvitclli : un combat, par Rubens; un portrait , par le Dominiquin : la dispute de Jésus Christ , par Luc Jordan : un paysage , par Orizzonte : un autre , par Gaspard Poussin : un St. Sébastien , par Rubens : Sénèque dans le bain , par Caravage: une belle Vierge , par Mnriilos , et deux batailles , par le Rourguignon .

La dernière chambre contient des objets médiocres .

Ce palais renferme aussi une bibliothèque célébré , qui occupe huit grandes salles: elle se distingue de toutes les autres

Palais Corsini ,

de Rome et d’Italie par une riche collection de livres imprimes dans le XV siècle , et d’une suite d’estampes les plus rares.

Attenante a ce palais , est une villa fort agréable , placée sur le penchant du mont Janicule , dans F endroit le plus élevé de laquelle on trouve une cassine , d’ où F on découvre toute la ville de Rome . On croit que c’est dans ce lieu qu’ était la fameuse maison de campagne de Jules Martial, suivant Martial son cousin : Hinc septem dominos videre montes , et totam licet aestimare Romain . Mr. Joseph Vasi , célèbre graveur et collègue de Piranesi , dessina delà la vue géneVale de Rome , qu’il grava ensuite en 12 planches , et quel’on trouve a acheter dans la chalcographie Vasi.

Presque vis-a-vis du palais Corsini , est la

FjiliNÈSINE .

Cette cassine était une espèce de maison de plaisance , bâtie par Augustin Chigi , fameux banquier , sur les dessins de Ralthazar Peruzzi , et dans laquelle il donna à Léon X un repas de cérémonie . Les ducs Farnèse en firent ensuite l’acquisition : elle est aujourd’hui â la cour royale de Naples .

Ce qui rend sur tout cette cassine intéressante , c’ est la fable de l’Amour et Psyché que l’on voit peinte â fresque sur la voûte du premier salon , laquelle a été exécu-

Farnésine .

téc sur les dessins de l’immortel Raphaël , par ses meilleurs ël'eves ; de même que la Galathee qui est de la main de ce grand maître . Ces peintures ayant beaucoup souffert , Charles Maratta les restaura avec 1© plus grand soin , mais maigre cela le coîori eu est devemtun peu trop fonce', et dur . L’ ouvrage de la fable de Psyché' tLre'e d’Apule'e est combine de la manière suivante : on a représente' dans les deux tableaux du milieu de la voûte , les deux principaux sujets de cette fable : dans l’un est l’ assemblée des Dieux , où l’Amour et Vénus informent Jupiter: Mercure qui prévoit le jugement, sans attendre la décision du maître des Dieux , présente a Psyché ia coupe d’ambroisie pour lui procurer l’inimortalité . Le second tableau représente les noces de l’Amour et de Psyché , qui se fout dans l'Olympe , dans un banquet général des Dieux.

On a représenté autour de cette voûte , dans dix tableaux triangulaires , toute l’intrigue de cette fable , jusqu’ au moment des noces : dans le premier tableau , à main gauche en entrant , est Vénus qui indiquant Psyché a son fils , lui coinande de la faire brider d’ amour pour le plus vil des mortels , en punition de ce qu’ elle est devenue amoureuse de lui contre sa volonté . Le tableau suivant représente l’Amour montrant Psyché aux trois Grâces , compagnes de Vénus , comme e’ il voulait leur faire

Farnésine .

voir la rare beaute' de cette fille , que le peintre a supposée hors du tableau . Raphaël a beaucoup travaillé lui même a ce tableau , et sur tout au dos d’une des Grâces , qui est d’ une exécution admirable . Dans le troisième tableau est Vénus fuyant Junon et Gérés qui lui parlent en faveur de la malheureuse Psyché . Le tableau qui suit représente Vénus irritée , montée sur son char tiré par quatre colombes , et allant vers Jupiter pour le prier d’envoyer Mercure sur les traces delà fugitive Psyché , afin de pouvoir décharger sa colère sur elle. On voit dans le cinquième tableau Vénus devant Jupiter qu’elle sollicite d’envoyer Mercure a la poursuite de Psyché . Le sixième tableau représente Mercure qui publie le^ ordres de Jupiter et les récompenses que Vénus promet a ceux qui livreront Psyché qui revient des Enfers , portée par trois petits Amours , avec le vase de fard , que Proserpine lui donna pour appaiscr la colère de Vénus . On voit ensuite Psyché qui présente le vase de fard a Vénus irritée . Le neuvième tableau représente l’Amour qui se plaint a Jupiter de la cruauté de sa mère, et lui demande la grâce d’épouser Psyché ; Jupiter lui accorde cette grâce et le baise au front. Dans le dixième tableau, on voit Psyché conduite au ciel par Mercure par ordre de Jupiter , pour épouser l’Amour . On voit aussi quatorze tableaux triangulaires qui sont aux côtés de ceux ,

Famé sine .

doDt nous venons de parler , repre'sentant les G enies de tous les Dieux , ou plutôt autant de petits Amours qui portent , comme en triomphe , leurs attributs en forme de dépouillés , pour faire allusion au pouvoir de l’Amour qui surpasse et vient a bout de toute chose .

En allant a la chambre contiguë , ou y voit la célèbre Galathée peinte a fresque par Raphaël: elle est représentée debout sur une conque marine , traînée par deux dauphins, précédée d’une NeVéide et suivie d’une autre, qui est portée par un Triton. Les deux tableaux de la voûte de cette chambre, l’un représentant Diane sur son char , tiré par deux bœufs , et l’autre la fable de Méduse , sont des peintures de Daniel de Vol terre et de Sébastien del Piombo , duquel sont aussi les ornemens avec des figures en clair-obscur , qui imitent parfaitement des bas-réliefs. La belle tête colossale dessinée au charbon , que l’on voit dans un coin de cette chambre, a été faite par Bouarroti , non pas suivant F opinion trop répandue , pour reprendre Raphaël de la petitesse de ses figures , mais pour ne pas demeurer oisif dans le tems où il attendait Daniel, son élève , dont il avait été voiries ouvrages .

Dans l’étage supérieur sont deux chambres peintes a fresque : les peintures d’ arcîiitecture de la première chambre sont de Bal thazar Peruzzi : la Forge de Vulcain ,

Farnesine.

que l’on voit sur la cheminee,de même que les frises, sont de l’ëcole de Raphaël. La fresque de la seconde chambre, qui est vis-k-vis de la fenêtre , et qui représente Alexandre le grand , offrant une couronne àRoxane,de même que celle de la façade du milieu , sont de Jean Antoine , dit le Sodoma.

En suivant la même rue de la Lungara , et montant, par la petite rue, a gauche, sur le mont Janicule, on trouve la 'villa Lante , dont la cassine est de belle architecture de Jules Romain, qui peignit une des salles.

En revenant sur la rue de la Lungara , on voit le palais Salviati, bâti sur les dessins de Nanni Bigio , florentin, où logea îienri III roi de France. Attache a ce palais est le Jardin Botanique dépendant de l’université de Rome.

La rue que l’on trouve ensuite, conduit SUT le mont Janicule , où est 1’

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