REGNE MINÉRAL
Le point culminant des monts Caucase étant inabordable jusqu'ici , la géologie de toute cette contrée est fort peu avancée et manque pour ainsi dire d'un point de départ. Les roches que l'on a pu examiner no paraissent être que de seconde formation tout ai^ plus. Quoi qu'en ait dit M. de Biberstein, on y rencontre en beaucoup d'endroit des productions volcaniques, Les
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couches du sol , parallèles et superposées , se composent de Granit, Siénite» Porphyre» Schiste, Argile, pierre calcaire de a* formation , Trapp, Marnes, Grès et Brèches ; mais on n^ trouve aucune espèce de cristaux ou de pier-* res précieuses. Des basaltes régulièrement cristallisés se trouvent en grandes masses dans la Somghétic et par groupes isolés sur les bords du Tereck. '
Près de Gobi , village des Ossètes , on voit une montagne entière formée de piliers brunâtres à 3, 5 , 8 ou 9 faces 9 couchés horizontalement et s avançant sur le village qu'ils menacent d'engloutir. Souvent des fragments détachés détruisent les cabanes et écrasent les habitants ; mais les Ossètes ne songent point à chercher desdemeures plus sûres : ils pensent qu'un homme tué de cette manière, par la volonté du grand esprit, aurait péri en quelque lieu qu'il se fût trouvé.
' On trouve en Imérétie quantité de jaïet dont on fait divers bijoux et ornements. Il existe en Géorgie, des mines de charbon de terre dont l'industrie russe ne tar» dera pas à profiter. Quant aux mines métalliques, il ne s'en trouve que sur le versant septentrional du Caucase. La mine de plomb sulfui'é y est la plus commune ; elle contient toujours une certaine portion d'argent. Les nïines de cuivre sont beaucoup plus rares : cependant on se livre'avec beaucoup d'ardeur à leur exploitation. Si l'on ajoute à cela les bains chauds de Tiflis, et les mines de sel de Kars, dont j'ai déjà fait mention, on auratmé énumération complète de toutes lés richesses minérales 'de la Géorgie et des pays voisins.
Mais je ne puis m'empêcher de parler plus au long de l'exploitation singulière des sources de Naphte , que la nature a placées dans les environs de Bakou. On me permettra dans cette note de m'écarter encore un peu de mon sujet principal, en faveur de la singularité des détails accessoires.
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Les sources principales se tromrent dans le district de B«|liegaii9 aune dixaine de werstes de Baliou; et plus de trente puits y sont ouverts. Cette huile parait distiller à travers la terre et descendre des montagnes où sont placés 4]es réservoirs* donton ignore Forigine. On conjecture que des forêts entières d'arbres résineux auront été précipitées dans quelques cavités, ou leur décomposition progfesfiive produit ce liquide inflanunable. La couleur de oetle huile est noire; mais les rayons du soleil la font briller d'une teinte rougeàfre. Elle ne prend point feu très-aisément; mais une fois enflanunée, elle jette une lumière fort claire accompagnée de beaucoup de fumée. Les habitants de ce district et même tous ceux des bords de la mer %i^ii;e9 la fpnt br](Her dans des lampes ou dans des plats dp fer, larges , peu profonds et remplis de sable presque jusqu'aux bords. Cette substance leur sert encore à conduire les terrasses qui couvrent leurs demeures , pour 1^ rendre impénétrables à la pluie; et dans Tété, ils en* frotlent leurs buffles , pour éloigner, au moyen de son o4eur bitumineuse , les taons et autres insectes très-dangereux daps ces climats.
Non loip delà, au pied d*une colline, se trouve une source d'huile blanche. Celle-ci s'enflamme facilement et brûle même sur l'eau. Par un temps calme , les gens dp pays s^musent à en verser quelques tonneaux dans une baie de la mer Caspienne et y mettent le feu vers iç, soir. Le doux balanceipent des vagqes n'éteint point la flamme , qui s'étend à perte de vue et offre bientôt le spectacle d'une vaste mer de feu. Nos illuminations et nos feux d'artifice sont bien chétifs auprès de ceux-là.
A quatre vrerstes des sources de Naph^e est un lieu appelé Ateschjah ou la demeure du feu. A mesure qu'on en approche, on sent une odeur sulfureuse, qui devient bientôt insoutenable. Cette odeur règne dans un
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rayon d'un demi werste; et au centre de cet espace , quand le temps est sec, on voit s'élever une longue flanune d'un blanc bleuâtre dont l'intensité s'accroît surtout la nuit.
A quelque distance du feu, mais sur le terrain sulfureux lui-même, des Indiens de la religion desGu^res, adorateurs du feu , se sont construit de petites maisons de pierre. Le terrain renfermé entre les murs est recouvert d'un lit d'argile de l'épaisseur d'un pied, afm que la vapeur ne puisse percer. Mais des ouvertures , bouchées par un tampon, sont laissées çà et là. Quand un des habitants a besoin de feu pour sa cuisine ou de lumière vers le soir^ il enlève un de cestampons« il présente un brandon alluméà l'ouverture, et la flamme s'élève aus^ sitôt : quelque large que soit l'ouverture, la flamme a le même diamètre que celle-ci, mais sa hauteur et son inten* site augmentent à mesure qu'elle est plus resserrée. Si l'on tient la main devant le courant d'air qui s'exhale^ jqir(9 que l'on a soufflé la flamme sans fermer le trou , on sent une grande chaleur ; la peau rougit et s'enfle ; on éprouve en un mot tous les effets que l'on sent dans les bains de vapeurs sulfureuses.
La nuit, pour obtenir une lumière qui soit à la hauteur des objets auxquels il travaillent, ils enfoncent dans de petits trous faits dans le sol, des roseaux, dont l'intérieur a été préalablement enduit d'eau de chaux : par ce moyen ils obtiennent à telte place qu'ils veulent un couvrant d'air inflammable qui donne une flamme de six ponces , avec une lumière vive et tou|ours égale.
Les pauvres tisserands indiens , qui habitent cet endroit, éclairent ainsi les deux c6tés de leurs métiers» et n'ont aucune peine à se donner pour entret^dir ou re-t nouveler leur lumière. Tout autre feu leur est inutile ^ car la chaleur de celui^i est si grande qu'elle force de tenir le^ croisées et la porte ouvertes. Il serait même dangereux d'allumer quelque part un grand feu de bois ;
des accidents déplorables ont déjà eti lieu par suite de l'inflammation soudaine de la vapeur. Ce gaz est en outre transportable : les Guèbres en envoient, dans des provinces éloignées de la Perse , des bouteilles dont le contenu se trouve inflammable après des mois entiers : sorte de prestige permanent par lequel ils entretiennent la superstition ide leurs coreligionnaires. Les habitants d' Atecsh jah remploient non seulement aux usages domestiques, mais encore à entretenir les fours à chaux et à consumer les cadavres de leurs proches arprès leur mort.
Ainsi l'hydrogène (sulfuré à la vérité), ce gaz inflammable dont la production artificielle et l'usage se répandent de plus en plus en Europe, avait été depuis des siècles fourni par la nature même aux peuples de ces contrées. Des voyageurs avaient été témoins de ce phénomène et aucun n'avait pensé qu'il fût possible à l'homme de l'iïnîter : la nature nous donne en l^ut gv?nre des leçons, dont nous sommes bien lents à proflter.
Outre ce feu qui consume réellement, on en voit encore, dans les environs de Bakou , un autre qui ne semble qu'une vaine apparence. Après les pluies chaudes de l'automne , par une soirée brûlante , tovites les campagnes d'alentour paraissent en flammes. Souvent le feu roule le long des montagnes en masses énormes et avec une incroyable vitesse. Quelquefois il reste immobile. £n octobre et novembre , par un beau clair de lune , une lufmière d'un bleu très- brillant éclaire tout l'horizon occidental : souvent la montagne deSoghtoku, se revêt defeux pareils ; mais alors ils ne s'étendent point jusque dans la plaine. Si au contraire la nuit est noire , alors des jets innombrables de. flammes, quelquefois isolés, quelquefois en masses, couvrent tous les terrains bas et alors les montagnes restent obscures. Ce feu ne brûle point et si l'on se trouve au milieu de ce qui a si bien l'apparence de flammes dévorantes , on ne sent pas la moindre cha-
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leur. Les foins, les roseaux restent intacts. J'ai observé que durant ces incendies fantastiques le tube vide de mon baromëlre paraissait surtout en feu, ce qui me porte à penser que ce phénomène tient tout-à-fait à Télectricité.
Vraiment ce petit district semblait bien faiit pour' recueillir quelques débris de la malheureuse secte de Zoroastre : si bien servi par un feu tout naturel , entouré de ces spectacles magnifiques produits par une apparence de feu, on deviendrait Guèbre soi-même sil'oo n'y prenait garde.
eègue vÉciTÀL.
J'ai dé)à cité quelques unes des plantes qui croissent dans les , environs de Tiflis. Je ne puis qu'y ajouter la liste de celles que j'ai rencontrées sur toute ma route et dans les lieux de la côte où j'ai relâché avant d'arriver à Constantin ople.
KjyVIRONS DE TIFLIS.
Sur une terre sablonnease
Iris iberica.
reticnlata.
caucasica. , . « «-
e 1 . i près du Rour.
Scorzonera lanata. l '^
Crocus biilorus. )
Salix angustifolia. 1 Le long du fleuye'.
Lepidium yesicarium. \ Sur les terrasses des maisons.
Onosma sericea.
rupestris.
echioides.
Coi-onilla iberica. \ Da°» Iw plaines et sur les
Alyssum montanum. [ hauteurs.
serpilifolium
.... murale.
Spirea crenata. 1 couyretoute les montagnes.
lT4NàlUJ[RB DE TIFUS
Cbeiraniha« oJoratitsimus.
Aflragalo* Stella.
eriocarpas.
tamidas.
.... brachicarpas.
.... cdiucasicos.
Trifoliam lamosom.
Scorzonera eriosperma.
Carduas aibidos.
Afiapar dioides.
Hcid jsar um pseodoalliegi .
baxbaumii.
Istragalns firuiicosos.
Silène iberica.
Pjretliram parthenifolimn.
Sur le* montagnes.
^ Sar les baotenrs qui bcmlent ) le torrent de Véra.
Dans les bois.
I Près des bois.