MUSÉE ÉTRUSQUE-GRÉGORIEN
II 7 avait déjà plusieurs années que , par ordre du gouvernement, la commission a antiquités et beaux-arts s'occupait de faire uoe collection choisie des plus précieux monumens étrusques, trouvés en ces deroiers temps dans les fouilles faites sur te ^ de l'ancienne Etrurie, située dans les confins do rétat pontifical. Dans la suite il plut au pontife Grégoire XVI d'en former un nouveau Musée, qui fut terminé en 1837. Pour ne pas nous éloigner de notre système de brièvetè,nous indiquerons seulement les objets les plus remarquables qu'il renferme.
Dans les allées on observe des urnes en )errecuite , avec les eflSgies des défunts , et des petites urnes en albâtre de Yolterre.
Première chambre. Urne en nenfro (pierre semblable au péperin) ; dans le bas-relief dont elle est ornée on observe aussi un sacrifice humain. II y a également quelques petites urnes cinéraires en terre desséchée , qui furent illustrées par Alexandre Visconti et par Tambroni.
Seconde chambre. Statue de Mercure; petite urne avec la mort d'Adonis en relief; quelques terrescuites étrusques, et d'autres romaines.
Troisième chambre. Ici commence la collection des vases peints, fort intéressante sans doute sous le rapport de l'érudition et de l'art. Par dessus tout on doit y admirer le superbe vase, autour duquel est dessiné, sur un fond blanc, l'éducation de Baccbus. Cet onjet peut être regardé comme unique dans son genre.
Quatrième chambre. Le vase placé au centre est fort singulier } on y voit représenté Apollon assis sur le trépied delphique: et plus en arrière nous faisons observer un grand vase avec pied, de style étrusque le plus «icien.
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Hémieyde. Ici sont réanis les vases les plus beaux et les plas intéressans de la collection; parmi ceuxci nous croyons dignes d'une mention particulière: le vase a?cc Minerve et Hercule ; celui où est re-
tirésenté Achille; le vase avec l'enlèyement d'Egine; 'autre 9 sur lequel on voit exprimée la rivalité de T^miri avec les Muses; et ces deux vases de laGran^ de Grèce , de forte dimension , placés dans les niches latérales , lesquels servent fort bien de comparaison du stjle grec avec l'étrusque.
Galerie des taseee. Elles sont placées sur un socle de bois, et au moyen d'un mécanisme on peut les foire tourner, de manière à voir la peinture externe et interne. Ces tasses, d' un travail très-fin ^ ont une forme élégante et jolie: sur quelques-unes on lit le nom de l'artiste; et sur d'autres on lit des mots piquans et concis. Parmi toutes, on doit particulièrement obserrer celles de la série des Ârgonautiques , sur une desquelles on voit les princi* paux héros de cette entreprise fobuleuse eu train - de se revêtir de leurs armures, se disposant au départ. Revenant sur ses pas par l'hémicycle et par la quatrième chambre, on entre dans le
Salon des bronzes. Dans cette collection d'^objets fort rares, l'œil de TobserTatcnr est frappé tout à coup à l'aspect de la magnifique statue guerrière trouvée à Todi en 1835. Sur un ourlet de la cuirasse est gravée une inscription étrusque, dont on ne connaît pas encore avec précision la signification. On voit çà et là dans la salle les monumens trouvés en 1836 dans le grand tombeau de Cerœ: ils consistent en un lit funèbre, unf autel à parfums, grands vases avec trois pieds , etc. Le style de ces monumens remonte à la plus haute antiquité, et ils appartinrent à un prêtre. Dans cette salle on observe aussi un grand nombre d'autels et de foyers; vases et candélabres de différentes formes et gran-
Galerie des Canddaires. 609
deurs} trépieds, armes de guerre affensiyes et dé^ fensives; un fragment de figore plus grande que nature trouvé à Cbiusi} le magnifique bras colossal de la statue de Trajan » provenant du port de Givita- Yecchia; un char étrusque; Tenfant votif avec bulle au cou, illustré par le Passeri; et la précieuse cisti^ on toilette de forme elliptique, autour de laquelle on voit représenté le combat des Amazones. Ce qu'il y a de plus surprenant , c'est la collection d'objets travaillés en or, renfermée dans l'armoire ronde placée au milieu de la salle. On y distingue des ornemens de femme, d' un travail exquis ; des marques de dignités, couronnes honoraires, boucles , etc. Quelques-uns de ces objets furent trouvés dans le susdit tombeau de Cerœ,
De ce salon, passant par une allée où sont quelques inscriptions étrusques, on entre dans la
Salle des pemiures. Aniour de cette salle sont placées les copies des peintures étrusques trouvées dans les tombeaux de Yulci et de l'antique Tarquinia. Elles furent calquées et coloriées avec soin par le peintre Camille Ruspi, romain. Campanari, qui les illustra, y reconnut les spectacles avec lesquels on honorait les funérailles d'illustres défunts.
Revenant dans le salon des bronzes, avant de sortir de ce Musée, on doit observer dans la dernière salle l'imitation d'une chambre sépulcrale.
En face de la rampe d'escalier que Ton descend, à peine sortis du Musée décrit ci-dessus, on trouve la
GALERIE DES GA If DÉ LABRES.
Une belle grille de fer introduit à cette longue et magnifique galerie , faite par ordre de Pie YI , sous la direction de Michel- Ange Simonetti. Elle est divisée en six sections, où l'on voit réunie quantité de monumens, de candélabres, et deux troncs d'arbres qui soutiennent des nids remplis de petits A-
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mours, composition qui réunit la nouveauté du sujet à l'élégance. Dans la seconde section on remarque une grande quantité de sculptures , de vases , coupes et candélabres, de différentes formes, et de marbres précieux; ieirn sarcophages, dont Tun fait allusion à l'histoire de Protésilas et de Laodamie, et r autre à la mort d'Égiste et de Clytemnestre. La section suivante est entièrement décorée des monumens qu'on a découverts en 1825 près de la voie Ardéatine dans la ferme de TorMarancio: feue mad. la duchesse duGhablais les légua au pape Léon XII, qui en décora le Musée du Vatican. Parmi ces monumens on remarque plusieurs statues , dont celle de Bacchus est d'une exécution très-Gnie; des morceaux de peintures, et un petit tableau en mosaïque qui jadis a servi comme centre au pavé d'une salle h manger; aussi on y a représenté des asperges, des dattes, des poissons, un poulet etc.
Dans la quatrième section, outre une belle collection de vases , coupes , candélabres , statues et bas-reliefs , on remarque le beau sarcophage , sur lequel est représentée la fable de Niobé , et celui vis-à-vis, où Ton voit sculpté le sujet, bien souvent répété, des amours de Diane et Endymion. Dans la section suivante on remarque principalement,à gauche, une jolie statue qui a été restaurée pour une Cérès, et dont la draperie est d'un travail admirable. La dernière section contient aussi de beaux monumens et des marbres fort rares et fort précieux.
De cette galerie on entre dans une superbe galerie* où l'on a réuni une partie des célèbres tapisseries du Vatican. Ces tapisseries, avec celles que nous verrons ensuite , furent faites par ordre de Léon X, sur les^artods de Raphaël, pour décorer la chapelle Sixtine dans les jours de solemnité. A €(3tte galerie fait suite celle qu'on appelle des cartes géographiques, parce que sur les murs de côté et
Galène des Tableaux. 611
d'aatre le pape Grégoire XIll fit peindre les cartes des différentes provinces de Tltalie. Cette galerie est anssi décorée de plusieurs hermès qui sont fort bien disposés.
Traversant le salon où est réonie l'autre partie des tapisseries mentionnées ci-dessus, on parvieni à Ja
GALERIE DES TABUEAUX.
N. B. La première salle , dont nous commençons la description , est celle dont V entrée fait face à qui entre dans la galerie.
Les événemens de 1815 ayant rendu à HtaHe et •à Ronse les cfaefs-d*œuvre de la peinture moderne qui avaient été transportés en France, le pontife Pie VU conçut la noble idée de les réunir ensemble pour les conserver avec un plus grand soin et I)our en rendre V étude plus facile aux élèves de 'académie des beaux-arts de Rome, et aux peintres étrangers. Ils furent placés d'abord dans les salles de l'appartement Borgia,et ensuite, après avoir subi diverses translocatious, ils furent mis ici par ordre du pontife Grégoire XVI.
Première salle, l. La Transfiguration de Jésus- Gbrist sur )e mont Thabor, par l'immortel Raphaël. Ce tableau, le plus merveilleux qui soit au monde, chef-d'œuvre de la peinture moderne, fut le dernier ouvrage exécuté par cet incomparable maître; on l'admirait autrefois dans l'église de st. Pierre in Montorio sur le Janicnle.
2. Raphaël lui-même exécuta , à l'âge de vinfft ans, cette peinture, qui, pour le coloris, est une de ses plus belles productions; elle est connue sous le nom de la JUadonna di Folignoy parce qu' elle fut faite pour cette ville. Dans le haut on admire la Vierge avec l' Enfant-Jésus, groupe qui enchante Tœil du spectateur; et dans le bas on voit à genoux,
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parmi qaelquês saints , Sigismond Conti , de Foligùo, secrétaire intime de Jules II, par ordre de qui ce tableau fut fait
3. Le couronnement de la Vierge après son as* somption; tableau dessiné par Bapbaël, et exécuté après sa mort par Jules Romain et le FcUtore, ou François Penni, ses héritiers et ses élèves chéris.
4. Dans ce tableau est représenté le même sujet que dans le précédent; c'est un bel ouvrage de Ra^ phaël, de sa seconde manière. ,
5. Voici le chef-d'œuvre du Dominiquin, connu sous le nom de la Communion de st. Jérôme, parce qu'il représenta ce saint recevant pour la dernière fois le st. Sacrement. Ce tableau est peut-être le seul que l'on pourrait comparer à ceux de Raphaël, parce que tout en lui est pur, étudié, ncAle et expressif.
Seconde salle. 6. La vision de st. Romuald. Ce tabl^u est le chef-d'œuvre d'André Sacchi.
7. Ce grand tableau de Nicolas Poussin représente le martyre de st. Erasme; c'est un de ses meilleurs ouvrages.
8. Guido Reni fut l' auteur de ce tableau , qui dans le haut représente la Vierge, et dans le bas st Thomas et st. Jérôme.
9. Le même Guide^présenta dans ce tableau le martyre de st. Pierre: cet ouvrage est de sa première manière, c'est-à-dire du style fort, à l'imitation du Caravage.
10. Le martyre des ss.Processe et Martinientouvrage classique de M. Valentin. Ce tableau ainsi que le précédent existaient dans l'église de st.Pierre au Vatican, où ils ont été remplacés par des copies en mosaïque.
11. La Descente de la^roix, ou plutôt Jésus- Christ porté au tombeau : ouvrage célèbre du Caravage.
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12. Ce grand tableau da Titien, acheté à Venise par Clément XIV, représente la Vierge, st. Sébastien, st. François d'Assise, st. Antoine de Padone, st. Pierre, st. Ambroise et ste. Catherine. On y lit le nom du peintre, marque de la satisfaction qu'il eut en l'achevant. Il était au Quirinal, lorsque Pie VII le réunit à cette collection.
Troisième salle. 13. Le repos en Egypte, ébauche du Baroche.
14. Trois demi-figures qui représentent les por» traits des sts. Benoit, Placide, et ste. Flavie ; elles sont du Pérugin.
15. Ce tableau^ qui représente la Magdelaine,est l'ouvrage du Guerchin;il existait dans Y église de son nom.