PALAIS COLONNA
Ce magnifique palais fut commencé par le pape Marlin y , de 1' ancienne maison Colonna; il a élé achevé et orné depuis, en différens temps, par des cardinaux et des princes de la même famille. Jules Il demeura quelque temps dans ce palais.
L'appartement du rez-de-chaussée fut peint par Gaspard Poussin, Pierre Molyn dit le Tempestà, le Pomarancio , T Allegrini, le chcv. d'Arpin et autres.
En montant par Tescalier principal, on voit la statue d*un roi prisonnier et une tête de Méduse en plâtre, imitant le porphyre; elle fut substituée à l'original, qui de là fut transporté dans le grand appartement. Dans la salle des domestiques il j a un buste colossal et deux anges peints par le chev. d'Arpin. Le dessus des portes des deux antichanibres sont des ouvrages duTiarini,du Desubleo,de Sébastien Ricci et de Técole d'André Sacchi. . Première salle. Au dessus de la porte d'entrée il y a une N. Dame de douleur, de Jean-Baptiste Naldini. Des deux saintes familles situées au milieu de cette paroi, celle en haut est une ébauche du Parmigianino, celle qui est au dessous, avec st. François et st Joseph, est d'Innocent d'imola: la petite Vierge à gauche, est de Philippe Lippi, et celle à droite, est d'Alexandre Botticelli. Sur l'autre paroi suivent: un petit tableau avec le Christ en croix, de la manière de Van-Eyck; une Vierge, de Luini; un portrait d'enfant, de Jean Sanzio; un grand paysage , par l'Albane ; un Christ en croix , par Jacques de Bologne; un st. Jacques apôtre, du style de Me« lozzo de Forli; la Prière au jardin, de Dosso-Dossi de Ferrare ; une Vierge avec l'Ënfant-Jésus et st. Jean-Baptiste, œuvre très-estimée de Jules Romain; une Vierge avec quelques anges, par Gentil de Fa-
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briaao; une Lucrèce, de Jean Mabuse; un portrait de la connétable Mancini Colonna, de Gaspard Netscher; Jacob et Esaû, par Rubens;le Christ sortant du sépulcre, de l'école d*Âlbert Durer, et au dessus on voit un autre grand paysage de rAlbane.Sur la paroi suivante on observe la Résurrection du Sau* veur, de Pierre de Gortone: il y représenta les Colonnesi sortant de leurs tombes ; une Yierge avec st. François et st. Jérôme, du Gatena; les deux petites Vierges latérales , V une des sept Douleurs et l'autre des sept Allégresses, sont de Jean Van-Eyck; le Moïse au dessus de la porte, est duGuerchin. Aux côtés de la fenêtre on voit: un tableau de grand effet , avec vases , cuirasses , etc., de Gastiglioni ; la Naissance de la Vierge, de Passignani; et Goriolan prés des murs de Rome, de Ragnacavallo.
Deuztème salle. Le tableau au dessus de la porte d'entrée, est du Scarsellino, et représente l'institu* tion du Scapulaire. Suivent: une sainte Famille, du Bronzin 3 et un tableau magnifique du Titien, représentant le portrait du père Onuphre Panvinio , de Tordre de st. Augustin, homme de lettres célèbre: de l'autre côté delà glace on voitaussi un an« tre beau portrait, qu'on croit celui de Poggio Rracciolini, peint par Jérômp de Trévisej et au dessus est la Musique de Paul Veronèse. Sur la paroi suivante on remarque: un Ange gardien, du Guerchin; L'Enlèvement d'Europe, de l'Albane; un portrait de vieillard jouant d'un instrument, du Tintoret; une ste. Vierge, de Dominique Pulego; une belle caricature , d' Annibal Garache ; un st. Jérôme par le Spagna; une Vierge avec plusieurs saints^ du Pordenone; et la résurrection de Lazare, par Salviati. La parois vis-à-vis de l'entrée contient: le portrait de Laurent Colonna^ frère du pape Martin V,peint par Holbens;un Christ mort, supporté par deux anges, de Jacques Rassano; un beau portrait en costu-
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meTéaitien, de Paul Y^ronôse; un st. Charles Borromée, de Grespi; et une sainte Famille, de Bonifa* ce Vénitien. Sur la face des fenêtres on voit: deux portraits peints par le Tintoret ; Gaïn et Abel , de Mola ; une ste. Agnès, du Guide; une belle ste. Vierge, de Sassoferrato ; un Ecce-Bomo, de François Bassano ; et un portrait du style de Holbens. Dans l'angle de la porte se trouvent : un portrait avec les mains jointes, de Luc de Lejden; un portrait, peint par Fernandez Navarette; un st. Bernard, de Jean Bellini ; Fange Gabriel, et TAnnonciation, du Guerchin.
En entrant dans le vestibule qui précède la grande salle, appelée galerie , on observe au dessus de la porte un paysage, de Crescent d'Onuphre, et suivent deux paysages en détrempe, de Gaspard Poussin. Ici nous avertissons que tous les autres paysages du susdit Poussin , qu' on observe dans ce vestibule, sont également en détrempe: en bas l'on voit une vue de l' église des saints Jean et Paul à Venise, du -Ganaletto, et un paysage de Svanevelt, de qui est aussi celui de l'autre côté de l'écrin: cet écrin est tout d'ébène et riche de lapislazuli, d'agathes orientales , et d'autres pierres précieuses. Le paysage au dessus du dit écrin est de Nicolas Roychx, qui y représenta Joseph vendu par ses frères; celui en haut , dans lequel on voit la Magdelaine aux pieds du Rédempteur , est l' ouvrage de Mathieu Brill; suivent deux autres paysages du nommé Poussin , et en bas un paysage avec David et Abigaïl, de Cornélius de Bruyn; celui au dessus de la porte est de Crescent d'Onuphre. Les trois paysages placés dans 1' angle sont du même Poussin , ainsi que les deux autres placés dans l'angle opposé : au dessous de ceux-ci. on observe la dépouille d'une bataille , de Jean Le-Duc. Dans la face suivante, les deux paysages sur les fenêtres sont aus-
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si du Poussin. Au dessus de Tarmoire, dont nous
Sarlerons ensuite, on voit Apollon et Daphné , de [icolas Poussin; sur les côtés il y a deux beaux ouvrages d'Orizzonte; la chasse du cerf est de Técolc de Wauvermans, et la bataille de 1* autre côté, est de ce peintre. En bas , en commençant à gauche , on voit un beau tableau dans lequel Nicolas Berchem peignit la chasse du faucon; une vue des ruines du palais des Césars, de Claude Lorrain; la lapidation de st. Etienne, de Franc-Flores ; un paysage, de Breguel paysagiste; un autre de Paul Brill, et la fuite en Egypte, de Yan-Everdingen.
La magnifique armoire d' ébène est enrichie de vingt-huit bas-reliefs en ivoire, tous tirés des ouvrages des peintres les plus renommés, et parfaitement sculptés par l^s frères François et Dominique Stannard, allemands. Le bas-relief du milieu représente le célèbre jugement dernier, peint par Buonarroti dans la chapelle Sixtine au Vatican. Dans la dernière paroi on observe une belle Marine, de Salvator Bosa; un paysage , du Poussin ; st. Jean- Baptiste prêchant à la multitude dans le désert, par Cerquozzi; un autre paysage, du Poussin, et deux autres, d'Orizzonle.Lavoùte de la grande salle et celles des deux vestibules furent peintes par Coli et Ghérard , lucquois, et ils y représentèrent les faits d'armes des Colonnesi.
En entrant dans la galerLe, qui est la plus magnifique et la mieux ornée de Bome, longue de 209 Ï lieds sur 35 de largeur, et commençant à observer es tableaux placés à gauche, on voit une belle Assomption, par Bubens; un tableau avec quelques portraits, d'Annibal Carache; st. Jérôme, de 1 Espagnole; lé portrait de Frédéric Colonna, de Just Subtermans; Jésus aux limbes, du Bronzin,ou, selon d'autres, par Marcel Yenusti, sur le dessin de Buonarroti; la Charité Bomaine^ de Bernard Stroz-
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zi , dit le prêtre génois ; et st. Paul premier hermite, du Guerchin. Plus en avant sont placés : un Ecce-Homo entre deux anges, belle peinture de VAlbane; Bébecca et Éléazar, de Mola; Adam et Eve, par François Salyiati^Don Charles Colonna, duc de Marsi , de Vandyck; un, tableau avec dix portraits,par Scipion Gaétano} Agar et lsmaël,de Môla; et la lapidation de ste.Emerencienne, du Guerchin. £n montant au vestibule, dans Tangle à gauche, on voit trois portraits de la famille Colonna, savoir: Don Marc-Antoine, de Pierre Novelli; Donna .Victoire, poète, du Mutien, et le cardinal Pompée, de Laurent Lotto: suivent, le.portrait d'Etienne Colonna, général de la république florentine, de Benoit, ou Gabriel Galiari; un portrait d'inconnu avec pelisse, par Morone; le portrait de Marc-Antoine Colonna le triomphateur, par ScipiouGàétano; Vénus et l'Amour, de François Salviati; Narcisse à la fontaine, du Tintoret; une figure symbolisant le Jour, par Georges Vasari; une Vierge avec st. Pierre, de Palma le vieux; l'enlèvement des Sabines, de Dominique Ghirlandajo; et le portrait de D. Isabelle Colonna avec le jeune Laurent Onuphre, par Pierre Novelli. En passant à l'autre face, on observe une belle Vierge avec plusieurs isaints, du Titien ; la paix entre les Bomains^^t les Sabins, par Dominique Ghirtandajo; lé portrait de; Lucrèce Colonna, de Vandyck; Vénus avec Amour et un Satyre, par le Bronzin; les tentations de st. Antoine , de Lucas Kranack; une figure sytoibolisant la Nuit, de Georges Vasârr; l'adoralioa du Saînt-E3ppit, beau tableau du Tijitoret; un.bejau portrait, du Mor retto de Brescia, et celui du cardinal Pompée Colonna, d'Augustin C^racbe. Dans l'angle sont placés les portraits : de Jacques Sciarra Colonna , par Giorgione;de François Colonna, par François Stall, et de st. Pie V, par Scipion Gaétano.
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En rentrant dans la galerie , on voit sur le côté dont on n'a pas encore parlé, la cène du Rédempteur chez le pharisien, de Jacques Bassano; une caricature riante, de Michel-Ange de Garavage; le portrait de Salvator Rosa, peint par lui-même, sous les formes d'un st. Jean-Baptiste; st. Sébastien, du Guide, dans sa manière forte, ou, selon d'autres, de Simon Gantarini de Pesaro, son élève; un tableau de Nicolas Poussin ; deux beaux portraits dans un même tableau de deux moines bénédictins, par le Tintoret; et un st. Jean-Baptiste, de SaWator Rosa : plus ayant V on voit la Vierge délivrant un enfant du démon, par Nicolas Alunno; la Magdelaine en gloire, de Lanfranc; un st. François, du Mutien; les arts, d'Alexandre Turchi; le martyre de ste. Catherine , d' Enée Salmezia ; st. Pierre en prison, délivré par Tange, par Lanfranc ; et un st. François , par Guide.
Parmi les sculptures qui ornent ce salon, la Vénus Anadiomène , placée à droite de l'entrée, mérite une attention particulière. Dans une salle de l'appartement contigu on voit une colonne en spirale de rouge antique, historiée avec reliefs ; c'est un ouvrage du XVI* siècle.
L'étage supérieur renferme un appartement aussi riche en tableaux,*et principalement en paysages.
On passe de plein^piedde la galerie aux jardins, qui sont sur le penchant du mont Quirinal ; on y trouve deux merveilleux fragmens d'un frontispice de marbre blanc, bien travaillés, qu'on attribue au temple du Soleil , mais qui sont probablement d^ restes du Serapeum ou temple de Sérapis qui était dans ces environs.* Dans ce même jardin il y a des restes du grand escalier qui conduisait aux tfaer-
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mes de Constantin. Prés de ce palais, est V