‹ Itinéraire de Rome et de ses environsChapitre 31 sur 337 · PLAGE DU PEUPLE · texte numérisé non relu

PLAGE DU PEUPLE

Cette vaste place est magnifique : elle annonce an voyageur son entrée dans la métropole de la religion et des arts, dans 1' antique capitale du monde. Deux immenses hémicycles ornés de fontaines, de sphynxs et de statues, bornés par quatre bàtimens uniformes et deux églises maguifi-

Place du Peuple* 5

qaes la cerneut; au centre s'élève un grand obélisque égyptien. L' hémicycle à gauche est couronné par le jardin public du Mont Pincio. Au centre de chaque hémicycle^ est une fontaine surmontée d'un groupe colossal; celui du côté du Mont Pincio représente Rome entre le Tibre et l'Anio; celui en face , Neptune entre deux tritons: ces groupes sont l'ouvrage de Ceccarini. Les quatre piédestaux ui terminent les hémicycles portent les statues es Saisons: le Printemps, par Gnaccarini; l' Été^ par Laboureur fils; l'Automne, par Stocchi, et V Hi^ ver, par Baini. Des quatre grands bàtimens uniformes, celui à gauche en entrant la porte du Peuple, sert de couvent aux Augustins de la congrégation de Lombardie; celui en face, outre la douane, contient la sale d'exposition des objets des beaux arts^ et la grande caserne des gendarmes pontificaux: les deux autres appartiennent à des particuliers. C% fut sons le pontificat de Pie Vil que cette place, à

Îui l'on donna la forme éliptique , fut agrandie et écorée comme on la voit aujourd'hui, avec architecture du Yaladier , qui donna aussi les dessins pour les décorations du mont Pincio.

Entre les deux églises , d' architecture presque uniforme, qui se présentent de front, et entre les deux bàtimens qui de ce côté déterminent les hémicycles , s' ouvrent trois grandes rues alignées , bordées de beaux édifices , surtout celle du milieu qui a plus d'un mille de longueur, et qu'on appelle le Cours. L'obélisque s'élève sur un piédestal porté par un soubassement orné à l'entour de plusieurs gradins, ayant aux angles quatre lions modernes de style égyptien qui versent l' eau dans autant de vasques. L'obélisque même est couvert d'hiéroglyphes; jl a 74 pieds de hauteur sans compter le piédestal, et fut érigé originairement par le roi Ramessés III , c' est-à-dire le grand Sëso-

6 Première Journée.

stris^ à Héliopolis, ville de la Basse-Egypte, pour servir de décoration au temple du soleil, aucpiel il était dédié. Le nom de ce roi , qui est répété plusieurs fois dans les cartouches, démontre l'exactitude d' Ammien Marcellin , qui nous a conserserve une partie de la traduction des inscriptions, faite par Hermapion: Pline par méprise, ou plutôt ceux qui nous ont transmis ses ouvrages, ont appelé ce roi Semsertès. Après la bataille d'Actium^ et la conquête de V Egypte, Auguste le transporta à Rome, le plaça dans le Circus Maocimus^ et en renouvela la dédicace au soleil ainsi qu'on l,e lit sur l'ancien piédestal du côté qui regarde la porte du Peuple. Sixte V, en 1587, le tira du cirque, cassé en trois blocs , et le fit ériger sur cette place , son^ la direction de Dominique Fontana.

Gomme à Rome il existe plusieurs de ces monunrens , il est bon de rappeler que les obélisques ont été érigés par les rois d' Egypte, avant la conquête de ce pays par les Perses, sous Cambyse; que leur exemple fut suivi par les Ptolomées et par les Romains, de manière que ces monumens peuvent être attribués à ces trois différentes époques. Quant à ceux qui restent à Rome, l'obélisque de la place du Peuple , celui de la place du Monte-Ciiorio y et celui dé st. Jean de Latran, appartiennent certainement à la première époque, ou à celle des Pharaons , qu* on reconnaît aisément au dessin, au sujet des inscriptions et aux noms qu' on y lit, qui, d' après les dernières découvertes faites par Young et Ghampollion le jeune , continuées par le prof. Rossellini de Pise , ont cessé d'être un énigme.

D'un côté de la porte de la ville est 1'

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