PALAIS CORSINI
L’ illustre maison Corsini, sous le pontificat de Clément XII, dans la première période du siècle dernier , fit l’acquisition de ce palais , jadis des Riari, rendu célèbre par la demeure, qu’ y fit la reine Christine Alexandre, fille de Gustave Adolphe roi de Suède, morte en 1689.
Les princesGorsini en l’achetant le changèrent et l’agrandirent de manière à le rendre un des plus grands et plus magnifiques palais de Rome. L’ architecte Fuga qui fut chargé de ce grand travail par Clément XII, malgré les défauts du goût de son siècle, se surpassa, pour ainsi dire, et répara les fautes des détails, par la grandeur de la masse, la justesse du plan et la magnificence de l’effet, surtout dans le rezde-chaussée et dans 1’ escalier, qu’on ne saurait trop imiter dans de pareils édifices.
Ce palais renferme des trésors en objets d’art et de littérature, puisqu’il contient une collection de tableaux du premier ordre et une bibliothèque riche et choisie de livres rares, de manuscrits et d’ estampes. Le prince Thomas Corsini, qui se distingue par la finesse du goût.
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Palais Corsini-
et par l’amour qu* il professe pour les arts et pour les lettres , a beaucoup enrichi ces deux collections afin de les porter au dernier point de perfection.
Le double et magnifique escalier est orné de monumens et de statues antiques, il conduit dans la salle des domestiques, qui est d’une vaste proportion et couronnée par une galerie, qui règne tout autour, et qui correspond au second étage. De cette salle on passe à droite dans les chambres qui renferment la précieuse collection de tableaux. Ap rès avoir traversé la seconde antichambre, où on voit une niosaï(pie antique représentant un bouvier, une mosaïque moderne, copie d’un tableau du Guide , et un ancien sarcophage en marbre blanc orné de bas-reliefs représentant des
Tritons et des Néréides; on entre dans la galerie des tableaux.
Les tableaux les plus remarquables d remière pièce qui, d’après sa forme, s’
le la galerie, sont placés sur le mur à gauche.
L’œil s’arrête d’abord sur le tableau sublime
du Gtierchin représentant 1’ Ecce~Homo de
l’évangile, demi-ligure qui exprime en meme
tenis la noblesse, la soulFrance, et la resign*"
lion. Près de ce chef-d’œuvre est une femme,
peinte par Furini ; un st. Pierre dans la pr*
son, par Lanfranc;une naissance de
de l’école de Garrache; une ste. Fanii e,p
Baroche ; st. Jérôme , par le Gueic m ,
Pierre, par Slola ; une Vierge, ^
le lever du soleil , par Bergliem ; Lui .
sa femme, par Holbeiii ; deux petites vie^^
Poussin; un superbe tableau represen
de cette appel-
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Palais Corsini
st6* Ffliîiîllc^ psi* fr» Bsrtliclcrni ds st# IVInrc ^ la Saniari laine, par Guerchin ^ Venus a sa toilette , par TAlbane; une ste. Famille , par Garofalo ,* la Présentation au temple, beau tableau de Paul 'Veronèse; saint Barthelemi, par le Calabrèse ; deux petits tableaux , par Rubens ; deux bambochades , par Teniers ; le fameux portrait de Jules II , c’ est une répétition de Raphaël, et le célèbre portrait de Philippe II, chef-d’œuvre du Titien. Au fond de la galerie on voit une chaise curule antique, trouvée à st. Jean du Latran, avec des sculptures en bas-relief.
Dans la chambre suivante, à côté de la porte on voit un petit' tableau où est peint un lapin, ouvrage fort beau d’Albert Durer; Jésus- Christ porté au sépulcre, par Louis Garrache; des Joueurs, par Gigolijla vie du soldat, peinte en douze jolis petits tableaux , par Callot ; huit pastels, par Luli ; une Vierge avec 1’ enfant-Jesus, par Sassoferrato ; une autre Vierge, par André del Sarto ; un portrait de femme, qu’ on croit laFornarina, par Jules Romain; une^ Annonciation, par Buonarroti ; une etude de tete, par Rubens; un superbe portrait de Paul III , lorsqu’ il àait cardinal, par le litien; un st. Jérôme, par le meme; un /zoli me tan^ere , par Barroche ; le crucifiement de st. Pierre , et un st. Jean Bap tiste, par le Guide; une Annonciation et deux petits tableaux par Guerchin; le célèbre tableau de 1 Herodiade du Guide , et une chasse de bêtes, par Rubens.
Dans la chambre suivante qu’on nomme la
chambre du lit, on remarque, principalement
Palais Corsini,
St. Pierre , par Luc Jordanj la Justice , par Geiinari; le Sauveur, tableau fameux de Charles Doici,' un tableau ovale , par Albane, deux Vierges, pai* Sassoferraio^ une ste. Famille , par Scbidone ; une Magdelaine , pas Charles Maratta ; une Vierge , par Vincent d’ Imola; un tableau , par Miehel-Ange ; un Ecce- Homo, par Guide; st. Jean et la Vierge , par le meme.
Vient ensuite une chambre qui renferme beaucoup de portraits , parmi lesquels il faut remarquer celui de Fulvius Testi, fait par Mo* la ; le portrait d’ un jeune homme, par Holbeiu : trois portraits de Vandick ; un doge de V enise, par le Baroche; la femme adultère, par Titien ; un cardinal , par Albert Durer ; trois portraits de cardinaux, P un par Scipion Gaétano, et les deux autres par le Dominiquio;
Innocent X, par Diégue Velasquez; un portrait, par Rubens; les deux fils de GliarlesV, Ferdinand I et Philippe II pendant leur enfance, par le Titien, et un portrait fait
Giorgione.
Dans l’avant-dernière charnbre marque prineipalement une vue de ^ romee, par Vanvitelli; un combat ^ ,
un portrait, par le Dominiquin ; la Jdsus-Christ, par Luc Jordan; un paysage, Orizzonte ; un autre, par Gaspard s
St. Sebastien, par Rubens; „ Cubain; par Caravage; ^ , et
rillos, deux bataîlles, par le Bourgu g un long dessins de Jules Romain. . ^ ja-
La dernière chambre contient plusi
Meaux parmi lesquels on Titius peinture célèbre de Salvat
Villa jadis haute.
Après la galerie on traverse des chambres et des salons magnifiques, et ensuite on passe dans la bibliothèque, qui occupe huit grandes salles et se distingue particulièrement par une riche collection de manuscrits , de livres imprimes dans le XV siècle , et d’ estampes, les
plus rares. \
Une villa fort agréable, placée sur le penchant du mont Janicule est attenante à ce palais^ dans l’endroit le plus eleve on trouve une maison , d’ ou on découvre toute la ville de Rome. On croit que c’est dans ce lieu qu’ était la fameuse maison de campagne de Jules Martial , suivant Martial son cousin ; llinc septem dominos vider e montes ^ èt totam licet aestimare Romam. Mr. Joseph Vasi, qui eut dans son atelier le célèbre graveur Piranesi, dessina de là, la vue générale de Rome, qu’il grava ensuite en 12 planches. De celte villa on peut entrer dans la