PALAIS DES CONSERVATEURS
On appelle Conservateurs de Rome la magistrature municipale, qui est composée de trois Conservateurs proprement dits, et d’un prieur des chefs des quartiers (Priore de’ Caporioni); ils siègent dans ce palais, et pour cette raison on l’appelle palais des Conservateurs.
Sous le portique de la cour on voit à droite une statue de Jules César qu’on regarde comme le seul portrait reconnu de cet homme célèbre qui soit à Rome ; à gauche est celle d Auguste, à ses pieds est une proue faisant allusion à la victoire d’Actium. Autour de la cour on voit plusieurs fragmens anciens, dont quelques uns soîit d’une grande dimension; à gauche est une tète colossale de Domitien: elle a été placée sur un piédestal orné d’un basrelief représentant une province, de ceux qu’on
Protomothèc/ue .
souverain choisit des juges; 5. que les portraits ne peuvent être que des bustes d’après la mesure de celui de Léonard de Vinci, ou des hermès comme celui de Galilée, et qu’on ne doit faire usage que du marbre blanc ; 6. enfin que les conservateurs delà ville sont chargés de la garde du local et de l’exécution des loix dont ils ne peuvent s’écarter en aucune manière. Dans cette première chambre on a réuni les portrais des étrangers célèbres qui existaient jadis au Panthéon, mais qu’on pourrait considérer comme italiens, ayant passé la plus grande partie de leur vie en Italie, où ils se perfectionnèrent, et où ils reçurent les plus grands encouragemens;t els sont: Nicolas Poussin, peintre, portrait placé par les soins de Mr. d Agincourt; Raphaël Mengs, peintre aussi, dont le buste a été placé par les soins de Mr. Azara; Jean Winckelman, le grand génie de l’Archéologie, dont le buste a été sculpte par Doel, aux frais du conseiller Reifienstein ; Angélique Kauffmann, femme qui se distingua dans la peinture, et dont le portrait a etc place pai Jean Kauffmann et ses héritiers, et enfin Joseph Suee, peintre français, directeur de l’Acadénne de France à Rome. La seconde chambre contient les portraits de plusieurs artistes célèbres du XIII , XIV et XV siècles , faits aux frais de
Canova, savoir: Philippe B runeileschi florentin, buste sculpté par Alexandre d Lste, a même que les hennés de Nicolas Pisain , sculpteur et architecte, et de Giotto floientm) peintre , sculpteur , et architecte ; 1 lie J' n ^
d’André Orcagna, peintre, sculpteur, et a
chitecte florentin, est de Maximilien LaJao
Protomothèque.
fore de Carrara. La position des pieds , de la jambe et du genou est une preuve que ces fragments appartiennent à une statue colossale assise, telles que celles de Tibère au Vatican ; c’était quelqu’ empereur romain, enfin le grand piédestal qui suit , a appartenu à une statue de l’empereur Adrien, érigée par les T^iatores de l’empereur et d’antres magistrats.
La porte à gauche conduit à la
PROTOMOTHÈQUE,
Le pape Pie VII fit transporter dans ces salles les portraits des homme qui se sont illustrés dans le sciences, les lettres et les arts, dans les deux derniers siècles on les avait placés au Panthéon , laissant aussi des places pour ceux qui, à l’avenir, se rendraient dignes de cet honneur. On appela cette collection Protomothèqne du mot grec prothomé: buste. Dant la première salle ont lit une grande inscription latine qui contient les loix de cet établissement, elle est divisée en six sections, savoir: 1. que cette place est destinée à perpétuer la mémoire des italiens illustres; 2. qu’elle servira non seulement pour contenir les portraits qui jadis étaient placés au Panthéon, mais encore ceux qu on voudra eriger a 1 avenir; 3. qu’il n’y aura qne ceux qui seront reconnus comme des génies du premier ordre qui pourront y être placés; fi ue jamais un vivant ne pourra obtenir cet honneur; 4. que les trois conservateurs de Rome doivent recevoir la proposition de l’admission d un portrait et consulter le sentiment des difei entes academies; que le souverain seul décide l’admission , et qu’en cas de dissidence le
Protomotheque.
meux peintre, est l’ouvrage de Philippe Albacini; Dominique Manère sculpta le buste du peintre Paul Véronèse; celui de Bramant Lazzari , architecte d’Urbin, est d’Alexandre d'Este, et celui de l’architecte Michel Sanmicheli veronais, est du susdit Manèra. La quatrième salle contient les portraits des artistes qui ont fleuri pendant le XVI, XVII et XVIII siècles. Le buste de François Marchi , fameux architecte militaire de Bologne, a été sculpté par Léandre Biglioschi, aux frais de Canova; celui d’Annibal Carrache, fameux peintre bolognais, fut fait aux frais de Charles Maratla,par Paul Naldini; le buste de Jules Pippi, peintre célèbre romain, est l’ouvrage d’Alexandre d’Este, aux frais de Canova; celui de Marc Bénéfial; peintre romain, a été fait aux frais de ses amis; l’hermès de Polydore de Caravage, peintre de l’école de Raphaël, est l’ouvrage de Maximilien Laboureur, aux frais de Canova; de ce meme sculpteur, et aussi aux frais de Canova, sont les hermès de Sébastien del Piombo, peintre ferrarois; de Rodolphe Brigoldi, dit le Guirlaudaïo, peintre florentin, et de Jean Nanni d Udine aussi peintre; Alexandre d’Este sculpta l’hermès de Dominique Zampieri, peintre excellent de l’école bolognaise, connu sous le nom de Dominiquin, il a été placé aussi aux frais de Canova; celui de Flaminius Vacca, sculpteur romain et collecteur de notices sui les fouilles qu’on a faites de son tems, a ete sculpté aux frais de ses amis; le buste de Pei' uî del Vaga, peintre florentin de l’école de fla phaël, a été fait aux frais de ses parens; celui de Thadée Zuccari, peintre, né à st, Angelo i 11
Protomothèque.
reur; celui de Masaccio, aussi peintre florentin, est de Charles Finelii; celui du B. Jean de Fiesole, aussi peintre, est par Leandre Biglioschi; l’hermès de Laurent Ghiberli florentin , peintre et sculpteur, est ouvrage de Charles Finelii, et celui de Donat Bardi , ou Donatello, sculpteur florentin, a été fait par Jean Ceccarini. La troisième chambre, outre le portrait du pape Pie VU, renferme ceux des artistes célèb res du XVI siècle: à l’exception de celui de Raphaël qui a e'te' fait aux frais de Charles Maratta par Paul Naldini, tous les autres ont été sculptés aux frais de l’immortel Canova; d’a-
bord on voit Je buste déjà mentionné, du pape Pie VII, sculpté par Canova, avec une inscription; suit celui de Titien Vecellio, peintre vénitien, sculpté par Alexandre d’Este; le buste de Léonard de Vinci, peintre florentin, a été sculpté par Albacini ; Michel-Ange Buonarroti, aussi florentin, peintre, sculpteur et architecte, est l’ouvrage d’Alexandre d’Este; André Palladio, architecte vicentin, a été sculpté par Leandre Biglioschi ; l’hermés de fi\ Barihelemi de st. Marc, peintre florentin, est de Dominique Manera; celui d’André Mantegna, oeintip mantouan, est de Raïnald Raïnaldi ;
1 hermès de Luc Signorelli, peintre de Cortone, est l’ouvrage de Pierre Pierantoni; celui du peintre Pierre Pérugin est de Raimond Trentanove ; André del Sarto, peintre florentin , es t d’Antoine d’Este; Mai’c-antoine Raïmondi , paveur bolognais, est deMaximilicnLabourem le buste de Raphaël, peintre immortel, d’Ur bin; a été sculpté aux frais de Charles Marat celui d’Antoine Allegri de Gorrège t fa
Protomothèc/ue.
d’Este; le buste du fameux typographe Jean Baptiste Bodoni de Saluzzo, fait par Alexandre d’ Este aux frais de Marguerite d’ Allalio, sa veuve; celui de Rodulphin Venuti, antiquai, re, sculpte par Pierantoni, aux frais de son neveu Dominique ; Thermes de Christophe Colombe, génois, ouvrage de Trentanove aux frais de Canova; celui d’Alde Manuce, fameux typographe de Bassiano, ouvrage de Thérèse Benincampi; celui deGalilée,fait parManera, aux frais de Canova, qui fit sculpter aussi Thermès de Muratori par Tadolini; celui du fameux anatomiste Jean Baptiste Morgagni, de Forli, fut fait par le meme Tadolini, aux frais de Manzoni; Thermès de Jerome Tiraboschi, de Bergame, auteur de THistoire de la littérature Italienne, a été sculpté par Antoine d’Este aux frais de Canova; le portrait en hennés du célèbre litérateur Alexandre Verri, milanais, auteur des Nuits Romaines, placé par sa belle sœur Vincence Melzi et par Gabriel Verri son neveu, est l’ouvrage d’Antoine d’Esle; celui du jésuite Daniel Bartoli, fait par Barba aux frais de mons. Muzzarelli; et celui du célèbre Jean Baptiste Beccaria fait et donné par Joseph Bogliani. Dans le septième salle on a place le monument sépulcral de Canova decerne par Léon NII et sculpté par B 1 abris. La dernière chambre renferme les portraits de plusieurs maîtres de musique qui se sont rendus fort célèbres , savoir celui de Cimarosa, buste scupté par Canova lui-mème, aux frais du cai 1 nal Cotisai vi; le buste d’Antoine Marie ^ aC chini , sculpté aux frais d’Antoine Berto Des febues Dannery; celui d’ Archange Coie 1
Protomothèque.
veut fi
Vado, a été sculpte aux frais de son frere tredéric,et celui de BartlielemiBaronino, architecte, fut place par ses frères. Dans la cinquième chambre on voit le buste de Jean Fichier, graeur sur pierre, ouvrage de Kevetson fait aux :*ais de Thérèse Pickler fille de l’artiste; Pacetti sculpta celui de Gaétan Rapini, ingénieur, aux frais de son fils François Rapini; Joseph Rusconi fit celui de Camille Rusconi , sculpteur milanais; Virginius Bracci fit faire à Pacetti, celui de Pierre Bracci, sculpteur romain, son père; le buste de Pierre Rerrettini, peintre de Cortone, fut sculpté par Pierre Pierantoni aux frais de Dominique Venuti ; enfin l’immortel Canova fit sculpter le buste de Jean Baptiste Piranesi de Majano, fameux graveur et architecte , par Antoine d’Este. La sixième chambre renferme les portraits des poêles et des litérateurs, ces portraits furent sculptés aux frais de Canova, à l’exceptiou de ceux de Tris* sino. Métastase, Annibal Caro, Bodoni , Vénuti, Aide, Morgagni, Verri, Bartoli , et Beccaria; le premier buste est celui de Dante AlighierD poète, florentin, sculpté par Al exandre d’Este qui fit aussi celui de Torquato Tasso; suit le buste de Trissino, poète vicentin , sculpte par Joseph Fabris aux dépens des com-
Tr . issino ’ ce l u i du fameux tragique Alfieri d Asti , ouvrage de Manèra; Fine li sculpta ceux du Pétrarque et de l’Arioste ; celui de Goldoni fut fait par Biglioschi ; celui de Métastase a été sculpté par Ceracchi aux dépens du cardinal Riminaldi ; celui d’ Annibal Ca- *° i poète, de Civitanova, a été fait aux frais de la duchesse de Devoushire , par Antoine
Salles des Conservateurs.
un des triomphes de cet empereur; dans le troisième , il est représenté à cheval , ayant à sa gauche le préfet du prétoire qui semble lui demander la paix pour les Germains qui sont à genoux ; dans le quatrième on voit Rome présentant un globe, à Marc Aurèle symbole delà puissance impériale: ces bas-reliefs se trouvaient auparavant dans 1’ église de st. Luc au Forum Romain. Le bas-relief sur le mur à gauche de la seconde rampe de l’escalier représente Curtius Sabin traversant le marais au moment du combat entre Romulus et Tatius: il est fort ancien et il a été trouvé près de ste. Marie Libératrice.
Sur les murs du palier suivant , on voit enchâssés les deux bas-reliefs représentant Marc- Aurèle debout sur un piédestal, lisant devant le peuple , et 1’ apothéose de b austine la jeune: ces bas-reliefs servaient d’ornement à l’arc de Marc-Aurèle, qui était dans la rue du Cours.
On entre ensuite dans les.