‹ Itinéraire de Rome et de ses environs d'après la méthode de M ..., Volume 1Chapitre 54 sur 77 · Porte St. Laurent · texte numérisé non relu

Porte St. Laurent

latia aujourd'hui Caste l de If Osa ^ patrie de Collatin , où eut lieu la mort du Lucrece , femme de Cdlatin* Cette porte est appellëe aujourd'hui de St. Laurent parcequ' elle conduit k la basilique de ce nom. On a adossé cette porte au monument de Tancien aqueduc des ea,ux Marçie, Tepula, et Ju^ lie 9 dont les inscriptions défigurées par le tems^'Sont un monument qui atteste les reparatic^ faites k cet aqueduc par Auguste, Titus, et Caracalla. Sixte V se servit eu quelqu' endroit de ce conduit aussi pour porter Peau Felice a la foutaine de Termini.

On a trouvé , hors de cette porte , plusieurs restes d'anciens tombeaux, dont on a tiré difTéi-ens marbres. Environ un demi mille au'^e-lk on trouve la

BASlLiqVE DE SAINT LAVUENT.

On prétend que Constantin le grand bà« tit cette basilique vers Tan 33o dans une propriété de Cyriaque dame romaine , qui s'appellait Fundus Ver anus. Ëllefiit sucf cessivement restaurée par plusieurs pontifes, et principalement par Adrien I qui changea la direction de la hasiliqiie en y ajoutant la grande salle vers T ocdkknt r année 77? ; et par jionorius IH , qui fit bâtir le portiquç en 1216* Ce pontife, courons na dans cette même église Pierre de Courte* nay, comte d'Auxerre, empereur latin de Constantinople , lorsqu'il passa par Rome

Basiliqàe de St. Laurent. 1 96

en allant prendre possession de T empire»

Elle fut enfin réduite dans son état actuel en 1647»

Le portique de cette basilique est soutenu par six colonnes antiques d'ordre ïoni- 3ue; ces colonnes ainsi que celles de la grane nef ne sont pas du même diamètre ^ et les chapiteaux ne leur appartieiment point* Les peintui'es qui décorent le portique sont du téms d'Honorius ill, et représentent plusieurs sujets relatifs a V histoire de ce pa* pe , de St. Laurent , et de St» Etienne*

V intérieur de Téglise est k trois nefe , divisé par 22 colonnes ioniques de granit z c'est la partie que le pape Adrien 1 ajouta , lorsqu'il changea la direction de l'église. On voit d'abord, a côté de la porte priacipale , un sarcophage antique , orné d^tfn bas-rélief , représentant un mariage rânain, qui sert maintenant de tombeau au cardinal Fieschi. Dans la nef du milieu sont deux ambons de marbre , qui servaient a chanter lés évangiles tk les épitres* En montant a la tribune , dont le pavé est en pierres dWes fait en forme de mosaïque, on voit, au fond , le vieux siège pontifical orné de différentes pierres. Cette tribune est la basilique rebâtie vers l'an 578 par Pélagè II : elle est décorée de 12 superbes colonnes dé marbre violet, cannelées , dont la plus grande partie est sous terre : les chapiteaux corinthiens sont fort beaux , et il y en a deux qui représentent des tropliées : ces colonnes

1 cfi Basilique de Su Laurent.

soutiennent un entablement composé de diverses piëces , dont quelques unes sont fort bien travaillées: elles ont été tirées de différens endroits. Au-dessus de cet entable-.

ment sont 12 autres colonnes plus petites , dont deux ,qui se trouvent au fond de la tribune, sont de porphyre vert. Le maître autel est isolé et orné de q^uatre colonnes de porphyre rouge , qui soutiennent un baldaquin de marbre. Sous cet autel est une chapelle appellée/^ Confession de Su Lau^ rent^ dans liaiquelle repose le corps de ce saint et celui de St. Etienne Proto-martyr.

Derrière la tribune est un sarcophage du moyen âge avec des bas-reliefs représentant des Génies qui font des vendanges.

En allant dans la petite nef, k droite de la 'tribune, on trouve une chapelle souterraine qui est célèbre par les privilèges et les indulgences qui lui ont été accordées par divers papes. Près de cette chapelle on descend dans le cimetière de St^ Cyriaque.

. En retournant dans la ville par la porte St. Laurent, on voit, presque vis-a-vis Téglisç de St. Eusèbe , F

ARC DE OALHEN.

, Suivant l'inscription qifon lit sur T architrave , cet arc f«C dédié a F empereur Callieneta Salonine sa fcanme, viers Tan 260, par un particulier nommé Màrc-Aurèle Victor : ce monument est assez bien conservé puisqu'il n'a perdu qu'ime partie da

Arc de Gallien. 197

contraforts dés deux côt^ : les pilastres qui le dëcorent sont d'ordre cmîntbien. Le tout est compose de gros morceaux de travertin d'une architecture médiocre. Au centre de r arcade on voit un bout de chaîne où dtaient attachées les clefs de la poite Salsicchia de Viterbe^ que les Romains! y

S lacèrent en mémoire et comme un trophcfe e la victoire qu'ils remportèrent sur cette ville vers Tannée 12 25#

L'e'glise de St. Vite qui est a côté de cet are, est bâtie près de 1 ancien MacellUm Livianum^ où Ton vendait la viande et lé poisson: dans le moyen âge on changea cette dénomination en celle de Macellutn Martyr um^ parceque Ton croyait que les empereurs payens y mirent a mort un grand nombre de chrétiens , sur une pierre queTon conserve dans cette église.

En revenant quelques pas en arrière , on voit, avant d'entrer dans la place de Sainte Marie Majeure , un monument en granit d'Egypte , au dessus duquel sont les figures du Crucifix et de la Vierge. C'est uiï monument que Clément VIII érigea en 1 SgS , en mémoire de l'absolution donnée *a Hen*ri IV roi de France. '

Presque vis-a-vis cette colonne est l'église de St. Antoine abbé, qu'on croit avoir été bâtie sur les ruines d'un temple de Diane, ou plutôt de la basilique de Sicininus*

Suit la jgrande place de Ste. Marie Majeure, au milieu de laquelle on voit sur

J9& Place deSteMarie Majeure.

un grand piëdèBtal ^ une colonne cannelée de marbre blanc et d* ordre corinthien : c*est la smlet oosime nous Tavons déjà dit , qui aoit restëe entière^ de celles qui soutenaient la voûte de la baulique de Gonstantin ,

?u*on adpetteyulgairemetit le temple de la a»» .Eue a 58 pieds et detni de nauteur ,.

avec la base et le dii^iteau , et 19 pieds 3

riicaa de drconfiârence. Ce fut Paul V qui fit dever sur cette place, soua la direeti^B de Charles Maderne , et qui plaça au sommet la statue de la Vierge en oronze , modelée par Guillaume Bertolot. Sur cette place est la

BjéSlLiqUE IXE SAINTE MARIE . MAJEURE.

Cette ^lise ert placée sur le sommet du mont Esquilin, qu on appellait Cispius :

on croît avec i>eaucoi9 de probabilité qu^elle se trouve jpr^ du ternie de Jnnon Lucine* On tn faitremcnter 1 ori^ne k Fan 35a ^ SMS: le Pchitificat de SL Libère, d'aprbs une visifiii que lut et Jean Patricius eurent dans la Qîéine nuit, et qui fut confirmée le len« dfnuîiapar une diute iniraculeuse de neige le 5 Août* Cette neige .couvrit prëcise'iiient r espace que devait compi^endre F église; c'^eat pourquoi èlb prit le titre de Stè. Marie ad IVii^e^ , et de Basilique Zibe-tienne; mais aujôurdliui on rappelle basilique de Ste» Maiie Majeure, comme étant la principale des églises dédiées à la Vierge,

Basilique de SteMarie Majeure* 1 99

— — ■ Il ■ ■■ I ■ I —— — ^Mfc—

C est une des sept basiliques de Rome et Vvue des quatre qui ont la porte sainte.

Xe pape St« Sixte 111 , en 4^^ 9 agran-* dit cette e'glise, et loi donna la forme qu'elle a aujourd'hui. Elle a éXÂ restaurée et etaï" cfaie par plusieurs papes et sur tout par Be« ncMt XIV qui la revêtit de marbres et de stucs dorés. 11 en fit refaire , sur le dessins du chevalier Ferdinand Fuga, la fatçade

Svincipale qui est décorée de deux rangs e coumnes, Tun ionique et T autre corinthien , et d'un double portique, dont celui d'en bas, est soutenu par huit belles colonnes de granit et par difi^rens pilastres de marbre. Ce portique est aussi décoré de quatre bas-réli^ et d^une statue en bronze, faite par le chev* Lueenti, laquelle re-* présente Philippe IV roi d'Espagne, bienuiteur de cette basilique. Dans le portique supérieur sont trois balcons; celui du milieu sert pour les bénédictions papales. On conserve sous ce portique les mosaïques ,

3 ai ornaient l'ancienne façade^ ouvrages e Gaddo Gaddi, conteinporain deCimabûe : elles viennent d' être restaurées soœ la direction de Mr. Camucdni. Il y a qua- Ite portes d'entrée, sans compter la porte sainte, qui est murée, et qui ne s'ouvre que dans l'année du jubÙé, c' est-a-dire tous les 25 ans.

L'intérieur de cette église a un airma^ jestueux et noble : il est composé de trois nefs séparées par 3G superbes colonnes ïoni-

2ÙO Basilique de SteJdarle Majeure.

oues de marhce blanc, qu^on croit tirées au temple de Junon , outre les quatre de granit qui soutiennent les deux grandes arcades de la nef« En entrant , on voit deux t<Mnbeaux ; le premier a di*oite , est de Clément IX , dont les sculptures ont été faites par Guidi, Fancelli et Hercule Ferrata; Tautre qui est de Nicolas IV , a été £ait par Léonard de Sarzane.

La magnifique chapelle du St. Sacrement que Sixte V érigea sur les dessins du cliev.

Fontana , est revêtue de beaux marbres et décorée de pilastres corinthiens et de pein^ tures* En entrant, on voit a droite, le tombeau de ce pape, dont la statue fut sculptée par Jean Antoine Yalsoldo: ce tombeau est orné de quatre bdles colonnes de vert antique, de aivers bas-reliefs et de deux statues. Tune de St. François, sculptée par Flamine Vacca, etTautre de St. Antoine de Padoue , par Pierre Paul Olivieri. Visa-vis ce -tonieau est celui de St. Pie V , dont le corps se conserve dans une belle jurné de vert antique, ornée de bronze doré :; il est aussi décoré de colonnes , de basreliefs et de statues de marbre: celle de ce saint pontife est de Léonard de Sarzane.

Au milieu de cette chapelle est Tautel du St. Sacrement : il est décoré d*tiu magnifi--

3ue tabernacle , soutenu par quatre ange$ e bronze doré. Les fresques qui ornent cette ciiapelie , sont de Jean Baptiste Pozzo ^ 4' Herçulin Bolonais, d' Hemi FUmand , dç

Basilique de Ste.Marie Majeure. 20 r

Paris Nocari, d'André d'Ancone et de César NeU)ia : on voit dans la sacristie attachée k cette chapdle quelques paysages de Paul Bril. L^ grand autel de la basui* que est isolé; il est formé par une grande urne, de porphyre , couverte d'une table de marbre , soutenue , aux quatre angles , par autant de netits anges de bronze doré. Cet autel est aécoré d un magnifique ^ riche baldaquin, aue Bendt XIV fit faire sur les d^BSsins du cliev. Fuga: il est soutemi par quatre colonnes de porphyre ; d'ordre corinthien, entourées de palmés dorées: en haut sont six anges de marbre , sculptés par Pierre Bracci. Le tableau qui est au fond de la tribune , est de François Mancini , et les hiosaïques que Nicolas IV fit faire dans le haut, sont de F. Jacqueâ de Turrita»

Les mosaïques de la grande arcade , de même que celles de la nef du milieu^ représentant divers sujets de l'ancien testament et quelques traits de la vie delà Vierge, ont été faites par ordre dé Sixte lll en ^{^.

On voit , dans l'autre nef , la somptueuse chapelle de la Vierge , érigée par Paul V de la maison Borghèse, sur les dessins de Flamine Ponïio : elle est d' ordre corinthien, revêtue de beaux: marbres et c^née de belles peintures. On y remarque deux tond^eaux*^ décorés de cdotmes de vert antique , de statues et de bas-reliefs : celui qui esta droite en entraut , est du même Paul V , dont la statue est sculptée par Sit . 9 ^^

»% BusitiquedeSteMariê Majeure.

la Milanais « le bas-relie£ cpû 6St à droite, est d* Etienne Maderne : V antre k gauche est de Buonricino : des tiob bas-rdieà <{iii sont en Innt^ cdui du milieu est d^flippoljte jBuâ : celui k droite du Yalsoldo : et f autre k gauche 9 dé François Stati : dans les nicbes latérales, sont le statues de St. Baâle, et de David, sculptées par Nicolas Cordierû L'autre tombeau -^t de Clénseot VIII, de le maison Aldohraudîni , qui fit Paul V cardinal. Sa statue est de Siiia Mlkoaisl les bas-rdiefs soat d'Ambroise Buonvieinô, de Mochi, de Buiî, et de Pierre Bemin : les deux statues que Ton voit dans les niches latérales, Tune représentant Aaron et Tautre St# Bernard , sont de Cordieri de Lorraine. Le magnifique autel de la Vierge est décoré de ouatre superbes colonnes de iaspe oriental , cannelées , avec les bases et les chapiteaux de bronze doré, qui soutiennent un entablement dont la frise est d'agathe , ainsi que les piédestaux des ccdonnes. L' image de la Vierge que Ton dit faite par St. Luc , est placée sur un fond de lapis ; elle est entourée de pierres

Erécieuses et soutenue par quatre anges de route doré. Sur F entablement de cet autel est un beau bas-relkf , pareillement de bronze doré repr tentant le miracle de la neige, qui a donné lied a la fondation de cette basilique.

Les fresques qui sont aiv-dessus et autour de Tautel , de même que celles de F arcade

BasiUtfuedeSteJUarieMajeureM âa3

et des pendentifs de la coupole , sont da chev. d*Arpin , celles de la coupole sont de Louis Civoli , florentin. Les peinture qui se trouvent sur les côtés des fenêtres ^ placées au dessus des deux tombeaux , efc celles des deux arcades qui sont au-dessus de ces mêmes croisées^ méritent une attention particulière , commentant des ouvra* ges Jtort-estimés de Guide Reni .

£n sortant de T église par la porte qui est à côté de la tritmne , on voit 1 autre façade de cette basilique , construite en tra^ vertin : elle fut commencée par Clément IX, et achevée par Clément X ^ sur les dessins du chev. Charles Raïnaldi • La grandd place , ouverte devant cette façade , est ornée d' un obélisque qui ainsi que celui de monte Cas^allo , furent trans?

Sortes a Rome par Claude pour les élever evant le mausolée d* Auguste , où ils ont été trouvés • Sixte V déterra celui dont nou$ parlons , et T érigea sur cette place, sous la direction du chev. Fontana r il est de granit rouge , sans hiéroglyphes , et de 43 pieds de haut , sans le piédestal oui en a :n. En révenant sur la place prinapale de la basilique de Ste. Mane Majeure , on va a V

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