PORTE MAJEURE
Les anciens avaient la coutume de donner un aspect magniGque à leurs aqueducs dans les endroits où ils traversaient les chemins publics; c'est pour cette raison que V empereur Claude youlut que dans l' endroit où son aqueduc était traversé par la Via Labicana il eût la forme d' un arc de triomphe. Sur les deux façades on lit trois grandes inscriptions; la première, qui occupe la partie supérieure, indique que l'empereur Tibère Claude, iils de Drusus, conduisit à Ùome les eaux Claudia ei Âniene ntwvaj que Teau Claudia dérivait des deux sources nommées Cerulea et Curlia, et qu'elle avait 25 milles de cours: que Y Aniene nuovaexi avait 62. La seconde inscription indique la restauration de cet aqueduc faite par Titus, fils de Vespasien; et la troisième dit, que Vespasien fit des restaurations
Porte Majeure. 177
considérables à cet aqueduc, parce que depuis plu^ sieurs années l'eau avait cessé de venir à Rome. Ho« norius, renouvelant l'enceinte de Rome, proGta de cet édifice pour les portes Preneslina et Labicana, ainsi nommées des voies auxquelles elles donnaient issue. Sur la porte Lahicana, qui aujourd'hui est démolie, on lisait l'inscription portant qu'Honorius refit les murs de la ville en 402 ; sur la porte Prenesti' na il n'y a pas d'idscription, elle est ouverte, et a reçu le nom de porte Majeure parce que de là on va directement à ste. Marie-Majeure.
Le monument de 1' eau Claudia , dont la façade extérieure est la mieux conservée , peut être regardé comme un des plus magnifiques de l'antique Rome: il est construit en blocs énormes de travertin; il se compose de deux grands arcs, onfornict^ei de trois petits arcs décorés de colonnes et de pe* tits frontons, et il est surmonté par les inscriptions
Î[ue je viens d'indiquer; Sixte V le perfora pour y aire passer son aqueduc de l'eau Feltce, Depuis le moyen-agece monument était encombré de mauvaises constructions qui en cachaient toute la beauté,c'est pourquoi le souverain pontife Grégoire XYI fit démolir toutes ces constructions et ainsi on peut admirer toute sa magnificence. Dans cette circons^tance on trouva le tombeau ancien , qu' on voit à gauche en sortant de la porte, lequel avait été englobé dans les murs d'une tour. 11 est des derniers temps de la république et porte le nom de Marcu$ VirgiliusEurysaceSy boulanger fournisseur; on trou- Ta aussi tous les fragmens qui sont placés au côté droit en sortant de la porte.
Ici, dans l'épaisseur des murs à gauche de la porte, et par conséquent à droite de l'observateur, on voit les trois anciens canaux des eaux Giulia, Tepula, et Marcia, et, un peu plus loin, enfoncé dans le terrain, est celui de V eau dite Aniene vecchîa*
178 Troisième Journée.
Sur ces six aqaeducs qui se croisent ici 9 il faat reraarqaer, que V Aniene nuot^a conduite par Claude était la plus élevée, et venant de 43 milles de Rome en avait 62 de cours; que l'eau Claudia qu'on tirait des sources Cerulea et Curlia ^ à 38 milles de Rome sur la voie de Subiac , en avait 45 ; que Teau Giulia fut conduite par Agrippa Tannée 708 de Rome : par son niveau elle était la troisième, son cours était de 15 milles; que l'eau Tepula fut conduite en 627 de Rome, par Gneus Servilius Cepion et Lucius Cassius Longinus , censeurs , et avait 13 milles de cours; que T eau Marcia venait de 33 milles de Rome et avait 60 milles de cours, et était considérée comme la meilleure des eaux par les anciens: elle avait été conduite par le préii* teur Quintus Marcius Rex en 608 de Rome; enfin que r Aniene vecchia fut conduite vers l'an 482 de Rome par Manius Curius Dentatus ; les dépenses furent couvertes par les dépouilles remportées sur Pyrrhus , circonstance qui rend cet aqueduc plus intéressant que les autres. Jusqu'à l'année 1834 on a pu reconnaître l'endroit où le canal de cet aqueduc traversait la rue; mais dans les réparations de celle-ci on en a fait disparaître tous les vestiges; ils étaient d'autant plus intéressans, que c'était le seul reste de cet aqueduc qu'on voyait près de Rome. La route qui s'ouvre en face de la porte Majeure, suit la direction de l'antique voie Labicana^ et auprès de celle-ci on voit quelques constructions du chemin de fer Pia Laiina, commencé en 1849, dans le but de le prolonger jusqu'aux confins du royaux me de Naples, près de Ceprano.
TOIE LÂ6IGANE.
Cette route porte ce nom, parce qu'elle conduisait à Labicum, ville du Latium, mentionnée plusieurs fois par Tite-Live et par d' autres auteurs
Voie Labicane. 179
classiques anciens. Elle correspond au village de la Colonna. En suivant cette voie, après un mille et demi on trouve les restes de T aqueduc de l'eau qu'Alexandre Sévère conduisit pour l'usage de ses thermes et qui correspond à l'eau Felice d'aujourd'hui quoiqu'anciennement son niveau fût un peu plus bas. Un demi>mille plus loin 9 on parvient a Tor Pignattara où, près du chemin, on voit les restes d'anciens bâtimens presque détruits, et non loin de là on trouve le Mausolée de ste. Hélène.
Dans l'enceipte de ce mausolée, sous Clément XI^ on a bâti une fptite église qui est dédiée à st. Pierre et à st. Marcellin, et qui rappelle l'ancienne basilique que ces deux saints martyrs avaient dans ces environs; la belle urne de porphyre, placée au musée du Vatican et connue sous le nom de tombeau de ste. Hélène, fut extraite de ces ruines. De cette église on descend dans Tancien cimetière ou catacombes, dans lesquelles on voit l'endroit de la sépulture des saints Pierre et Marcellin^
Plusieurs inscriptions mortuaires des Equités Singulares qu'on a trouvées dans ces environs, dans le siècle dernier^ et qu'on voit dans le corridor des inscriptions au musée du Yatican, font présumer quecette cavalerie d'élite,qui avait ses casernes sur le mont Gœlius, avait son cimetière près d'ici. Quelques fragmens de ces inscriptions, trouvés depuis les premières fouilles, sont encadrés dans les murs du Mausolée et dans la façade de l'église.
En revenant à la porte Majeure, par le chemin à côté de celui que nous avons parcouru, on va rejoindre la