‹ Itinéraire de Rome et de ses environs d'après la méthode de M ..., Volume 1Chapitre 42 sur 77 · COLISÉE · texte numérisé non relu

COLISÉE

L*emnereur Flavius Yespiisien, après son retour de la guerre contre les Juifs, fit construire Tamphithéatre , dans V endroit où était auparavant Tétang des jardins de Ne*ron t presque dans le milieu de Rome an-* ciennet fieda , écrivain du VIfl siècle , est le premier qui ait appelle Tamphithéatre du nom de Colosée^ a cause de sa grandeur gigantesque : il fut dédié par Titus, et achevé par Domitieu selon 1 anon^nMt

i5a Colisée*

d'Ëccard. La forme des amphitliëatres , édifices entiëremeot inventes parles Romains, était celle de deux théâtres réunis, ou d^une ellipse. Ces édifices e'tant destinés aux jeux sanguinaires , on accompagna la dédicace de celui-ci par des combats de gladiateurs et des cbases de bêtes fe'roces. Ces jeux durèrent cent jours : cinq mille bétes féroces, et plusieurs milliers de gladiateurs furent assommés en cette occasion* On y donna aussi des combats navaux , par là facilite' qu'où avait de Tinonder , quoiqu^il y eut des naumachies. Apres avoir iservi pendant plus que trois siëcles a ces spectacles difi^rens , et jusqu'à Tannée 52 3 aux jeux des bétes féroces, il servit depuis le XI siiicle jusqu'à Tan i3iji de château fort a plusieurs familles nobles et particulèreiuent aux Frangipani et aux Annibaldi :

c'est a cette époque que l'on doit attribue^ SCS plus grands desastres. Ensuite il fut destiné de nouveau aux spectacles ; et l'année i332 on y a donné un grand tournois* En i38i la partie uni manque aujourd'hui était déjà écroulée lorsqu'on le changei^ien jiopital. Depuis il a fourni les matériaux pour les ptus grands palais de Rome tek que ceux de Venise , de la Chancellerie*, et Farnèsc, et pour le -port de RipHta* C'est depuis le commencement da ce siècle qd^oti en prend' un grand soin pour le conserver. Pie VII y fit Elire plusieurs reparations,et sarlout fit construire le grand contrefort

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vers Torient • Le pontife Lëon XII a conti- Buë ces réparations et a fait construire un autre grand contrefort vers V occident, qui est d'un effet bien meilleur que Tautre, parcequ* il imite Tarchitecture ancienne.

L'amphithëatre Flavien s^dlëve §ur deux degrés où sont poses les arches extérieures:

il ëtait extérieurement environné de trois rangs d'arches;elevéeslesunessur les autres, et entremêlées de demi-colonnes qui soute* naient leur entablement. Chaque rang était composé de quatre vingts arches avec autant de demi-<>oloQne8 ; c' était par la que les portiques intérieurs recevaient la lumière* Tout Tédifice était terminé par un quatrième rang de pilastres , plus haut que les autres , et forme par un mur circulaire , percé de fenêtres intermédiaires. Le pre^ mier des quatre ordres d'architecture qui ornent les arches est dorique : le second ionique ; le troisième et le quatrième sont corinthiens. Les arches du premier ordre sont marquées par des chiffres romains ; ces arches étaient autant d'entrées, qui, par le moyen de 20 escaliers intérieurs conduisaient aux portiques supérieurs et aux gradins ; de manière que chacun pouvait aller s^ns difficulté à la place qui lui était destinée; les jeux terminés, les spectateurs pouvaient sortir sans confusion et en trèspeu ^ tems. Entre les arches nomérotées XXXVIII et XXXIX , oa. en voit une qui il^Testp^is: cette circonstance réunie a Tau^

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tre da manque de rentablement entre les deux chapiteaux des demi-colonnes de cette arche jusqu'au piëdestal des colonnes supérieures , sert à prouverque c'était une des grandes entrées du Colisée; elle aboutissait à une espèce de salon , qui est encore orné de stucs , par où les empereurs passaient pour aller sur le podium.

La forme de ce vaste édifice est ovale: il a i64i pieds de circonférence extérieure et 157 de hauteur. On peut dire que tout y est fait avec la simplicité et la solidité qu'exigent la grandeur et la masse d'un si magninque monument , dont T immensité ne se peut bien comprendre qu'en le voyant du premier et du second étage des portiques* Dans les années 181 1 et i8ia on a démoli les murs qui fermaient les arc^ du premier ordre , et on a découvert 1^ demi-colonnes et lespilîers qui se trouvaient presqu'a moitié sous terre : tous les portiques ont été déblayés , de manière que Ton peut se promener par dessous et admirer l'élévation étonnante et l'enceinte intérieure de ce superbe édifice. Au dessous du niveau actuel de l'arène ont été trouvés des murs parallèles , quelques uns elliptiques d'autres rectilignes , qu'on a dit avoii^ Servi a soutenir l'arène même ; mais ïeur construction montrait avoir été un ouvrage du moyen âge. Oti a découvert en cette bc^ casion des passages souterrains dont le plus remarquable fut celui où Commode

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fut attaqué envaiu par des conjurés. Oo y a trouvé aussi plusieurs morceaux de co* lonnes de marbre , de statues , de bas-reliefs , et d^inscriotions , dont les plus intéressantes sont celle de Lampadius , préfet de Rome environ Tan 4% ae Y ëre chrétienne , parcequ^on lit qu'il restaura V arine, le podium , les arrièreportes et les gra* dina pour les spectateurs: et celle de Basile aussi préfet de Rome vers Y an 4^ de Tère vulgaire , qui restaura Y arëne et le podium après un tremblement de terre»

L'arène , ou la place intérieure , avait àmx entrées; Tune vis-à-vis le temple de Vénus et Rome; Tautife du côté opposé k celle-ci, vers St. Jean de Latran. Pr^ de cette entrée on voit le ^rand soutien c[ue la munificence de Pie VII a fait bâtir pour prévenir la chute d'une grande parte de T amphithéâtre. La place, où Ton donnait les jeux et les spectacles , s'appellait arène , k cause du sable dont le sol était couvert pour ceux qui exécutaient les jeux. Cette arène est aussi ovale ; sa longueur est de ^85 pieds sur 182 de largeur et 748 de circonférence : elle était environnée d' un mur assez élevé , peur empêcher les animaux de s* y lancer. Il y avait dans ce mur plusieurs ouvertures fermées par des grilles de fer ,

?iar où entraient les gladiateurs et les bétes éroces* La saillie du mur qui entourait Taréne s*appellaît P^e^/e^m; c' étaient-la les places destinées a l'empereur et k sa fa*

yGooglç

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mille, aux sénateurs, aux principaux magistrats et aux Vestales. Audessus du Poaium commençaient les àégrés pour les autres spectateurs : plusieurs portes y conduisaient et s^appellaient p^omitoria , vomitoires. Ler mêmes dëgrës e'taient divisés de bas en haut en trai^ sections , nommées proecinctiones ou maeniana : la première était de 24 gradins : la seconde de 16: et la troisième, qui originairement était en bois, en avait 10, entre la galerie; celle-ci étant brûlée, fut restaurée en matériaux solides par Héliogabale et par Alexandre Sévèr comme on le lit dans leurs vies. Le portique supérieur était formé de 80 colonnes de marbre , qui soutenaient un plafond , sur lequel se tenaient les ouvriers destinés au f^elarium. Les maeniana étaient subdivisés par de petits escaliers, pratiiquès dans les dégrés mêmes qui en faisaient la séparation et qui étaient appelles Cunei.

Tous les dégrés pouvaient contenir jusqu'à 87 mille spectateurs: et là terrasse qui était au-dessus , pouvait recevoir plus de ^ngt mille personnes. Au dehors on temarque dans la corniche de T amphithéâtre des trous sons lesquels sont des modillons, où ron croit que posaient les |k>utres , auxquelles ou attachait des pouliies et dos cordes pour sou ternir le velarium,c*tst à-dire la tente qui couvrait Tamphithéalre, pour garantir les spectateurs du soleil.

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presque tous les trous que Ton voit dans ce monument et dans plusieurs autres, ont été' faits dans le moyen âge , pour extraire le crampons de fer , qui liaient les pierres ensemble. <

La tradition pieuse que plusieurs chrétiens ont souffert le martyre dans cet endroit , où ils étaient condamnés a être la firoie des bêles férocfes, y a fait ériger vers a moitié du siècle pasî^é tout autour quatorze petites chapelles avec les mystères de kl passion de N. S. , et Ton y fait la cérémonie de là f^ia Crucis.

Annexé a Tamphithéatre est un joli jardin public. Des trois rues qui s\>uvrent près de l'entrée principale de ce jardin, celle a droite va sur le mont Coelius: celle du milieu va directement à St. Jean de Latran, et celle a gauche était Fanfcienne Suburre, la voie la filns fréquentée et la plus agréable de. Rome ; tonte cette partie de Rome a principalement souffert par V invasion de Robert Guiscard qui en io84 sous le prétexte d'aider le Pape Grégoire VII, mit k fer et feu ce qui se trouvait depuis SU Jean de Latran jusqu'au Capitole.

Près de Ventrée du jardia public et de ia Meta Suilans on wit T

ARC DE CONSTAIVTIN.

Ce magnifique arc de triomphe fut érigé par le sénût et le peuple romain a r^smpereuF Constantin a oai:^ des victoires qall

i5& Arc de Constantin.

remporta sur Maxeoce et sur Licinins comme on peut remarquer par la grande inscription qu^on lit des deux cotes de ce même arc. Il est a trois arcades ornées de huit colonnes d'ordres corinthiennes , dont sept sont de jaune antique et une en partie de marbre olanc, et ae plusieurs bas-reliefs qui ne sont pas d'un mérite égal , parce- [ue Constantin , faute d' artistes , proûta es débris d' on arc de Trajan pour construire le sien. Soit par le sujets soit par le style , on reconnaît que les colonnes , une jpartie de Tentablement , les huit basreiiefo carrés , les huit bas-reliefs ronds des deux façades , et les deux grands bas-reliefs carrés des deux côtés, appartenaient au primiers le reste est ouyrage du siècle constantinienssçpt dea statues des rois prisonniers sont eu marbre violet et ont été tirées de Tare d^ Trajan : celle en marbre blanc est qn ouvrage moderne de Tépoqua de Clément XII qui restaura Tare*

Quant aux deux bas-reliefs cp^oM voit sous la grande arcade , par le style , ils.

paraissent appartenir a une époqi^. intermédiaire entre. Trajan et Cods^tin. Sur U façade vers le Cotisée le premier bas*re<^ lief k gauche jde c^luî qui regarde, fait allusion a l'entrée de Trajan à Rome: le second k là voie àppienne restaurée par lui :

le troisième, a une distribution de vivres :

le quatrième k Parthotuasiris roi d'Arménie détrôné par Trajan : le bas^relief car«-

.4ro de Constantin. iSq

^ ni — : .

rë du côté qui regarde le Palatin , de même que celui qui regarde le Coelius fait al.

lusioD a la battaille donnée par Trajan, et a la victoire qu'il remporta sur Ddcëbale, roi des Daces. Les quatre bas-reliefs carres de l'autre côte , représentent Trajan qui déclare Parthoraaspate , roi des Parthes : la découverte d'une conspiration tentée par Décébale: Trajan qui fait une allocution a ses soldats , et enfin lé même empereur offrant le sacrifice appelle ^aopetaurilia. Les huit bas-reliefs ronds qui sont sur les petites arcades, représentent différentes chasses et des sacrifices ofiferts par le même empereur a Apollon , Mars, Sylvain , et Diane.

On lit dans plusieurs livres que Laurentin de Medicis fit enlever les têtes des rois

f)risonniers qui décorent jcet arc , et qu' il es envoya a Florence : on n' est point sûr de cette tradition; il est certain qu^ Clément Xir fit refaire ces têtes par Pierre firacci, sur des modelés antiques^ Cet arc avait aussi des ornemens en porphyre , et en bronze, et il y a une chambre dans Tattique. La partie supérieure devait être ornée du dnar triomphal de Constantin, âCtelé de quatre chevaux de bronze. Le pontife Pie VII en i8o4, le fit entièrement découvrir ainsi que celui de Septime Sévère.

\ La rue qui s'ouvre sous cet arc est l'ancieuné voie des triomphes qui mène a 1'

i6o Église de St. Grégoire.

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