‹ Itinéraire de Rome et de ses environs T. 2Chapitre 128 sur 133 · VILLA D’ESTE · texte numérisé non relu

VILLA D’ESTE

Le cardinal Hippolyte d’Este fils d’Alphonse duc de Ferrare, fit construire cette magnifique villa en 1549. C’était une des maisons de campagne les plus magnifiques de l’Italie ; mais faute des réparations nécessaires, elle est maintenant en très mauvais état. On prétend que l’Arioste y composa une partie de sonpoëme; mais la construction de cette ^illa estposte-

Vaille de Palestriiie.

Heure à sa mort. Le palais est orne de fresques de Zuccari , Mutien et d’antres artistes de ce lems-là; ces fresques sont relatives à l’histoire de Tivoli, elles ont beaucoup souffert.

A dix milles au dessus de Tivoli, sur la voie Valerienne, est Vicovare, jadis Varia^ où l’on voit les restes d’un ancien pont, sur lequel passait l’eau Claudienne, et les ruines des murs de la ville ancienne, construits en gros blocs de pierre du pays. Près de l’église principale est une chapelle octangulaire , isolée , bâtie vers le milieu du XV siècle par les Ursins comtes de Tagliacozzo , et dédiée par Jean évoque de Treni a st. Jacques l’apôtré. Vasari dit que ce petit temple fut bâti par un elève du célèbre Brunellescbi , qui s’appelait Simon et qui mourut a Vicovaro. De là, après 5 milles de chemin, on parvient à Licenza , village appelé anciennement Digentia; c’est dans ces environs qu’était la célèbre maison de campagne d’Horace, que ce grand poète a chantée si souvent dans ses ouvrages, et dont on montre encore un reste de pavé en mosaïque.

A 12 milles de Tivoli et à 24 de Rome est située la

VILLE DE PALESTPJNE.

C’est l’ancienne Préneste, ville fort célèbre

dans l’histoire romaine, et dont l’origine est antérieure à la guerre de Troie. Selon Virgi e» elle fut bâtie par Gæculus , fils de Vulcain , d’autres prétendent qu’elle a été fondée pai

Préneste, fils du roi L

vée et le bon air de cette ville, y attirait soi

Ville de Paleslvîne.

vent les empereurs romains et d’autres personnages. Ce qui la rendait très renommée, c’etait le fameux temple de la fortune, qui fut restauré et agrandi par L.Sylla; il était si vaste qu’il occupait presque toute l etendue de la ville actue le. Dans le commenceinent du XV siècle eelte ville ayant été détruite, dans la suite des tems elle fut rebâtie sur les ruines de ce temple , dont on voit encore beaucoup de restes, partie en grands polygones de pierre locale, partie en pétits cailloux de la naeme pierre. Il y avait un pave de mosaïque , dont on conserve une partie dans le palais Barberini, situé dans cette ville. Dans c^lle célèbre mosaïque on voit difïerens animaux, plusieurs plantes, une tente avec d(;s soldats, des figures égyptiennes qui jouent des instrumens de musique , des figures occupées aux travaux de la campagne, et autres objets. Plusieurs antiquaires ont donné diverses explications de ce monument; cependant il paraît que la plus problable est celle qui y reconnaît les fêtes qu’on célébrait en Egypte sous les rois grecs pour l’inondation du jNil, et les usage» qui accompagnaient cet événement.

A huit milles de Palestrine, est un petit village, appellé la Colonna^ près duquel on trouve la source de l’eau Félix. Au bas de la Colonna est un petit lac qu’on croit sans aucun fondement être le Regillus des anciens , où eut lieu la fameuse bataille entre les Romains et les Latins, par laquelle les Tarquins perdirent toute esperauce dctic letablis. A.

cmelaues milles au de là, vers Rome, dans la ferme de Pantano, on voit le lac de Gastiglio-

Ville de Frascati.

ne, jadis Gabinus^ près duquel était 1 ancienne ville de Gabii. Elle a été découverte dans le siècle dernier, et dans cette occasion, en 1792, on trouva beaucoup de monumens, qui d’abord furent placés à la villa Borglièse , et depuis, en 1808 , on les transporta à Paris.

On voit encore debout la cella du temple de Junon mentionné par Virgile et quelques restes des murs de la citadelle en blocs carrés de pierre volcanique locale , semblable au pépérin , que les Romains appelaient pierre gabine, lapis gabinus^ et dont ils fesaient un très grand usage.

A six milles de la Colonne et à douze de Rome, est la

Page 1