ÉGLISE DE STE. MARIE IN TRASTEVERE
On croit communément que l'ancienne Taberna Mertloria , qui était une espèce de dépôt pour les soldats invalides qui avaient bien servi la patrie , était en cet endroit. Cet édifice ayant été abandonné , quelques chrétiens l'obtinrent de l'empereur Alexandre Sévère, pour ouvrir un oratoire, qui fut érigé en 221 par le pape st. Galixte; cet oratoire fut la première église puolique de Rome. Le pape st. Jules, en 349 , la rebâtit Après avoir été restaurée
Plusieurs fois. Innocent III, en 1139, la renouvela; [icolas V la restaura sur les dessins de Bernardin
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fiosselliiii. Ce fut en 1139 qu'on décora la façade des mosaïques qu'on y voit encore. Enfin, Clément XII fit le portique actuel, qui est soutenu par quatre colonnes de ffranit, et qui contient des inscriptions anciennes fort intéressantes.
L'intérieur de cette église est magnifique; il est divisé en trois nefs par 21 grosses colonnes de gra* nit , sans compter les deux autres qui Soutiennent le grand arc. Quelques-unes de ces colonnes ont les chapiteaux d'ordre ïonique, d'autres Font corinthien ; les chapiteaux d'ordre ïonique sont d'un stjle fort riche et yiennent certainement de qucl-
3ue temple d'f sis et Sérapis, puisqu'on y voit les gures de ces deux divinités^ et celle d'Uarpocrate, soit dans les volutes^ soit dans la fleur. Le pavé est comme celui des autres églises anciennes, en optês aUxandrinum^ composé de morceaux de porphyre, de serpentin et d'autres beaux marbres. Au milieu du beau plafond , riche d'ornemens dorés » on voit une Assomption , trôs-bcl ouvrage du Dominiquin. La chapelle du fond de la petite nef à droite fut faite sur les dessins du même maître: dans un compartiment de la voûte de cette chapelle il peignit un bel enfant qui répand des fleurs. Le maltre-autel est isolé et décoré d'un baldaquin soutenu par quatre colonnes de porphyre. La tribune est ornée de mosaïques; celles du haut, qui représentent Jesus-Christ, la Yierffe et diQérentssaints,furent faites vers l'an 1143; celles d'en bas, représentant quelques traits de la vie de la Madonne^ et la ste. Vierge au milieu des apôtres Pierre et Paul, furent exécutées par Pierre Gavallini v«rs l'an 1290. Sur le der* nier pilastre à gauche du mattre-autel sont deux mosaïques antiques, dont l'une représente différens oiseaux, l'autre un port de mer. Parmi les tombeaux on remarqueceux deLaufranc et de GiroFerri, habiles peintres , et celui de JeauBottari , homme bien
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connu dans la république littéraire. On croit aussi que le célèbre antiquaire Famien Nardini qui, parmi a autres ouvrages, fit la description de Rome ancrienne, est enterré dans cette église.
Vis-à-vis de cette église s'ouvrent deux rues: en prenant celle à gauche on trouve à droite , à uno petite distance, l'hôpital de ste. Marie et Gallican, construit par ordre de Benoit XIII sur les dessins de Philippe Rauzzini : il est destiné aux personnes atteintes de maladies cutanées; ensuite on trouve immédiatement, du même côté, 1*