MAISON DE LA MISSION
Cette maison appartient à la congrégation des prêtres de la mission, fondée par st. Vincent de Paul ; elle fut édifiée en 1642 par Marie de Vignarod, duchesse d'Aiguillon^ en France. Par leur institution les prêtres font les missions dans les pays de Tétat romain^ et donnent des exercices spirituels aux clercs séculiers qui doivent recevoir les ordres sacrés, pour les instruire dans la perfection chrétienne et dans la liturgie.
L'église annexée à cette maison est dédiée à la très sainte Trinité : elle fut réédifiée en 1741 par la bienfaisance du cardinal Jacques Lanfredini, sur les plans du supérieur de la congrégation, nommé Délia Torre. Les tableaux des chapelles sont de M. Vien, Joseph Bottani, Sébastien Gonca, M elani, Monosilio et Pierre Perotti.
Maison de la Misiian. 27
Dans le j&rdin attenant à cette maison, en 1705, on trouva dans la terre la colonne que Marc-Âurèle et Lucius Verus érigèrent en Thonnenr d*Antonin- Ic-Pieux, lenr père adoptif; elle était de granit rouge; son piédestal était de marbre blanc, orné de hauts-reliefs représentant les décursions militaires qu'on faisait autour du bûcher et l'apothéose d*Antonin et Faustine, avec cette inscription:
DIVO . ANTONINO . AVGVSTO . PIC
ANTONINVS . AVGVSTVS . ET
VERTS . AVGVSTVS . FILII
La colonne avait 47 pieds de longueur^ et 17 de circonférence. Gomme elle était très endommagée ar un incendie, on s'en est servi pour restaurer es obélisques érigés par le souverain pontife Pie YI. Le piédestal que Benoit XIV avait fait élever sur la place de Monte Citorio fut, comme on Ta dit, transporté dans le jardin du Vatican par ordre de Pie VL
La rue en face du palais de Monte Citorio conduit près de la place de Pietra, sur laquelle on voit les restes magnifiques du
tï:mple dit d*antonin-le-pieux.
Le plan de ce bàtinaent ne laisse pas hésiter à le reconnaître pour un temple; sa proximité du Forum d'Antonin, et la découverte faite dans le XVI* siècle d*une inscription dans laquelle il était question du temple d'Antonin-lc-Pieux, sont des argumens assez forts , jusqu'à ce qu'ils soient démentis par d'autres découvertes plus décisives, pour le croire consacré à Antonin-le-Pieux par le Sénat et le Peuple Romain dans son Forum. Il ne reste de ce temple que onze colonnes très majestueuses , qui soutiennent un entablement magnifique de marbre; cet entablement ayant été restauré
28 Première Journée.
en pl&tre par Borromiai dans le XYII* s^iôcle, cela a donné origine au conte qu* il est d'an seul bloc. On voit un fragment de la corniche originale de ce temple sous le portique par lequel on passe de la place du Gapitole au mont Gaprino. Ces colonnes formaient la partie latérale du portique qui entourait le temple; elles sont de marbre» cannelées et d* ordre corinthien, mais très endommagées par les incendies: elles ont 4 pieds 2 pouces de diamètre, et 39 pieds 6 pouces d% hauteur: la base est attique et le chapiteau est orné de feuilles d'olivier. Du ci^té de la cour on voit des fragmens de la voûte de la Cella, qui était ornée de caissons en stuc. Vers la fin du XVII* siècle cet édifice fut réduit à servir de façade à la douane des marchandises qu' on transporte par terre à Rome, c'est pourquoi on l'appelle la Dogana di Terra.
De cette place retournant sur le Cours^ on entre sur la place qui tire son nom du
PALAIS SGIARRA.
La belle architecture de ce palais est de Flaminio Ponzio, excepté la partie du portail de pierre travertin que Ton croit d'Antoine Labacco, et qui ne mérite certes pas les éloges qu'on lui prodigue.
Au premier étage on conserve une belle collection de tableaux choisis; elle est considérée comme une des plus importantes de Rome.
En entrant dans la première pièce, du côté de l'entrée on voit une belle copie de la Transfiguration de Raphaël, attribuée à M. Yalentin, on, selon d'autres, à Charles Napolitain; le Sacrifice d'Abraham, par Ghérard délie Notti; st. Augustin faisant Taumône^ par Charles Maratta; une sainte Famille, par Innocent dalmola; une Vierge avec l'Enfant-Jésus, par Jean Bellini; une Cléopàtre, par Lanfranc^ tableau peint avec une grande vi-
Palais Seiarra. 29
gueor; st. Pierre guérissant uo malade, par Boraranelli; une Vierge, d'école floreotioe, et un portrait«d'école vénitienne; ensuite la Décollation da st. Jean-Baptiste, par M. Yalentin; la Vierge avec deux saints, de l'école de Pierre Pérugin;8te. Barbe, par Pierre de Gortone; un Ecce*Hoaio, par le cher. d'Arpin; le portrait du cardinal François Barberini, par Charles Maratta; une ste. Françoise, par Charles Vénitien; st. Fabien, par Voyet; et une Descente de Croix, par Bassano. Sur la face où est rentrée de la seconde pièce, on admire Borne triomphante avec le Tibre et le Tigre, par M. Valentin; la Samaritaine^ par Garofalo; une Vierge, par le Titien; un tableau peint des deux côtés, attribué à Charles Dolci, d une part il représente Jésus en croix, et de l'autre Jésus priant au Jardin des Oliyiers; le massacre des Innocens, par Bassano, et une sainte Famille, de Técole de Sienne. >
La seconde pièce renferme une belle collection de paysages. Commençant la visite par la partie de rentrée^ au milieu est un petit tableau de Salvator Bosa et deux de Claude Lorrain, le lever et le coucher du soleil; le Vésuve, à droite de ceux-ci, est de Técole vénitienne; le tableau à gauche, représentant une chute d*eau, est de Both; le tableau placé au dessous est de Paul Brilli, ainsi que celui placé sous le Vésuve. Tous les autres tableaux de cette partie sont d'Orizzonte et de Locatelli, à l'exception de celui situé sur la porte, et de celui placé au milieu de la face sur le petit Salvator Bosa, qui sont du frère de Both, ainsi que les deux en face.
Vis-à-vis la fenêtre est un tableau représentant l'intérieur de l'église du Jésus, par Galiano; André Sacchi y peignit les figures. Des six tableaux près de celui-ci^ les deux supérieurs sont d'Orizzonte; ensuite sont deux Locatelli, et enfin deux belles
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peintures de Badi. Âa milieu de la face contigae OQ doit remarquer un tableau de Nicolas Poussin, il y peignit st. Mathieu; sous ce tableau est st. Jean baptisant Jésus-Cbrist sur les rives du Jourdain, par Breguel; des quatre tableaux près du Breguel, les deux plus proches sont de Claude et les deux autres sont flamands; à la droite du même Poussin est une vue du château de Naples, par Ganaletto, et au dessus un petit tableau de Salvator Rosa. Les autres tableaux qui sont sur cette face et desquels on n*a pas parlé, sont peints par Orizzonte, Locatelli, et de Técde de Claude. Des tableaux près de la fenêtre, les six supérieurs sont de style flamand, les deux inférieurs de Paul Brilli. Dans la troisième pièce, le premier tableau h
Sauche de la face d'entrée est une bambochade amande; ensuite le Calvaire, de l'école de Buonarroti; les Noces de Cana, par Pomarancio: sur la porte les profanateurs chassés du temple, œuvre attribuée à Bassano; on lui attribue encore les tableaux représentant la prière au Jardin des Oliviers, le départ de l'Egypte et trois bambochades qui se voient sur les portes. Reprenant la visite, on admire une Descente de Croix, par Barocci; une Vierge et FEnfant-Jésus, par François Fraucia; Circé changeant les hommes en bêtes, bel ou* vrage par BenvenutoGarofalo; deux petits tableaux représentant une chasse et un assaut, par Tempesta; une Charité, par Elisabeth Sirani; Jésus souffrant, de l'école flamande; une Vierge avec l'Enfant-Jésus, et plusieurs saints, par André del Sarto; une Flagellation, par Scarsellino; une sainte Famille, de Fécole de Michel-Ange; un tableau représentant une vision, par Gaudenzio Ferrari; une sainte Famille, par Scarsellino, et un st. Pierre prêchant, par Charles Maratta.
Pàlats Sciarra, 31
Sur la face suivante, un paysage attribué à Breguel; Noli me tangere, par Benvenuto Garofalo; Samson, par Caroselli; Moïse, par le Guide, de sa manière forte; une Vierge, par l'Albane; le beau tableau de Garofalo, représentant la vestale Claudia tirant le vaisseau sur lequel est le simulacre de Passinunte; une bambocbade, par Téniers; une Vierge, de l'école du Corrège; une copie de la Fcrnarina de Raphaël, attribuée à Jules Romain; une sainte Famille,par Charles Maratta; un tableau d'auteur inconnu. Ensuite, du côté des fenêtres, on voit le massacre des Innocens, par Scarsellino; l'Adoration des Anges, par Lucas Kranack; deux petits paysages, d'auteurs inconnus; les trois âges, par Vovet; l'Adoration des Mages, par Garofalo; deux paysages flamands et deux petits tableaux de Téniers.
Passant à la dernière pièce et commençant à observer à gauche de la porte d'entrée, on voit un beau tableau de Schidone, représentant la parabole évangélique de la zizanie; ensuite une Vierge, par frère Barthélemi del Piombo; Didon abandonnée, par le Scarsellino; deux évangélistes, par Guerchin; un tableau de Schidone, nommé l'Arcadie; un joueur de violon, portrait inconnu que quelques personnes croie*nt celui du célèbre Tebaldeo, œuvre sublime peinte par Raphaël en 1518, comme le note l'inscription originale; Hérodiade recevant la tète de st. Jean-Baptiste, par Giorgione; le départ d'Enée, par le Scarsellino; deux petits tableaux d'école flamande, l'un représente l'enfant prodigue, l'autre l'Apocalypse de st. Jean; l'amour conjugal, par Augustin Carache; Vérius commandant les armes d'Enée, par Breguel; la Samaritaine, par l'Albane; les tentations de st. Antoine, par Breguel; les Joueurs, œuvre célèbre de Michel-Ange de Garavage; la vanité et la modestie, œuvre ce-
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lèbre de Léonard de Vinci; Orphée au palais de Platon, par Breguel; la fuite en Egypte, par TAlbane; une foire de campagne, par Breguel; une Magdelaine, œuvre sublime du Guide^ termine cette face.
Sur la suivante on voit un paysage par Breguel; un petit tableau de Giotto bien conservé; un portrait inconnu^ par Bronzino; la famille du Titien, peinte par lui-même; st. Sébastien^ par Pierre Pérugin; le martyre de st. Erasme, ébauche du tableau de Nicolas Poussin existant dans la galerie du Vatican; le célèbre portrait connu sous le nom de la belle du Titien, peint par lui-même; un st. Jérôme, par le Guerchin; la mort de la Vierge, on croit ce tableau d'Albert Durer; un autre st. Jérôme, du Guerchin ; et enfin on admire Tautre Magdelaine du Guide , dite aux Racines : cette peinture est plus belle que la première dont on a parlé, et dont elle semble être une répétition avec peu de variantes^
Sur la place à laquelle ce palais donne son nom^ c'est-à-dire Sciarra, en 1641, en faisant une fouille à la profondeur de 23 palmes, on trouva l'antique pavage^ et en face l'arc de communication dit de CarbognanOyOti trouva divers fragmens de colonnes, une inscription appartenant à Claude, placée aujourd'hui au palais Barberini, et une médaille en or portant sur une face Teffigie de Claude, et sur l'autre un arc et la figure équestre de cet empereur; cette découverte^ jointe à d*autres faites dans le cours du siècle passée au temps de Pie VI^ et plusieurs ruines alors existantes ont fixé Topinion que Tare de triomphe élevé à Claude par le sénat et le peuple romain^ pour la conquête de la Bretagne et des Orcades^ était situé vers le carrefour de Tare de Carbognano. Nardini rapporte Tinscription de cette pierre telle qu'elle fut restaurée par Granges de Goze.
Église de st. Ignace. 33
Ti . cLAVDio drtisi f. caisari AVGVsto germamco pio PONTiFiGi max . irib . vot ix • COS. V. imperatori xvi . patri patriai SENATYS . vovylusque romanus quod REGES . Bmtanniai perdueUes sine VLLA ikCTYra- celertUr caiperit OENTESÇ^ . exiremarum orchadum PRiMTs . iNDiGio fucto imperio adtecerit
s . p . q . r  rembouchurc de la rue vis-à-yis l'angle du palais Sciarra, on trouve à gauche 1 oratoire du père Caravita, de la compagnie de Jésus, il le fonda en 1611 et y institua des exercices spirituels qui s'y pratiquent tous les soirs. On troure ensuite la place et 1'