TEMPLE DE ROMULUS ET KÉMUS
D*aprôs les écrivains ecclésiastiques qui parlent de Torigine de l'église des ss. Gôme et Damien, on reconnaît que ce temple a été érigé à Romulus et Rémus. La cella qui se conserve encore et sert de vestibule à l'église^ est de forme circulaire, son pavé était plaqué de marbre, et on y avait gravé le plan de Rome, duquel, vers la moitié du XYP sié* cle^ on trouva beaucoup de fragmens qui sont aujourd'hui au Musée du Capitole, comme on Ta dit ci-dessus. La construction de ce temple^ et une inscription qu'on lisait encore dans le XVI* siècle sur sa façade^ et dont on conserve la copie dans un manuscrit de la Ribliothèque Vaticane, font reconnaître qu'il a été bâti sous Constantin.
A côté de ee temple en 527 st. Félix IV construisit une église qu'il dédia aux ss. Gôme et Damien, et il se servit de la cella du temple pour vestibule de Téglise; ce même pape décora la tribune des mosaïques qu'on y voit encore. L'exhaussement du sol. extérieur rendait cette église trop humide> aussi le pape Urbain VIII la fit rebâtir sur le sol moderne: il conserva la partie supérieure de l'ancienne tribune, et décora l'église des peintures, qui existent encore.
La partie supérieure du temple sert encore de vestibule à cette église; on y a fait deux ouvertures et l'on y a placé une ancienne porte de bronze qui était à Pérouse; cette porte est ornée d'un cham*
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branle doul le travail est fort médiocre, et de deax colonnes de porphyre. Le paré de ce vestibule, ainsi que celui de Téglise moderne, est soutenu par de gros piliers.
En descendant dans l'ancienne église souterraine par un escalier commode^ placé à c6té de la tribune, on aperçoit le maltre*autel isolé, sous lequel reposaient les corps des ss. Côme et Damien, des chapelles et quelques peintures. De ce souterrain on descend dans un autre où il y a une source d'eau qu'on appelle de st. Félix.
Les deux colonnes en cipoUin qu'on voit à c6té de cette église étaient une partie du portique du temple de Rémus; elles sont à leur place et ont depuis la base jusqu'au chapiteau 31 pieds de hauteur, comme on le reconnut en 1753 lorsqu'on les déterra.
Les trois grands arcs que l'on voit auprès de ces colonnes, sont les restes de la
BASILIQUE DE GONSTANTm.
Âurèle Victor dit une Maxence^ vers l'an 311 de l'ère vulgaire, construisit une basilique avec beaucoup de magnificence, et que le sénat la consacra depuis à Constantin qui fut son rival dans l'empire; c'est pour cette raison qu'elle fut appelée Basilique de Constantin* Un écrivain anonyme contemporain de Constantin, publié par Eccard, moûtre que cette basilique avait été érigée sur les ruines des magasins au poivre et autres marchandises orientales, construits par Domitien sous le nom A*Horrea Piperatorta, qui furent ruinés par un grand incendie l'an 191 de l'ère vulgaire, comme on l'apprend de Galien et Dion. Le plan de ce bâtiment est bien celui d'une basilique, puisqu'il est celui d'une salle fort vaste, partagée en trois nefs par d'énormes piliers. Le style de la construction et des ornemens
Basilique de Constantin. 133
de cet édifice est identique avec celui des thermes de Dioclétien et de Gonstantio, et d'autres bàtimens contemporains du commencement du IV« siècle de l'ère vulgaire; les marques des grandes briques portent généralement le timbre de cette époque, et dans un massif écroulé de la voûte, on a découvert en 1828 plusieurs médailles, dont une très rare en argent avait la tète de Mai^ence. Ainsi je crois que ces restes appartiennent à cette basilique qu on appelle Basilica ConstanUni dans le catalogue des anciens quartiers de la ville écrit par Rufus, ViccioT, et par un anonyme qu'on désigne sous le nom deNotice de l'Empire^ils la placent dans le quartier de la voie sacrée, où sont ces ruines.
Depuis le XV* siècle jusqu'à la moitié du siècle dernier, on avait donné le nom de temple de la Paix à ce grand bâtiment; mais d'après ce que je viens de dire, je crois qu'il est inutile de démontrer que cette dénomination doit être placée parmi les apocryphes des autres monumens de Rome, qu'on a trop facilement données à une époque où on était tellement ignorant de la topographie matérielle de la ville, qu'on avait donné le nom <le Quirinal au mont Pincio,comme on peut le voir dans Blond de Forli.
Cette basilique avait environ 300 pieds de longueur sur 200 de largeur, et à peu près 70 de hauteur. Elle était divisée en trois nefs par des piliers: celle du milieu était décorée de huit colonnes en marbre blanc, cannelées, el d'ordre corinthien; une de ces colonnes restait encore à sa place eq 1614, lorsque le pape Paul V la fit transporter devant la basilique de ste. Marie-Majeure, où elle existe et
Eorte la statue en bronze de la Vierge. Malgré sa auteur, cette colonne laisse entrevoir dans ses proportions, dans son travail et dans la partie du
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chapiteau qui n'a pas été restaurée^ une grande analogie de style avec le reste du bâtiment.
La nef septentrionale est assez bien conseryée, de même que le portique d'entrée. On remarque un changement dans la construction primitiye de cette basilique, car d'abord elle arait seulement une entrée vers le Golisée^ où est ie portique^ et au fond de la grande nef une tribune; depuis^ on ouvrit une autre entrée vis-à-vis le Palatin, on la décora de quatre colonnes de porphyre, et on chan* gea en tribune l'arceau de milieu de la nef septentrionale. Les dernières fouillas ont fait voir plusteurs restes du pavé en jaune antique, et en marbre blanc^ de même que quelques parties du revêtement des murs; des bases et des chapiteaux, des colonnes, de l'entablement, et deux tronçons des colonnes de porphyre qu'on a réunis ensemble en une colonne dans la cour des Conservateurs. Dans cette occasion on découvrit aussi dans la tribune ajoutée, des peintures grossières du XIII* siècle, qui indiquaient qu'on y avait enterré quelques personnes, dont on trouva les ossemens: ces peintures ayant été faites sur le mur^ manquant du revêtement et des ornemens, font voir qu'à cette époque le bâtiment était déjà ruiné.
Près de cette basilique est V