THERMES DE CARACALLA
Vers l’annee 21 2 del’ëre vulgaire l’etnpëreur Antonîn Garacalla; fit construire ces thermes; pour cette raison ils furent appelés les Thermes Antoniniens, nom que celte contrée conserve encore, quoiqu’un peu altéré, dans celui Antoniana» Ce même empereur les acheva et les dédia avant sa mort, qui arriva en 21 7. Des portiques y furent ajoutés par Héliogahale , et Alexandre Sévère; Spartien, Lampridius, Sextus Victor, Eutrope , et Olympiodore , sont les écrivains qui en parlent et indiquent leur magnificence ; ce dernier écrivain dit qu’ ils contenaient 1600 places pour se baigner. L’époque de leur abandon n’est pas bien connue mais il est fort probable qu’il a eu lieu dans le VI siècle, pendant la guerre entre lesGolhs et les Grecs sous Justinien, et particulièrement depuis les ravages ue Vitigès. Dans les fouilles taitca au XVI sîecle, on trouva dans les ruines de ces thermes, parmi d’autres objets , le fameux torse du Belvedère, l’Hercule Famése, le groupe connu sous le nom de Taureau Farnèse, et la Flora Farnésienne; tous ces objets sont a Naples, à l’exception du torse, qui est au musée du Vatican. Dans d’autres fouilles faites pendant, le siècle suivant on a découvert quelque centaine de statues, plus ou moins bien conservées. Pour avoir une idée de la grandeur et de l’étendue de ces thermes, il faut consi eierquece batiment est un carré de 1 050 pie S G c laque cote ou 4200 d’enceinte. Vers G mi leu de cet enorme carré s’ élève un batiment somptueux carré oblong qui a 690 pieds
Thermes de Cciracalld^
de longueur et 450 dans sa plus grande largeur. Une sorte de rez-de-chaussé, ou premier otage règne par tout; il n’en est pas ainsi du second étage , qui ne se trouve qu’ autour et dans le batiment principal du milieu, de manière que celui-ci était entièrement détaché du reste et isolé par une cour immense qui servait aux dilTérens exercices et amusemens du peuple;c’est parcelle raison qu’il y avait une espèce de théâtre, avec des grand ins pour les spectateurs; il était adossé à la colline qui domine ces thermes vers le sud-ouest, La façade était du côté nord-est, où on trouve aujourtf’ hui (quantité de chambres séparées l’une de l’autre, clics servaient de logement aux gardes et aux esclaves attachés au service des thermes ; ces chambres avaient leur entrée coraune dans un corridor ou portique à arcades qui précédait tout le batiment des thermes ; c’est à tort qu’ on les croit des chambres de bain. Une rue large et magnifique , appelée "via nova , rue neuve, construite par Caracalla, conduisait à ce portique ; six escaliers places à différentes distance , conduisaient à la cour qui environnait le grand batiment du milieu , comme je viens de le remarquer. Des fouilles qu on vient de faire dans cette partie ont leve beaucoup de doutes sur l’usage des differentes pièces qui la composent, et ont aussi apporte une grande lumière sur les autres restes es thermes existans à Rome, tel que ceux de i tus et de Dioclétien. Dans ces fouilles on a reconnu que le pavé de ces différentes pièces, a 1’ exception de la salle du centre et de ce e qui lui est parallèle vers le nord-est, sont e
Thermes de Caracalla,
mosaïque d’une execution plus ou moins fine
en pierres dures, c’est à dire porphyre, serpentin, jaune antique, portasanta, lave noirâtre, et marbre blanc ; en general le dessin ne pre'sente que des compartiniens de differentes formes , circulaires , elliptiques quadrangulaires , romboïdaux , et en forme d’ écailles , dont les couleurs très vives sont d’un effet admirable. Mais rien n’e'gale la richesse du pavé des deux grands exèdres des cours d’ exercice, sur lequel on a représenté des gymnasiarques et des athlètes en mosaïque très-fine, qui déterminent l’ usage de ces deux cours . On vient de transporter ces mosaïques au palais du Latran , Parmi les pièces qui composent cette partie, cinq sont les plus remarquables ; c’ est-à-dire: deux cours entourées, de portiques à colonnes de granit gris , servant aux exercices gymnastiques ; une vaste salle centrale à laquelle on donne le nom de Pinacotheca et qui , étant sur le même plaque celle des thermes de Dioclétien , était, comme celle-ci, décorée de huit colonnes én noimes de granit , dont on voit les places ^ on sait que la dernière fut transportée à Florence et placée devant le pont ste. Trinité par le duc Corne de Médicis dans le XVI siècle , on la voit encore surmonlée de la statue de la Justice; on voit les restes d’une salle ronde , placée au milieu du côté sud-ouest visa-vis le théâtre , et enfin la grande piscine qu on a cru être la même salle que celle 3ppe ee cella solearis par Spartien qui la déçut comme étant d’une construction merveileuse, puisque sa voûte, d’un développement
78 Thermes de Caraccilla*
considorable, était retenue par des barres de bronze ou de cuivre; l’étendue de cette pièce est de188 pieds de long suri 34 de large, c’est précisément cette étendue qui rendrait la chose extrêmement difficile. Spartien dit que les ingénieurs de son tems soutenaient qu’ on n’ eu pouvait pas faire une semblable ; mais d’après les nouvelles decouvertes il est certain que cette pièce n’a jamais eu de plafond. On remarque encore dans cette piscine les neuf ouvertures par lesquelles l’eau y entrait et en formait un immense bassin; on voit que pour cette raison la partie inférieure des murs était revêtue de ce mastic qu’ on appelait opus signintim pour les rendre impénétrables à l’eau. Des recherches , faites par Piranesi vers la moitié du siècle dernier avaient fait croire que les bains pour le peuple se trouvaient dans le rezdechaussé vers le sud-ouest, sous la cour, dans laquelle d’après ce qu’on a dit, le peuple s’exerçait ; on peut assurer aujourd’hui que ce ne sont que des substruciion. Aux deux extrémités de cette cour sont les restes de deux dietae ou salles de forme octogone, dont celle vers le sud-est, qui est la mieux conservée, porte sans aucune raison le nom de temple d’Hercule.
Près de cette dernière on trouva , en 1 777 -, les deux belles baignoires en basalte , sont aujord’hui au musée du Vatican.
Près des thermes est 1’
Église des ss. Nerêe et jéchillée. 79