HOSPICE DE ST. MICHEL
La fondation de ce pieux établissement est due à Don Thomas Odescalchi, neveu d'Innocent XL Après l'avoir fait ériger il en fit l'ouverture en 168t>, et y transféra environ 80 enfans , qu'il avait recueillis quelques années auparavant. Ensuite, sous Innocent XII, on y admit les enfans pauvres qui étaient dans le palais du Latran, ainsi que ceux dits les Lelierati, qu'on avait commencé à réunir dès l'an 1582 par les soins charitables de Jean-Léonard Geruso: tous ces etifans dont le nombre était d'environ 300, furent confiés aux soins des frères des écoles pies. *
L'édifice fut agrandi par Clément XI, d'après les dessins de Charles Fontana ; et le même pontife y réunit les vieillards des deux sexes de l'hospice de Sixte V. U fit en outre construire la prison correctionnelle pour les jeunes coupables, qui aujourd'hui sont renfermés dans une prison bâtie exprés par
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ordre de Léon XII, à côté des Carceri Nuove, dans k rue Crfulia. Le même pontife Clément XI voalut aussi qu'on continuât le bâtiment Odescalchi , plaçant dans l'étage supérieur les écoles des arts et r atelier de tapisseries. Clément XII fit ériger en 1735, entre cet édifice et la prison correctionnelle, la maison pénitenciaire pour les femmes de mauvaise vie. Pie VI, en 1790, y fit construire le conservatoire pour les jeunes filles, sur les dessins deNi-^ colas Forti , et on les j transféra du palais du Latran, où elles se trouvaient primitivement: puis il donna à un prélat la présidence de Tbospice. La façade principale de cet édifice a une étendue de 1270 pieds, sur 309 de largeur et 90 dans sa plus grande hauteur: son circuit forme plus d'un demi-" mille romain.
Dans r hospice sont renfermées quatre grandes familles, savoir: les vieillards, les femmes âgées, les cnfans et les jeunes filles. Les enfans occupent r édifice Odescalchi , agrandi par Innocent XI; les vieillards de Fun et de l'autre sexe, la partie construite sous Clément XI; et les jeunes filles, celle que fit faire Pie VL
Cet établissement, outre qu'il offre un asile charitable aux pauvres des deux sexes que la vieillesse a rendus infirmes, et aux jeunes orphelins, peut être considéré comme une vaste école d'industrie. Ea effet on y apprend aux jeunes gens les arts mécaniques et les arts libéraux; ceux qui s'appliquent aux premiers ont dans l'hospice même les afeliers d'imprimeur, de relieur, de tailleur, de cordonnier, de chapelier, de teinturier, de sellier, de menuisier, d' ébéniste, etc. Ceux qui s'adonnent aux seconds s'occupent, sous la direction d'habiles maîtres, à la fabrication des tapisseries dans le genre de celles des Gobelins, ainsi qu'à la ciselure sur bois, à la peinture) à la sculpture, à la gravure en camées et
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en médailles, et à la gravare sur caivre; cet art principalement a donné des sujets de grande renommée tels que Mercuri , Calamatta , etc. Quelquesuns des élèves sont employés dans les bureaux de Tadministration, et tous reçoivent les principes de renseignement des lettres. 11 y a en outre des écoles de dessin pour la figure, l'architecture et l'ornement; la géométrie et la mécanique appliquée aux arts, ainsi qu'une classe de musique vocale. Enfin il y a une grande manufacture de laines, qui fournit le drap pour toutes les troupes pontificales.
On donne à cet hospice le nom de st. Michel à cause de l'église qui y est annexée, et qui estdédiée au st Archange; le jour de la fête, il y a exposition publique des produits des manufactures et des beaux-arts.
Les élèves entretenus dans cet hospice, et maintenus la plupart par charité , sont au nombre d'environ 800 , compris l' un et V autre sexe. Les jeunes gens y restent jusqu'à l'âge de 21 ans, et reçoivent, à leur sortie, de l'hospice une subvention de 50 écus. Les fillesy sont gardées jusqu'à ce qu'elles se marient où qu' elles se fassent religieuses ; dans l'un et l'autre cas elles reçoivent une dot provenant d'un fonds annuel de 800 écus, destiné à cet effet, et fourni par Tarchiconfrérie de la très-sainte- Trinité des pèlerins.
En allant par la rue qui est entre l'hospice et la douane, on trouve, à gauche^ la
PORTE PORTÈSE.
Cette porte fut substituée à l'ancienne porte Por^ iuenm, ainsi appelée, parce qu'on sortait de là pour aller au port de Rome ; elle était placée à environ 120 pas plus au dehors de la ville, et elle était double comme celle de st. Paul. D' après 1! inscription qu'on y voyait, elle était l'ouvrage des empereurs Arcadius et Honorfus , qui la bâtirent lorsqu'ils re-
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fireotlesmarsde la Tilleen402.Le pape Urbain Vlll, en 1613, fit démolir cette aDcieone porte lorsqu'il entoura le TrfMtevere de noaveaux remparts, et bâtir celle d' aujourd' bai, qai fut achevée par le pa* pe loDocent X.
En rentrant dans la Tille , et en suivant la rue à gauche, on arrive à V