Première Partie
Il serait trop long de vouloir donner un catalogue détaille des objets axistant dans cette longue galerie dont le coup, d œil est frappant; je me bornerai seulement à en indiquer les principaux , méthode que je suis obligé de suivre pour les autres pièces. L entrée de ce corridor est decoree de deux co on lies de marbre gris, tirées des fouilles^ faites en 1 796 à Campo Jemini, prés de l’ancien Uvinium. Dans le premier compartiment à droite en entrant il faut remarquer le ’
représentant Apollon assis; seul pluie bonne exécution, qui a été trouvée fouilles faites au Colisée, En bas on voi J le même compartiment une bel e statut ^ femme couchée qui porte les attributs ® tomne , elle a été trouvée a Canipo elle paraît avoit servi de couvercle phage. Cette statue se trouve sur un (pii üüVe les bustes de deux epoux et d
Corridor Chiaramonti.
fant avec la bulhi, ornement fort connu des garçons romains; ce tombeau fut trouvé près de la voie Cassie à Aquatraversa à trois milles de Rome, hors de la porte du Peuple. Visà-vis ce compartiment, à gauche en entrant est un bas-relief n. 7 représentant les jeux du cirque, il est de sculpture médiocre, mais fort intéressant par les mœurs et les costumes des anciens; près de ce fragment, on en voit un autre en style grec ancien, où l’on remarque Minerve précédée par une autre divinité virile dont les attributs et une partie du corps manquent. Plus bas on voit plusieurs figures de gladiateurs en bas-relief, de sculpture médiocre mais fort intéressantes pour le costume: on Voit wxiretiarius avec la fourche, un mirmilloy et deux hoplomaqiies. En bas, vis-à-vis l’automne, est une autre statue pareille et du meme travail , couchée , avec les attributs de l’hiver: c’était aussi problement un couvercle de tombeau;elle fut trouvée de même que l’autre à Campo Jemini. Revenant à droite, dans le second compartiment on remarque une figure virile drapée qui est placée sur un autel votif érigé, comme l’inscription grecque l’indique, par les prêtres de Bacchus aux dieux qui étaient dessus. Vis-à-
vis ce compartiment à gauche il faut remar quer l’inscription de Caïus Ponip
Pomponius ïurpilianus qui, étant procureur de Fhuile dans les
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greniers de Galba , situés dans le double port d’Ostie, érigea cet autel à Isis, Sérapis , et aux dieux Lares, pour le retour heureux d Antonin le Pieux et de sa famille. Dans le tî’oisième comparlimeiiit à droite ou voit un
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fragment d’ornemens en arabesques d’un travail très élégant et très pur. On voit aussi une tète de Septime Sévère, celle d’Antonin le Pieux et le buste de Marc-Aurèle jeune. Visà-vis ce compartiment on doit remarquer un bas-relief qui, jadis décorait le couvercle d’un sarcophage on y voit représentés des Génies sur des monstres marins avec le trident au milieu , symbole du dieu de la mer, le tout d’une composition très gracieuse. Le petit Hermès à double tète est remarquable comnte étant le seul monument qui, en réunissant Bacchus sous les deux formes de Zagreus, et Dionisius , nous montre le premier ou le vieux avec les cornes de taureau: du reste le travail en est médiocre. Le buste qu’on appelle Agrippa n’a aucune ressemblance avec les portaits de ce grand homme qu’on voit sur les médailles. Dans le quatrième compartiment on remarque la statue d’une Muse à laquelle on a modernement donné le globe et le flûtes.
Vis-à-vis est la porte de la nouvelle galerie qu’on nomme vulgairement le
ISOÜVEAU BRAS DU aiÜSÉE CHIARAMONTI.
L’année 1817, Le pontife Pie VII, fit construire cette superbe galerie dont la richesse et la magnificence rivalisent avec les pinaco ihèques des anciens palais. L’architecte - ^ pbaèl Steru en donna le dessin, mais il roou rut avant de l’achever; elle est ouveite a^ public depuis l’an 1822. Cette galerie a ‘ palmes et demi de long sur 36 et demi e ge, au milieu il y a deux enfoncemens, ce
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j^oui’sau
- droite est rectiligne, celui à gauche est curet a 93 palmes et demi de largeur. La est décorée de caissons et de rosasses en lue , et la lumière pénètre dans la salle par douze lucarnes pratiquées dans la voûte me- ,„e ce qui donne un effet beaucoup plus grand au’bâtiment et aux statues* Huit des colonnes qui soutiennent la voûte sont en marbre carystien ou cipollino d’une très-belle stratification, les deux qni sont en granit noir égyptien, jadis étaient à sie. Sabine, et les deux en jaune antique, étaient au musee du elles ont été trouvées près du tombeau de Metella: celles-ci sont dans le renfoncement rectiligne, et les deux de granit sont dans le lenfoncement curviligne; les autres sont placées dans la longueur de la salle. H y & aussi plusieurs autres colonnes en marbres raies qui servent de décoration aux différentes portes d’entrée» et pour soutenir des bustes ; dans la galerie longue les grands bustes sont tous placés sur des tronçons de granit rouge. Plusieurs bas-reliefs en stucen autant de carreaux, décorent les murs de la salle; ils ont ete imités de ceux des colonnes Trajane et Antonine, des arcs de triomphe, etc. et ont été faits par François Laboureur.
En entrant par le grand corridoi, aux deux côtés de la porte on remarejue deux belles colonnes de granit gris; étant dans la salle et commençant par la gauche , U faut remarqner l’hermés' qui a été formé dune demi figure de Mercure et du pied d’uu autre hermes portant une longue iuscription grec relative au sculpteur Zénon, publiée par Wmekel-
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mann et illustrée par le professeur Nibby. Le buste n. 4 est inconnu, et n’a aucune ressemblance avec Julie femme de Septime Sévère • suit une belle statue de Mercure dont la tête
fut trouvée au Golossée. La niche suivante contient une statue de Domitien jadis appartenant à la maison Giustiniani. La mosaïque qui sert de pavé devant cette statue a été tirée des ruines d’une ancienne maison de campagne à environ deux milles de la porte st. Sébastien, dans la ferme de Tor Marancio. Au dessous on voit une tête colossale d’un esclave barbare dont le style est fort grand et rappelle l’époque de Trajan, elle a été trouvée dans son Forum. Dans la niche- suivante on remarque une belle statue d’un discobole, et sur Inconsolé est un beau buste d’Apollon. Le portrait qui suit est connu sous le nom de l’empereur Philippe, sans qu’il ressemble beaucoup à ses médailles. A’ côté de celui-ci est la belle statue de Lucius Verus représenté nu comme un héros. Au"^devant d’elle sur le pavé est la grande mosaïque en couleurs blanche et noire, où l’on voit représenté Ulysse qui s’échappe de Scylla et des S.yrènes. Le buste à cote est
une des plus belles images qui nous restent de
l’empereur Commode: il a été trouve à Ostie.
La statue qui suit, représentant un Faune dans l’attitude de ceux qu’on appelle de Praxitèle, elle vient du palais Ruspoli, ainsi que e Claude qui est dans la niche suivante. La mo saÏQue sur le pavé devant cette statue vient aussi de Tor Marancio comme la precedente, et toutes les autres qui sont d’un travail analogue. En avançant on remarque un lort-i) ^
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buste anonyme auquel sans aucune raison on a donne le nom de Titus, puisqu’il parait beaucoup plus vieux queTltus Tétait à sa mort. Après celui-ci on admire la superbe statue connue sous lenoni de Minerve Medica, qu’on dit trouvée près de la ruine qui porte ce nomi: ]a belle composition, les proportions, la finesse des contours, l’élégance des draperies, la force de l’expression et le caractère imprimé par Tartiste à cette statue, la font reconnaître sans éxagération comme une des statues les plus belles et les mieux conservées de l’antiquité. Le surnom de Medica qu’on lui a prodigué vient du serpent qu’on voit à ses pieds, mais ce reptile est l’attribut particulier de Minerve , comme l’aigle de Jupiter, le cbien de Diane, la panthère de Bacchus etc. eu la considérant comme la déesse de la sagesse et conservatrice des villes; ainsi la fameuse Minerve du Parihénon, ouvrage de Phidias, qui n’avait aucun rapport avec la médecine, avait, comme celle-ci, le serpent à ses pieds; on pourrait même soupçonner que l’artiste de cette statue, qm est tout-à-fait de type grec, a voulu imiter celle de Phidias ; ou bien qu’elle est de Phidi as lui-même. Après un buste inconnu , mais fort bien exécuté , on voit dans une niche la statue de Julie, fille de Titus, qui ®vec celle de son père placée vis-à-vis, on été découvertes près de st. Jean du Latran. De ce monument on s’avance vers le milieu de la galerie où Ton voit placé un vase superbe en ba- 59lte d’un style très-élégant et d’une exécution fort nette et finie. Presqu’à l’entrée de 1 exèdre demi-circulaii’e, où sont les deux co-
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lonnes de granit noir déjà décrites, est la célébré statue colossale du Nil avec les seize petits enfans , symbole des seize coudées auxquelles devait monter le débordement de ses eaux; le plinlbe sur lequel elle pose est tout autour orné de bas-reliefs représentant les animaux et les plantes qui croissent près des
bords de ce fleuve. Cette statue, qui rappelle par son travaille beau siècle d’Adrien, a ététirée
des ruines du temple de Sérapis, existantprès de l’église de st. Etienne del Cacco. Sa composition nous rappelle celle qui existait au
temple de la Paix et qui est décrite par Pline le vieux; la différence est que celle-ci est en
marbre blanc et celle dont Pline parle était en basalte. Aux quatre angles des deux renfoncemens, on admire, surc|uatre beaux tronçons de colonnes de granit, quatre masques colossaux de Méduse d’un style grand et d’un travail correct; deux sont en plâtre et deux en marbre: ceux-ci ont été trouvés dans les foiiill es faites près du temple du Vénus etEome. Dans les niches de l’hémicycle, parmi d’autres statues moins remarquables, il faut observer les cinq statues représentant des thl êtes qui occupent les niches du milieu; les deux premières, en allant de gauche à droite
ont été trouvées à Tivoli, près des ruines de
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la villa de Quintilius Varus;la troisième fut découverte près du lac de Gircéii, pai’H^* ruines qu’on nomme delà villa de LucuiluSi la quatrième comme les autres à Tivoli ; ia dernière existait au palais Ruspoli. A 1 mité gauche du demi-cercle on voit une lue couronnée d’épis, qui par le caractère
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Iras du Musée Cliiaramontl, 239
tête, son attitude et son costume doit être !!connue comme une des Heures ou des Saij et particulièrement l'Elê; elle a ete trouvée dans la villa d’Adrien. Dans le haut, au Milieu du demi-cercle, est le portrait du Pape Pie VII, ouvrage de Ganova. La mosaïque du pavé avec Diane d’Ephèse au milieu a été découverte en 1801 à Poggio Mirteto dans la Sabine , La statue de Vénus Anadyomène, flu’on voit en rentrant dans la galerie longue, est une des plus jolies du nouveau bras. Dans la niche qui suit est une belle statue d’un philosophe grec inconnu: sa tête a quelque légère ressemblance avec celles d’Homère. Sur la console suivante est une tête qui ressemble aux portraits de Lucius Antonius frère du Triumvir. Le buste qui suit est inconnu malgré le le nom moderne de Salluste qu’il porte. Ensuvie on voit dans une niche une statue fort belle delà Fortune, elle a été trouvée à Ostie, Suivent deux bustes inconnus, un sur la console et l’autre sur un tronçon de colonne, et une statue de Diane dans une niche. Sur la console suivante est un beau buste de Pallas; on voit ensuite le buste d’Adrien , une statue inconnue de femme et deux portraits inconnus, niais d’assez beau travail. La statue qui suit a été trouvée dans les ruines de Tusculum, par Lucien Bonaparte; elle représente Antoine mère de l’empereur Claude; l’autre est une des plus belles statues qu’on voit dans ce corridor; on l’appelle la Clémence. Suivent deux liustes inconnus; une belle statue d’une Amazone qui appartenait jadis aux Barberini , et Une statue x’eprésentant Deniosthene, sa dra-
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perie et sa pose sont fort belles. Suit une statue avec la corne d’abondance , on l’an, pelle l’Abondance , mais elle n’est autre cIiq. se que la Fortune, semblable à l’autre qu’on a déjà remarquée elle n’a pas le gouvernail et le globe, parcqu’elle n’a pas été trouvée entière. La statue suivante est un portrait de dame romaine qu’on appelle Julie, fille de Titus. On remarque ensuite une fort belle statue d’Eurypide , jadis existant au Palais Giustiniani, la télé est ancienne et d’une conservation étonnante. Vient ensuite une belle statue de Diane telle qu’on la voit représentée sur plusieurs bas-reliefs lorsqu’elle contemple Endymion.
Près d’elle on voit un buste de Trajan , et dans la niche suivante une belle canephore en marbre pentélique , qui jadis était dans la maison de campagne de Sixte V. La statue suivante représentant une Amazone, a une expression noble , et est fort bien executee.
Suit un Faune trouvé près du lac de Circeii.
Ici on entre dans le renfoncement rectiligus où l’on doit admirer les deux superbes colonnes d’albâtre qui décorent la porte par laque • le on sort dans le jardin de la Pigna.
ce renfoncement, sur un soubassemen ton voit un Faune couché , entre deux hippocampos surmontés par des Néréides et deux assis et ivres, découverts près de la vi a ® Quintiüus, dans les environs de Tivolivaut le soubassement on remarque le^ Ganymède de Phædimus trouvé à Ostie, ^ il servait d’ornement à une fontaine: le de l’artiste est sur le tronc de l’arbre il s’appuie. De l’autre côté est une statue
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femme drapée. Au fond de ce reufoncem t sont deux autres Faunes; dans les niches aux ^eux côtes on remarque une Isis et un bilene. En rentrant dans la galerie, on voit à gauche une statue bien drapée deTiins,elle a etc trouvée en 1828 près de st. Jean du Latran avec celle de Julie sa fille cjui est vis-à-vis. Au déjà de celle-ci est une statue de Pallas vis-àvis celle qu’on appelle la Minerve Med ica dont dont on a fait mention ci-dessus.
Dans la niche suivante, on voit d’abord la statue de l’empereur Nerva debout, revêtu de la toge dont les plis sont d’un style grand et fort bien exécutés, sa tête est moderne et faite en plâtre. Sur la console est la tête d’une Nymphe, et en bas est un buste de Claude trouvé à Piperrio. La belle statue suivante représente probablement le médecin d’Auguste , Antoine Musa, sous les formes d’Esculape jeune. Suit la statue d’i\ntlnoüs sous les formes de Vertumne: elle a été trouvée à Ostie en 1798. Après, on voit un Silène couronné de lierre, et tenant Baccbiis dans ses bras; jadis il appartenait au palais Ruspoli. La tête d’un esclave Dace qu’on trouve ensuite est d’assez bon travail; elle a été trouvée en 1812 dans les fouilles du Forum de Trajan. Les deux dernières niches renferment une statue de Commode assez belle, et une des Cai-yatides du temple de Pandrose dans la citadelle d’Athènes, transportée à Venise vers la fin du X\ II siècle, et de là au palais Giusliniani.
On revient ensuite au
Tom. II-
Corridor Chiciramonti,