AVANT-PROPOS
delonl^opinion la plus généralement reque^ Rome fut fondée par Bomalos y descendant d' Enée et des rois d\\lbe, Tannée 753 avant Tére chrétienne. D'abord elle ne comprenait qae le mont Palatin. Après Tenléyement des Sabines et les guerres qui s'ensuivirent, on ajouta le mont Gapitolin; alors la Tallée qui sépare les deux collines devint son Forum. Numa, successeur de Romulus, renferma dans la ville une partie du Quirinal. Tullus Hostilius , troisième roi de Rome, après avoir détruit Albe> fixa le séjour des Albains sur le mont Cœlius, qui dès lors fit partie de la ville. Ancus Martius, son successeur, ayant détruit les villes latines de Tel" léne, Ficana, et Politorium, en transporta les babitans sur le mont Aventin, qu'il réunit à la ville; ce roi jeta un pont de bois sur le Tibre: il fut connu sous le nom de Sublicius, et dans la suite il fut rendu célèbre par la valeur de Codés; il construisit aussi une citadelle sur le Janicule.Ser- Tins Tullius acheva l'agrandissement de la ville, lorsqu'il renferma dans l'enceinte le reste du Quirinal, le Yiminal et l'Esquilin: il entoura la ville de murs très solides en blocs carrés dé tuf volcanique, et fortifia cette même enceinte d'un aggier ou rcQipart, depuis l'extrémité du Quirinal jusquo près de l'arc de Gallien sur V Esquilin. La ville comprenait alors les sept monts, et une très petite portion du Janicule: ainsi elle eut environ 8 milles de circuit.
Depuis Servius jusqu'à l'empereur Aurélien, quoiqu'elle se soit élargie beaucoup au dehors, l'en-
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ceinte ne subit au<;iin changement; mais cet empe* reur, craignant qae les barbares dans une de leurs incursions ne s^emparassent de la ville p^ar un coup de main, Tenvironna de murs nouveaux, qui furent achevés par Probus vers Tannée 276. Si l'on veut croire Vopiscus, écrivain contemporain, cette en- <;einte avait presque 50 milles d'étendue: elle paraîtrait exagérée, si Ton ne considérait pas la grandeur immense dé la ville et la population qui devait affluer dans la capitale du monde : en effet les ruines des bàtimens publics occupent une espace si grand, qu'il serait difficile de troaver où placer les maisons des simples particuliers dans les limites de Tenceinte actuelle. Le fait est qu'on ne trouve point de vestiges reconnus de l'enceinte d'Aurélien, et que les murs actuels, outre qu'ils sont bien plus rétrécis, n'ayant que seize milles etdemîdecîrconférence^ présentent, sous plusieurs rapports , une époque postérieure à celle d'Aurélien. La partie la plus ancienne qu'on remarque dans cette enceinte est celle d'Honorius, qui rétablit les murs vers Tannée 402 de l'ère chrétienne; c'est à lui qu'on doit attribuer plusieurs des portes, CjDmme on le reconnaît par les inscriptions qui y s6nt gravées. Sur Je côté droit du Tibre la ville est environnée de murs tout-à-fait modernes; le Vatican n'a été renfermé dans la ville que par le pape Léon IV vers Tannée 852, pour défendre l'église de Saint-Prerre des incursions des Sarrazins. Dans la ville moderne ( on peut porter Tespace qui est occupé par les habi- , tans à un tiers de l'enceinte; dans le reste on ne / voit que des jardins potagers , des vignobles et . des maisons de campagne, aujourd'hui villas. On compte douze portes ouvertes, savoir: huit sur la rive gauche du Tibre, qu'on appelle: Flaminia ou del Popolo, Salaria, Pia, S. Lorenzo, Maggiore, IS, GiovanivijAppiaoxiS.Sebmtiano^GiS. Paolojqaar
Avani'Prùpoi. V
Ire sur la rive droite, c'est*à-dire deux àaushTrû* siever$, qu'on appelle PorUse et S. Pancràzio; deux dans la ville de Léon IV au Vatican, savoir CavaU leggieri et Angélrca* Outre celles*ci, sur la rive gauche du Tibre, il y en a cinq qui sont fermées, c'est-à*dire les portes Pinciana, Viminalis, Mettonts, Latina^ et Ardeatina,ei trois sur la rive droite au Vatican^ savoir: les portes Fabbrica, Periusa, et Castello; sans compter plusieurs autres petites portes qui sont aussi fermées depuis long-temps.
Le Tibre traverse Rome du nord au midi, et facilite le transport des vivres et des marchandises; on passe d^une rive à l'autre au moyen de ((uatre ponts en pierre, qu'on appelle: J^/m^ ou 5» Anjfelo, Janiculmsis ou Sislo , Fabridus ou QiMHro Capi, et Graziano ou 5, Bartolomeo, On voitles restes de trois autres ponts qui sont ruinés, savoir: ceux que les anciens appelaient: Vaticanus, Palatinm, et SubliciuBy ou Mmtlim,
Du temps de Servius Tullius, Rome fut partagée en quatre quartiers, qu'il appela Regiones, savoir: la Palalina, la Suburana, YEsquiUna^ la Collina. Auguste fit un nouveau partage de la ville, qu'il divisa en XIV Regiones ou quartiers^ qui portaient les noms suivans: /. Capena, IL Cœlimohtana , JIL Im et Serapis, IV. Via Sacra , K Esamli^ na, VI. Alta Semùa,. VIL Via Lata^ VI IL Forum Momanum, IX. Circus FlaminiusyX. Palatium , ^LCircus Maximus, XIL Piscina pubUca^XIIL Aventina, et XIV. Transtiberina.
Aujourd'hui elle est aussi divisée en quator* ze quartiers ou Rioni, nom dérivant de Regiones, ils s'appellent , 1. Monti, IL Trevi, Itl. Cotonna y IV. Campo Marzo, V. Ponte, VL Parione , VIL Regola, VI IL S. Eustachio,IX.Pigna, X.Cam" yiuUi, XL S. Angelo^ XIL Ripa, XIII. Trastevere, ^t XIV. Borgo. 11 est inutile de rappeler que la
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division moderne n*a aucune analogie avec Tancienne, si ce n'est le même nombre de quartiers. La population de Bome et des faubourgs monte à peu près à 166,000 habitans.
Quoique Rome ait perdu sa puissance, elle peut ; cependant être encore considérée comme la plus i belle ville de l'univers. Saccagée et incendiée à diverses époques, elle a toujours trouvé dans son propre fond de quoi se relever de ses malheurs. Les obélisques, les colonnes, les statues, les bas-reliefs, et tant d'autres chefs-d'œuvre de l'art, tirés des ruines et des décombres où les barbares, ou plutôt l'ignorance du moyen-âgo les avait enfouis; les restes des anciens temples, des arcs de triomphe, des cirques, des théâtres, des amphithéâtres, des thermes, des tombeaux, des aqueducs et d'autres édifices qu'on voit à chaque pas, frappent d'élonnement et d'admiration les yeux de l'observateur, par leur magnj,ficence, et forment la richesse principale de cette métropole.
Plusieurs des édifices modernes de Bome rivalisent en magnificence avec les anciens; à chaque pas on rencontre des églises somptueuses, et de grands palais, riches en tableaux et en statues; des places magnifiques; de belles fontaines: des mai-> sons de plaisance, qui renferment de belles collections de monumens de l'art, anciens et modernes, deux musées où on a rassemblé les chefs-d'œuvre de la sculpture égyptienne, grecque et romaine. Bramante, Raphaël, Michel-Ange, Garrache, Yignole, Bernin, Ganova, et tant d'autres célèbres artistes, semblent avoir été suscités par la Providence pour enrichir Bome et en faire la ville la plus inagnifique du monde entier.
Les monumens des arts de tous les âges, les chefs-d'œuvre que Bome renferme, son gouvernement pacifique et son climat, en ont fait le siège
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des arts. Ainsi, oatre l'Académie des beaux-arts, dite de St. Luc, que le gouvernement pontifical entretient, les gouvernemens étrangers, tels que la France, la Russie, le Piémont, Naples et plusieurs cours d'Allemagne, y ont formé des Académies et y entretiennent des élèves pour le même objet.
Depuis long-temps, de nombreux établissemens littéraires ont été érigés à Rome; parmi eux il faut compter d'abord l'Université, qu on appelle l'-irchifftnnasto Romanoy ou la Sapienza; elle est la première dans les États Romains et date au moins du treizième «iècle. Outre celle-ci, il y a les écoles pu- ' bliques du Séminaire Romain et du Collège Romain, les collèges Nazzareno, Gapranica, Doria, Ghislieri, Clémentine, de Propaganda Fide, Anglais, Écossais, Irlandais, etc. Il y a aussi plusieurs Académies, ou sociétés savantes, c'est-à-dire: l'Académie Catholique pour les sujets théologiques et philosophiques ; l'Académie d' Archéologie pour les antiquités; et l'Académie dite VArcadia pour la poésie et la littérature italiennes et latines. 11 y a aussi beaucoup de gens de lettres, et, peut-être, en plus grand nombre que dans d'autres villes de l'Italie, et des pays étrangers.
Le commerce principal de Rome est celui des objets des beaux-arts, tels que les camées, les mosaïques, les sculptures, les gravures, etc. On y fabrique des soieries, des draps, des fleurs, des perles artificielles, des peignes, des cordes harmoniques, etc;
Les établissemens de charité abondent à Rome plus qu'ailleurs, car, outre plusieurs établissemens de ce genre qui sont entretenus par des nations étrangères pour leurs nationaux, il faut remarquer le grand hôpital du Saint-Esprit, où l'on reçoit les malades de toute espèce de maladies, de toutes classes et de toutes les nations, les enfans trouvés et les fous; l'hôpital de st. Jacques des Incurables,
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pour les plaies et les maladies. TéDériennes;. I*hd<^ pilai de la Consolckziane, pour les blessés; rhôpital de st. Jean de Latran, pour les femmes attaquées de la fièvre; Thôpital de st. Gallican, pour les maladies cutanées; et l'bôpital de st.. Boch, pour les femmes, en couches. II y a aussi plusieurs maisons de réclusion, et un grand nombre de conservatoires pour les personnes pauvres; les plus, remarquables sont; le grand hospice de st. Michel, pour les garçons, et les fille^orphelines, et pour les vieillards; la maison qu on appelle Pio htituto di CaritàiÏQ conservatoire des Mendiccmtt^owàes filles orphelines; et la maison des Orphelins..
On ne peut pas dire que- Rome soit une ville très gaie pour les amusemens; cependant il y a un amphithéâtre, où pendant la bonne saison Ton donne des spectacles publics, trois, grands, théâtres,, nommés d*Alibert, d*Argentina, et de Tordinona , le théâtre Valle pour les opéras ordinaires, et d'autres petits théâtres,, tels que ceux de Gapranica, de la Paix,, et de Métastase..
A Rome, les, cérémonies religieuses, liennnent le premier rang;, c'îest ici que la religion catholi-^ que se montre dans, tout son éclat et dans toute sa majesté.. 11 n*y a pas. de ville où Ton puisse voir des cérémonies qui égalent celles de la Semaine Sainterde la Fête-Dieu^ de la st. Pierre et de Noël,^ qui se font au Vatican-
CHR<H^QLOGIE