‹ Itinéraire de Rome et de ses environs d'aprês la methode de M. VasiChapitre 74 sur 138 · PALAIS FARNÈSE · texte numérisé non relu

PALAIS FARNÈSE

Ce palais est sans cloute le plus beau et le plus majestueux de Rome, tant par sa magnificence , que par sa belle architecture. Paul III , étant encore cardinal , le fit commencer sur les dessins d’Antoine de Sangallo : le card. Alexandre Farnèse, neveu de ce pape, l’acheva sous la direction de]\Iichel-Ange Buonarroti, ety fit faire ensuite par Jacques de la Porte la façade du côté de la rue Julie. Les pierres de travertin , dont ce palais est composé , ont été' prises au Colisée. Ce grand palais appartient au roi de Naples, ainsi que tous les autres biens des Farnèses. La forme de cet édifice est un carré parfait: chaque façade est percée de trois rangs de croisées: la porte principale conduit a une vestibule , qui est décoré de 12 colonnes ioniques, de granit , montées sur des dez. La cour est

Palais Farnese,

ornee , sur tout son pourtour , de trois ordres d’ architecture , places F un sur l’autre : les deux premiers , qui sont dorique et ionique, ont des portiques, soutenus par des pilastres : le troisième ordre, qui est corinthien , a des croisées dans les entrepilastres. Cette cour e'tait autrefois décorée de statues , parmi lesquelles on admirait le fameux Hercule de Glycon F Athénien , et la célèbre Flora, qui sont aujourd’hui a Naples ainsi que d’ autres marbres antiques et rares que renfermait ce palais, et particulièrement le groupe de Dircé, connu sous le nom de Taureau Farnèse, qui était placé dans la seconde cour. Il ne reste dans la cour principale que le sarcophage de Cécile Metella , trouvé dans son tombeau , a Capo di Bove* ç

En montant an premier étage, parle grand escalier , on trouve de vastes appartémens, où est une galerie de Ga pieds de longueur et If) de largeur, peinte a fresque par Ai> nihal Carrache: c’ est le plus bel ouvrage de ce calèlare maître . Les fresques de la voûte de celte galerie , sbnt partagées en onze tableaux de différentes grandeurs et en huit petit ronds tous entourés de termes , de figures accadémiques et d’orneraéns d’ardiitecfiue, peints en façon de stucs.

Le grand tableau du milieu représente le tiioastphe de Bacchus et d’Ariadné; on les veât F un et F autre placés sur deux chars dilfertais* marchant de front : le char de

Palais Farnèse.

Bacclius qui est d’or , est tire' par deux tigres ; celui d’ Ariadne' qui est d’ argent, est traiüé par deux boucs blancs: il y a, autour d’eux , des Faunes , des Satyres , des Bac^ chantes , et Silène qui les précédé sur sa monture , et qui fait un des plus beaux épisodes du tableau .

L’un des deux tableaux, qui sont a côté de celui, dont nous venons de parier, re^ présents, le dieu Pan, offrant a Diane la laine de ses chevrea; et l’autre Mergure qui donne la pomme d’or a Paris.

L’un des quatre grands tableaux , qui sont aussi autour de ceux du milieu de ia voûte , représente Galatbée qui , an milieu d’une troupe de Nymphes , d’ Amours et de Tritons, parcourt la mer sur un monstre maiàn , pendant que l’un des Amours lui décoche une flèche. Le tableau qui est visa-vis, représente l’Aurore dans son char, enlevant Cephalc. On voit , dans le troisième tableau, Poliphème qui joue de la musette pour charmer Galatbée. Le quatrième tableau représente le même Cyclope , lançant un morceau de roche sur Acis , qui se sauve avec Galatbée.

Le premier des quatre tableaux carrés , représente Jupiter qui reçoit Junon dans le lit nuptial. Dans le second tableau , on voit Diane qui caresse Endymion , et deux petits Amours cachés dans un buisson , qui semblent jouir de leur victoire sur Diane. Le troisième tableau représente îlercuîc et

Palais Far ne se ^

Iule; Hercule vêtu de la robe d’îole , joue du tambour de basque pour l’ amuser; lole , • au contraire , est revêtue de la peau du lion de Nemêe , et appuyée sur la massue d’ Hercule. Le quatrième tableau représente Ancliise qui détache un cothurne du pied de Vénus. Des deux petits tableaux qui sont air dessus des figures de Polypheme , l’un représente Apollon qui enlève Hyacinthe ; et l’autre Ganymède enlevé par Jupiter, sous la forme d’un aigle.

Les huit ronds , ou médaillons , faits en façons de bronzes, représentent Léandre qui sc noie dans l’Hellespont, Syrinx métamorphosée en roseau ; un Hermaphrodyte surpris par Salmacis ; 1’ Amour attachant lui Satyre a un arbre; Apollon écorchant Marsyas : Borée enlevant Orithye : Eurydice rappellée aux enfers ; et l’ enlèvement d’Europe. Les quatre petits ovales représentent quatre Vertus.

Des huit petits tableaux qui sont audessus des niches et des fénêlres , l’ un représente Arion monté sur un dauphin , l’autre Prométhée animant sa statue ; Hercule tuant le Dragon qui gardait le jardin des îiespérides: le même héros délivrant Prometîiée , perçant d’une fléché le vautour <|ui lui dévorait le foie: la chute d’Icare dans la mer : la grossesse de Callisto , découverte dans le bain : la même nymphe changée en ourse : et Phébus recevant la lyre de Mercure.

Palais Farnese.

Le tableau placé sur la porte qui est visa-vis des fenêtres, a etc peint a fresque par le Domiuicjuin , sur le carton d’Annibal Carracbe ; il représente une Fille qui embrasse une Licorne , devise de la maison F arn'ese.

Enfin , des deux grandes fresques qui sont aux extrémités de la galerie , F une représente Andromède, attachée sur le rocher , Persée combattant le monstre , et les parens de la princesse qui se désolent : l’autre fresque représente Persée pétrifiant Phinée et ses compagnons , en leur montrant la tête de Meduse.

Les trois chambres suivantes sont ornées de frises peintes par Daniel de Volterrc. La salle qui vient après , est peinte a fresque par François Salviati , Tliaddée Zuccari et George Vasari, qui sur l’une des façades , ont représenté la paix signée entre Charles V et François I , roi de France , et Martin Luther disputant avec monseigneur Caetani. On doit remarquer, dans le grand salon suivant , le plâtre de la célèbre statue de l’Hercule de Glycon P Athénien et plusieurs marbres antiques.

On trouve dans un petit appartement , un cabinet peint aussi par Annibal Carrache , où il a représenté , dans un tableau a l’huile, placé sur la voûte , Hercule au bivoie, c’ est-'a-dire entre la vice et la vertu : l’original a été transporté ailleurs, et l’on n’en voit actuellement ([u’unc copie. Dans

Palais Farnèse.

les autoars du cabinet, le tnêrae maître a reprèsentë Hercule soutenant le globe céleste: îlljsse délivrant ses compagnons des pièges de Gircé et des Sy rênes .* le même héros se faisant attacher au mât de son vaisseau , passe vers F île des Syrènes : Anapus et Ampliinomus emportant leur père et leur mère , pour les sauver des flammes du mont Ethna : Persée coupant la tête ’a Meduse; et Hercule combattant le lion de Nemée. Les ornemens en clair-obscur qui divisent ces sujets , sont aussi d’ A nnibal : F exécution en est si parfaite , qu on les croirait en relief.

En allant par la rue , a droite , on trouve le

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