‹ Itinéraire de Rome et de ses environsChapitre 249 sur 337 · PALAIS CORSINI · texte numérisé non relu

PALAIS CORSINI

L* illustre maison Gorsini , sous le pontificat de Clément XII , dans la première période du siècle dernier, fit l'acquisition de ce palais, jadis de Biari, rendu célèbre par la demeure qu'y fit là reine Christine Alexandre , fille de Gustave Adolphe , roi de Suède, morte en 1689. Les princes Corsini, en Tachetant, le changèrent et Tagrandirent de manière à le rendre un des plus grands et des plus magnifiques palais de Rome* L' architecte Fuga , qui fut chargé de ce grand travail par Clément XII , malgré les défauts du goût de son siècle, se surpassa, pour ainsi dire, et répara les fautes des détails, par la grandeur de la masse, la justesse du plan et la magnificence de reffet,surtout dans le rez^de-chaus-

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sée et dans l'escalier, qu'on ne saurait trop imiter dans de pareils édifices.

Le magnifique vestibule de ce grand palais de* vient plus surprenant encore par la vue délicieuse de la viiia qui y est annexée; copp-d'œil qui s'ofire aux regards entre les deux majestueuses rampes d'escalier qui, se réunissant en une seule , conduisent au grand salon des domestiques, d'où l'on passe dans les salles qui renferment une précieuse collection de tableaux, dont nous indiquerons les plus estimés.

Première salle. Le grand tableau au milieu de la paroi où est la porte d'entrée, est l'ouvrage de Dominique- Marie Muratori , et représente st. François Kegis, qui, dans un pays du Dauphiné, désolé par la peste, conforte les moribonds en leur administrant le sacrement de l'Eucharistie; dans les c^ tés on d)serve une ste. Famille, de fiaroche, et le mariage de ste. Catherine, de Charles Maratta. Des cinq paysages situés en bas, celui de forme ovale, où 1 oa voit représentée la conversion de st. Paul , est de François Laar; ceux des côtés, sont de Locatelli; et les deux derniers de l'Orizzonte.

Les deux grands tableaux sur la paroi eniace des fenêtres, sont du Zoboli: ils représentent la pré-^ dication de st. Vincent de Paule , et l' extase de ste. Catherine. Au dessous il y a quatre bambochad^ de Locatelli, et une vue des Iles fiorromèes, deVanvitelli. Ici l'on voit un sarcophage antique, orné de bas-reliefs représentant des tritons et de& néréides.

Le grand tableau sur ia paroi suivante , qui a pour sujet la communion de ste. Julienne Falconieri,^ est l'ouvrage de Gbezzi : les deux vues de Venise sont du Canaletto, et le petit tableau de for-^ me ovale, placé au milieu de celles-ci, est d*écoIe bolonnaise. Entre les fenêtres on observe une vue du portique d'Octavie, par le Pannini.

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Deuxième ialle. Dans l'angle à droite, en entrant, on Toit une ste. Famille, de Jacqaes fiassano, et au dessus un anachorète de François Mola. Après k porte murée on trouve une ste. Vierge, d'Elisabeth Sirani,et au dessous sont placés trois tableaux avec des fruits, dont les deux plus petits sont d'auteur inconnu, et l'autre de Marius des Fiori. Après l'autre porte on voit une Piété , de Louis Carache , et un grand tableau de Marc Benefiale, représentant la miraculeuse apparition de N. S. à ste. Catherine de Gènes : les aeux petits tableaux au dessous sont du Gerquozzi^ et ils représentent Adam et Eve déplorant la mort d'Abel, et l'enfant prodigue de l'Evangile.

Sur la paroi suivante on observe deux paysages, de Monpère, et deux vues du Pannini, représentant le temple deVesia et le Panthéon.

La porte à droite donne entrée à la

Troisième salle. Les tableaux les plus remarquables de cette salle sont placés sur la paroi à gauche; et à peine entré l'œil de l'observateur s'arrête tout à coup sur la sublime peinture du Guerchin représentant VEcce-Homo de l'Evangile, demi-figure qui exprime en même temps et d'une manière singulière la noblesse , la douleur et la plus profonde résignation. Au dessus on admire un autre tableau fort estimé, que l'on croit de Charles Dolci, et qui représente la ste. Vierge avec l' Enfant- Jésus; plus haut est une ste. Famille, de François Gessi; et en face de YEcce-Homo du Guerchin, on observe un autre £cc6-JJomo^ ouvrage de Charles Dolci.

En revenant sur la gauche, on voit après la porte deux belles bourrasques, deVandervert; une sainte Famille, d'Innocent d'Imola, et la Nativité de la Vierge, de Louis Carache. Suivent: une ste. Vierge avec r Enfai\t-Jésus, d'André del Sarto; deux pe-

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tits paysages flamands ; un petit tableau de forme ovale, représentant Thamar et Juda, de Louis Garacfae; un autre de même forme, avec des bergers et leur troupeau, de Bonder; une ste. FamiUe, de Baroche; un st. Jérôme et une Lucrèce, duGuerchio; une sainte Vierge, bel ouvrage de Garavage; une autre Vierge, tableau de petite dimension, que Ion croit d'André del Sarto; deux petits paysages, de Salvator Rosa : au milieu de ceux-ci , un paysage de plus grande dimension, de Paul Brill; une crèche que l'on croit de Wandyckj st. Pierre, de Molajun horizon, de Paul Bott; un marchand de fruits, de style flamand , et un petit paysage de Jacques Locatelli.

Suivent: une ste. Famille, ouvrage saperbe de frère Barthéiemi de st. Marc ; st. Pierre payant le tribut, de Michei-Ânge de Garavage; une bambochade de Théniers; une autre bambochade de style flamand; un petit paysage, de Locatelli; st. Barthéiemi, de Mathias Preti, dit le Galabrais ; la fuite en Egypte , sur le style de Pierre Pérousin ; un petit tableau représentant quelques joueurs , attribué à Bubens> une fête champêtre, qu'on croit de Breughel; une bambochade, par Gerqnozzi; une ste. Famille, sur le style de Benvenuto Garofalo; une au* tre bambochade , par Gerquozzi ; Apollon et Mercure, de l'Albane; le martyre de deux saints, de Charles Saraceni; deux fort petits tableaux, de Louis Garache, représentant le Sauveur trahi par Judas, et le couronnement d'épines; un tiibleau sur le style de Rubens, qui représente une bande d'assassins; un paysage avec des chasseurs, de Wouvermans; le fameux portrait de Jules II , étonnante répétition de Raphaël d'Urbin; la Nativité de la Viei^e, de Pierre de Cortone; deux petits tableaux, d'auteurs inconnus 3 et un autre plus petit attribué à Théniers.

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Après la porte on observe une ste. Apolonie , dé Charles Dolci; le portrait de Philippe II, roi d'Espagne» ouvrage de grand mérite, du Titien ; et TÊnfant-Jésus avec st. Jean-Baptiste , de Charles Cignani. D'un côté de la fenêtre vis-à-vis, on doit remarquer un beau tableau de Thëniers, où il représenta an boucher à son étal.

QtMtrième salle. Au dessus de la porte d' entrée est un tableau du Guide de sa manière forte, représentant r Amour endormi. Sur la même paroi on observe Andromède, en demi-figure , par Furini; lin echasse de bêtes féroces, parRubens; la célèbre Hérodiade, de Guido Reni; Homère, par Mola;une ste. Vierge , sur le style du Guide; et une crèche, par Jacques Bassano.

Sur la paroi qui suit , on observe immédiatement st. André conduit au martyre, d'André Sacchi. Suivent: le crucifiement de «t. Pierre, par Guide; st. Jean-Baptiste dans le désert, du Guerchin; un NoU me tangere, de Baroche; un st. Jérôme, que l'on croit du Titien, et un tableau avec deux têtes colossales , de Louis Carache. Au dessus de la porte est un beau tableau de Lanfranc , représentant st. Pierre opérant la guérison des blessures de ste. Agnès, et tout près on observe un petit tableau avec quatre têtes, ouvrage du Parmigianino.

Au dessous des tableaux que nous venons de décrire il y en a douze petits de Jacques Callot, qui ont pour sujet la vie du soldat; et entre ceux-ci on observe deux perspectives gothiques, deNeefs,deux champs de bataille, de Yandervert, et deux paysages, d'Elisabeth Sirani, placés sous THérodiade du Guide.

Au milieu de l'autre paroi, ub beau portrait de femme peint par Jules Romain, que l'on dit être celui de la Fornarina de Raphaël, mérite une attention particulière: des deux demi-figures latérales,

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celle qui représeaie une femme peintre est V ouvrage de Charles Maratta, qui y retraça le portrait de sa fille ; l'autre est du Guiae , et le susdit Ma* ratta peignit la ste. Famille placée au dessus. Dana r angle on voit un petit tableau avec un lapin, fort belle peinture d'Albert Durer; il y a en outre une Magdelaine, que Ton croit de Charles Dolci^ et une Vestale du susdit Maratta.

Sur la paroi suivante on observe en premier lieu le jugement de Paris, de Jules Romain; entre les fenêtres on voit un tableau du Spagnoletto, représentant la mort d'Adonis, et deux tableaux de TAIbane, qni y retraça Vénus avec quelques petits Amours. Dans l'angle après la fenêtre est un Christ mort, du Gennari; une descente de croix, de Louis Carache , et un tableau avec quelques musiciens , par Cigoli.

Les deux petits Amours en marbre que l'on voit dans celte salle, ont été sculptés par Tenerani ; et l'antique chaise curule également en marbre, ornée de bas* reliefs, fut trouvée prés de l'église de saiot Jean du Latran.

Cinquième salle, A gauche en entrant, aprôs le pilastre on voit une ste. Agnès de Charles Dolci , et une demi-figure représentant la Justice , par Gennari. Suivent: une Annonciation, ouvrage admirable de Charles Maratta ; une vue des thermes de Diodétien, du Pannini; une ste. t'amille, du Schidone ; deux fort belles vues boisées, d' Augustin Tassi, et une ste. Famille, de Rosso, florentin.

La paroi en face des fenêtres contient : un tal)leau de Lanfranc, représentant Ulysse qui se soustrait à Polyphème ; une sainte Famille, de Charles Maratta ; un petit tableau avec le mariage de ste. Catherine, que l'on croit du Dominiquin; la Sama^ ritaine au puits, par le Guerchin; une ste. Vierge avec r Enfant-Jësus, de l'Albane; une crèche, de

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Ghérard Mie Noiti, une ste. Vierge avec l'Enfant- Jésus , bel ouvrage de Sassoferralo} une petite ste. Famille ,' par Schidone ; une crèche , par le Guercbin^et le Sauveur avec st. Pierre^deLuc Jourdain.

Dans la paroi à c6té suivent immédiatement: un portrait peiot par Sinton Gantarini de Pesaro ♦ cl ,^ une ste. Famille, du Parmigianino: puis on obser- ' ve, une tête représentant TArchange Gabriel, par le Guerchin; une vue du forum romain, du Pannini; deux petits tableaux de forme ovale, avec des bestiaux, de Bloeemen; une Notre Dame des douleurs, un Ecce-Homo , et un st. Jean-Evangéliste , tous ouvrages du Guide ; le portrait de Simon Ganta^ini^ peint par lui-même, et près de la porte on observe une ste. Famille par Buonarroti.

Des trois petits tableaux prés de la fenêtre, I%n, où Ton voit quelques calfats qui jouent, est de Salvator Rosa, 1 autre qui représente un sculpteur, est de Marcel Yenusti, et Annibal Carache peignit la descente de croix.

Siûoième salle. Sur la porte d'entrée: N.* 13. Portrait d'un cardinal Barberini,de Simon Gantarini de Pesaro. 14. Portrait de Baroche, peint par lui-même. 15. Une tête de vieillard, par Rubens. 16. Portrait inconnu, par Pontormo. 17. Portrait inconnu, de Louis Garache. 18. Portrait inconnu, d'auteur incertain. 19. Très-beau portrait peint par Holbeins. 20. Portrait surprenant du célèbre monseigneur Ghiberti , comme on le lit sur un livre qu' il tient dans la n^ain droite, peint par Jules Romain. 21. Portrait des deux fils de Charles V, Ferdinand I et Philippe II, par le Titien. 22. Portrait inconnu, que l'on croit de Rembrandt. 23. Portrait inconnu, par Giorgione. 24. Autre portrait inconnu, peint par le Guide sur le style de Caravage. 25. Portrait incon-' nu, par Rubens. 26. Portrait également inconnu, de Morillo. 27. Portrait inconnu, par Rubens. 28. Por-

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trait inconnu, par Moroni. 29. Une ste. Vierge, par Baroche. 30. Portrait inconnu, par le Dominiquia. 31. Portrait peint par Holbeins, que Ton croit celui de la femme de Martin Luther. 32. Très-beaa portrait, peint par Wândyck. 33. Portrait d*un cardinal, bel ouvrage du Dominiquin. 34. La Nativité de la ste. Vierge, que Ton croit d'Albert Durer. 35. Portrait peint par Holbeins , regardé comme celui de Martin Luther. 36. Portrait d'un cardinal Savelii, de Scipion Gaétano. 37. Portrait de Rembrandt, peint par lui-même. 38. St. Joseph, par Baroche. 39. Portrait inconnu, de Rubens. 40. Le cardinal Dovizio de Bibiena, par Bronzin. 41. Portrait inconnu, que Ton croit peint par Wandyck. 42. Une tète de st. Jean-Baptiste, du Guide. 43. Beau portrait d'un cardinal, d'Albert Durer. 44. et 45. Deux portraits inconnus , d'Antoine Torri. 46. Portrait également inconnu , par Baroche. 47. Portrait de Rubens, peint par Jean-Dominique Campîglia. 48. Un doge de Venise, de Tintoretto. 49. Portrait inconnu, de Guido Renî, 50. Portrait du cardinal Alexandre Farnèse, par le Titien. 51. Portrait inconnu, de Moroni. 52. Autre portrait inconnu, par Scipion Gaétano. 68. Portrait d'un cardinal, du Dominiquin. 69. Portrait de Fulvius Testi , de François Mola.

Septième salle. Sur la paroi de la porte d'entrée, on observe en entrant une ste. Vierge, très-bel ouvrage de Morille. Suivent : un surprenant pavsage de Gaspard Poussin , et un st. Sébastien , tableau estimé de Rubens. En haut est un tableau du Solimena, représentant l'entrée du Sauveur à Jérusalem, et deux batailles du Bourguignon, qui a peint aussi celle qui est au dessus de la porte par laquelle nous sommes entrés.

En face des fenêtres on voit un grand tableau de Luc Jourdain , qui représente Jésus disputant

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avec les docteurs : au dessous sont trois petits ta* bieaux que V on croit de frère Jean-Ânge de Fiésole , et deux paysages de Gaspard Poussin: d'un côté on voit Jésus portant sa croix y par Garofaio, et de l'autre est un tableau de Louis Caracbe^ qui représente le martyre de st. Barthéiemi.

Sur la paroi suivante on observe un beau tableau représentant la femme adultère, ouvrage du Titien: les deux paysages latéraux sont de l'Orizzonte, et la bataille au dessus de la porte est du Bourguignon.

Huitième salle- A gauche en entrant on voit d*abord un paysage avec des vaches , sur le style de Glande Lorrain; Jésus-Christ devant Pilate, que Ton croit de Wandyck , et st. Jean-Baptiste, au dessus, est du Garavage. Suivent: st. Pierre, qni renie son divin Mattre, de M. Yalentin; une ste. Famille, de Nicolas Poussin; un st. Georges, d'Hercule Grandi de Ferrare ; une belle demi-figure de Guido Reni , représentant la Contemplation; un dessin à l'aquarelle , de Polydore de Garavage, dans lequel il représenta la fable de Niobé: aux côtés du dessin on observe deux paysages de l'école de Gaspard Poussin. Â l'angle il y a une marine, de Salvator Rosa; Judith, de Ghérard délie Notti,et Susanne au bain, du Dominiquin.

Le st. Jérôme, sur la paroi suivante, est un beau tableau du Guerchin;les deux paysages au dessous, sont de l'école du Poussin; ta mort de Sénèque, est du Garavage, et st. Jérôme, en demi-figure, est un bel ouvrage du Spagnoletto.

Sur la paroi opposée on observe un tableau en mosaïque , d^ auteur inconnu , qui représente Clément Xll Corsini avec le cardinal Neri de la même famille: tes deux paysages placés en bas, sur les côtés, sont de Gaspard Poussin.

Neuvième salle. A gauche de l'entrée on observe d'abord un beau tableau de Théniers, qui nous of-

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fre rintériear d'une maison champêtre; il y a ansst une Piété, de Louis Garache. Au milieu de la paroi on voit un excellent tableau de Salvator Rosa, qui représente Prométhée dévoré par le vautour. Le snperbe portrait d'Innocent X Pampbily, est de DiégueVelasquez; au dessous, la prédication de st Jean-Baptiste est du€erquozzi, etlaMagdelaine deTautre côté est du Gennari.Enbas on voit: une ste. Vierge avec F Enfant-Jésus, d'André Gomodi; deux paysages du Cerquozzi, qui y représenta Her* minie sous la forme d'un raerrier demandant asile aux bergers, et la même taisant paître le troupeau; le paysage qui suit est de Jean Miel.

Au milieu de la paroi vis-à-vis des fenêtres, ou doit remarquer une petite marine de Salvator Rosa; un tableau rond, par Giorgione, et une descente de croix, du Dominiquin. Au dessous, on voit deux batailles du Bourguignon ; on croit que les deux autres appartiennent à Salvator Rosa. Le portrait à gauche fut peint par le Bronzin, et celui, qu'on voit sur l'angle, est attribué au Titien.

Suivent, sur l'autre paroi, trois bambochades,de Jean Miel; un tableau de Luc deHoIlande,représentant un mariage; uneste. Famille, de Simon Cantarini de Pesaro , aux côtés de laquelle on observe deux tableaux du Wander, représentant l'adoration des mages , et celle des bergers ; et au dessus est un beau paysage de Salvator Rosa. Ensuite on voit le. mariage de ste. Gatherine , du Scarsellino ; uu portrait peint par Giorgione, et un tableau avec des satyres et des nymphes, que l'on croit du Titien.

Il y a aussi dans ce palais une célèbre bibliothèque , qui fut fondée par le cardinal Neri Corsini dans la première période du XYIII' siècle. Elle est composée de neut salles, dont quelques-unes sont magnifiquement décorées. Ge tte bibliothèque se distingue de toutes les autres de Rome par une col-

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lection remarquable de livres imprimés dans h XV* siècle, et par une quantité de manuscrits en diverses langues, relatifs ea grande partie à 1* histoire du bas-âge ; parmi ceux-ci le plus intéressant est celui de la chronique de Jean Viliani. Mais ce qui fait la singularité de cette bibliothèque^ c^est la célèbre et rare collection de gravures sur euivre« qui rivalise avec les plus fameuses collections de ce genre qui existent en Europe. La bibliothèque est toujours confiée aux soins d*un bibliothécaire lettré, et à certaines heures du jour elle est ouverte au public.

La petite villa annexée à ce palais s'étend sur le penchant du mont Janicule^et dans l'endroit le plus élevé on trouve une maison, d'où on découvre toute la ville de Rome. On croit que c'est dans ce lieu qu'était la fameuse maison de campagne de Jules Martial , suivant Martial son cousin : Htnc septem dominos videre montes , et iotam îieet aestimare Bomam. Mr. Joseph Vasi^ qui eut dans son atelier le célèbre graveur Piranesi, dessina de là la vue générale de Rome, qu*ii grava ensuite en 12 planches. Cette villa est contiguë à la

VILLA JADIS LANTC.

D'après le témoignage deVasari, vers Tan 1524 le fameux peintre Jules Romain bâtit cette jolie maison de campagne pour monseigneur Balthasar Turini de Peiscia , qui avait été dataire du pape Léon X, et qui fut aussi un des prélats les plus distingués de la cour de Clément VU. Le grand Raphaël, qui était l'ami intime du dit Turini, le choisit pour son exécuteur testamentaire , comme on le lit dans Tinscription du Panthéon. Cette eassine, qui est située dans une position délicieuse, était admirable non seulement pour la commodité des appartemens, mais encore pour la délicatesse des orne-

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mens en stuc; on y yoyait aussi des fresques faites ou par cet artiste même, ou par ses élèves d'après ses cartons et sons sa direction; elles ont été gravées par les artistes les plus célèbres du XV I* siècle, tel» que Marc-Ântoine, Augustin le Vénitien etc.

Cette villa fut pillée et ravagée par les troupes du connétable de Bourbon , en 1527 , et après la mort de monseigneur Turini elle passa en d'autres mains. Depuis le siècle dernier elle a appartenu aux ducs Lante, qui en 1824 l'ont vendue au prince Borghèse. Aujourd'hui elle appartient auxSœurs dn sacré CcBur de Jésus.

En descendant de nouveau à la rue de la Lun^

fora, on trouve presque vis-à-vis du palais Gorsini entrée de la cour qui précède la belle cassine,dite la Farne«ma. La dite entrée est marquée duN.'^ââG.

FARNÈSlIfA.

Ce palais fut bâti sur les dessins de Baltbasar Peruzzi pour Augustin Chigi , fameux banquier sous le pontificat de Léon X; il mourut en 1520 peu de jours après Raphaël, dont il était l'ami, et laissa environ 4 millions de francs, somme énorme pour cette époque. C'est de la famille de ce banquier qu'est sortie la maison princière de ce nom. Depuis la moitié du XYP siècle ce palais fut vendu aux Faruàse, et après Textinction de cette famille, en 1731, elle passa dans le domaine de la couronne de Naples.

Ce qui rend principalement ce palais intéressant, c' est la fable de l'Amour et Psyché qui est peinte à fresque sur la voûte du premier salon; elle a été lexécutée sur les dessins de l'immortel Raphaël, par ses meilleurs élèves et principalementpar Jules Romain; ainsi que la Galathée, qui est de la main de Raphaël lui-même. Ces peintures ayant beaucoup souffert, Charles Maratta les restaura avec le plus grand soin; mais malgré ceJa, le coloris est devenu un peu foncé et dur.

Farnêsina. 473

La fable de Psyché , tirée d' Apulée , est distribuée de la manière suivante: dans les deux tableaox du milieu de la yoûte on a représenté les deux principaux sujets de cette fable; dans l'un est Rassemblée des dieuxyOùrAmouretVénus informent Ju^piter; Mercure qui prévoit le jugement, sans attendre la décision du maître des dieux, présente à Psyché la coupe d'ambroisie pour lui procurer l'immortalité: cette fresque est de Jules Romain: l'autre fut peinte par Jean-^François Penni, dit le Fattorino, et elle représente les noces de i'Âmour et de Psyché, célébrées dans TOlympe , au milieu d' un banquet général des dieux.

Autour de cette voûte^ dans dix tableaux trianilaires, on a représenté toute l'intrigue de cette fa- »le jusqu'au moment des noces. Dans le I« tableau, à gauche en entrant , est Vénus indiquant Psyché à son fils; elle lui commande de la faire brûler d'amour pour le plus vil des mortels , en punition de oe que contre sa volonté elle a conçu de l' amour pour lui. Le II« tableau représente l'Amour montrant Psyché aux trois Grâces , compagnes de Yéuns, comme s'il voulait leur en faire remarquer la rare beauté; le peintre l'a supposée hors du tableau. Baphaël a beaucoup travailli lui-même à ce tableau, et surtout au dos d'une des Grâces , qui est d'une exécution admirable. Dans le III® est Vénus quittant Junon et Gérés qui lui parlent en faveur de la malheureuse Psyché. Le IV* représente Vénus irritée, montée sur son char conduit par quatre colom^ bes, allant vers Jupiter pour le prier d'envoyer Mercure sur les traces de Psyché fugitive, afin de pouvoir assouvir sa colère. Dans le V« on voit Vé^ nus sollicitant Jupiter d'envoyer Mercure à la pour-> suite de Psyché. Le VI* représente Mercure qui publie les ordres de Jupiter et les récompenses que Vénus promet à ceux qui livreront Psyché. Le VU?

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nous offre la belle Psyché , qui reyieot des Eefers soutenue par trois petits Amours; elle porte le vase de fard, que Proserpiue lui donna pour apaiser la colère de Vénus. Dans le VUI^ tableau on voit aussi Psyché qui présente le vase de fard à Vénus irritée. Le IX* a pour sujet TAmour qui, se plaignant à Jupiter de la cruauté de sa mère, lui demande la permission d'épouser Psyché; Jupiter lui accorde cette grâce et le baise au front. Enfin le X* tableau représente Psyché conduite au ciel par Mercure pour épouser TAmour. On yoit aussi quatorze tableaux triangulaires qui sont aux côtés de ceux' dont nous venons de parler ; ils représentent les Génies de tous les dieux, ou plutôt de petits Amours qui portent, comme en triomphe, leurs attributs en forme de dépouilles, pour faire allusion au pouvoir de l'Amour qui déue tout , et vient à bout de toute chose.

Dans la chambre contiguë, on voit la célèbre 6alalbée peinte à fresque par Raphaël: elle est debout sur une* coquille traînée par deux dauphins , précédée par une Néréide et suivie d' une autre , qui est portée par un Tritp.n. Les deux tableaux de la voûte de cette chambre, dont Tun représente Diane sur son char, tiré par deux bœufs, et l'autre la fable de Méduse , sont des peintures de Daniel de Volterre et de Sébastien del Piombo: les ornemens avec des figures en grisaille, à l' imitation de basreliefs, sont l'ouvrage de Palthasar Peruzzi. La belle tète colossale dessinée au charbon, que l'on voit dans un coin de cette chambre, a ^té faite par Micfaelange, non, suivant Topinion trop répandue, pour reprendre Raphaël de la petitesse de ses figures , mais pour ne pas demeurer oisif en attendant Daniel, son élève, dont il était venu voiries ouvrages.

Dans l'étage supérieur il y a aussi deux chambres peintes à fresque ; les peintures d' architecture do

Fa/mèma. 475

la première chambre sont de Balihasar Peruzzi: la Forge de Yulcaia j que Tod voit sur la cheminée, ainsi que les frises^ sont de Técole de Raphaël. Dans la seconde chambre, la fresque qui est vis-à-vis de la fenêtre, et qui représente Alexandre le Grand offrant une couronne à Roxane, ainsi que celle de la far eedu milieu, sont Touvrage du Sodome: celle qu'on voit entre les fenêtres est de Técole de Raphaël.

En sortant de ce palais et suivant la même rue de la Lungaray h droite, on voit d'abord les restes des écuries d'Augustin Ghigi, construites d'après les dessins de Raphaël d*Urbin: elles ont existé ju^ qu'au commencement de ce siècle^ mais comme elles menaçaient ruine, il fallut les démolir en 1808. Ce bâtiment était un des plus beaux édifices modernes, soit pour la masse uû bÀtiment, soit pour les profils des détails; on peut en voir les traces dans les piédestaux, et les moulures qui restent encore.

Vis-à-vis est l'église de ste. Crois de la Pénitence: sur le maltre-autel est un Crucifix peint par François Troppa; l'Annonciation qui est sur l' autel à droite est du même peintre: le tableau à gauche , représentant ste. Marie Magdelaine , est de Françms Napolitain.

Dans la maison attenante à cette église on renferme les femmes qui se conduisent mal: on appelle vulgairement cette maison les Scedeite à cause du double escalier qui est en dehors.

Presque vis-à-vis de cette église on trouve celle qui est dédiée à st. Jacques.

Cette église fut bâtie en 1628 par le cardinal François Barberini. Sur le maltrerautel est le tableau représentant l'apôtre st. Jacques, ouvrage de Romanelli: les tableaux des aatels latéraux, représentant la Magdelaine et st. Augustin, sont de Fran* çois Troppa.

En allant plus en avant on trouve à gauche V

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ÉGLISE DK STE. MARIE REGINA GOELI.

Elle fut bâtie en 1654 par Anne Colonne^ prio* oesse romaine y épouse de Thadée Barberini , laquelle, après la mort de son mari, se retira et mon* mt dans le monastère qui est annexé à cette église; on Yoit son tombeaa à gauche du maltre-autel : il est orné de son buste en bronze doré. L'architecture de cette église est de François Gontini. Sur le maltre-autel , le tableau représentant la Présentation de la Vierge est de Romanelli, qui fit aussi «elui de ste. Thérèse; celui qui représente ste.Anne est de Fabritius Ghiari. On a donné le surnom de Regtna Cœli à cette église , parce que les religieuses carmélites qui la desservent doivent chanter de quatre heures en quatre heures Tantienne qui commence par Regtna Cœli lœtare àllelujoj et donner avec leur cloche le signal de cette prière.

Ensuite, on parvient à Tëglise de st. Joseph, bâtie en 1732 sur les dessins de Louis Rusconi ^ssi. Le tableau du maltre-autel est de Philippe Frigiot- (i; la sainte Famille sur l'autel à gauche, est de Jérôme Pesci, et la descente de croix, est de Nicolas Bicciolini.

Après cette église est le

PALAIS JADIS SALTIATI.

Le cardinal Bernard Salviati fit bâtir ce palais d'après les dessins de l'architecte Baccio d'Agnolo, florentin , pour y loger Henri III , roi de France. Cet architecte fut contemporain de Baphaël et de toute cette belle école d'artistes qui vécurent à cette époque, et qui se réunissaient souvent dans son atelier. Milizia critique ce palais comme trop massif, mais il loue les divisions qui en sont grandes, les fenêtres, la cour et la magnificence de l'ensemble. Dans ce palais on admirait une belle colleo-

Église de st. Onophre. 477

tioo de tableaux jusqu' à 1* époque où la famille à laquelle il appartenait s* est éteinte, il est devenu ensuite propriété du gouvernement , qui y a fait placer les archives publiques.

Depuis r an 1820 on fit du jardin de ce palais le jardin des plantes, dépendant de l'université de Borne; il est très-bien entretenu; l'entrée est dans la première rue dite Vicolo AUbert , qu' on trouve à uroite en sortant de ce palais.

En sortant de ce palais la petite rue à gauche conduit à r

ÉGLISE DK ST. ONOPHRE.

Cette église fut érigée en 1439, sous le pontificat d* Eugène IV, par le bienheureux Nicolas de Forr ca Palena , diocèse de Sulmone , pour les ermites de la congrégation de st Jérôme.

Sous le portique de cette église on voit trois lu^ nettes , où sont représentés quelques traits de la vie de st Jérôme peints par le Dominiquin. La Vierge avec V Enfant-Jésus, qu'on voit au dessus de la porte, en dehors de F église, est aussi de ce grand maître. Le Baglioni peignit les deux sibylles; et on y observe la mémoire sépulcrale du fondateur de rordre.

Cette église a une seule nef. Dans la chapelle à droite, décorée de beaux marbres et de stucs dorés, on voit deux monumens qui furent érigés aux cardinaux Madruzzi: sur l'autel est une Vierge représentant Notre Dame de Lorette, d'Annibal Carache, et les fresques sont de Ricci deNovara, excepté le couronnement de la ste. Vierge, qui fut peint par un élève du susdit Carache. A côté on voit un joli monument du XVI* siècle. La tribune est toute embellie de peintures à fresque qui, bien qu'endommagées par les restaurations, conservent cependant beaucoup de mérite. Parmi ces fresques, cet-

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les qui sont aa dessous de la corniche sont T oa-* Trage de Balthasar Peruzzi, et celles aa dessus du Pinturicchio.

Sur Tautel de la seconde chapelle de l'autre c6«> té on voit un tableau du Trevisani^ représentant le bienheureux Pierre de Pise; les deux tableaux la* tëraux sont de V école du susdit peintre. Dans la chapelle suivante , où T-on observe un st. Jérôme du Ghezzi, est placé le tombeau d'Alexandre Gui* di, poète lyrique italien, qui florissait au commen* cernent du XYlIl® siècle, ici, près de la porte, on observe sur le pavé la pierre qui recouvre les cen* dres du Tasse , premier poète épique italien , qui mourut dans le couvent annexé à cette église V an 1595, dans sa cinquante-sixième année. Près delà susdite pierre, plusieurs années après, le cardinal Bevilacqua érigea en son honneur un monument, qui est cependant une mémoire trop mesquine pour un génie si profond. Dans ce temple fut aussi enseveli Jean-Baptiste Barclay, célèbre homme de lettres écossaisydonton voit le buste dans la bibliothèque, où Ton conserve aussi Teffigie du Tasse, quelquesuns de ses manuscrits et divers objets qui lui appartinrent

Dans un corridor du couvent^ on admire une stc. Vierge, peinte à fresque par le fameux Léonard de Vinci. Dans le jardin annexé on voyait le chêne séculaire dit le chêne du TMse: on voit encore un tronçon de cet arbre , qui fut déraciné par un ouragan en, 1842. Ce lieu, qui conserve encore les degrés en forme d'amphithéâtre où st. Philippe tenait ses pieuses assemblées , offre une des plus belles vues de Rome et de ses environs jusqu'à la mer.

La grande rue qui s'ouvre en face de cette église conduit à la rue de la Lungara, où l'on trouve tout de suite à gauche la

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