ÉGLISE DE STE. MARIE DES ANGES
Le pape Pie lY voulant consacrer la salle principale des bains de Dioclétien, qui était parfaitement conservée, en chargea le célèbre Buonarroti, qui en fit une église à croix grecque: c'est une des plus majestueuses et des plus belles de Bom«. Pour éviter rhumidité il éleva l'ancien pavé d'environ six piedsy de manière que les bases et une partie des huit colonnes de granit restèrent enterrées. Les bases de marbre qu'on y voit maintenant ne sont qu'attachées aux colonnes. Yanvitelli en 1740 mit cette église dans son état actuel: il situa l'autel du bienheureux Nicolas Albergati à la place où au-
f)aravant était la grande porte de l'église; la porte atérale qui fut conservée, devint l'entrée principale: il convertit en maltre-autel celui de la Vierge, et comme la nef où était auparavant l'entrée principale avait huit colonnes de granit, pour mettre de l'uniformité à la nouvelle nef, il y ajouta huit colonnes en briques revêtues de stu€ et peintes en granit, qui sont presque semblables aux autres.
On entre dans cette magnifique église par un vestibule rond qui était une des salles à l'usage des bains: elle est de la même grandeur que celle transformée en église de st. Bernard. Dans ce vestibule il j a deux chapelles; dans l'une on voit le Crucifix avec saint Jérôme, peinture d'un écolier de Daniel de Volterre; dans l'autre, Jésus-Christ et la Magdelaine, ouvrage de Henry Flamand. On y voit en outre les tombeaux de Charles Maratta et de Salvator Rosa, peintres célèbres, et ceux des cardinaux Pierre-Paul Parisio et François Alciati. Dans celui du card. Parisio on lit les vers suivans: Corpus humo tegiiur - fàma per or a volai- Spiritus astra teneU Dans l'autre on lit l'épigraphe suivante bien remarquable: Virtute vixit - Memoria vivit -
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Gloria vivet. En avançant vers la grande nef, on observe à droite la très^-belle statue de st. Bruno, sculptée par Haudon, et la chapelle suivante est dédiée au même saint: dans celle qui est vis-à-vis, le tableau de 1' autel, représentant Jésus-Christ donnant les clefs à st. Pierre, est du Mutien.
On passe ensuite dans la grande salle des thermes qu'on appelait la pinacothèque, et qui forme aujourd'hui la nef transversale. Lorsqu' on entr« dans la grande salle, on en aperçoit toute la magnificence; d'abord on s'étonne des huit grandes colonnes qui décorent la grande nef: elles sont d'un seul bloc de granit et ont 16 pieds de circonférence et 45 de hauteur, y compris le chapiteau et la base. La longueur de l'église, depuis l'entrée jusqu'au maltre-autel, est de 336 pieds; la salie proprement dite a 308 pieds de long sur 74 de large et 84 de haut. Pour orner ce grand temple d' un« manière convenable, Benoit XIY y fit transporter plusieurs tableaux originaux, exécutés en mosaïque dans la basilique de st. Pierre. Le premier, à droite en entrant dans l'église, représente le crucifiement de st. Pierre, il est de Nicolas Bicciolini; celui qui suit, représentant la chute de Simon le magicien, est une copie du tableau de Yanni, faite par Trémolière: Toriginal existe à saint Pierre au Vatican. Dans la chapelle du bienheureux Nicolas Albergati, le tableau de l'autel est d'Hercule Graziani; les peintures dçs côtés sont du Trévisani, et celles de la voûte d'Antoine Bicchierari et de Jean Mazzetti. On voit ensuite deux autres grands tableaux; celui qui représente st. Pierre ressuscitant Ifi veuve Tabite, est la copie d'une fresque de Baglioni^ qui était dans la basilique du Vatican, l'autre, représentant st. Jérôme et plusieurs saints, est un beau tableau de Mutien.
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En entrant dans la nef où est le maitre-autel, après une chapelle ornée de peintures du Baglioni, on voit quatre grands tableaux placés sur les murs latéraux: le premier à droite, qui a pour sujet la Présentation de la Vierge au temple, est de Ro« manelli; le second, qui représente le martyre de st/ Sébastien , une fresqUe classique du Dominiquin que le fameux Zabaglia transporta avec beau* coup a art dans cette église, lorsqu en 1736 on l'enleva de la basilique du Vatican: le tableau qui est vis-à-vis, représentant le baptême de Jésus-Christ, est de Charles Maratta; celui que l'on voit eusuite, représentant le châtiment d'Ananie et de Saphire, est de Christophe Roncalli, dit le Pomarancio, peint sur ardoise. Au dessus du maltre-autel est une image de la Vierge avec quelques anges, dont l'église a pris le nom. Les tombeaux très modestes de Pie IV, et de son neveu le cardinal Serbelioni, placés aux côtés de l'autel, furent érigés sur les dessins du Buonarroti.
En retournant dans la nef transversale, le premier tableau à droite, représentant la Conception de la Vierge, est de Pierre Blanchi; celui qui se trouve à c6té est de Placide Costanzi: il représente st. Pierre ressuscitant la veuve Tabite. Des deux tableaux placés de l'autre c6ié, celui qui représente la chute de Simon le magicien, est de Pompée Battoni; l'autre est de Subleyras, et il représente le moment où l'empereur Valente, entendant la messe célébrée par l'évèque saint Basile, s'évanouit en voyant avec quelle majesté et quelle dévotion celui-ci célébrait le divin sacrifice. Sur l'autel delà chapelle voisine, dédiée à saint Bruno, on observe une fresque représentant le Saint, de Jean Odazzi ; les deux tableaux latéraux sont de Trevisani,et les évangelistes peints sur lavoûte appartiennent au Procaccini. Les tableaux placés aux
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côtés des fenêtres de cette nef sont V ouyrage de Bicciolini.
En 1701, Monseigneur Bianchini fit faire le mé* ridien que l'on voit sur le payé de cette église. La ligne est tracée sur une lame de laiton, bordée de dalles de marbre, près desquelles on a représenté les signes du zodiaque avec des pierres de différentjes couleurs.
Le cloître des chartreux a été fait aussi sur les dessins de Buonarroti; il est décoré d'un portique carré, soutenu par cent colonnes de travertin, sur lequel sont quatre corridors où on conservait une grande collection d'estampes des écoles les plus célèbres, et qui a été malheureusement dispersée en
Les vastes greniers annonaires, déjà mentionnés ci-dessus, qui se prolongent du côté de l'église que nous venons de visiter jusqu'à la grande fontaine dite de Termini, furent érigés par Grégoire XIII et agrandis par Paul V et Urbain VIII. Ces greniers depuis le pontificat de Pie VU étant devenus inutiles au but primitif, vu la liberté du commerce, ont été réduits, une partie pour servir de prison, et dans le restant on a établi une maison de refuge pour les pauvres de Tun et de l'autre sexe, appelée Pio istituto di Carità^ où on leur fait exercer différentes industries et différens métiers, et on y a établi aussi un hospice pour les sourds et muets des deux sexes, qui y reçoivent une excellente instruclion.
Derrière les thermes de Dioclétien, entre la vigne Mandosta et l'arc de Gallien , était le fameux Agger de Servius TuUius; c'était un rempart artificiel de terre garni de murs en blocs carrés de pierre volcanique, défendu au dehors par un fossé profond. Au-delà du rempart sont les restes du camp des soldats prétoriens. Pour voir l'intérieur
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de ce camp, il faut entrer dans la yigne des jésuites, dite du Macao; pour voir l'extérieur^ où l'enceinte est bien reconnaissable, on doit sortir par la Porte Pia et suivre les murs de la ville, à droite. Ces ruines donnent une bonne idée de la forme des camps romains.
£n retournant à la fontaine de Teau Felice , on Yoit r
EGLISE DE STE. MARIE DE LA yiCTOIRE.
Cette église fut érigée, en 1605, par Paul V, en Thonneur de l'apôtre st. Paul. Elle prit ensuite le titre de ste. Marie de la Victoire, à cause de plusieurs victoires que les catholiques remportèrent sur les hérétiques et les turcs par Tintercession de la ste. Vierge, qu'on vénérait sur le maitre-autel, consumée malheureusement en même temps que l'autel par un incendie Tannée 1833. La façade de ce temple, est de Jean-^Baptiste Soria; le card. Scipion Borghèse la fit faire à ses dépens, en reconnaissance du présent qu'on lui fit du fameux hermaphrodite trouvé près de cette église, et que l'on admire actuellement au musée de Paris.
L'intérieur de Téglise a été décoré par Charles Maderno: il est revêtu de jaspe de Sicile et orné de sculptures et de belles peintures. Le tableau de la première chapelle à droite, représentant la Magdelaine, est du père Raphaël capucin. Le st François de la seconde chapelle et les fresques latérales, sont des ouvrages fort-estimés du Dominiquin..Le bas-relief qui est sur l' autel de la troisième chapelle et le portrait du cardinal Vidoni, sont de Pompée Ferrucci, florentin. Vient ensuite l'autel de la croisée, sur lequel, au milieu de quatre colonnes de vert antique, on voit la statue de st. Joseph dormant et un ange qui lui apparaît en songe, ouvrage de Dominique Guidi; les deux bas-reliefs latéraux
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sont de Monot. Le st. Joseph dans la gloire, sur la ▼oûte de l'arcade, est de Yenture Lamberti: les peintures de la coupole sont de Dominique Pérousin.
La somptueuse chapelle de ste. Thérèse, qui est de l'autre côté de la croisée, fut érigée et ornée aux frais du cardinal Frédéric Gornaro, sur les des* sins du Bernin , qui sculpta la statue de la sainte , représentée dans Vextase de famour divin: les artistes admirent ce groupe comme un chef-d'œuvre du Bernin. Au même sculpteur appartiennent les demi-Bgures qu*on observe sur les côtés; elles représentent quelques individus de la famille Cornaro, et parmi celles qui sont à gauche il y a Teffigie du susdit cardinal. Sur le devant de Tautel est renfermée la cène de N. S. représentée en bas-relief de métal doré, exécuté par Alpini. Les peintures de la voûte de cette chapelle sont d'Ubald Abatini. Les drapeaux suspendus en haut furent enlevés aux turcs dans la bataille de Lepante, en 1571. Dans la chapelle suivante, sur l'autel on voit une Trinité parle Guerchin; le Crucifix placé sur F un des côtés, est une copie faite parleCamuccini sur l'original du Guide, qui autrefois était ici; le portrait vis-à-vis est une peinture originale du Guide. Le tableau de la chapelle suivante représentant saint Jean de la Croix, est de Nicolas Lorénais;lest.André, dans la dernière, chapelle, est du susdit père Raphaël capucin. Les peintures de la voûte de l'église, sont des frères Horaces.
A l'extrémité de la rue jPta, qui passe devant cette église, on voit la